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Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Éd. Vents d’ailleurs, 2010
Déhia, une jeune femme, universitaire, promise à un avenir radieux, se heurte dans sa propre famille à l’extrême violence de l’histoire récente algérienne. Belle femme dans une société où la religion, la corruption, la violence tiennent lieu de boussole, comment vivre, comment tracer sa voie sans se perdre ? Adel, cadre dans une entreprise, s’accroche à ses idéaux, essaie d’échapper aux pressions, petites et grandes, avant de tenter sa chance loin, très loin… Deux mémoires saccagées, une femme et un homme au passé amer qui prennent le chemin de la vie, malgré tout, ensemble. Un deuxième roman, après Le bus et la ville paru en 2008. Un récit d’une grande sensibilité qui raconte l’histoire douloureuse, d’un couple d’Algériens, des êtres qui tentent de mener leur vie envers et contre tout. Portrait de la société algérienne contemporaine, dans sa peine et sa sensibilité lumineuse. Dans une langue tout en finesse, l’auteur brosse des portraits exemplaires et uniques.
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Mamadou Mahmoud N’Dongo, La géométrie des variables, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
De Paris à Berlin, en passant par New York et Amsterdam, pour son troisième roman, Mamadou Mahmoud N’Dongo nous entraîne dans l’univers des communicants politiques, doux euphémisme pour désigner ceux qu’on nomme aussi les « faiseurs de pluie » ; hommes de l’ombre, dandys cyniques ou désabusés, véritables artisans d’un succès ou d’une défaite politique ; de Mitterrand à Sarkozy, de Reagan à Obama, d’Abdou Diouf au seigneur de guerre libérien Darius Jones, c’est plus de trente ans de l’histoire politique que nous invite à parcourir l’auteur en compagnie de ses personnages Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely.
La géométrie des variables est un roman qui nous mène dans les arcanes du monde politique en nous offrant un éclairage inédit et plein de lucidité sur les liens qu’entretissent les puissants de ce monde avec leurs conseillers. C’est aussi un livre sur l’engagement : artistique, intellectuel, et même amoureux, dans une civilisation où le fait de former un couple métis peut être considéré comme un choix politique…
Le regard que porte le romancier sur le monde contemporain est à la fois précis, dénué de tout artifice, hanté par la quête d’une vérité tronquée, et teinté d’humour.

Karin Albou, La grande fête, Éd. Jacqueline Chambon, 2010
Dans un village de l’Est algérien, des femmes découvrent sur la plage le cadavre d’un nouveau-né. Les soupçons se portent sur une famille. Afin de couper court aux rumeurs, le père mourant souhaite que sa plus jeune fille, Hanifa, se marie. Il doit aussi la protéger de la loi des hommes. Car en Algérie les femmes, considérées comme des mineures à vie, ne peuvent vivre sans la protection d’un tuteur légal, qu’il soit père, frère ou époux. C’est la décennie noire, la guerre civile entre l’armée et les groupes islamistes qui terrorisent la population isolée des villages. C’est aussi l’Aïd el-Kébir, la fête du Mouton, célébrant cet épisode : un père doit amener son enfant au sacrifice sur ordre de Dieu. Hanifa doit se marier au plus vite, car son père ne sait s’il pourra passer son dernier Aïd, sa dernière “grande fête” en famille. Mais voilà, Hanifa est amoureuse…

Kitoko Djaz de Benoît Kongo vient d’entreprendre son voyage dans les librairies de l’exagone.

Pour découvrir ce roman en camfranglais il suffit de lire de larges extraits dans la bibliothèque numérique ou en cliquant sur ce lien :

Bonne lecture

L’Afrique vu de la France du XIX siècle : de drôles de découvertes… à lire en intégralité sur votre ordi préféré. Bonne lecture !

Honoré de Balzac, Une passion dans le désert
Étrange expérience que celle de ce jeune soldat perdu dans le désert égyptien. Le Provençal, qui participe à la campagne de Bonaparte, est fait prisonnier par les Maugrabins mais parvient à s’échapper. Réfugié dans l’immensité, il rencontre une bien curieuse panthère. Celle-ci, loin de se montrer agressive, réclame en effet caresses et jeux. L’homme l’apprivoise peu à peu et finit par ne plus s’en méfier. Mais on ne transforme pas une panthère, aussi douce soit-elle, en animal de compagnie : un coup de dents malencontreux, et l’aventure s’achève, « comme finissent toutes les grandes passions, par un malentendu ». Il ne pouvait en être autrement dans l’immensité déroutante d’un univers aussi fascinant qu’exaltant, où les hommes font l’expérience d’une autre vie.

