Entries tagged with “Bénin”.



Où l’on retrouve avec plaisir Hilaire Dovonon et Victor Kathémo.

Hilaire Dovonon, La floraison des baobabs nouvelles, Éd. D’un noir si bleu, 2011
Cette nouvelle édition du recueil de nouvelles d’Hilaire Dovonon invite à un voyage africain loin des clichés et des images convenues. Cette Afrique est celle du village, celle du quotidien de l’auteur où se croisent les vivants et les morts, les légendes et la poussière, la vie et la nuit.
Là-bas, le soir, lorsque les voiles du soir s’élèvent en brumes et écumes sur les vagues chevelures des collines, l’on voit le long des coteaux lisses et nus, des filles nubiles descendre lentement vers les sources, les bras portant en équilibre au sommet de la tête, des calebasses au cou d’amphore. Elles descendaient, souples colonnes aux hanches félines, jusques aux sources qui coulent des mamelles des collines, les sources de vie qui font vivre tout le village, pour y puiser l’eau d’un soir, l’eau d’une journée, l’eau d’une vie… Les textes de ce recueil nous invitent à un voyage africain, un voyage loin des clichés et des images convenues. L’Afrique que nous découvrons dans ces pages est celle du village où se croisent les vivants et les morts, les légendes et la poussière, la vie et la nuit. C’est cette Afrique où l’auteur vit, respire et travaille.
Lire un extrait

Victor Kathémo, Fabuleuses histoires de Dounia enfant de la terre, Éd. Myriapode, 2011
Dounia littéralement « Humanité » est un enfant qui présente une bichromie de la peau. Il est moitié blanc moitié noir, en permanence porté par l’idée d’un monde meilleur et solidaire. Il possède une peluche nommée Vodou qui héberge en son sein un génie de la forêt. Ce fétiche, investi par des pouvoirs surnaturels, l’aide à surmonter toutes les difficultés qu’il rencontre et à réaliser ses rêves. Entre nouvelle, fable et conte littéraire, les histoires de ce recueil pour jeunes et adultes exploitent un univers multiple et mettent en scène un être malicieux, généreux, qui s’interroge sur les rapports entre l’homme et son environnement proche ou lointain et la pertinence de la mémoire collective. Un personnage qui permet de découvrir à quel point la diversité est une richesse qui se doit à tout prix d’être préservée.

Habib Selmi, Les humeurs de Marie-Claire, Éd. Actes Sud, Arles ( Mondes arabes), 2011
Mahfouz est un jeune immigré tunisien d’origine rurale qui enseigne la langue arabe à Paris et qui est obligé, pour subvenir à ses besoins quotidiens, de travailler aussi comme veilleur de nuit dans un petit hôtel. Il rencontre une Française, Marie-Claire, employée dans un bureau de poste, et leur attirance réciproque se transforme rapidement en une passion dévorante. Marie-Claire s’installe chez Mahfouz et bouleverse son existence : elle lui apprend à ranger ses affaires, à se comporter à la maison et en société selon les règles de la bienséance, à apprécier les bons mets, et même l’art et la manière d’embrasser une femme et de lui faire l’amour. Fou d’elle, obsédé jour et nuit par son odeur faite de « parfum et de sueur mêlés », Mahfouz s’adapte de bon gré à sa nouvelle vie et semble se défaire peu à peu de ses réactions ataviques. Mais pour combien de temps ? Dans ce roman débordant de sensualité, Habib Selmi renouvelle un thème récurrent de la littérature arabe contemporaine, celui du choc tantôt réel tantôt imaginaire entre Orient et Occident. Contrairement à ses prédécesseurs, il nous laisse finalement le soin de conclure sur ce qui, dans l’avenir des deux amoureux, relèvera de leur différence culturelle ou du commun destin de toute relation amoureuse.

