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Yosuah Kossi Efoui » opoto

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Kossi Efoui, L’ombre des choses à venir, Ed. Le Seuil, 2011
Un jeune homme d’une vingtaine d’années, s’adressant à un auditoire imaginaire depuis le fond de sa cellule, nous raconte son histoire, son enfance. Cette cellule, on le comprendra vite, est en fait une cachette d’où il attend d’être tiré par des hommes qui peuvent lui apporter le meilleur comme le pire : tout le livre est rythmé par cette attente dont l’issue ne sera connue qu’aux dernières pages.Lorsqu’il avait neuf ans, son père lui est revenu après quatre ans d’internement dans un camp à la réputation terrible, appelé la Plantation. Véritable mort-vivant, spectre méconnaissable, ce père ne prononce plus une parole, il n’est plus dans la vie. Les seuls sons qui s’échappent en secret de son gosier, il les réserve aux oiseaux prisonniers de la boue des marais, dans une forme de communication hors du monde, extra-naturelle. Cependant, une soi-disant nation nouvelle est en construction. On s’y gargarise de slogans creux, de périphrases absurdes. Le contrôle de la parole est un enjeu primordial de tous les régimes. Devenu presque adulte, le garçon refuse cette falsification du langage et ce qui va avec : l’incorporation obligatoire dans une guerre inter-ethnique qui n’avoue pas son nom. Il se cache en attendant la fuite. Paradoxalement, comme pour refermer la boucle, c’est sur les lieux mêmes de la Plantation qu’il va trouver un refuge provisoire, là où la vie de son père s’est brisée. ? Kossi Efoui, né au Togo, se consacre en partie au théâtre. Ses pièces sont jouées sur les scènes africaines et européennes. Il a publié également de la poésie. L’ombre des choses àvenir est son quatrième roman, après le très remarqué Solo d’un revenant (2008), qui lui a valu le prix des Cinq continents de la francophonie.
En savoir + sur les autres romans de Kossi Efoui

Sami Tchak, Al Capone le malien, Ed. Mercure de France (bleue), 2011
Le prince s’est frayé un chemin au milieu des danseuses excitées pour marcher vers Binétou Fall. Il lui mit la main sur l’épaule. Elle eut un sourire crispé. Les femmes poussaient leurs cris. À la surprise générale, son altesse Edmond VII ouvrit d’abord la bouche comme s’il s’apprêtait à avaler l’univers, puis il souffla bruyamment au-dessus de la tête de Binétou Fall. J’étais présent, j’avais vu. Un pigeon blanc est sorti de la bouche de l’homme doré pour se poser sur la coiffe de Binétou Fall. Tous les dignitaires se sont levés, les yeux écarquillés.?Venu à l’origine faire un reportage sur un balafon légendaire conservé précieusement à la frontière entre la Guinée et le Mali, René se retrouve coincé dans un hôtel de luxe de Bamako. Loin de la vision de l’Afrique traditionnelle incarnée par le vieux et intègre Namane Kouyaté, le protecteur du balafon magique, le Français y découvre une tout autre Afrique, celle de la corruption, des affaires de mœurs et des meurtres sanglants… Fasciné toutefois par cet univers du luxe et de la débauche, il plonge corps et âme dans une folle aventure où le sexe, l’argent et les plus grands secrets d’état semblent inextricablement mêlés.?Mais qui sont réellement la Princesse Sidonie, la belle Binétou Fall, ou encore la jeune inconnue de la piscine ? Et surtout qui est Al Capone, alias le Prince Edmond VII, cet homme magnétique autour de qui toutes gravitent ? Qui est donc ce feyman qui fit ses premiers pas sous l’égide du King Donatien Koagne, le roi de l’escroquerie à l’échelle planétaire… Les masques tombent les uns après les autres autour de René, la question est de savoir jusqu’où il sera prêt à aller dans sa quête à la fois de l’amour et de la vérité.?Avec sa voix singulière, Sami Tchak peint une Afrique partagée entre poésie et violence, cruauté et sensualité.