Jules Verne, L’étonnante Aventure de la mission Barsac
Ce roman a été terminé et remanié par Michel Verne, après la mort de son père Jules Verne.
Un projet de loi ayant été déposé par le député Barsac, tendant à créer cinq sièges de députés dans la Sénégambie, la Haute-Guinée et la partie du Soudan français située à l’ouest du Niger, et à accorder l’électorat, voire l’éligibilité, aux gens de couleur, sans distinction de race, cette proposition obtient un franc de succès. Le Ministère est invité à constituer une mission qui parcourra cette région comprise dans la boucle du Niger et qui rédigera un rapport au vu duquel la Chambre statuera ultérieurement. La mission Barsac ayant commencé son périple se heurte au cours de ses investigations à un nombre croissant de difficultés. Ils finissent par être kidnappés et transportés au moyen de machines, mi-hélicoptère, mi-avions dans une ville, Blackland, inconnue du reste du monde et située en plein désert…

Édouard Deduraux, Maurice Dibos, Voyage et aventures d’un aérostat à travers Madagascar insurgée
Édouard Deburaux (1864-1904) a signé Léo Dex de nombreux ouvrages écrits en collaboration avec Maurice Dibos (1855-1931) et consacrés aux voyages en ballon. Ce roman prend prétexte de troubles à Madagascar pour une traversée aérienne de la Grande Île. Les faits, imaginaires, ne sont pas précisément datés. Mais on peut les situer, par recoupement, vers 1893 ou 1894. Il s’agit d’un grand roman d’aventures, dans l’esprit où Jules Verne a pu écrire Cinq semaines en ballon. Madagascar n’est ici qu’un décor. Décrit cependant avec précision grâce à la présence, parmi les aéronautes, d’un explorateur qui a beaucoup voyagé dans l’île.

Ces ouvrages sont dans la bibliothèque numérique d’Opoto. Ils sont aussi téléchargeables gratuitement et pour d’autres lecteurs (Mobipocket, eReader, PDF,  Source Word ,  HTML,   Sony Reader, ePub) sur Ebooks libres et gratuits

Christian Perrissin, Boro Pavlovic, Les Munroe : T. 1, La vallée du Rift, Éd. Glénat, 2010
Longtemps les Blancs du Kenya ont fait la pluie et le beau temps dans la vallée du Rift. Aujourd’hui, leurs jours sont comptés. Robert Munroe, aristocrate à la tête d’une plantation de café, doit faire face à une succession de crises dont la cavale de Sean, son fils cadet, n’est pas la moindre. Hostile depuis toujours à la communauté blanche ultraconservatrice, Sean ose s’amouracher d’une Kikuyu des bidonvilles de Nairobi. Jugé coupable du meurtre de celle-ci, il cherche à se faire justice.
Robert aimerait pouvoir alors compter sur l’aide de son fils aîné et de son unique fille pour faire face à ces problèmes, mais Ted est un bon à rien et Karen ne supporte plus son père…
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Jean-Christophe Rufin, Katiba, Éd. Flammarion, 2010
Une katiba est un camp de combattants islamistes installé dans le Sahara c’est à la fois une cache et un relais, un lieu où l’on prie, où l’on négocie et tue. Repère invisible en avion ou par satellite, c’est là que les pièges se resserrent et que se décident les attaques. Le chef de la zone qui s’étend entre le Mali, l’Algérie et la Mauritanie, Kader Bel Kader, a décidé de court-circuiter les autres bandes de trafiquants qui sévissent, afin d’asseoir son influence auprès des chefs d’al-Qaida. Expédié en Mauritanie par l’agence de renseignements Providence (qui agissait déjà dans l’ombre, avec Le Parfum d’Adam), pour espionner les artisans de ces menaces terroristes, Dim trouve sur sa route une jeune femme, Jasmine. A la fois française et algérienne, connaissant de l’intérieur la diplomatie occidentale et les nouvelles lois de la guerre terroriste, elle marche à la frontière entre deux mondes ennemis, elle fascine et inquiète. Elle incarne à elle seule le proverbe sénégalais qui ouvre le roman et en tisse la trame principale : “Un chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut suivre deux chemins à la fois.” Un grand roman où se croisent et s’affrontent deux civilisations.
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Christian Epanya, Le taxi-brousse de Papa Diop, Éd Syros, 2005
Quand Sène ne va pas à l’école, il aime accompagner son oncle Papa Diop dans son taxi-brousse. Car même si le trajet est toujours le même ? il relie Dakar à Saint-Louis du Sénégal ?, pour Sène c’est chaque fois une aventure différente : un jour, il fait monter dans le taxi toute une équipe de lutteurs qui vient de gagner un tournoi important, un autre c’est une mariée, et un autre encore, une femme qui accouche dans le taxi !
Un album au style, au ton et aux couleurs de l’Afrique. Les moments de vie croqués dans le taxi-brousse permettent d’évoquer le quotidien de la société sénégalaise. Les illustrations de Christian Epanya sont autant de clins-d’œil à la peinture africaine, narration naïve et colorée.