Alberto Moravia, Lettres du Sahara, Éd. Arléa (Littérature étrangère), 2011
La savane est ce qu’il y a de plus beau en Afrique.Savane veut dire espaces illimités, ciels illimités, herbes hautes sur lesquelles court la musique du vent, acacias rares et légers comme des nuages par beau temps, et silhouettes lointaines de grandes bêtes massives. Dans ces étendues d’herbes sans fin, pleines de lumière et de silence, on dirait que l’Afrique  » médite  » quelque message muet, un message bien à elle, de grandeur, de majesté. Ces récits de voyage, écrits en Côte d’Ivoire et au Sahara, sont, avant tout, une profonde réflexion sur la vie et la mort.
Alberto Moravia rejoint là une tradition de grands écrivains-voyageurs, brassant une mémoire culturelle commune où l’on rencontre Baudelaire et Gauguin, Karen Blixen, Conrad ou Hemingway, et où les notations géographique, culturelle ou esthétique conduisent toujours à une lecture avisée tant de la société africaine que de l’Occident.
Moravia était entre 1975 et 1981 envoyé spécial du Corriere della Sera en Afrique. Ce livre est inédit en français.

Delphine Coulin, Samba pour la France, Éd. Seuil, 2011
Samba Cissé était pourtant venu de bonne foi à la Préfecture de police de Paris demander le titre de séjour auquel il avait droit, après dix années passées en France. Mais rien ne s’y est passé comme prévu : Samba a été arrêté, devant des dizaines d’hommes et de femmes de tous pays qui attendaient, comme lui, que l’État veuille bien reconnaître leur existence.Il ne sait pas encore que le voyage héroïque qu’il a accompli pour venir du Mali jusqu’en France, puis les dix années à s’y faire une place, vont s’avérer moins difficiles que tout ce qu’il va vivre à partir de ce jour-là.Devenu clandestin, il va apprendre tout ce qu’il faut savoir pour survivre en France.Son oncle Lamouna, avec qui il partage un appartement en entresol, lui donne quelques tuyaux. Ce petit homme aux manières d’aristocrate, arrivé à Paris dans les années soixante, a connu les « deux France ». Il ne parle jamais de son passé, mais il semble deviner l’avenir de son neveu. Gracieuse, une fille hors du commun, réfugiée congolaise, dont il va tomber amoureux, lui apprend le plaisir d’un shampooing, et celui de marcher la nuit à Paris. Elle finira par incarner tout ce qu’il est venu chercher ici : le goût de l’autre, la liberté, un ailleurs. Il va aussi rencontrer Wilson, un Colombien, grand salsero et amateur d’œufs durs en toutes circonstances, Manu, une étudiante en droit aux allures de guerrière, et une narratrice bénévole à la Cimade, qui fume des roulées informes et malodorantes, (dont on taira le nom mais qui aurait pu s’appeler Delphine). Tous vont l’aider au cours de son odyssée dans la France de 2010.

Jean-Roger Essomba, Alerte à la bonté, Éd. Présence Africaine, 2011
Alerte à la bonté est un roman à mi-chemin du polar et du roman d’aventures. Il s’agit d’une fable qui a pour prétexte le racisme. L’auteur y raconte les mésaventures de Bruno Vallet, éminent homme politique raciste, et sa conversion suite à une prise de bontanine. Ce médicament a modifié son comportement à tel point qu’il ne peut plus haïr. La force d’écriture d’Essomba est de laisser jusqu’au bout le suspense.Ce roman se situe dans la veine actuelle du roman policier africain contemporain.

.

Jérôme Nouhouaï, La mort du lendemain, Éd. Présence africaine, 2010
Quelque part en Afrique…
Une manifestation populaire, hostile au pouvoir en place. Une balle meurtrière qui va infléchir le destin d’un jeune homme.  C’est à une formidable odyssée vengeresse, riche en rebondissements que nous convie l’auteur de ce surprenant récit. C’est aussi, sur fond de guerre civile, le tableau d’une société rongée par la misère et ses conséquences : exploitation, répression, corruption…

