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Une belle main de polars pour les longs ouiquendes du mois de mai à déguster entre manif et brin de muguet

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Jean-Hugues Oppel, Vostok, éd. Rivages (Rivages/Noir, n° 900), 2013
Quelque part en Afrique, sous une chaleur étouffante, la société Métal-Ik exploite les « terres rares », ces métaux stratégiques nécessaires à la haute technologie. Certaines multinationales, on le sait, ne sont pas très regardantes en matière de droit du travail. Aussi, lorsqu’une agence de l’ONU dépêche Tanya Lawrence sur place, elle n’est clairement pas la bienvenue. Face à l’hostilité générale, elle ne peut compter que sur Tony Donizzi, le guide que lui a assigné le consortium. Le climat s’alourdit vite dans la colonie minière de Métal-Ik, alors qu’une autre menace bien plus grande et moins perceptible, se profile…
Auteur de thrillers politiques féroces, Jean-Hugues Oppel (Grand Prix de littérature policière, Prix Mystère de la critique) signe son grand retour après plusieurs années d’absence.

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djibouti.inddElmore Leonard, Djibouti, éd. Rivages (Thriller), 2013
Dara Barr réalise des documentaires dans l’air du temps : le viol des femmes bosniaques, les néo-nazis, La Nouvelle-Orléans après Katrina. Décidée à se lancer de nouveaux défis, elle part pour Djibouti afin de filmer les pirates des temps modernes en action. Mais le soleil de la région a manifestement tapé sur certains crânes. Est-il vrai, par exemple, que l’explosion d’un superméthanier peut libérer autant d’énergie qu’une bombe atomique ? Cela expliquerait pourquoi un tel navire intéresse tellement les djihadistes locaux… Et si, au lieu d’un documentaire, Dara tournait finalement un film à gros budget hollywoodien ?
« Le plus grand écrivain américain de romans policiers. » (Newsweek)
Elmore Leonard, référence obligée de culture populaire américaine contemporaine, a influencé toute une génération d’écrivains, de scénaristes et de réalisateurs. Il a reçu en 2012 la médaille des Lettres américaines de la National Book Foundation.

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smith3Roger Smith, Le Sable était brûlant, éd. Calmann-Levy, 2013
Avec Le sable était brûlant, Roger Smith voulait écrire un thriller qui se nourrisse de tout ce qui le mettait en rage dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui : corruption généralisée du monde politique, assassinats de 1 500 enfants par an, mariages forcés des jeunes filles et viols des vierges, certains hommes y voyant le remède absolu contre le SIDA. Le tableau est lugubre, mais criant d’une vérité insoutenable.   Déjà traumatisé d’apprendre que son épouse était la maîtresse de Ben Barker, un entrepreneur corrompu qui vient d’être liquidé par des malfrats à la solde du pouvoir, Robert Dell se voit accusé d’avoir volontairement causé la mort de sa femme et de ses enfants lors de l’attentat déguisé en accident de voiture auquel il vient d’échapper. Comprenant qu’il s’agit d’un coup monté, il tente de se défendre, mais sent que c’est à sa vie même qu’en veulent le flic afrikaner Hans Theron et son collègue Zoulou Inja Mazibuko, qui viennent de l’arrêter. Désespéré, il s’attend au pire lorsqu’il est brutalement kidnappé par l’être qu’il déteste le plus au monde, à savoir son propre père, un ancien mercenaire de la CIA qui a décidé de le sauver. Commence alors un voyage infernal dans une Afrique du Sud où, preuve même de l’arriération tribale qui y règne dans certains endroits, la jeune Sunday essaie d’échapper au mariage forcé auquel elle est destinée.