Contes d’Afrique, Éd. Rue Des Enfants, 2010
Aux côtés d’un oiseleur, d’un singe un peu moqueur ou bien d’un homme étrangement touffu, les enfants sont amenés à découvrir les plus beaux contes du continent africain. Ils se laisseront alors embarquer sur les ailes d’une grande aigrette et peut-être parviendront-ils à retrouver un étrange anneau magique… Chaque récit est un voyage peuplé d’êtres et d’histoires aussi mystérieux que fascinants.
Les couleurs chaudes et éclatantes des illustrations les feront pénétrer en plein cœur des fabuleux paysages de l’Afrique.

Marc Cantin, Moi, Félix, 10 ans, sans-papiers, Éd. Milan (Milan Poche Junior, n° 21), 2007
Ils sont quatre, à se cacher à bord d’un cargo parti d’Abidjan, en route pour Brest. La mère, Moussa le frère aîné, Bayamé la petite sœur et puis Félix, 10 ans. Ils fuient la misère des champs de cacao pour une vie meilleure, une vie rêvée en France. D’abord clandestins chez l’oncle Massoudé, en attendant du travail, et une régularisation. Mais les choses tournent mal, la police intervient. Seul Félix échappe miraculeusement à l’expulsion. Mais il est seul.

Ahmadou Kourouma, Les soleils des indépendances, Éd. Seuil (Points), 2006
Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l’indépendance et du parti unique ? L’ancien et le nouveau s’affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire, tandis que passe l’histoire, avec son cortège de joies et de souffrances.
Au-delà de la fable politique, Ahmadou Kourouma restitue comme nul autre toute la profondeur de la vie africaine, mêlant le quotidien et le mythe dans une langue réinventée au plus près de la condition humaine. Dès sa parution en 1970, ce livre s’est imposé comme un des grands classiques de la littérature africaine.
En savoir + avec Africulture

Ousmane Sembène, Les bouts de bois de dieu, Éd. Pocket (n° 871), 2002
Ce roman, qui se déroule du Sénégal au Soudan (le Mali d’aujourd’hui), s’inspire de faits réels: la grève des cheminots du “Dakar-Niger”, ces ouvriers noirs qui, entre eux, s’appellent les “Bouts de bois de Dieu”. Ils veulent conserver les traditions, les lois du clan, les coutumes, mais le progrès - implacable - les pousse. Au long de la ligne de chemin de fer, d’innombrables personnages se croisent et se rejoignent : les Africains qui, tant que dure la grève, ont peur, peur du long silence des machines, et, surpris par ce mouvement, les Européens qui s’appliquent à conserver le prestige de la vieille Afrique. Mais au coeur de ces voix discordantes, de ces âmes déchirées, s’élève un amour de l’homme d’autant plus bouleversant qu’il est lucide. Respecter l’homme n’est pas chose aisée…
En savoir + avec Encres noires

Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence, Éd. Le serpent à plumes, 2003
Nos yeux boivent l’éclat du soleil, et, vaincus, s’étonnent de pleurer, Maschallah ! oua bismillah !….
Un récit de l’aventure sanglante de la négraille - honte aux hommes de rien ! - tiendrait aisément dans la moitié de ce siècle ; mais la véritable histoire des Nègres commence beaucoup, beaucoup plus tôt, avec les Saïfs, en l’an 1202 de notre ère, dans l’empire africain de Nakem, au sud du Fezzan, bien après les conquêtes d’Okba ben Nafi et Fitri. Censuré en France depuis plus de trente ans, étudié dans le monde entier, briseur de tabous, Le Devoir de violence est une œuvre puissante et unique, un roman-culte du continent africain.
Vaste saga historique, il retrace, depuis le XIIIe siècle, la geste des Saïfs, conquérants et maîtres du mythique empire Nakem. Fabuleux prosateur de tous les excès et de tous les crimes, Yambo Ouologuem dit les complexités de l’Histoire de l’Afrique où l’esclavage et la colonisation sont même antérieurs à l’arrivée des Européens qui ne firent peut-être que reprendre à leur compte et en l’amplifiant dramatiquement un système fou qui existait déjà.
Le Devoir de violence a reçu le Prix Renaudot en 1968. ” C’est un brûlot, magnifiquement écrit, une attaque directe et féroce de l’impérialisme et du colonialisme. ” Valérie Thorin, Jeune Afrique
En savoir + avec Le Monde Diplomatique