Louis-Philippe Dalembert, Noires blessures, Éd. Mercure de France, 2001
Mamad tente d’ouvrir les yeux, mais il n’y parvient pas. Ses paupières, gorgées de sel et de sang, refusent d’obéir à son cerveau. Autour de lui, les objets continuent de flotter dans le brouillard. Un goût d’hémoglobine traîne sur ses lèvres sèches et bouffies. En face de Mamad, le Blanc est méconnaissable. Il a les yeux injectés de sang. Une épaisse écume blanchâtre auréole les commissures de ses lèvres. Les veines de son cou tendues à se rompre. De grosses gouttes de sueur perlent sur son front, qu’il essuie du revers de sa manche retroussée, entre une calotte et une autre. Mamad n’a plus la force de crier. Du regard, il implore pitié. Mais le Blanc cogne, tel un forcené, tout en crachant ses injures.
Deux hommes s’affrontent quelque part dans la jungle africaine. Laurent Kala, le Blanc, pris de folie furieuse, est sur le point de tuer Mamad, son domestique noir… Comment les deux hommes en sont-ils arrivés là ??Issu d’une famille nombreuse, Mamad n’a pas connu son père. Pour faire vivre la famille, sa mère vend des fripes sur les marchés. L’école est loin : chaque jour Mamad parcourt des kilomètres à pied, l’estomac vide. Cacher à ses camarades de classe sa situation précaire, maîtriser les nausées qui lui tordent l’estomac… tel est son combat quotidien. Grâce à son exceptionnelle mémoire, Mamad a peut-être une issue : décrocher une bourse, faire des études, trouver un emploi et mettre la famille à l’abri. S’il échoue, il lui restera la solution de tous les désespérés de la terre : fuir son pays vers un avenir meilleur.?Laurent Kala, Français expatrié, travaille pour une ONG. Il a grandi dans le XIVe arrondissement. Il a perdu son père alors qu’il avait dix ans, tué lors d’une manifestation de protestation contre l’assassinat de Martin Luther King. Son père était particulièrement attentif à la cause des Noirs, ce qui a toujours intrigué Laurent. Comment le fils de cet humaniste a-t-il bien pu se transformer en bête féroce et sanguinaire ?
A la fois grave et tendre, et non sans humour, le roman de Louis-Philippe Dalembert dresse des portraits émouvants d’hommes et de femmes accrochés à leur humanité, au milieu des relents de racisme et de colonialisme engendrés parfois par la présence à l’étranger d’expatriés français.

Jacques Dalope, Très bonnes nouvelles du Bénin, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2011
«Toute menue, toute légère, elle se tenait bien droite, une sucette à la main et, la tête couverte de ces tresses à pompon qu’on appelle doko, elle avait l’air d’un diablotin facétieux.
– Que veux-tu ? gronda Sèbolola.
Elle fit le geste d’approcher la lucette de sa bouche puis, se ravisant, déclara :
– Pardon monsieur, je voudrais récupérer mon cerf-volant tombé dans votre carré.
Le douanier n’eut qu’une idée, lui fermer la porte au nez. Mais le joli sourire de la fillette réussit à l’amadouer.
– Attends, lui dit-il, et il lui rendit le jouet, non sans pester : C’est bien la dernière fois, je déteste qu’on jette des objets chez moi.»
Comment faire face à la corruption, au mauvais sort, à la stérilité, à l’adversité ? Les intrigues cocasses des nouvelles de ce recueil permettent d’aborder ces quesions avec candeur et malice. Elles mettent en scène des personnages simples, décrits avec humour et sensibilité. De la ville au village, ils nous promènent en des lieux qui nous deviennent vite familiers. À travers leurs tribulations et leurs mésaventures, nous découvrons bien des réalités du Bénin, de l’Afrique – et de notre proche voisinage… Les histoires sont belles. Leurs fins saisissent, étonnent et surprennent. Elles donnent un grand bonheur de lecture.
Jacques Dalodé est né à Cotonou. Diplômé de l’École des mines de Paris et de l’Institut français du pétrole, il vit en région parisienne. Très bonnes nouvelles du Bénin est son premier livre.

Merwan Chabane, Fabien Bedouel, Maurin Defrance, Fabien Nury, L’or et le sang, T2 – L’or et le sang, Éd.12 Bis, 2010
Léon Matillo et Calixte de Prampéand rejoignent Tanger à bord de leur voilier, l’Arudj, chargé d’armes. Cette cargaison sera vendue aux combattants rifains qui livrent une guerre d’indépendance aux espagnols colonisateurs. Nos deux aventuriers, trafiquants à la petite semaine, vont se retrouver piégés par un prétendu combattant qui est à la solde de l’occupant.
Une fois emprisonnés ils retrouvent Ahmed, qui doit être fusillé. Léon et Calixte prennent les choses en mains et feront évader leur compagnon. Dès lors ils deviendront des héros de guerre indépendantiste. Mais l’aventure ne fait que commencer…
L’Or et le sang a reçu un accueil très élogieux à la parution du tome 1. Nominé à Angoulême, il consacre Fabien Nury comme l’un des tous meilleurs scénaristes actuels et nous a fait découvrir trois talents en devenir… Merwan Chabane et Fabien Bedouel au dessin et Maurin de France qui est à l’origine de cette fabuleuse histoire.
Découvrir l’album