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filiere malgachePierre Maury, Filière malgache, éd. No comment, 2013
Xavier, grand reporter, est envoyé à Madagascar pour enquêter sur l’esclavage moderne et ses filières.?Pas très méthodique, il se donne le temps de comprendre un peu comment fonctionne cette société dont il ignore tout.?Mais bientôt, il se retrouve sur la piste d’un dangereux réseau de trafic d’êtres humains aux ramifications internationales.?Il se lance alors dans une poursuite aventureuse dont les multiples rebondissements conduiront son enquête bien plus loin qu’il ne l’aurait imaginé…
Pierre Maury est né en Belgique en 1954. Il vit à Antananarivo (Madagascar), d’où il exerce, depuis plusieurs années, le métier de chroniqueur littéraire pour le grand quotidien francophone belge Le Soir. En 2006, il a créé la Bibliothèque malgache, où il réédite principalement des textes libres de droits, mais où il publie aussi des œuvres contemporaines.
Voir le site des éditions no comment

MikeNicolMike Nicol, La dette, éd. Ombres noires, 2013
Haine, drogue, trafics d’armes et de diamants sont au cœur de La Dette,  premier volet de la trilogie Vengeance de Mike Nicol. Publié et traduit dans de nombreux pays, ce roman a fait partie des dix meilleurs livres de l’année pour le journal Die Zeit, l’équivalent du « Time » en Allemagne, en compagnie de Fred Vargas, Robert Littell et Donald Ray Pollock notamment.
Le Cap (Afrique du Sud). Tenus par une ancienne dette, deux anciens mercenaires et trafiquants d’armes reconvertis dans la sécurité, Mace Bishop et Pylon, sont engagés par un malfrat pour assurer la protection de son fils, Matthew. Gérant d’une boîte de nuit, véritable plaque tournante de la drogue, Matthew est menacé par une association vertueuse, la Pagad. Cette association – en réalité une officine mafieuse – est représentée par l’avocate Shemina February, manipulatrice au passé trouble qui semble connaître Mace et Pylon du temps de l’apartheid.
Installés dans une maison adaptée au handicap de leur fille, Mace et sa femme Oumou sont financièrement aux abois. Aussi, lorsque l’ex-maîtresse de Mace, Isabella, lui propose un convoyage d’armes pour l’Angola, il ne refuse pas. Mais l’affaire tourne rapidement au règlement de compte. Là encore, Shemina February n’est pas loin. Si Mace et Pylon ont oublié qu’elle a été leur victime, elle non. Elle s’est jurée de les détruire à petit feu…

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Puisque le Mali est (tristement) à la une de l’actualité en ce moment, voici quelques polars qui en disent long sur les intérêts des belligérants… 

mali meloAlain Leygonie, Mali Mélo, éd. Baleine (Le Poulpe), 1995
Michel Ligié, directeur au Fonds Communautaire de Développement, s’est-il bien tué en voiture au Mali comme l’a tout d’abord cru son épouse ? Y a-t-il un lien entre sa disparition et celle de l’argent de l’Europe, les cinq cents millions de francs CFA détournés à l’époque de l’accident ? Cela fait assez de questions pour que Gabriel s’envole pour Bamako, laissant la veuve dans un abîme de perplexité. Quand la réalité dépasse l’affliction, ressusciter un mort n’est pas une mince affaire. Il n’y avait que le Poulpe pour y voir clair dans ce Mali-mélo.
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diallo_a_koutyAïda Mady Diallo, Kouty, Mémoire de sang, éd. Gallimard (série noire), 2002
Soudain, la blancheur du ciel matinal vira à l’ocre. Un gros nuage de poussière envahit l’espace et le silence qui régnait sur le quartier fut déchiré par les vrombissements de moteurs puissants. Pendant un court instant, Ousmane resta debout près de sa femme, pétrifié, le regard fixé sur l’horizon. Puis il se ressaisit, se tourna vers sa compagne et lui ordonna d’aller se réfugier dans la maison avec les enfants.
Il vit alors les Land Rover s’arrêter et une vingtaine d’hommes enturbannés, armés de Kalachnikov et de coupe-coupe, en surgirent. Ils se dirigèrent vers un ensemble d’habitations par groupes de trois ou quatre, et, à l’aide de leurs armes, défoncèrent les portes.
Les Tall se précipitèrent chez eux et, peu après, ils entendirent les Touareg qui forçaient la porte. Tout se passa très vite. Ousmane se saisit de son couteau tandis que Fathy faisait sortir Kouty par la fenêtre de la chambre.
- Va vite te cacher dans le grenier à mil, ma chérie, dit-elle, en poussant sa fille à l’extérieur…
Gao, Mali, 6 mars 1984. Le village est attaqué par une bande de pillards touaregs. La famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes : le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu… Kouty, Mémoire de sang est le récit de la longue vangeance de cette fillette. C’est aussi une partie de l’histoire de l’Afrique qui vit longtemps le peuple noir capturé et vendu comme esclave par les seigneurs du désert.

