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Classiques d’Afrique » opoto

Classiques d’Afrique


Olympe Bhêly-Quénum, Un Piège sans fin, Éd. Présence Africaine, 1985
La réédition revue de Un piège sans fin d’Olympe Bhely-Quenum dans la collection du livre de poche s’imposait.
Ce roman, en effet, est sans doute une des pièces maîtresses de la production de cet écrivain ; il s’agit, de toute façon, d’une œuvre importante de la littérature negro-africaine. Ce roman, classique de forme, est celui d’une vie, celle d’un être beau, juste, innocent, musicalement accordé à lui-même et au monde, jusqu’au jour où une dissonance défait cette existence harmonieuse. Événement dérisoire : le fantasme ci une femme, mais tel est le piège qui fait qu’a l’harmonie succèdent l’absurde et l’errance, le chaos et le crime, pour s’achever dans le supplice et la mort.
Symbole remarquable, c’est par le feu purificateur que périt cet innocent pathétique. Il a été salué en 1960 par un grand nombre de journaux dont l’Express, la Croix, la Réforme, Combat, les Lettres françaises, etc. Le quotidien belge le Soir écrivait :  » Le romancier va bien au-delà du message des lieux grâce à sa formation intellectuelle et à la sûreté de son langage. L’écrivain prend pied dans le monde des âmes en nous narrant une aventure qui se charge progressivement d’une signification inattendue, et ce roman demeure une fenêtre ouverte sur la vie intérieure de l’homme, sur sa solitude aussi, a quelque climat qu’il appartienne. »
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William Sassine, Le jeune homme de sable, Éd. Présence africaine, 1997
Le sable, comme l’eau qu’il évoque, symbolise l’impermanence et la fragilité de ce qui coule, mais aussi la dure, l’imputrescible, l’inentamable minéralité des choses qui jamais ne changent. Telle est la pureté de la jeunesse : vulnérable, exposée, de peu de poids face aux puissances du monde, mais forte et immortelle comme les idéaux que son innocence proclame.
Le beau, le strict roman de Williams Sassine, dont l’œuvre, de texte en texte, s’affirme comme une des plus stimulantes et originales de la jeune littérature romanesque négro-africaine, est à la fois un cri de révolte, un chant tendre et une parole d’espoir. Révolte des fils contre la trahison des pères, mise en question d’un pouvoir complaisant, révolte contre la violence, la tuerie, l’arbitraire, l’égoïsme cynique d’une minorité de privilégiés.
Tendresse immense pour le peuple noir, détenteur en son silence, en son humilité, des vraies richesses du temps, du ciel et de la terre. Espoir, tout de même, en ces mortelles circonstances, espoir en la jeunesse, lumineuse, dure, pure et innombrable comme l’étendue des sables.
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Maryse Condé, Ségou T. 1 : Les murailles de terre, Éd. Pocket, 1999
Maryse Condé, Ségou T. 2 : La terre en miettes,
Éd. Pocket, 1999
A la fin du XVIIIe siècle, l’Afrique est encore l’Afrique.
Un continent noble et sauvage. Entre Bamako et Tombouctou, Ségou est un royaume florissant. Les Bambaras – polythéistes et animistes – un peuple invincible. Culte des ancêtres, sacrifices rituels, chants des griots… tout semble immuable. Pourtant, de grands bouleversements se préparent. L’esclavage fait rage. Les Européens se prennent pour de grands civilisateurs. L’islam – d’abord considéré comme une culture exotique apportée par les caravanes arabes – gagne du terrain… Le temps des malheurs commence.
La famille de Dousika Traoré – noble bambara – sera la plus touchée. Quatre de ses fils seront jetés comme des fétus de paille dans la tourmente de l’Histoire et auront des destinées terribles…
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Ousmane Sembène, Le docker noir, Éd. Présence africaine, 2002
Diaw Falla,  » le docker noir « , mène à Marseille une existence misérable et précaire, mangeant d’un bol de riz, logé dans un hôtel infâme, heureux encore si le matin il a pu trouver de l’embauche. Il n’a, pour se retenir à la vie, que son amour pour Catherine, et l’espoir de devenir un grand écrivain. Le meilleur de lui-même, en effet, il l’a placé dans un roman qu’il a écrit pendant les brefs moments volés à la fatigue. Cette noble ambition l’aidera-t-elle à triompher du destin et des préjugés raciaux ? Ou le mènera-t-elle à sa perte ? Le docker noir est un long cri d’amertume où éclate un désir passionné de justice. C’est aussi un avertissement, un document de première main sur la vie des minorités noires perdues dans les grandes villes européennes.
Ousmane Sembène à écrit ce livre en 1956.

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Amos Tutuola, L’ivrogne dans la brousse, Éd. Gallimard (l’imaginaire), 2006
« Je me soûlais au vin de palme depuis l’âge de dix ans. Je n’avais rien eu d’autre à faire dans ma vie que de boire du vin de palme. » C’est sur cette fulgurante déclaration que débute le narrateur. Les 560 000 palmiers de sa plantation lui fournissaient suffisamment de vin de palme pour en boire quotidiennement plus de deux cents calebasses. Mais un jour son « malafoutier », l’homme qui lui préparait son vin de palme, tombe du haut d’un arbre et se tue. Voilà un bien grand malheur : impossible de trouver un « malafoutier » aussi expert que le défunt, et la soif se fait bien vite sentir… Le narrateur décide donc d’aller rechercher son « malafoutier » dans la Ville-des-Morts, et ce sont ses aventures dans la Brousse et le monde des Êtres Étrangers et Terribles qui constituent le sujet de ce récit écrit directement en anglais par Amos Tutuola en 1952, Yoruba de l’ancien Nigeria britannique. Raymond Queneau s’est efforcé de rendre le caractère d’« art brut » de ce conte et les « contradictions » d’un des tout premiers romans africains, publié pour la première fois en français en 1953.