Aleksic, Bruno Falba, Antichristus, T2 – Bonaparte, Éd. Soleil Productions (Secrets Du Vatican), 2010
Le voile se lève sur le voyage de Napoléon en Égypte.
1798 ap. J.-C. Bonaparte, l’ennemi de l’Église, veut prendre Alexandrie. Mais pourquoi ? Le chevalier Achard de Bonvouloir le suit contre ses convictions. S’il a pactisé avec l’Antéchrist, c’est pour mieux déjouer ses plans. Sa quête n’est pas sans danger. Ses alliés dévoilent en Égypte leur véritable visage. Les francs-maçons sont ici. La résistance musulmane s’organise. La flotte britannique rode. Que cherchent-t-ils ? L’or des Templiers, le pouvoir ou la mémoire du monde ? C’est ce que le chevalier Achard de Bonvouloir va tenter de découvrir.

Découvrir l’album


Jean-Christophe Chauzy, Anne Barrois, Bonne arrivée à Cotonou, Éd. Dargaud, 2010
Un personnage, nommé Charles, parisien et féru d’Afrique gagne un voyage/safari au Bénin. Il arrive de plein pied dans un univers qu’il a imaginé, recrée à partir d’images stéréotypées et découvre la réalité de l’Afrique et le fossé entre l’image rêvée et la réalité. Un voyage criblé de pièges et loufoque dans un décor luxuriant et animalier.
Kùabò ! C’est ainsi que l’on est accueilli à Cotonou où la langue fon est bien plus parlée que le français qui, pourtant, a valeur de langue officielle. Kùabò ! Bonne arrivée ! Quels mots réconfortants pour le yovo (l’étranger) qui y arrive pour la première fois, surpris par la moiteur de l’air et un brin angoissé dans l’attente de découvrir, après que son avion s’est posé de nuit, à quoi ressemblent les choses lorsqu’elles sont dans la lumière du jour ! (d’autres infos sur Bodoï)

Découvrir l’album

Mathieu Sapin, Marguerite Abouet, Akissi, T1 : Attaque de chats, Éd. Gallimard Bd, 2010
Pauvre Akissi ! Les chats du quartier la poursuivent pour lui prendre son poisson, son petit singe Boubou manque de finir à la casserole avec une bonne sauce graine, et elle n’est qu’un misérable margouillat aux yeux de son grand frère Fofana… Mais il en faudrait beaucoup plus pour décourager Akissi. Car cette petite fille-là est survitaminée, une aventurière, une championne du monde de la bêtise, un piment.
«Akissi est très dynamique et le lecteur s’attache très vite à elle. Ses petites aventures, contées sous forme de bandes dessinées, son toutes aussi drôles les unes que les autres». (Lire l’intégralité de l’article sur Livres-à-lire)

Découvrir l’album

Hippolyte, L’Afrique de papa, Éd. Des Bulles Dans L’océan, 2010
«Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar. C’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest.
En haute saison, plus de 20 000 personnes s’y retrouvent le long des plages. Soleil, mer, golf, quad… Saly attire aussi des retraités européens. L’un d’eux est le père ­d’Hippolyte. «Elle est pas belle la vie ?» lui demande-t-il. Le fils ne répond pas : il dessine, photographie et raconte «L’Afrique de papa». L’Afrique de Papa mêle subtilement BD traditionnelle et photographies. La grande force réside dans l’alliance des deux techniques qui se font écho, apportant une vraie force au propos». (Lire l’intégralité de l’article sur Weebulle )

Découvrir l’album

Deuxième volet d’ ouvrages jeunesse édités en Afrique. La liste est loin d’être exhaustive. Une source importante est La joie par les livres et son site Takamtikou plus particulièrement centré sur l’Afrique, les Caraïbes et l’Océan Indien. Pour approfondir le sujet les liens sont à votre disposition à la fin de ce papier.