Mkonatoussa Konaté, Les enquêtes du commissaire Habib : L’assassin du Banconi, éd. Publie.net (Publie.noir), 2012
Le commissaire Habib, après avoir longtemps officié à la Série Noire, a déménagé chez Fayard Noir : il fallait bien qu’on le retrouve sur les chemins numériques !
Ce qui ne change pas : le Mali, l’odeur et le bruit de l’Afrique, mais aussi la grande vibration populaire de la langue, toutes les facettes du rire et de l’humour, et ce grand tremblement permanent d’humanité.
Sauf que lui, l’inspecteur Habib, et son inspecteur Sosso qui serait presque le personnage principal du livre, n’ont pas le temps de s’intéresser au tourisme. Une série de meurtres avec signature, des histoires de fausse monnaie, l’intervention d’un marabout, et le fond très obscur des services de sécurité qui se font la nique…
Si vous voulez du polar, et du bon du vrai du fort, en voilà.
Reste cette puissance du continent et de la langue, ce qui se nomme Afrique…
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les-marques-du-fouet-209x300Gérard Streiff, Les marques du Fouet, éd. La manufacture de livres, 2011
« Les marques du fouet disparaissent mais pas les injures » dit un proverbe bambara.
Au Mali, l’assassinat d’un ancien colon français, ex-militaire, déchaîne les passions sur les terres arides du Sahel. Lorsque les narcos colombiens, qui utilisent le Mali pour leurs trafics vers l’Europe, croisent des sans papiers expulsés, des islamistes de l’AQMI, et ces nouveaux blancs d’Afrique, la violence fait sortir le désert de sa torpeur.
François Graffin, dit le Flamand rosse, PDG de la société Transfer, qui gère notamment la ligne Bamako-Dakar, est assassiné au Mali dans des conditions terribles. Magali, la journaliste aux bons sentiments venue aider des sans papiers expulsés de Seine Saint Denis, et son ami le libraire Raphaël Cineux dit « Racine » viennent en aide à Tiecoura Traore, cheminot accusé du crime. Ils plongent en catastrophe dans une société malienne dont ils ignorent à peu près tout. L’étudiante et le libraire vont mener chacun de leur côté une enquête où leurs préjugés sur la société africaine seront battus en brèche. Lutte de classes ? Trafic de drogue ? Séquelle coloniale ? Terrorisme ? Vengeance sectaire ? Jalousie de polygame ? Comme toujours en Afrique, les pistes ne manquent pas…

air cocaineC’est pour bientôt :
Laurent Guillaume, ancien flic devnu écrivain, publiera en novembre un nouveau roman qui aura pour cadre le Mali.
Ancien flic français dans le Val-de-Marne et à Annecy, puis conseiller du directeur de la police pour les affaires de stupéfiants au Mali (2007-2011), Laurent Guillaume, 45 ans, est l’auteur de plusieurs romans policiers (Mako, Le Roi des crânes, Doux comme la mort) et collabore avec le réalisateur français Olivier Marchal. Il publiera en novembre chez Denoël un nouveau polar qui a pour cadre le Mali. « Les faits, explique-t-il, sont librement inspirés de l’affaire Air Cocaïne, qui défraya la chronique en 2009. Le personnage principal sera un métis franco-malien, ex-flic français en cavale en Afrique pour une sombre affaire liée à son passé. »

D’autres polars sur le Mali

3 polars, pour un long ouiquende qui s’annonce pluvieux. 3 bonnes raisons de rester sous la couette et de bien se reposer avant d’aller à la manif du 1er mai…

