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(Librairie à Bamako – vue sur http://www.culture-developpement.asso.fr)

Edem Awumey, Rose déluge, Éd. Seuil, 2012
Venu du golfe de Guinée et transitant par le Canada, le jeune Sambo transporte dans une boîte les « restes » de sa tante Rose (en fait, ses cheveux et ses ongles) que la défunte lui a demandé d’ensevelir à la Nouvelle-Orléans, terre de ses ancêtres.
Rose était une vieille femme un peu givrée qui vivait à Lomé dans ses hallucinations et attendait en vain l’arrivée d’un bateau mythique, le Butterfly. Le roman commence à un arrêt d’autobus de la banlieue d’Ottawa, lorsque Sambo est abordé par Louise, une jeune Acadienne intriguée par sa précieuse boîte dont il hésite à révéler le contenu. En récits alternés, les deux jeunes gens se révéleront l’un à l’autre, aimantés par la similitude de leurs malheurs.
Louise se rend à New York où elle veut entamer une carrière de danseuse. Elle est issue d’un viol : c’est cela qu’elle désire danser et mimer sur les trottoirs de Broadway. A la fin, après une longue scène d’amour d’une grande beauté, dans laquelle les caresses échangées font surgir les fantômes de chacun, Louise décide d’accompagner Sambo jusqu’au terme de son voyage, à la Nouvelle-Orléans.
Edem Awumey est parvenu à un équilibre difficile entre la précision naturaliste et le fil métaphorique. Très touchants, Sambo et Louise sont deux êtres qui vivent dans le sentiment d’un tribut à payer pour redonner un sens au chaos du monde. Livre inspiré, lancinant, habité par un souffle puissant.

<Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil, Éd. Gallimard (continents noirs), 2012
Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien.
Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota  » ethnique  » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi. Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un  » vieux Blanc « , peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé.
Avec passion, il peint à fresques les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines de Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour la jeune vie de l’héroïne, et pour bien d’autres filles Prélude exemplaire au génocide rwandais, le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, fonctionne comme un microcosme existentiel fascinant de vérité, décrit d’une écriture directe et sans faille.
Scholastique Mukasonga, rescapée du massacre des Tutsi, nous donne ici son premier roman, où des jeunes filles à mains nues tentent d’échapper à l’Histoire monstrueuse qui a décimé sa propre famille.

<Doryn Foualem, Imani, La vie de mon village, Éd. Terriciae (Terre du monde), 2012
Ayant connu les échecs, les réussites, le besoin, la suffisance quelquefois les espoirs, les désillusions, les maladies et même les décès, nous avons appris à recevoir des coups, mais aussi à en donner. Connaissant bien la vie à ce jour sous tous ces angles, j’accepte désormais que les choses viennent et s’en aillent : mon cœur est devenu aussi ouvert et réceptif que le monde… Propos innocents, mais pas moins mesurés d’une adolescente née dans un village avec lequel elle avait toujours entretenu des rapports conflictuels. Trop souvent, Imani n’a pas eu le choix. Elle raconte dans des lettres à un jeune réalisateur vivant en ville ce qu’ils ont vécu en tant qu’adolescents et souvent aussi en tant qu’aînés. Livrés à la pauvreté et à la promiscuité de leurs rues, il fallait se soumettre au dogmatisme des traditions tout en enviant la modernité que se rependait ailleurs : il fallait s’adapter au besoin perpétuel tout en sachant que de l’autre côté de leurs frontières, les autres connaissaient le bien-être, il fallait laisser les maladies sévir, parce que les traitements traînaient à arriver…

Récits, fictions, documentaires, témoignent ici de l’horreur dans laquelle un continent surnage. Pas la peine d’en rajouter les textes suffisent amplement. Restent à ne pas se tromper et d’être bien conscient des responsabilités de chacun. (image tirée du film Johnny mad dog lui même adapté du roman d’Emmanuel Dongala : Johnny chien méchant. Découvrir le site de la fondation Johnny mad dog).