Gongo

Serge Diantantu, La Petite Djily et Mère Mamou , Éd.Diantantu Editions, 2008
Djili n’aime pas rentrer à la maison après l’école, pas plus qu’elle n’aime les vacances… Nous apprenons pourquoi : la nouvelle femme de son père la maltraite. Cette BD met en scène une situation malheureusement fréquente, d’une manière ni appuyée ni démonstrative, par le biais d’une vraie histoire conséquente et bien ficelée, avec des dialogues et des dessins très vivants, ancrés dans la réalité de Kinshasa (comme le dit l’argumentaire de vente, l’ouvrage  « illustre si fidèlement l’Afrique qu’elle en exhale même son parfum »). Cette BD a été remarquée par l’ONU et paraîtra prochainement en allemand et en anglais. Belle production : grand format, couverture cartonnée, papier glacé. Venu du cinéma à la BD parce qu’il coûte trop cher de réaliser des films, Serge Diantantu publie lui-même certains de ses ouvrages. Il est l’auteur, entre autres, de deux BD sur Simon Kimbangu.
Savoir +

Ile de la réunion

Robi, Maïté Chaveron, Elle a de qui tenir !, Éd. Océan Éditions, (Océan jeunesse), 2009
Qui n’a pas cherché, dans les traits de son enfant, un peu de soi ou de sa famille ? C’est à ce travers des adultes que l’album répond, en laissant petit à petit, au fil des pages, une place pour l’enfant et sa personnalité propre…
Sur un tel sujet, le texte pourrait aisément verser dans le mièvre : or, ce n’est pas le cas. Avec un joli rythme, une vraie présence en adéquation avec les illustrations, on découvre un album sincère et authentique ; une poésie sur les dettes familiales, qu’elles soient physiques ou psychologiques. En outre, l’alternance entre les peintures (réservées principalement aux portraits de la famille) et les croquis au crayon rose (représentant l’enfant en train de grandir) est un excellent choix graphique : il renforce la cohérence d’un texte fondé sur la comparaison des personnes et permet, au passage, une célébration du métissage.
Savoir +

Guniée

Ahmed Tidjani Cissé, Naby Yoro : Le géant de Matakan, Éd. Ganndal, 2006
Ce recueil publié à Conakry en 2006 est toujours disponible sur place et à Paris, heureusement, car il est très intéressant. Ce sont de riches récits de la Guinée maritime pour la plupart, des histoires vraies, de la vie quotidienne et du passé, entremêlées de légende. Le récit qui donne le titre au recueil se situe sur l’île de Matakan au large de Conakry. Il raconte l’histoire du géant qui vécut sur cette île et sauva les habitants de la famine ; son tombeau reçoit encore des hommages chaque premier jeudi du mois lunaire… « La vengeance du Wagadou-Bida » rapporte l’histoire de ce serpent mythique dont un jeune éphèbe coupa la tête pour sauver sa fiancée du sacrifice rituel. Cela entraîna la fin du royaume ; les survivants partirent au XIe siècle s’installer dans l’actuelle Guinée. Cinq récits et trois contes complètent le volume.
Savoir+

Bénin

Constantin Adadja, Les Trois singes : je reviendrai, Éd. Star (Prémices), 2009
Comme de nombreux enfants béninois, Gildas a été envoyé au Nigeria pour payer une dette familiale. Réduit à l’esclavage, il s’est enfui en se cachant dans un camion de gravier où il est mort étouffé. Le scénario mêle habilement récit de l’annonce de son décès aux membres de sa famille avec des flash-back sur les raisons mêmes de cette tragédie. L’alternance de points de vue permet la remontée de souvenirs différents et brosse en creux un portrait de Gildas. C’est une bande dessinée poignante, sans lourdeur en dépit d’une volonté de faire passer un message, et bien portée par le style graphique attentif aux expressions des personnages.
Savoir +

Sénégal

Sous la dir. de Nafissatou Dia Diouf, T. T. Fons, Les Petits chercheurs, Éd. Tamalys, 2008
Des scientifiques du Sénégal proposent aux enfants vingt-deux expériences, sur les plantes, la lumière, l’électricité, la mécanique, l’eau… Pour chacune, une double page : quelques phrases pour susciter l’intérêt, indications illustrées sur le matériel nécessaire (facile à trouver !) et la manière de faire, puis des explications pour aider à comprendre ce qui s’est passé ; le tout complété d’un peu de vocabulaire et d’une vignette humoristique. La table des matières indique le niveau de difficulté des expériences. Limpide, très bien conçu, ce petit ouvrage est une excellente initiation à la science par une démarche active.
En savoir + sur Nafissatou Dia Diouf