Pierre D’Ovidio, Le Choix des désordres, Éd. 10/18, 2012
Surprise et mise en difficulté par le départ du général de Gaulle, la IVe République craint l’embrasement de ses colonies. Maurice Clavault, chargé de surveiller l’activité malgache à Paris, est dépêchéà Madagascar pour enquêter sur la disparition d’un éminent colon français. Tandis que d’autres enlèvements surviennent, Clavault découvre les stratégies perfides des tenants de l’ordre colonial…
Pierre D’Ovidio fait revivre la période marquante de l’après-guerre et celle de la décolonisation, restituant avec talent l’atmosphère, la saveur authentique d’une époque si proche et si lointaine.

Alexander Mc Call Smith, Le mariage avait lieu un samedi, Éd. 10/18, 2012
Résoudre des énigmes n’a jamais effrayé Mma Ramotswe, créatrice de l’Agence N°1 des Dames Détectives de Gaborone. Tandis que son assistante Mma Makutsi défend la cause des femmes du Botswana tout en préparant son mariage, Precious, armée de sa détermination coutumière, mène l’enquête sur un étrange carnage de bétail et les apparitions fantomatiques de sa regrettée camionnette !
Un savoureux voyage au cœur de l’Afrique et du mystère, autour du célèbre duo de Dames Détectives.

Roger Smith, Mélanges de sangs, Éd. Le Livre de Poche (Thriller), 2012
Jack Burn, sa femme enceinte et leur petit Matt sont agressés un soir par deux membres du gang des Americans. Ex-marine réfugié en Afrique du Sud, Jack les tue… tous les deux. Le vieux veilleur de nuit Benny Mongrel a tout vu. Ancien du gang des 28, il vit dans l’enfer des Flats et, craignant de replonger, il se tait. Jusqu’au jour où le flic Gatsby Barnard l’interroge. La guerre est alors déclarée et tous les coups sont permis, d’autant plus que Barnard est lui-même sous la surveillance de Disaster Zondi, un enquêteur zoulou qui veut sa tête. Ce roman couronné par le Deutschen Krimi Preis sera adapté au cinéma avec Samuel L. Jackson dans le rôle de Disaster Zondi.
Un auteur essentiel qui vient s’imposer au côté de Deon Meyer comme l’autre grand écrivain d’Afrique du Sud. Brigitte Hernandez, Le Point.

Le polar offre quelques petites perles au roman colonial. Pas de quoi pavoiser, c’est toujours bien blanc, bien propre. On survole l’Afrique sans s’y arrêter. Témoignage d’une époque, ces romans sont avant tout destinés aujourd’hui aux chercheurs. Car les représentations de l’Afrique sont dans les années 30 et 40 quasiment uniquement tournées vers les « bienfaits » du colonialisme. Exception notable : après un voyage en Afrique Georges Simenon a le courage de décrire dans trois polars la réalité sauvage des coloniaux, mais nous en avons déjà parlé ici. Reste que, même si cela n’est pas glorieux, les premier polars d’Afrique (écrits par des blancs) sont d’un exotisme désuet et d’un contenu nauséabond. On peut aussi les lire comme des témoignages de l’imbécilité occidentale…
(l’image dans son contexte c’est ici)

André Georges Cuel, Feu de brousse, Éd. Plon, 1941
Un chanteur en vogue est tué au cours de son récital. Marion, son ex-épouse est la coupable désignée. Un inconnu lui remet alors de quoi s’enfuir au Dahomey (Aujourd’hui le Bénin). A Cotonou, ne connaissant personne elle ne trouve pas de travail mais rencontre Romain, le propriétaire d’une factorie, qui tombe amoureux d’elle et l’épouse. Mais voilà que l’ associé de son mari n’est autre qu’un comparse des assassins du chanteur.
L’ouvrage se termine dans un feu de brousse (d’où le titre du bouquin) et cela craint vraiment pour Marion et Romain tandis que la bande de méchants bandits est décimée.
Pour les amateurs du genre, le livre est toujours disponible chez les bouquinistes et sur certains sites marchants (priceminister, Soumbala,…), ou, comme moi, vous pouvez aussi le trouver dans  une échoppe par hasard.