Mongo Beti, Remember Ruben, Éd.Le serpent à plume, 2001
Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu’il arriva à Ekoumdoum. Et la peine qu’il eut à se faire adopter par le village témoigna que l’époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation. Raflé par les Blancs avec des milliers d’autres, il découvre Fort-Nègre, l’immense ville coloniale, et son pendant noir, Kola-Kola, fabuleux bidonville où il participera à la lutte contre l’occupant blanc. Dans ce roman majeur de la littérature africaine, Mongo Beti, romancier féroce, conte avec ferveur les bouleversements de l’Afrique à la veille des Indépendances.
En savoir + avec Bernard Magnier

Henri Lopes, Le pleurer-rire, Éd. Présence Africaine, 2003
Le Pleurer-Rire est dominé par tonton Hannibal-Ideloy Bwakamabé Na Sakkadé.
Ancien baroudeur devenu Président de la République à la faveur d’un coup d’Etat, il exerce un pouvoir illimité. A travers ce roman, c’est le problème du pouvoir et du contre-pouvoir qui est posé dans toute son ampleur. La violence verbale qui perce au détour de chaque page n’a d’égal que le tragique des situations et des événements qui y sont décrits. Œuvre forte et dense, complexe et lucide, Le Pleurer-Rire fonde son originalité sur sa structure polyphonique, son rythme varié et sa charge d’ironie et d’humour qui justifie son titre.
Mêlant grâce et trivialité, fiction et réalité, citations et parodie, il tente de renouveler l’écriture romanesque qui devient, ici, le lieu où diverses formes de langage s’engendrent les unes les autres, se répondent, s’entrecroisent, s’éclairent, ou se heurtent et finalement s’enchaînent dans un mouvement continu.
En savoir + avec Afrology

Benoît Kongbo, Kitoko Djaz, Éd. opoto, 2010
Des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango (faut pas renier ses origines tout de même). Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguqster sans modération. Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…
Ça commence ainsi : «Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon œil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa (Cameroun).» Et la façon que tu as lap (rit) hein ! C’est la honte même qui a refusé carrément de me tuer. Oui tu as rigoléééé que ta nga Marie Claire a tell : «Sango francisé ô c’est quel nom d’animal même ! Toi le Centro-là tu te prenais pour un Wate (blanc) de l’Afrique centrale toujours en train de faire le nyanga avec le français. Le temps que tu te tuais à watiser comme un gosse de Sarkozy moi je cuisine ma francophonie avec les ndjindja et les ndjassan de mon peuple. Et c’est maintenant tu veux innover dans ce roman un français style sango ta langue maternelle. Ekiééé ! Laisse-nous lap un peu».
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Caryl Ferey, Zulu, Éd. Gallimard (Folio policier), 2010
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Folio), 2010
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points (Points Grand Roman), 2010
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsalharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

Zoé Wicomb, Des vies sans couleur, Éd. 10/18 (Domaine Étranger, n° 4354), 2010
Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n’est qu’apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu’à fait resurgir en elle la photographie d’une femme en première page du journal. Une chose est sûre : Marion est liée à elle d’une manière ou d’une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s’associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l’aidera à replonger, non sans douleur, au cœur des sentiers sinueux de son passé… Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces « ni noirs, ni blancs » durant l’apartheid et dont la puissance romanesque a été saluée par Toni Morrison et J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature.

Olivier Merle, Noir négoce, Éd. de Fallois, 2010
Le 17 novembre 1777, à dix-huit ans, Jean-Baptiste Clertant, frais émoulu de l’École d’hydrographie du Havre, embarque en qualité de second lieutenant sur le navire marchand l’Orion à destination de La Guadeloupe. Peu avant l’appareillage, le puissant armateur Dumoulin - propriétaire du navire - l’avertit que l’Orion effectuera un détour par l’Afrique pour se charger de «bois d’ébène». Jean-Baptiste Clertant ignore tout de ce trafic. En Afrique, puis au cours de la traversée vers les Antilles, il découvre l’horreur de l’ignoble commerce. Négrier malgré lui, pris au piège, Jean-Baptiste se désespère, jusqu’au jour où un événement imprévu le décide à agir. Que peut-il tenter ? Jusqu’où sa révolte le conduira-t-elle ? Qui prendra le risque de l’aider ? À travers le terrifiant périple du navire négrier, Olivier Merle aborde la question de la responsabilité personnelle et de l’action individuelle qui se pose à tout individu plongé au cœur d’une tragédie humaine.