Hélène Ngone Diop, Mame Daour Wade, Moustapha Ndiaye, Des djinns de toutes les couleurs = Jinne yu mel nune, Éd. BLD, 2008
Paru en 1997 dans une édition qui regroupait trois histoires, cette nouvelle présentation du conte, seul, dans un album carré plus petit, permet de mieux en goûter la saveur. La cohabitation entre les djinns et les hommes n’est pas facile, surtout à l’heure de la sieste quand les petits êtres invisibles ne cessent leur vacarme… Un texte très court, en français et en wolof ; d’amusantes illustrations très colorées de Moustapha Ndiaye dans son style si reconnaissable que l’on a plaisir à retrouver.
En savoir +

Lamine Diemé, Bébé Amine, Éd.BLD (Tété), 2008
Quand Bébé Amine se réveille seul dans un grand lit, c’est d’abord la perplexité qui se lit dans ses yeux, bientôt relayée par l’inquiétude, pour finir par une très grosse colère. Heureusement, Maman n’est pas loin. Dans ce petit album carré, broché, aux illustrations très expressives, le récit est mené essentiellement par l’image qui joue habilement sur les cadrages. C’est le deuxième album dans la collection « Tété » de Lamine Diémé, jeune illustrateur dakarois, également auteur de courts métrages d’animation et de bandes dessinées.
En savoir +

Centrafrique

Didier Kassaï, Vincent Carrière, L’Odyssée de Mongou, Éd. Les Rapides, 2008
Les adaptations en BD de grandes œuvres africaines, permettant de les faire connaître à de plus nombreux lecteurs, ne courent pas les rues… Cette BD est l’adaptation d’un roman classique de la littérature centrafricaine (disponible aux Éditions Sépia), écrit par Pierre Sammy-Mackfoy, écrivain et pédagogue, qui a dirigé à Bangui le journal pour enfants Balao. Le bédéiste centrafricain Didier Kassaï, plusieurs fois primé, a mis en images documentées, agréables et bien lisibles, la vie extraordinaire de Mongou. Ce chef bandia voit les Européens, hommes d’armes et d’Église, arriver pour la première fois dans son village et en changer le destin, puis aide au recrutement des Tirailleurs et découvre la France…  Une histoire collective et personnelle simplement « montrée », sans que des jugements de valeur interviennent.

Ile Maurice

Gabrielle Wiehe, Sirandann :P etites devinettes = Small Guessing Games, Éd. Vizavi, 2009
Ce livre de devinettes trilingue (créole, français, anglais) est un hommage rendu à la culture de l’océan Indien et au célèbre jeu des sirandanes partagé par toutes les générations. Natacha Appanah, dans la préface de l’album, donne des sirandanes une belle définition, subtile et complexe : « les sirandanes ne sont pas que des devinettes. Cette joute orale en langue créole faite d’énigmes est un « ouvre-l’œil » sur ce qui nous entoure. C’est une manière de dire le monde, de lui enlever son masque de tous les jours, et de le surprendre ». Un exemple de ces joutes poétiques ? Qui est la demoiselle qui nous suit partout et que l’on ne peut jamais embrasser ? L’ombre, bien sûr… Gabrielle Wiehe met tout son talent à servir la poésie de ces sirandanes en proposant des collages, à partir de papiers très divers, qu’elle recouvre à l’acrylique, au pastel, ou encore, au fusain. On sent une véritable profondeur de l’image, nimbée de mystère, qui vient soutenir un texte aux multiples entrées de sens…
En savoir +

Madagascar

Jeanne Ralimahenintsoa, Dominique Chelot, Ridha Andriatomanga, Paul Razafindraibe, ABDlire, Éd. jeunes malgaches, 2007
Abécédaire bilingue français/malgache pour les enfants en classe de maternelle qui découvrent les rapports entre les lettres et les images. Chaque page est présentée sans commentaire pour laisser les enfants libres dans l’interprétation des images. La photographie a été utilisée pour les illustrations.
En savoir +

.

Cyprienne TOAZARA, Soza le pêcheur, Éd. jeunes malgaches, 2007
La pirogue de Soza n’ a pas su franchir la barrière de corail et le pêcheur de langouste fait naufrage. Pourtant, il reviendra chez lui, pour le bonheur et la paix de tous. C’est le retour du justicier en terre du Sud.
En savoir +

.