Christian de Caters, La sauterelle Améthyste, Éd. La renaissance du livre 1933
Le livre a aussi paru aux éditions Jules Tallandier en 1952 sous le nom d’André Falcoz.
C’est un peu la grande aventure que l’on trouve ici. Des meurtres sauvages, des intrigants fourbes, des femmes fatales, des un boy (noir évidement) fidèle, d’autres (noirs toujours) très très méchants et gouroutisés et un héros blanc pétri de bons sentiments. On rajoute à cela une (belle) histoire d’amour et hop nous avons un petit roman pas déplaisant à lire et qui en plus nous offre aussi un feu de brousse. Franchement cela parait aujourd’hui d’une débilité profonde. (on le trouve chez beaucoup de revendeurs à l’un ou l’autre nom d’auteurs).

Janis Otsiemi, La bouche qui mange ne parle pas, Éd. Jigal, 2010
Solo vient de purger trois ans de taule pour une bagarre qui a mal tourné. À sa sortie, son cousin Tito, un vrai dur, lui propose une affaire… Il lui suffit de voler une voiture, de l’accompagner sur un coup et de manger sa langue. Une sacrée bonne aubaine pour ambiancer toute la nuit et régler ses dettes… Mais Solo se retrouve au cœur d’une embrouille qui pue salement la mort. Au Gabon, on murmure que certains politiciens n’hésitent pas à recourir aux meurtres rituels pour se maintenir au pouvoir… Écœuré, effrayé, traqué, Solo prend ses distances et se planque, mais à Libreville les flics ont mangé des guêpes et ont fermement l’intention de lui faire passer le goût du manioc…
Après La vie est un sale boulot, Prix du Roman Gabonais 2010, Janis Otsiemi récidive pour notre plus grand plaisir avec La bouche qui mange ne parle pas. Digne représentant du polar de la brousse — tendance social et urbain —, Janis Otsiemi dresse ici un portrait sans complaisance de tous les laissés pour compte, du peuple des oubliés, pour qui seules la débrouille et l’arnaque sont en mesure de remplir la gamelle ! À Libreville, la galère n’a de frontière que la misère, alors que le pouvoir et la corruption permettent à certains de surfer sur le dos des autres… et surtout des plus pauvres ! Alors bien sûr, c’est un polar, mais c’est aussi et surtout un formidable regard sur une société tiraillée entre son passé, ses traditions et l’appel pressant d’un avenir à inventer et construire ! Et puis il y a les mots de Janis Otsiemi, sa langue, brute et imagée, ses expressions, drôles et savoureuses, son style, direct et coloré, et là… c’est un vrai bonheur !
En savoir + avec Actu-du-noir

Aurélien Lanine, Arno Janin, Le cercle de la faim, Éd. Carnets De L’info, 2010
La malnutrition : le grand fléau. 146 millions d’enfants de moins de cinq ans en sont victimes.
5 millions en décèdent chaque année. Peut-on lutter contre elle ? Ou est-ce un combat perdu d’avance ?
Ce sont ces questions que s’apprête à affronter l’infirmière Megan Clifford en quittant le confort et la sécurité de Chicago. Envoyée au cœur de l’Afrique pour une mission humanitaire, la jeune femme va rencontrer un monde effrayant où misère et souffrance sont le quotidien de milliers d’individus. Éprouvant sa volonté et ses compétences, Megan découvrira que même dans les situations les plus terribles des solutions existent.
Mais sur ces terres reculées et sauvages chaque lueur d’espoir a un prix.
La jeune infirmière sera-t-elle prête à le payer de sa vie ?
Au camp de réfugiés de Damasak, Franck Martel mène une lutte de tous les instants contre la maladie, la corruption et la haine de la population locale. Lorsqu’une épidémie de fièvre jaune s’abat sur la région déjà dévastée par la guerre civile et la faim, l’ancien médecin militaire se trouve face à un choix : fuir et abandonner ses patients à une mort certaine ? Ou rester pour les soigner au risque de périr avec eux ?
A Paris, Marc Bassari, coordinateur des équipes sur le terrain, est quand à lui engagé dans une bataille financière et politique. Chargé de trouver des fonds et de sensibiliser le grand public au problème de la malnutrition, il se heurte à la bureaucratie et aux promesses sans lendemains. Mais d’inquiétantes rumeurs vont bientôt chambouler l’ordre de ses préoccupations.
Est-il vrai que des factions rebelles ont pris en otage les membres d’une mission ? Est-il vrai qu’ils menacent de tous les exécuter sans délai ?
Trois destins pris dans la tourmente. Trois existences confrontées à l’abjection d’une réalité trop souvent oubliée. Trois individus luttant pour leur survie sur les routes au sud du Sahel ; là où les cadavres d’enfants font office de bornes kilométriques.

Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
 » Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait.  » Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.

Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.

Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission – retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le  » pagre fumé  » – un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.

Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.

Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des « décideurs de l’ombre » qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou hon­nêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’au­jourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !

Petite promenade dans les archives du polar : l’espionnage. Complètement oublié aujourd’hui (hormis quelques ovnis comme John Le Carré ou Olen Steinhauer), ce genre fit les beau jours de certaines maisons d’éditions dans les années 50 à 70. On y trouve quelques romans d’espionnages se déroulant en Afrique dont au moins 4 au Cameroun. Même s’il sont épuisés on trouve encore assez facilement des exemplaires d’occasion sur Soumbala (qui propose une belle sélection, quoique un peu chère, sur le polar et l’Afrique), Price Minister ou encore Chapitre.com.

M. G. Braun, Tuer est mon métier, Ed. Fleuve noir, 1968
M.G. Braun de son vrai nom Maurice-Gabriel Brault (1912-1984) était un écrivain français  de romans d’espionnage et policiers.
Ses romans d’espionnage, aux éditions Fleuve noir, racontent les aventures de l’agent Alex Glenne. Il est l’auteur également de nombreux romans policiers.
En tout, il a écrit 171 ouvrages de 1954 à 1984. On lui doit aussi les personnages de Sam et Sally, héros de la fameuse série télévisée.
Le film Les Caïds tourné par Robert Enrico en 1972 avec, notamment Serge Reggiani, est tiré de son roman L’enfer est au sous-sol.
La IV de couverture de Tuer est mon métier : « Drôle de destin que d’être obligé de poignarder un ami pour le forcer à vous appeler à l’aide. La France tient le poignard et l’ami se nomme Cameroun.
Une mission dont Alex Glenne se serait passé. Jeu d’autant plus dangereux que les mercenaires sont de la partie. Il y a aussi Ruby. Lanson au coeur sincère et Ludmita, une chute de reins qui vous va droit au… ventre. »
En savoir + sur l’auteur

Josette Bruce, OSS 117 : Dernier round au Cameron, Ed. Presses de la cité, 1977
« Débarquant au Cameroun en pleine grève insurrectionnelle, Hubert Bonisseur de la Bath découvre un pays où les syndicats complotent, les militaires intriguent et tous les services spéciaux conspirent.
Quand, en plus, les femmes s’en mêlent, c’est le bouquet ! »
Comme toujours dans cette série on sent bien que le héros est blanc. Les populations font de la figuration. C’est plutôt mal écrit et approximatif mais au moins, en lecteur averti, on peut en rire !