Ryszard Kapuscinski, D’une guerre l’autre : Angola, 1975, Éd. Flammarion, 2011
Angola, 1975.
Au lendemain de l’indépendance accordée par le Portugal, le pays s’enfonce dans la guerre civile. Une guerre sale, opiniâtre et cruelle, qui met aux prises plusieurs partis de libération, armés jusqu’aux dents. Chacun est l’ennemi de chacun, personne ne sait qui va mourir, entre les mains de qui, quand et où. Ni pourquoi. Dans cet enfer, inaccessible de l’extérieur, un témoin de l’intérieur raconte : l’écrivain reporter Ryszard Kapuscinski, correspondant de l’agence de presse polonaise, installé d’abord à Luanda, comme un prisonnier dans une ville assiégée, puis naviguant au péril de sa vie entre les différents fronts d’une guérilla sans nom.
Avant la réflexion sur les mécanismes du pouvoir qui nourrira Le Négus et Le Shah, Kapuscinski nous livre ici son récit le plus personnel et le plus attachant, en spectateur effaré de l’agonie d’une ville abandonnée aux chiens errants et d’un conflit absurde. Un conflit de bric et de broc où les soldats sont des enfants mais où l’on meurt pour de vrai.

Junior Nzita, Si ma vie d’enfant soldat pouvait être racontée, Éd.Persée, 2012
« Au moment où le chauffeur démarra, notre camarade était encore au sol, tenant avec ses deux mains la ridelle du véhicule pour monter.
J’ai essayé de l’attraper par les deux mains pour le tirer parmi nous. Les rebelles, nous voyant, ont tiré une roquette qui le toucha au niveau de la hanche et… le fendit en deux. A bord du véhicule, je suis resté avec la partie supérieure de son corps, c’est-à-dire la tête, les mains et le tronc… Lorsque le chauffeur s’est arrêté, nous sommes descendus avec les parties du corps de notre compagnon et les avons emballées dans un sachet que nous avons jeté en pleine brousse.
J’avais à peine 13 ans, c’était vraiment horrible ! J’ai même failli craquer ; toutefois, j’ai fait un effort pour me consoler et implorer le Bon Dieu d’agir tel qu’il l’avait fait avec David devant Goliath… ». Terrible témoignage d’un enfant soldat.

Esther Mujawayo, Souâd Belhaddad, SurVivantes : édition revue et augmentée, Éd. Métis Presses (Imprescriptible), 2011
Génocide : comment cela peut-il arriver ? Et si on en réchappe, comment peut-on y survivre ? A travers le destin d’Esther, Rwandaise, Tutsi, c’est le destin collectif de tout le Rwanda qui nous est dévoilé.
Esther, fille de pasteur, sociologue, mariée, mère de trois filles, échappe à la tuerie avec ses enfants alors que sa famille et celle de son mari – lui compris – sont décimées. Pour ces femmes et ces enfants qui ont survécu comme elle, Esther a repris ses études. Aujourd’hui, elle poursuit inlassablement sa mission de thérapeute spécialisée dans les traumatismes psychiques d’après-génocide. Extraordinairement forte, belle, lumineuse, vivante, Esther raconte son parcours -depuis sa naissance dans un village tutsi jusqu’à sa vie actuelle, en Allemagne.
Si nous serrons les poings d’incompréhension devant les horreurs que l’homme peut imposer à l’homme, jamais Esther ne nous laissera tomber dans le pathos.

Léonard Vincent, Les Erythréens, Éd. Rivages, 2012
C’est une contrée qui borde la mer Rouge.
Au nord le Soudan, au sud l’Éthiopie. À première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l’Érythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d’indépendance, l’homme s’est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son État comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s’enfuir.
Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d’une grande justesse, les Érythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance.

Ibrahim Sonallah, Turbans et chapeaux, Éd. Actes Sud (mondes arabes), 2011
Ce roman se présente comme un récit parallèle à la chronique de l’historien Jabarti, témoin oculaire de la conquête de l’Égypte par Bonaparte en 1798.
Il serait l’ouvre d’un jeune disciple possédant quelques rudiments de français qui vont lui permettre d’être recruté à l’Institut d’Égypte, en tant que sous-bibliothécaire. Il peut ainsi fréquenter des Français, observer de près leurs mœurs, s’informer de leurs idées. Il note ce qu’il voit et entend d’un ton généralement neutre, parfois amusé, et n’hésite pas à consigner ses émois amoureux. On apprend ainsi qu’une Française – et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Pauline Fourès, la maîtresse de Bonaparte ! – lui a accordé ses faveurs.
Cependant, copiste et informateur de Jabarti, il est aussi au courant de tout ce qui se passe en Égypte, et ne manque pas de dénoncer les crimes commis par les mamelouks et les Ottomans, ou les compromissions des grands « turbans » locaux. Roman historique, Turbans et chapeaux n’en reste pas moins une œuvre d’une brûlante actualité. Écrit lors de l’invasion américaine de l’Irak, il explore, avec la vigueur qui a fait la renommée de Sonallah Ibrahim, l’histoire des relations orageuses entre les Arabes et l’Occident depuis deux siècles.