Mali

Modibo Keita, Svetlana Amegankpoe, L’épopée de Soundjata, Éd. Donniya, 2005
Inspirée de la tradition orale malinké, l’histoire de Soundjata Keita, courageux fondateur de l’empire du Mali, est magnifiquement représentée par les illustrations de Svetlana Amegankpoe.
En savoir +

.

.

Aïda Mady Diallo, Ibrahima Aya, Ali Zoromé, Awa et Adama à Wadakédji, Éd. Tombouctou (Awa et Adama), 2009
Saluons la création d’une nouvelle maison d’édition malienne, dirigée par Aïda Diallo et Ibrahima Aya, auteurs engagés en faveur de la lecture des jeunes. Voici le premier titre de leur collection de bandes dessinées documentaires qui prévoit la découverte de diverses régions du Mali, tenant compte des souhaits de leurs habitants, à travers les voyages des jumeaux Awa et Adama. Il s’agit ici de Wadakédji. Chaque étape de ce voyage des enfants est l’occasion d’une découverte des particularités de la région et aussi l’occasion d’aborder des thèmes plus généraux comme l’importance d’inscrire ses enfants à l’état civil ou de voter, la culture du karité…

Guinée Bissao

Teresa Montenegro, Kriol Ten, Ku Si Mon Editora, 2007
Livre écrit en portuguais et non traduit, mais cela ne devrait pas poser de problème aux francophones : « O vivo sabor do crioulo guineense falado através de termos, expressões, provérbios, com traduções em português. Fugindo à ordem alfabética, a apresentação é feita em vinte e um campos semânticos entre os quais o mundo, os animais, o corpo, o intelecto, os sentimentos, o carácter, a vontade, o parentesco, as viagens ».
En savoir +

Coédition

Béatrice Lalinon Gbado, Mamadou Wolid Niang, Ousseynou Sakho, Abdoulaye Seck, Ibrahima Dia, Chérif Diop, Maman, éditions Ruisseaux d’Afrique (Bénin), Mokand’Art (Congo Brazzaville), BLD (Sénégal), Éburnie (Côte d’Ivoire) et Sankofa & Gurli (Burkina Faso), 2006
Une magnifique coédition panafricaine en jeunesse : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Congo Brazzaville. Ce texte poétique, écrit par Béatrice Lalinon Gbado, est un véritable hommage à la femme, un long poème magnifiquement illustré par plusieurs artistes sénégalais travaillant la technique du « sous-verre ».

Pour être (beaucoup) plus complet il faut évidement faire un grand tour sur le site takamtikou et notamment sur la Bibliographie de l’Afrique – mars 2010 et la Bibliographie de l’océan Indien – mars 2010
Il y a aussi d’autres ouvrages sur le site de l’alliance internationale des éditeurs indépendants où l’on trouve une bibliographie que j’avais déjà présentée sur opoto et qui est plus que jamais
d’actualité.

Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
 » Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait.  » Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.

Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.

Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission – retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le  » pagre fumé  » – un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.

Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.

Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des « décideurs de l’ombre » qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou hon­nêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’au­jourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !

Mouna-Hodan Ahmed, Les enfants du khat, Éd. Sépia (Sépia-Poche), 2010
Récit de la vie d’Asli, adolescente djiboutienne, confrontée aux errements de la jeunesse dans une société conditionnée par la consommation du khat, herbe hallucinogène locale. Premier roman.
Il s’agit d’un roman écrit par l’une des seules romancières originaires de Djibouti. Le khat est une drogue que tous les Djiboutiens mâchent dans l’après-midi, anéantissant tout travail et toute initiative. Considéré par beaucoup comme un fléau national, il perturbe aussi bien le psychisme des habitants que l’économie du pays. Cette chronique de la vie quotidienne à Djibouti livre le tableau de cette société gangrènée par par le khat. L’auteure, née à Djibouti conserve néanmoins l’espoir qu’un jour prochain, « les enfants du khat » reprendront le pays en mains et aboliront cette tradition délétère.
En savoir + sur Mouna-Hodan Ahmed

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
En savoir + : Le blog de Florent Couao-Zotti et le blog du livre « la cour du mouton »