Marc Arno, Espions à retardement, Ed. Fleuve noir, 1978
La IV de couverture du roman Les aubes sanglantes (Fleuve Noir, 1965) fournit les éléments biographiques (peut-être fantasmés) suivants :
A quinze ans, Marc Arno (Alias Jean-Pierre Bernier) travaille dans des carrières à Dakar où il s’occupe aussi bien de contrôler les camions que de réorganiser le magasin ou d’effectuer la paye des ouvriers.
A dix-sept ans, bachelier, il est en Allemagne lecteur de français dans un home d’étudiants.
Un échec à Polytechnique, deux années de médecine, un renvoi de Sciences po comme « leur absent le plus assidu », un diplôme des Hautes Etudes Commerciales, une ceinture noire de judo et des voyages, encore des voyages.
Puis l’armée, comme officier.
La IV de couverture de Espions à retardement : « L’espionnage, neuf fois sur dix reste dans un monde souterrain, inconnu du grand public, étouffé, soigneusement nié.
Puis, comme une bulle remontant à la surface, une affaire éclate brusquement au grand jour et occupe la une de tous Les journaux.
Coup d’Etat, défection d’un agent, liquidation, trahison
Au Cameroun, c’est, comme bien souvent, une avalanche soudaine de cadavres compromettants, sans qu’on sache d’où ils proviennent, pour quelle raison.
La C.I.A., elle s’en doute.Tous, plus ou moins, ont travaillé pour elle de leur vivant. »

Evina Abossolo, Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque, Ed. L’Harmattan (Polars noirs), 1985
Voici l’un des premier polar écrit par un Africain. même si l’édition courante est de 1985, le livre fût terminé le 21 août 1977 à Kribi (Cameroun).
La IV de couverture de Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque : « Tout se passa alors vite, comme dans un ballet diabolique aux mouvements synchronisés. A la même seconde où les pieds de l’homme basculé accrochaient la lampe au néon qui éclairait la pièce, plongeant subitement celle-ci dans un noir opaque, le gourdin s’abattait sur la tête de Mahouvé. L’agent du D.A.S.S. crut d’abord recevoir le plafond sur lui. Le plancher se déroba sous ses pieds. Il se sentit aspiré par un trou sans fond.
Puis suivit un concert diabolique de mille carillons aux sons bizarres, lancinants et douloureux.
Puis… rien. »

Deon Meyer, Treize heures, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2010
Le Cap. 5:36 – Une femme monte la côte de Lion’s Head en courant. Elle est jeune, belle, Américaine, et terrifiée. Des hommes la traquent, comme une bête.5:37 – L’appel réveille l’inspecteur Bennie Griessel. Il y a eu un meurtre. Une femme, la gorge tranchée. Elle gît à deux pas de St Martini, l’église luthérienne de Long Street.7:02 – Saoule, l’ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage à côté d’elle, par terre. Et un pistolet juste à côté d’elle.À neuf heures, avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend soudain qu’entraîner une nouvelle génération d’inspecteurs risque d’être un rien plus compliqué que ce qu’il escomptait.Passé midi, la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar.Et à cinq heures et demi de l’après-midi, on tire sur Griessel, en plein cœur.Soit treize heures bien ordinaires dans la vie d’un inspecteur des Homicides du Cap.

Moussa Konaté, La malédiction du lamantin, Éd. Points (Points Policier), 2010
Sur l’îlot de Kokrini, les notables de la tribu des Bozos, dont Kouata est le chef, pensent que la dernière crue du Niger est le prix à payer pour l’outrage commis, des années plus tôt, par l’un des leurs. Celui-ci avait volé leur totem, le lamantin, pour le revendre. Kouata et Nassoumba, sa première épouse, sont retrouvés foudroyés. Encore une vengeance du lamantin ? L’affaire s’annonce délicate pour le commissaire Habib.

Antonio Junior NZAU , Traite au Zaïre, L’Harmattan (Polars noirs ; 1), 1984
Traite au Zaïre d’Antonio J. Nzau offre un cocktail qui avait déjà fait ses preuves, en d’autre temps et sous d’autres latitudes, en réunissant énigme policière, personnages crapuleux et arrière fond politique. Ici, un médecin congolais est aux prises avec les tenants des réseaux de prostitution, des politiciens véreux, les barbouzes des services secrets, des diplomates plus ou moins scrupuleux, et quelques autres personnages au demeurant fort peu recommandables…