Koulsy Lamko, Les racines du yucca, Éd. Philippe Rey, 2011
Un écrivain africain vivant à Mexico est atteint d’un incroyable mal : une allergie au papier… Son étiopathe lui conseille de voyager, de retrouver la nature. Il part donc dans le Yucatan animer des ateliers d’écriture dans un village de refugies de la guerre du Guatemala des années quatre-vingts. Une de ses stagiaires, Teresa, lui présente son journal des années de guerre. Fasciné par ce texte, l’écrivain décide de l’aider à le rédiger jusqu’au bout. Il va amener Teresa à accoucher des démons qui sommeillaient dans sa mémoire. Mais il va aussi réveiller les siens…
Généreux et ambitieux, ce roman tisse des liens solides entre l’imaginaire latino-amérindien et celui d’une Afrique confrontée aux affres des guerres, des trahisons multiples, des errements de politiques suicidaires.
Avec Les racines du yucca, Koulsy Lamko propose un regard croisé riche de ses multiples errances, et jette un pont entre deux continents qui feignent de s’ignorer alors que tout les rapproche. Il construit ainsi une parole poétique engagée et sereine : celle des espérances têtues. Comme celles du Yucca, cette plante tenace, rebelle a la destruction, dont toute tige ou racine arrachée revit au contact de la terre.

Boubacar Boris Diop, Murambi, le livre des ossements, Éd. Zulma, 2011

Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l’ultime génocide du xxe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent, s’aiment et se confessent. Jessica, la miraculée qui sait et comprend du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des Interahamwe, la milice des massacreurs du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l’armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d’exil, plonge aux racines d’une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple.

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Sylvie Kandé, La quête infinie de l’autre rive : épopée en trois chants, Éd. Gallimard (continents noirs), 2011
La quête infinie de l’autre rive évoque ceux qui, par goût de l’aventure, soif de connaissance ou nécessité économique, se lancent en pirogue sur l’Atlantique. Hier, ils étaient des milliers qui, sous la conduite d’Aboubakar II, alias Bata Manden Bori, mirent le cap sur l’Amérique ; aujourd’hui ils sont des dizaines de milliers, qui, dans l’espoir d’atteindre l’Europe, s’embarquent audacieusement sur l’océan. En filigrane, le texte s’interroge sur la possibilité d’une histoire autre, si les expéditions malinké avaient, avant Christophe Colomb, « découvert » l’Amérique.

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François Devenne, La nuit d’ivoire, Éd. Actes Sud, 2011
Dans le Kenya contemporain, les destins croisés d’un jeune Masaï qui entrevoit avec peur et fascination le monde moderne, et d’un « délinquant » de Nairobi qui, à travers l’expérience de la chasse aux éléphants et du trafic de l’ivoire, va recouvrer la connaissance et les valeurs de ses ancêtres.

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Chris Abani, Comptines pour l’enfant soldat, Éd. Albin Michel, 2011
My Luck., un garçon de quinze ans, a été enrôlé par les siens au cœur de la guerre civile (on ne dit pas laquelle) qui ravage alors le Nigeria.
A la tête d’une unité d’enfants-soldats (leur poids plume doit leur permettre d’éviter de sauter sur les mines qu’ils sont chargés de désamorcer), My Luck est bientôt coupé de ses troupes par une explosion qui lui fait perdre connaissance. Et tandis qu’il se met en quête de ses camarades, il est assailli par les souvenirs de sa vie d’avant-guerre et par les horreurs auxquelles il a participé depuis lors.
Et surtout par cette question :  » Si nous, les enfants, sommes les grands innocents comme affirment les adultes, pourquoi prenons-nous tant de plaisir à tuer ?  » Passé maître dans l’art de la nouvelle, comme l’a unanimement souligné la presse américaine au moment de la publication de l’œuvre originale, Chris Abani bâtit livre après livre une œuvre originale et forte. Sa prose tout à la fois lyrique et dépouillée, forgée aux rythmes et aux cadences de son pays natal, n’a pas son pareil pour sublimer l’expérience de la souffrance en une méditation profonde sur les paradoxes humains.