Cyriaque Griffon, Afrikaners : Les secrets de Vryland, Éd. Michalons, 2010
Venus de Hollande, les van Heerden se sont installés en Afrique du Sud à la fin du XVIIe siècle. À l’aube des années 1990, la ferme familiale est encore hantée par le souvenir des ancêtres, les colons héroïques du Grand Trek et les guerriers brisés de la Guerre des Boers, la bible dans une main et le fusil dans l’autre.
Conservatisme fanatique, mais aussi droiture et rigueur morale : c’est cet héritage que doit porter Mervin van Heerden. Alors que son père se tourne vers le passé, le jeune homme qui croit à la nation arc-en-ciel de Nelson Mandela est séduit par Blanche, une jeune fille de la bourgeoisie Noire. Plus tard, un oncle oublié resurgit et avec lui de douloureux secrets de famille. Meurtres, passions secrètes, pierres arrachées aux entrailles de la terre, tout va ressortir jusqu’à une terrible confrontation entre le père et le fils, dans l’obscurité d’une mine abandonnée.
Avec Afrikaners vivez la passionnante éducation politique et sentimentale d’une famille qui se cherche un avenir et doit affronter son passé.
En savoir + avec le site dédié au livre

Véronique Tadjo, Loin de mon père, Éd. Actes Sud, 2010
Nina revient dans son pays, la Côte d’Ivoire, pour y enterrer son père et organiser ses funérailles.
Face à la famille, aux parents, aux amis, aux voisins, Nina est seule. Le pays qu’elle a quitté depuis si longtemps lui échappe, les règles et les usages lui restent obscurs, et il s’agit pourtant de trouver le ton juste, l’attitude convenable face aux comportements des uns et des autres, aux mesquineries, aux convoitises. Pour des raisons protocolaires, les funérailles sont plusieurs fois ajournées mais, dans ce pays où gronde la guerre civile, dans cette ville d’Abidjan en proie au chaos, Nina tente d’accepter, d’assumer son impuissance et ale retrouver une appartenance à jamais perdue.
Malgré sa posture tout à la fois proche et étrangère, elle investit avec dignité la place qui sera désormais la sienne en cette maison paternelle. Quel est le pouvoir des femmes au sein de la famille. jusqu’où peut aller l’ambiguïté de leur comportement face à la polygamie, l’héritage familial ou les choix de toute une vie ? D’une voix toujours plus déterminée, Véronique Tadjo questionne l’Afrique d’aujourd’hui, entre rituels et dérives politiques, clestin individuel et portrait d’une culture ancestrale.
En savoir + sur Veronique Tadjo

Pascale Hédelin, Aurélie Abolivier, Fred Jacquemoud, L’esclavage, Éd. Milan jeunesse (Un clic dans l’histoire), 2010
L’esclavage L’esclavage existe depuis au moins 5 000 ans. Il s’est surtout développé dans les pays bien organisés, dans lesquels des chefs puissants et des nobles, aidés de soldats, régnaient sur les plus pauvres. Pourquoi, au cours de l’histoire, l’esclavage a-t-il été pratiqué par tant de peuples, et pourquoi est-il présent encore aujourd’hui dans de nombreux pays ?
Bilan historique pour la jeunesse des connaissances actuelles sur l’esclavage, de l’Egypte antique à l’esclavage moderne, en passant par le commerce triangulaire. Avec un cahier photo d’actualité sur le sujet. La rubrique Histoire du magazine«Mobiclic»dédiée à l’esclavage est reprise sur le CD-ROM interactif.

Olivier Pétré-Grenouilleau (dir), Dictionnaire des esclavages, Éd. Larousse (A présent), 2010
De débats historiques exacerbés en faits divers dramatiques, l’esclavage reste sous les feux de l’actualité. Existant depuis l’Antiquité et sous toutes les latitudes, ce phénomène aux formes multiples a suscité des justifications et des remises en cause aussi nombreuses que passionnées. De A comme abolitionnisme à Z comme (révolte des) Zandjs, ce dictionnaire dresse un panorama complet des esclavages dans leur diversité géographique et historique : aux États-Unis bien sûr mais aussi en Asie du Sud-Est ou dans le monde musulman, de la Grèce antique jusqu’aux formes les plus contemporaines. Il présente les différents aspects de la vie quotidienne des esclaves (nourriture, famille, sexualité, mais aussi les formes de résistance) et des destins individuels exceptionnels. Plus proche de nous, il évoque les traces perceptibles dans le monde contemporain (métissage, psychologie…). Enfin, il nous montre aussi la représentation de l’esclave dans l’art (littérature, peinture, cinéma…) et sa place dans notre imaginaire.

Pour découvrir l’Afrique du Sud autrement que par les stades de foot, rien de tel que des livres de poches dans lesquels ont peut plonger à toutes heures et pendant …la mi-temps !