On peut les voir maintenant. On peut les voir marcher à travers les trouées fléchées dans le paysage pour guider les derniers dérivants que la forêt recrache. Par petites échappées. On peut les voir arriver jusqu’à la ligne de démarcation, entrer dans la Zone neutre…, ainsi débute le roman Solo d’un revenant.
Tranche d’histoire d’un pays africain (on pense évidement au Rwanda, au Soudan, au Mozambique des années 80, et plus loin encore au Congo-déjà-, au Biafra…), mais aussi quotidien du Kivu et on ne peut s’empêcher de songer à la Palestine et à tous les conflits du monde actuel. Ceux où la folie des possédants broient les populations.
Histoire d’un retour à la recherche de ses années d’insouciance où au sortir de l’adolescence le narrateur fonde une troupe de théâtre avec ses amis. Le narrateur, on ne connaitra de lui qu’un nom générique : le revenant, cherche à comprendre pourquoi son ami Mozaya est mort alors qu’il avait trouvé refuge avec ses derniers élèves dans une école. C’était une saison où l’on fuyait beaucoup. (…) C’était au début de ce mois pourri de mars qui présidera à la saison des fuites. Mozaya ne se décidait pas à partir.
Il part en même temps à la recherche d’ Asafo Johnson, le comédien qui, sur les ondes radiophoniques, attisait la haine.
La guerre passée, faisant de l’un une victime et de l’autre un complice, le revenant retrouve un monde qui n’existe plus et dont il doit faire le deuil tout en essayant de vivre dans l’aujourd’hui.
Le roman est traversé de personnages forts décrits avec économie, comme pour indiquer que l’on ne parle pas d’un individu mais d’un type de personnage que cette guerre a forgé, telle Xhosa-Anna qui se promène en robe de mariée et fume la pipe, une jeune fille peule sourde et muette, échappée d’un convoi de bergers, Marlène l’humanitaire abandonnée par la direction d’une ONG cynique ou Maïs : Il s’appelle Maïs Seize-dix-sept ans. M’appelle Frère ami depuis que je suis là. Il ne faut pas l’écouter. M’en aurait vendu des lots, si je l’avais écouté : lots de médicaments, lots de talismans porte-clés, lots de logiciels piratés en Inde, lot de quatre roues pour la moitié du prix d’une.
Au delà de la quête le sujet du livre est plus dans les conséquences, l’après massacres et les bouleversements qui ont radicalement transformé les êtres. Quant à savoir à qui la faute revient… Et même si l’on trouve quelqu’un à juger.
Les accusés, il faut dire qu’ils ne comparaîtront pas. D’abord un témoin s ‘est rétracté. Un autre a disparu. Ce genre d’affaire dépend de qui on achète. Le juge ou le témoin. Au moins un homme sur deux à un prix.
Dire que tout est vain ? Le passé et le présent ne sont-ils pas les deux yeux d’un même regard ?
Écrit dans une langue que l’on peut aux premiers abords trouver déroutante (mais le sujet ne l’est-il pas lui même) Solo pour un revenant nous entraine entre poésie et théâtre dans un voyage sans retour.
Kossi Efoui raconte une histoire de bruits de fureur et de terreur. Le livre refermé on à l’impression avec le revenant d’être sur une barque qui s’éloigne de la rive et d’être en même temps l’homme debout sur la rive qui regarde la barque s’éloigner, d’être le même homme sur le point de disparaître de l’autre côté de l’horizon.

Kossi Efoui, Solo pour un revenant, Éd. Le Seuil, 2008

Écouter un interviou de Kossi Efoui :


Solo d’un revenant de Kossi Efoui
envoyé par EditionsduSeuil

«Le temps, c’est comme l’eau du fleuve. On a l’impression qu’elle passe, mais elle est toujours là. Va au bord du fleuve à n’importe quel moment, il y a toujours de l’eau et tu puises si tu en veux. Crois-moi, le temps ne passe pas, Mwana. Il passerait pour aller où ?»
C’est avec cette conviction, continuellement insufflée par sa grand-mère Iyo, que Mwana grandit. La vie est belle à Douala, quelle que soit la saison. Belle et pleine de péripéties souvent amusantes que ce roman raconte comme de vive voix. Mais tout va devenir différent à partir du jour où, adolescent, Mwana entrera à l’école. Et découvrira, tout surpris, un tyran à l’air conciliant pourtant : la montre.
À vrai dire, avec Mwana, c’est tout un continent qui est ainsi pris au piège d’un temps nouveau. Car maintenant, même en Afrique et n’en déplaise à Iyo, le temps s’est mis à passer. Bel et bien. Comme partout ailleurs dans le monde.
Francis Bebey, L’enfant-pluie, Ed. Sépia, 2008
En savoir plus : le site consacré à Francis Bebey

«Quiconque ne pouvait chanter sa généalogie jusqu’à l’octave juste, jusqu’au Totem, était appelé l’Anomalie : quelqu’un dont l’apparence humaine allait compter pour contrefaçon. « La panique pour l’instant n’a gagné que les mots », écrivait Mozaya, le ton toujours aussi buté que s’il avait parlé de ces pluies calamiteuses qui s’annoncent par de grands vents, mais qui ne s’abattent pas, que les hommes se préparent à fuir, avant de s’apercevoir que le ciel s’est à nouveau éclairci sans raison. Et je sais que la fanfaronnade est la pudeur des grands blessés.»
Le narrateur revient dans son pays après dix ans de massacres. Ce faisant, il cherche à comprendre comment son ami Mozaya est mort, et à retrouver un certain Asafo Johnson avec lequel il avait fondé une troupe de théâtre en ses années d’étudiant. La vie renaît, hantée par de vieilles et mortelles litanies, ces phrases-talismans qui se recourbent sur elles-mêmes comme la queue du scorpion.
Yosuah Kossi Efoui, Solo d’un revenant, Ed. du Seuil, 2008