Mohamed Leftah, Hawa, Éd. La Différence (Littérature), 2010
À Casablanca, le quartier du Boussbir, lieu des bordels et de la débauche, voit éclore l’amour des jumeaux Zapata et Hawa, fruits de la rencontre d’un soldat américain et d’une prostituée. Liés par une passion incestueuse, monstrueuse, ils grandissent et s’affirment parmi les dealers et les maquereaux qui forment la mafia locale, ces « anges bagarreurs », innocemment cruels, que la plume de Leftah transfigure en héros.
« Qu’il s’agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu’une voix d’une si profonde maturité, d’une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n’a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
En savoir + sur Mohamed Leftah

Ryad Assani-Razaki, Deux cercles, Vlb Éditions (Fictions), 2009
Ce premier recueil de Ryad Assani-Razaki, parle de discrimination et d’exclusion. Chacune des nouvelles de Deux cercles relate un moment de la vie d’un individu qui doit faire face aux difficultés et aux frustrations liées à l’immigration. Un immigrant ne parle pas du tout la langue du pays d’accueil ; il a réussi de peine et de misère à passer sa commande au fast food, mais il doit encore obtenir le petit jouet promotionnel pour le donner à son fils. Un autre rentre au pays après dix années passées en Occident ; la jeune femme qu’il fréquentait avant son départ lui expliquera longuement pourquoi elle le refuse. Un personnage ne veut plus faire partie du monde ; il s’efforce de n’être plus personne, mais le souvenir de la femme qu’il a aimée l’empêche d’y arriver… Dans un monde qui ressemble de plus en plus au village global, nous devons composer avec nos différences, nos croyances, nos préjugés… Quand les cercles sociaux, culturels et religieux s’entrecroisent, quand ils entrent en résonance avec notre cercle intime et avec celui des autres, à plus forte raison lorsque ces derniers sont des étrangers, quelles difficultés surgissent dans la vie de tous les jours ? Le déséquilibre et la confrontation sont-ils inévitables ?
Ryad Assani-Razaki est né à Cotonou, au Bénin, en 1981 et habite aujourd’hui à Toronto, où il travaille comme informaticien. Avant d’arriver au Canada, il a fait des études en informatique à l’Université de Caroline du Nord. Au Québec, il a obtenu une maîtrise en informatique à l’Université de Montréal. Deux cercles est son premier livre.

Lire un extrait

Voir la critique de info-culture.biz

Hilaire Dovonon, Sikah, Éd. D’un Noir si Bleu, 2008
Entre la forêt du grand baobab et la montagne, le village des albinos vit dans le calme, le bonheur et l’opulence.
La reine, femme de Lissahossou, attend un enfant. Cette naissance va bouleverser le village, car dans ce monde tout blanc nait « un bébé noir comme la nuit éternelle des mondes sans soleil. Noir comme la tristesse. Noir. »
De son style musical, Hilaire Dovonon nous offre un conte explorant avec beaucoup de simplicité la question des rapports entre les hommes. Qu’est-ce qui les fonde réellement ? Les différences visibles sont-elles des différences ? Par une voie pleine de poésie, il nous propose, du Bénin, sa réponse :
« sache que la couleur de la peau ne change pas la couleur du sang ».
Dans sa courte préface, Franck Pavloff, écrit qu’Hilaire Dovonon « nous place au centre d’une réflexion fondamentale sur la tolérance » A l’approche de noël il faudrait suggérer à Éric Besson de mettre Sikah sur sa liste de cadeaux avant de l’envoyer au père Noël !
Archiviste-documentaliste de profession, Hilaire Dovonon est né le 12 juillet 1977 au Bénin, où il réside. Son talent de nouvelliste s’est vu à plusieurs reprises couronné par différents prix littéraires francophones, dont le Prix littéraire « Alain Decaux » de la Francophonie, en 2003, pour la nouvelle intitulée « Le Vieil homme et la statuette d’ébène » ; et le Prix du jeune écrivain francophone, la même année, avec « Sous le signe du serpent ».
En 2005 il fait partie des « Plumes émergentes » de la revue Notre Librairie. Revue des littératures du Sud n° 158.
Depuis il a publié un recueil de nouvelles : La Floraison des baobabs aux éditions D’un Noir si Bleu.

Lire une nouvelle d’Hilaire Dovonon : Les reflets des coquillages.