John Maxwell Coetzee, Disgrâce, Éd. Points, 2002
Pour avoir voulu séduire l’une de ses étudiantes, David est contraint de démissionner de l’université du Cap. Fuyant une société trop puritaine à son goût, il se réfugie chez sa fille, à la campagne… Se savoir sans avenir, telle est la tragédie des personnages d’un roman qui porte bien son titre. Dans l’espace déshumanisé et profondément angoissant d’une campagne sud-africaine livrée à l’exercice permanent de la violence, il n’y a aucune issue pour ces êtres que le désespoir et la mort cernent. La South African way of life est un leurre, martèle J. M. Coetzee. Dans cette dénonciation sans concession d’un pays en totale perte de vitesse, la littérature devient un véritable enjeu. J. M. Coetzee montre à quel point il ne la conçoit que dans le choc de l’écriture, profondément ancrée dans le réel.

Nadine Gordimer, Pillage, Éd. Lgf (livre de poche, n° 30576), 2006
L’écrivain n’invente pas, il prend. Il saisit au passage un mot, une silhouette, recueille une anecdote, devine un drame, entrevoit ou croit entrevoir un secret, et c’est de tout cela qu’il fait son miel.
Ainsi faut-il comprendre le titre de ce recueil, Pillage, dont les dix textes qui le composent - fragments, contes moraux ou allégoriques – s’inspirent de notre tragique condition humaine.
Ces histoires touchent à des thèmes sociaux et politiques, l’apartheid, la mentalité coloniale, la difficulté de se comprendre entre ethnies ou générations… Mais au-delà du devenir d’un pays, l’Afrique du Sud, c’est aussi une vision de l’être humain qui nous est délivrée à travers des personnages voués à la solitude, à la mélancolie, à leurs propres incohérences et à la quête indéfinie de leur identité.
« Une magistrale autopsie de la condition humaine. »
André Clavel, L’Express.

André Brink, Au-delà du silence, Éd. Lgf (Ldp, numéro 30368), 2005
Sud-Ouest africain, début du XXe siècle. Des hommes observent, le sang chauffé par l’alcool et le désir, l’arrivée de bateaux en provenance d’Allemagne. A leur bord, des centaines de femmes engagées aux frais de l’Empire pour fournir aux colons allemands une épouse, et parfois simplement de la chair.
Pour Hanna X comme pour beaucoup de ces femmes, c’est un peu le voyage de la dernière chance. Petite fille dans la grisaille d’un orphelinat de Brême, elle rêvait à ce qui se cache au-delà du silence, au pays des palmiers qui voient naître le vent. Fuyant la misère et les mauvais traitements, Hanna pense trouver en Afrique la matérialisation de ses rêves d’enfant. C’est un monde livré à la brutalité coloniale et masculine qu’elle y découvre à ses dépens. Violée, défigurée, Hanna refuse de se soumettre à la loi du plus fort. A la tête d’une armée où autochtones et femmes allemandes font cause commune contre le pouvoir des colons, la jeune femme organise une révolte, un voyage au-delà du silence imposé par la violence et l’oppression.
En réunissant les éléments épars de l’identité d’une femme au destin hors du commun, “Au-delà du silence” donne la parole aux minorités souvent oubliées de l’Histoire. Un roman plein de bruit et de fureur, hanté par les images d’un passé peu glorieux. Un captivant plaidoyer en faveur de la liberté.

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Points, 2005
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, jeune mère de famille et agente immobilière vient de conclure une affaire. Elle prend sa voiture pour visiter une dernière maison et se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, dans la province du Transkei, le tueur professionnel Victor Mabasha, qui croupit dans un bidonville, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains. Sa cible, un homme politique de premier plan. Le Président Frederik De Klerk ? Il n’en sait pas plus. Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Après avoir tourné en rond, l’enquête démarre véritablement. Y-a-t-il un lien entre l’explosion et le meurtre ?
La suite est hautement imprévisible : un télescopage vertigineux entre la banale réalité quotidienne de la Scanie et la lutte sans merci qui oppose, au même moment, à l’autre bout du monde, les partisans forcenés de la suprématie blanche et les artisans tout aussi déterminés de l’abolition de l’apartheid et du processus de démocratisation.