Jo Nesbo, Le léopard, Éd. Gallimard (Série noire), 2011
Revoilà Harry Hole : cela fait du bien de le retrouver après une longue absence : presque 3 ans depuis sa dernière enquête : le bonhomme de neige. Sur les plus de 700 pages seulement une petite partie se passe en Afrique (RDC et Rwanda). Mais Jo Nesbo y restitue si bien l’atmosphère qu’opoto ne pouvait ne pas le signaler. Bonne lecture.
Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang.
La police, en pleine guerre inter-services, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur. La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent.
Ce flic s’appelle Harry Hole… Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Harry Hole le détective au grand coeur et à la gueule cassée, Jo Nesbo nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, rien ne nous est épargné : avalanches mortelles, volcan en éruption, tueur en série à faire frémir, guerre des polices et manipulations en tout genre, sans oublier une histoire d’amour en arrière-plan pour offrir des moments de respiration au cœur de cette tornade d’action aux reflets d’hémoglobine.
Nesbo mène son récit tambour battant, comme au volant d’un bolide lancé à tombeau ouvert jusqu’à la dernière page.

Moussa Konaté, L’Afrique Noire est-elle maudite ?, Éd Fayard, 2010
« Pourquoi, riche comme elle est de cultures, de dynamismes, d’inépuisables créativités, de matières premières et d’espace, l’Afrique tarde-t-elle tant à entrer dans le développement ? « Pourquoi tant de corruption et de mauvais dirigeants, pilleurs des ressources nationales ? « Pourquoi tant de guerres locales, tant de maladies, tant d’analphabétisme, tant d’injustices envers les femmes ? « Pourquoi ce retard de l’Afrique ? « Malédiction, ou refus viscéral de notre modernité ? « Pour répondre à ces questions qui nous hantent, il fallait un esprit de large envergure, de grand savoir, d’honnêteté incontestable et surtout de courage. « Tel est Moussa Konaté, un écrivain majeur de notre temps. » Erik Orsenna. Éditeur au Mali et codirecteur du festival Étonnants Voyageurs de Bamako, Moussa Konaté s’est donné pour méthode de regarder sa société droit dans les yeux, sans complaisance ni sévérité inutile. Il est par ailleurs le père du commissaire Habib, dont il a notamment publié deux enquêtes chez Fayard Noir, L’Empreinte du renard (2006) et La Malédiction du Lamantin (2009).
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André Guichaoua, Rwanda, de la guerre au génocide, Éd. La Découverte (Cahiers libres), 2010
Malgré la profusion d’ouvrages consacrés au génocide des Rwandais tutsis en 1994, de très nombreuses inconnues subsistent sur les antécédents et le déroulement de cette guerre et de son épilogue tragique. André Guichaoua, l’un des meilleurs spécialistes de la région ,qui était présent au Rwanda lors de la reprise de la guerre en avril 1994, livre dans cet ouvrage les résultats de ses quinze années d’enquête. S’appuyant sur la somme d’informations et de documents, souvent inédits, qui ont étayé les dépositions de l’auteur en tant qu’expert témoin devant divers tribunaux (dont le TPIR), ce livre fournit une contribution essentielle à l’histoire du conflit et du génocide rwandais.
En savoir + et lire des extraits

Sonia Rolley, Retour au Tchad, Éd. Solin, 2010
A l’heure où l’Internet met en cause la spécificité du métier de journaliste, voilà un livre à la fois passionnant et roboratif. Sonia Rolley, 29 ans, a « tenu » dix-huit mois à N’Djamena (Tchad) comme correspondante de presse entre 2006 et 2008. Son journal de bord ne tient pas seulement du témoignage éclairé sur l’irrationalité de la politique française dans ce pays « ami ». Pour la France, qui n’y dispose d’aucun intérêt économique, le Tchad tient surtout du bac à sable pour militaires, sous le couvert d’un héritage historique et d’une lutte contre l’expansion islamiste.
Lire un extrait sur le blog de Makaila

Libar M. Fofana, Le diable dévot, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
Dans l’incapacité pécuniaire d’effectuer un pèlerinage à La Mecque, l’imam Galouwa craint d’être remplacé par un jeune hadji qui convoite sa place et ses privilèges. Un octogénaire lui propose le prix d’un billet d’avion en échange de sa fille Hèra, âgée de treize ans. Vendre la chair de sa chair au diable pour conserver sa religieuse fonction? Ce marché horrible ne plonge pas du tout Galouwa dans les affres d’un choix impossible. Un imam doit-il tout accepter pour mériter d’Allah? Que vaut une fille pour son père quand la passion et l’ambition religieuses s’en mêlent? Et l’amour ne peut-il être alors qu’un rêve sur de la chair meurtrie? Peut-il toucher à une diabolique rédemption?
Le diable dévot est un roman d’une rare et cruelle lucidité, une tranche de vie vraie dans la peau d’une jeune fille pour la plus grande gloire de Dieu, diraient d’autres religieux dans une autre religion. Un déchirant sacrifice, une passion portée par une écriture cristalline à en émouvoir jusqu’à la pierre carrée de La Mecque.
Libar M. Fofana est né en 1959 à Conakry, en Guinée. À dix-sept ans, il fuit son pays et le régime de terreur du président Sékou Touré et s’exile en Europe. Ingénieur en informatique, il vit actuellement à Marseille. Il a déjà publié trois romans aux Éditions Gallimard, dans la collection Continents Noirs : Le fils de l’arbre (2004), N’Körö (2005), Le cri des feuilles qui meurent (2007).