Eza Boto, Ville cruelle, Éd. Présence africaine, 2001
Dans ce premier roman publié sous le pseudonyme d’Eza Boto en 1954, le lecteur découvrira, tracés avec une force qui s’accomplira exemplairement dans les œuvres postérieures, fort célèbres, de Mongo Béti, les drames d’une Afrique dominée, ceux qui opposent les humbles, les simples, les paysans, aux différents types d’exploiteurs du monde politique, économique et religieux. Cette œuvre dénonce une situation historique qui, en tant de lieux, dans ce monde, est toujours actuelle.

Savinien Mérédac, Polyte, Éd. Lattes, 2011
« Étant enfant, Polyte une fois s’était cassé un piquant d’oursin dans le doigt ; ni les cataplasmes de gingembre, ni les emplâtres de vers de terre pilés, rien n’avait pu faire sortir la fine pointe barbelée… Et pendant bien des mois, il avait connu cette sensation cuisante d’un élancement subit qui vous larde la chair, sans avertissement, sans raison… Il semble à Polyte qu’il a maintenant un piquant d’oursin dans le cœur. »
Hippolyte Lavictoire dit Polyte a navigué sur toutes les mers du monde : il a connu les péniches, les chasse-marées, les goélettes, les longs courriers. Mais après trente-six ans d’aventures et de tempêtes, il ne peut résister à l’appel de la terre, sa terre : deux arpents de glèbe pierreuse, un chétif domaine, que son père et ses pères avant lui lui ont transmis et qu’il ne peut se résoudre à abandonner. Alors ce cœur farouche, asséché par la dureté d’une vie en mer, s’ancre pour la première fois : il trouve une jeune épouse, Rebecca Sansdésir, des occupations quotidiennes, et surtout il guette l’arrivée de l’enfant, l’héritier qui sauvera son maigre bien et transmettra sa mémoire. Mais l’enfant ne vient pas et l’attente de Polyte devient tourment, doute, colère. Et quand six ans plus tard survient enfin l’heureux événement, il est trop tard. La suspicion, la jalousie et le désir de vengeance se sont emparés du cœur farouche de Polyte. Il est devenu ce monstre implacable, qui broie lentement les siens et s’enferme dans le cachot de la haine qu’il crée lui-même de toutes pièces. Polyte est bien le héros de cette tragédie superbe, un héros terrible mais qui nous fascine aussi par ses chimères vaines et fragiles comme l’écume, par sa verve fine jusqu’à la rouerie, qui touche à la poésie, à la magie.
Savinien Mérédac, de son vrai nom Auguste Esnouf, est né à Port-Louis en 1880. Il mène, parallèlement à son métier d’ingénieur, une vie littéraire intense. Il fonde une revue, publie des essais et un livre pour enfants, puis en 1926 Polyte, qui est sans aucun doute l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mauricienne. Il meurt en 1939 en laissant plusieurs manuscrits, dont un journal.

René Maran, Batouala, Éd. Magnard (classiques & contemporains), 2002
Le grand chef Batouala ne peut plus dormir comme avant dans la quiétude de ta haute brousse.
De nombreux soucis l’empêchent de rejoindre  » Le doux feu intérieur du sommeil  » : ses fonctions rituelles, la proximité des chasses, l’éloignement manifeste de sa femme… Et surtout, cette sourde rumeur qui répète que l’homme blanc accable l’homme noir et Le traite moins bien que son chien. Batouala, pourra-t-il encore vivre heureux au bord du grand fleuve Nioubangui ? Batouala est le premier roman  » nègre  » écrit par un  » nègre « .
Son auteur, un fonctionnaire antillais du ministère des Colonies, soulève, en 1921, un vent de scandale ; et pourtant, cette même année, il remporte le Prix Goncourt… La lecture de ce roman et de son impérative préface permettra aux élèves de comprendre le contexte dans lequel ont pu naître une telle œuvre et un tel paradoxe. Elle leur permettra aussi de découvrir un des premiers textes de la  » négritude « , mouvement littéraire et artistique du XXe siècle, qui entraîna l’émergence d’une culture noire et de sa conscience.
Considéré comme le précurseur de la Négritude, René Maran obtient en 1921 le prix Goncourt pour Batouala. Cette publication engendre une vive polémique, suscitant l’admiration des anticolonialistes et la réprobation des responsables de l’administration coloniale qui interdit la diffusion du livre en Afrique. Il est contraint de démissionner de son poste d’Administrateur des colonies.
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Évariste Parny, Chansons Madécasses, Éd. Opoto, 2009
Évariste Désiré de Forges (1753-1814) Né à la Réunion, a été militaire avant de devenir écrivain. C’est en Inde qu’il écrit ces poèmes qui sont d’une étonnante modernité. Ils sont parmi les premiers poèmes en prose de la littérature française. Et, surtout, ils proposent le regard des Malgaches (les «Madécasses») sur les Blancs. Parny était farouchement opposé à l’esclavage et à la colonisation. Jouant aussi de la supercherie, il présente ces textes comme une traduction en français, ce qu’ils ne sont pas: il en est bien l’auteur.
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