Deon Meyer, Lemmer l’invisible, Éd. Points, 2010

Lemmer est free-lance pour une agence de gardes du corps qui propose deux types de prestations, les « gorilles » et les « invisibles ». Ancien détenu condamné pour meurtre, il tente de refaire sa vie dans un village reculé. Le matin de Noël, un appel de l’agence l’informe qu’Emma Le Roux, une consultante de Cape Town, désire louer ses services.
Elle a cru reconnaitre son frère disparu depuis bien longtemps sur un avis de recherche diffusé par la police à la télévision et s’est faite agressée presque aussitôt avoir contacter les services de la police.
Une grande promenade au travers du Bush Sud Africain commence. Elle sera agitée ; fortement ! Elle entrainera Lemmer et Emma dans un tourbillon où les années d’ apartheid ressurgirons dans les mémoires et dans les chairs…

Wilbur Smith, A l’ouest de l’horizon, Éd. Pocket (Pocket, numéro 13650), 2009
Cap de bonne espérance, début du XVIIIe siècle. En matière de courage, Jim et Mansour n’ont rien à envier à leurs augustes aînés, Tom et Dorian Courtney. Si leurs deux familles sont parvenues à s’établir solidement dans ce comptoir batave, elles le doivent autant à leur indéniable sens du commerce qu’à une solidarité à toute épreuve. Aussi lorsque Jim, n’écoutant que son cœur, dérobe à un navire négrier une jeune et jolie condamnée hollandaise, le clan tout entier n’hésite pas à lui porter assistance. Mais à faire des vagues, la tempête ne tarde pas à gronder au-dessus des Courtney… Ce nouvel affront ne va pas sans réveiller de vieilles rancunes. Précipités en plein conflit, aux confins de l’Afrique et de l’Arabie, les Courtney n’ont guère le choix : il leur faut écrire, encore et encore, le destin d’une famille hors du commun…

D’autres livres sur l’ Afrique du Sud

Petina Gappah, Les racines déchirées, Éd. Plon (Feux Croisés), 2010
Une femme assiste à l’enterrement sous les drapeaux de son mari, mais elle sait que le cercueil est vide et que l’éloge funèbre est une mascarade. Des enfants courent entre des maisons de fortune où s’échangent ragots quotidiens et croyances éternelles. Une jeune fille épouse un homme dont les précédentes fiancées ont toutes été emportées par la « grande maladie au nom court ». D’autres s’envolent vers l’Europe et oublient la famille restée au pays. Terre de paradoxes, le Zimbabwe apparaît ici dans toute son ironie, celle d’un pays où le pain vaut des millions et la vie à peine quelques centimes, celle d’un régime absurde et terrible, d’un peuple pris en otage entre ses traditions et la tentation de l’Occident.
Dans une langue limpide et puissante, pleine d’humour et de tendresse, d’ironie et de tourment, Petina Gappah déploie avec talent l’un des charmes tragiques de l’Afrique : la volonté de rire de la vie, de peur d’en pleurer.
En savoir + : Le blog de Pepita Gappah (en anglais)

Fatou Diome, Le vieil homme sur la barque, Éd. Naive (Livres D’heures), 2010
« Nous habitions une île, vivions de la mer. Sobriété d’une vie de campagne, les journées passaient, lentes, dédoublées, aussi semblables que des jumelles habillées de la même cotonnade rêche. La luxuriance, c’était la poudre d’or rouge qui maquille les crépuscules. Marée haute, marée basse ! Même quand les humeurs fluctuaient, on n’en faisait qu’une affaire de lune. On préférait l’analyse des courants marins à celle des états d’âme. » Fatou Diome rend un très bel hommage au « grand homme » de son enfance : décrivant ses premières années sur l’île de Niodor, au Sénégal, elle ressuscite ses souvenirs de sorties en mer sur la barque de son grand-père, souvenirs enchantés de navigations qui donnèrent lieux à des échanges mémorables, et à des récits fabuleux… Des années plus tard, l’auteur découvre grâce au célèbre roman d’Hemingway, Le vieil homme et la mer, le récit précis de ce que fut la vie de son grand-père… et découvre alors «le courage, la volonté, l’abnégation et la dignité» de cet homme qui souffrait sans n’en rien laisser paraître. L’évocation sensible de cette relation entre une petite fille et son grand-père est aussi un éloge de la littérature, qui rend «toutes les frontières poreuses», permettant à la petite sénégalaise devenue grande de découvrir, par les mots d’un écrivain américain, les secrets de celui qu’elle croyait si bien connaître… L’occasion de véritables « retrouvailles » avec son grand-père. Des retrouvailles sans fin, puisque, dit-elle, « quelle que soit la houle, je sais que mon grand-père ne me quittera jamais. Hemingway non plus ». Le célèbre dessinateur Titouan Lamazou met son art et ses couleurs au service du récit tendre et délicat de Fatou Diome.