C’est un fait dont on parle trop rarement : au moins un Africain émigré sur deux adresse les trois quarts de son salaire à sa famille restée sur le continent afin d’assurer sa subsistance. Osele, l’aîné de trente-trois enfants, est envoyé en France, où il fait de brillantes études d’ingénieur. Marié à une Française, père de deux enfants, il expédie tout son salaire en Afrique, ce qui le mène à la rupture conjugale. Le narrateur n’a de cesse de se justifier en remontant le cours de sa mémoire, dégageant peu à peu le modeste gisement d’une existence vouée au respect de la tradition. Cet homme dénué d’agressivité, qui n’élève jamais la voix, avec quel acharnement il dénonce la perpétuation d’un héritage ! Souvent, il invoque la peur, sa peur. Au fil des mots, il redessine le trajet de sa vie, à laquelle il offre un contour neuf, une nouvelle dignité. Mais un homme seul peut-il s’opposer à un peuple conservateur qui a tout intérêt à entretenir une telle dépendance ? Menacé de mort, frappé par la maladie, Osele exprime la dérision d’un combat inégal.
Gaston-Paul Effa, Nous, enfants de la tradition, Ed. Anne Carrière, 2008

Dans l’intra muros d’une grande ville d’Europe, vivent Amok, Shrapnel et Amandla. Alors qu’Amok et Shrapnel sont nés en Afrique, Amandia a grandi dans un territoire d’outre-mer. Trois parcours différents, une même couleur de peau, parfois embarrassante, lorsque l’Afrique, la Terre Mère, a des allures de continent déchu. Une couleur qui emprisonne et influence leur rapport au monde. Tandis qu’Amandla, l’icône rasta, s’enflamme pour une histoire glorieuse où le peuple noir descend des pharaons d’Egypte, Amok, l’écorché vif, étouffe sous cette couleur si lourde de sens. Quant à Shrapnel, le prince des villes qui rêve d’un peuple noir uni de l’Afrique aux Amériques, il a du mal à savoir où il en est depuis qu’il est tombé amoureux d’une blonde aux yeux bleus…
Entre révolte, fierté et mal de vivre, est-il possible de surmonter une identité si envahissante pour se révéler à soi-même ?
Léonora Miano, Tels des astres éteints, Ed. Plon, 2008
En savoir plus : le site de Léonora Miano

Avant-propos de l’auteur : « Au moment même où une barrière métallique de plus de six mètres de haut était érigée sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila pour stopper les vagues d’immigrés en route vers les pays de l’Union européenne, une pirogue de Hann, village traditionnel de pêcheurs de la banlieue de Dakar, perdue en mer à la suite d’une panne de moteur, à la dérive durant deux semaines, poussée par les vents et les courants marins, accosta à Santa Cruz de Tenerife. […] Le voyage en pirogue des côtes du Sénégal aux îles Canaries, porte de l’Espagne, était du domaine du possible. »
« Mbëkë mi », c’est « le coup de tête » sur lequel on part, défiant tous les périls ; et c’est devenu, tant elle est folle à accomplir, « la traversée » des milliers de jeunes Africains, le dos à la misère et à la désespérance, fuyant ainsi leur pays en pirogue… Dix jours de navigation et d’errance dans un tronc d’arbre évidé et chargé d’au moins quarante personnes pour un Éden européen rêvé, passant d’abord d’un Purgatoire villageois à l’Enfer océanien… Avec les personnages de cette histoire, le lecteur est emporté par l’espoir, l’immense beauté et cruauté de l’océan, la mort, le viol, la faim, la soif, les hallucinations, il est, lui aussi, le coeur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents, empirogué jusqu’à l’autre rive…
Abasse Ndione, Mbeke Mi :A l’assaut des vagues de l’atlantique, Ed. Gallimard (Continents noirs), 2008

Quelque part au milieu de l’océan, une terre, une île, des rues, des décharges, des plaines immenses et oubliées où se déroulent des tragédies. Quelque part toujours sur une terre dominée par les puissants, Dollaromane à leur tête, des tirailleurs, des femmes aux cheveux de paille, des ancêtres sur la piste de leur libido perdue. Entre la mémoire et l’actualité plane un temps brouillé où rien ne distingue les faits d’hier de ceux d’aujourd’hui.
Face à eux : Za, personnage démesuré à la recherche du corps de son fils emporté dans un ruisseau encombré de détritus, le « fleuve de cellophane ». Sa femme est folle, lui-même a connu la prison, la torture. Il invective, demande pardon, s’humilie, s’esclaffe, chante, récite des poèmes. Za, gorgé de barbarie, est réduit à la seule liberté qui lui reste, une liberté immense qu’il brandit dans son désespoir : celle du langage, celle du rire.
Un roman d’une inventivité verbale inouïe, qu’on se surprend à lire avec une bien cruelle jubilation…
Jean-Luc Raharimanana, Za, Ed.P. Rey, 2008