Scholastique Mukasonga, L’Iguifou : nouvelles rwandaises, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
L’Iguifou («igifu» selon la graphie rwandaise), c’est le ventre insatiable, la faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes lumineuses de la mort… Mais à Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l’école et qui, bien loin du Rwanda, s’attache encore aux pas de l’exilée comme une ombre maléfique… Kalisa, lui, conduit ses fantômes de vaches dans les prairies du souvenir et des regrets, là où autrefois les bergers poètes célébraient la gloire des généreux mammifères… Or, en ces temps de malheur, il n’y avait pas de plus grand malheur pour une jeune fille tutsi que d’être belle, c’est sa beauté qui vouera Helena à son tragique destin… Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé, car c’est auprès des morts qu’il faut puiser la force de survivre.
L’écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d’humour, gravite inlassablement autour de l’indicible, l’astre noir du génocide.
L’auteur
Scholastique Mukasonga est née en 1956 au Rwanda dans une famille Tutsi. Elle vit et travaille actuellement en Basse-Normandie. Elle a déjà publié deux ouvrages aux Éditions Gallimard, dans la collection Continents Noirs : Inyenzi ou les cafards (2006), La femme aux pieds nus, prix Seligmann « contre le racisme, l’injustice et l’intolérance » (2008).

André Brink, Mes bifurcations : mémoires, Éd. Actes Sud, 2010
C’est en romancier qu’André Brink choisit de composer ce livre de Mémoires, en alternant narration et réflexions. Le lecteur découvre ainsi la trajectoire, les convictions et les doutes, les “bifurcations” d’un intellectuel issu d’une famille qui ne remet pas en question l’apartheid, le parcours d’un enfant qui va grandir entre ruptures et attachements, violence silencieuse des conflits familiaux, terreur de la rue et sérénité d’un milieu privilégié.
Promenant le fil de sa vie sur des chemins de traverse et livrant son amour des arts, de la musique et de la peinture, André Brink fait défiler sous nos yeux avec virtuosité mille autres sujets, majeurs ou anecdotiques, qui dessinent peu à peu l’histoire d’un Sud-Africain né en 1935, qui, depuis l’enfance jusqu’à la toute dernière élection présidentielle, condamne les horreurs de l’apartheid comme les dérives du gouvernement actuel, sans jamais s’affranchir de l’amour qu’il porte à cette terre qu’il n’a jamais quittée.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Fayard, 2009
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsaharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.
Comme souvent un nouveau roman de Patrick Besson ne laisse pas indifférent. Voici une petite revue de presse :
Sur Bibliosurf : « Depuis combien de temps Patrick Besson n’a t-il pas écrit un bon livre ? 10 ans ? Mais le fleuve tuera l’homme blanc, sinueux roman de 450 pages, marque son retour de façon fracassante, livre ambitieux et audacieux, construit sur plusieurs étages de narration, polyphonique et labyrinthique. »
Sur TV5 : « Enfin un bon roman de Patrick Besson! Rectifions: un bon demi-roman. Disons jusqu’à la page 243. Le problème, c’est qu’il en compte 484. »
Sur Lire : « L’avantage – ou le problème – avec Patrick Besson, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. A quoi peut ressembler l’appartement d’un individu réputé provocateur qui écrivait simultanément au Figaro et à L’Humanité? »
Sur France soir : « Près de 500 pages qui se lisent d’une traite. Sans que jamais l’intérêt du lecteur faiblisse. De la haute voltige. »
Et une petite citation bessoniènne pour vous donner l’eau à la bouche : “En Afrique, on se couche tôt. Comme en prison. Ou à l’hôpital. Se coucher tard est un privilège, se lever tard une marque de distinction. Les aristocrates et les bourgeois aiment la nuit parce qu’elle les rassemble. C’est leur huis-clos dans lequel ils baisent entre eux après s’être enrichis sur le dos des prolétaires pendant le jour. Après le coucher du soleil qui coïncide avec celui des pauvres, les chefs d’Etat africains, en compagnie de leurs conseillers blancs et de leurs putes noires, dévorent l’âme du peuple”