Kettly Mars, Saisons sauvages, Éd. Mercure De France, 2010
Port-au-Prince, années 1960 : Duvalier et ses tontons macoutes éliminent systématiquement les opposants au régime.
Daniel Leroy, rédacteur en chef du principal journal d’opposition, vient d’être enlevé. Pour obtenir de ses nouvelles, son épouse Nirvah se rend chez le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Raoul Vincent. Le redoutable chef de la police est subjugué : pour assurer la survie de son époux et protéger sa famille, Nirvah se soumet au désir du fonctionnaire. Devenir la maîtresse officielle d’un homme fort du régime n’a pas que des désagréments. Encore faut-il supporter le regard inquisiteur des voisins et les questions muettes de ses propres enfants…
Kettly Mars décrit une période charnière et douloureuse de l’histoire d’Haïti et tisse ensemble deux histoires : l’intime - le destin de Nirvah et de sa famille -, et l’universelle - le régime politique dictatorial de Duvalier et ses exactions.
En savoir + : L’interviou de Kettly Mars sur RFI

Kitoko Djaz de Benoît Kongbo va bientôt sortir.
Voici la genèse de sa naissance par courriels interposés…

Opoto
J’ai relu avec plaisir ton article en camfranglais s’accouplant au sango. Je le trouve vraiment très bon. As-tu continué sur ta lancée ?
J’aimerai bien publier pour un prochain livre l’histoire de  Kitoko mais lorsque je pète les plombs je deviens Troukou Traka !
Benoît Kongbo
suis en ce moment au Kamer.
travaille toujours sur ton livre
kitoko djaz il s’intitulera. (3 mars 2009)
Opoto
Alors, en panne d’inspiration ?
Les lecteurs attendent avec impatience Kitoko djaz (26 avril 2010)
Benoît Kongbo
à propos de Kitoko Djaz, c’est le volcan qui va tout gater, tu peux compter sur moi.(5 mai 2009)
Benoît Kongbo
Le travail sur Kitoko Djaz avance… Il me reste en gros deux ou trois chapitres…
Kitoko est un voyage dans ce que j’appelle la domestication de la francophonie. Un véritable travail sur le français des Afriques francophones et ses particularités lexicales. Kitoko n’a rien à voir avec Allah n’est pas obligé, non plus avec Verre cassé… C’est un roman, à mon avis, écrit avec les accents de l’émotion nègre, les sautes d’humeur… c’est le va-et-vient constant entre l’équilibre du sobre et le déséquilibre du soûlard… Difficile de garder le rythme, bref ! (7 juillet 2009)
Benoît Kongbo
Salu Opoto,
Vu k’il è possible que je perde mè clé usb à tou momen,
je t’envoie lè 8 premié chapitres de Kitoko et la version sur laquelle je travaille en ce momen. ti pé déjà lire lè 8 chapitres pour me donné tè z’impression.
on se maîtrise (kom y dize là-ba o Kamer)
Ben (6 août 2009)
Opoto
…deux types debout : un petit blanc rondouillard style colon avec casque et habits blancs comme les colons du début du XX siècle. A coté de lui un grand noir bien musclé, en habits modernes, au sourire malicieux. Il pose son bras sur l’épaule du petit blanc.
Le blanc à l’air tout penaud alors que le black à l’air bien à l’aise. C’est un contre pied à l’imagerie coloniale où le blanc écrasait toujours le noir.
Le livre est un petit roman écrit en camfranglais, plein d’humour et de dérision.
Titre : Kitoko Djaz (c’est le nom du héros).
Qu’en penses-tu ? (13 août 2009)
Piazo
J’étais full occupé en classe cette semaine.
j’ai quand même pu faire quelque chose (31 août 2009)
Benoît Kongbo
voilà comme promis je t’envoie l’intégralité de Kitoko Djaz. (12 septembre 2009)
Piazo
je pensais plus à désaturer les tons de l’images, pour qu’on retrouve plus un coté émotifs
je vous présente cela ce week end et on verra ce que ca donne !
je vous envois de quoi ce week end !(20 janvier 2010)
Piazo
J’ai essayé de garder un look plus artistique que moderne
ça m’a pris plus de temps que prévu, mais je suis fier du résultat.
Cette image (la 1ière de couverture) est en 11×17cm (2 février 2010)
Benoît Kongbo
je trouve très superbe la couv de Kitoko Djaz.
je m’y attendais même pas, je te dis. (3 fevrier 2010)
Benoît Kongbo
(si tu vois bien, vers la fin de Kitoko j’ai écrit des lignes qui retracent déjà mon parcours. ça à la limite tu peux en mettre un extrait à la quatrième de couverture). (26 avril 2010)
Opoto
Si tu penses à d’autres mots tu peux en rajouter quelques uns ; mais pas trop : le lecteur peut aussi faire un effort d’imagination !
Kitoko sortira donc en mai…(26 avril 2010)

En savoir + : découvrir le papier de Benoît Kongbo qui a tout déclanché !