Mouna-Hodan Ahmed, Les enfants du khat, Éd. Sépia (Sépia-Poche), 2010
Récit de la vie d’Asli, adolescente djiboutienne, confrontée aux errements de la jeunesse dans une société conditionnée par la consommation du khat, herbe hallucinogène locale. Premier roman.
Il s’agit d’un roman écrit par l’une des seules romancières originaires de Djibouti. Le khat est une drogue que tous les Djiboutiens mâchent dans l’après-midi, anéantissant tout travail et toute initiative. Considéré par beaucoup comme un fléau national, il perturbe aussi bien le psychisme des habitants que l’économie du pays. Cette chronique de la vie quotidienne à Djibouti livre le tableau de cette société gangrènée par par le khat. L’auteure, née à Djibouti conserve néanmoins l’espoir qu’un jour prochain, « les enfants du khat » reprendront le pays en mains et aboliront cette tradition délétère.
En savoir + sur Mouna-Hodan Ahmed

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
En savoir + : Le blog de Florent Couao-Zotti et le blog du livre « la cour du mouton »

Mohamed Leftah, Hawa, Éd. La Différence (Littérature), 2010
À Casablanca, le quartier du Boussbir, lieu des bordels et de la débauche, voit éclore l’amour des jumeaux Zapata et Hawa, fruits de la rencontre d’un soldat américain et d’une prostituée. Liés par une passion incestueuse, monstrueuse, ils grandissent et s’affirment parmi les dealers et les maquereaux qui forment la mafia locale, ces « anges bagarreurs », innocemment cruels, que la plume de Leftah transfigure en héros.
« Qu’il s’agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu’une voix d’une si profonde maturité, d’une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n’a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
En savoir + sur Mohamed Leftah

Donald E. Westlake, Kahawa, Ed. Rivages (Rivages/noirs n° 377), 1997
Voler six millions de dollars sous forme de grains de café, qui dit mieux ? C’est ce que se proposent de faire Lew Brady et Frank Lanigan. Ils vont monter le hold-up du siècle : s’attaquer à un train de marchandises transportant une récolte de café. Nous sommes en Afrique orientale, en 1977. Idi Amin Dada règne sur l’Ouganda et nombreux sont ceux qui voudraient le voir tomber…
Westlake nous embarque dans un grand roman d’aventures où se mêlent érotisme, violence, exotisme et, bien sûr, humour.
Si Kahawa est un grand livre d’aventure il ne faudrait pas le réduire à cette dimension, même si Donald E. Westlake est un maître du genre.
L’action, située dans l’Ouganga du sanguinaire Idi Amin Dada, rassemble des trafiquants, des « affreux » et une foule de personnages plus inquiétants les uns que las autres.
Au delà de l’histoire, traduite par Jean-Patrick Manchette – et c’est déjà un gage de qualité, c’est tout un système qui est décrit : celui d’une lutte sans merci, d’une course effrénée, d’une manipulation constante avec comme objectif sublimé l’argent !
Comme toujours chez Westlake la narration est solide, documentée, vivante. La construction du roman tient en halène jusqu’au dénouement, sans temps morts : difficile de lâcher le livre lorsqu’on s’y plonge. 671 pages plus loin (dans l’édition de poche, 370 dans l’édition grand format parue en 1983 aux éditions Presses de la cité) on sort bouleversé de tant de violence et de gâchis, presque hagard devant un tel déferlement, mais comblé d’avoir vécu ce (long) moment de lecture !

André Allemand, un crime en Algérie, Ed. Rivages/noirs n°384), 2001
Voilà un petit polar qui se lit agréablement bien. L’histoire se situe au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, en 1963. On y retrouve l’ambiance de ce jeune pays où tout est à construire, à inventer mais aussi des personnages en embuscade doté d’un machiavélisme brutal et prêt à s’approprier une parcelle de pouvoir la plus étendue possible. Si le début de l’intrigue peut paraître banale (une jeune fille est violée sur une plage, son compagnon est tué) on comprend vite avec Jean Mercier, le consul de France à Alger, que l’histoire est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et que les victimes ne sont pas toujours celles que l’on croît.
En savoir + : Un crime en Algérie
Du même auteur son polar se situant à Madagascar : Au cœur de l’ile rouge

Jean-Marc Pasquet, Nègre blanc, Ed. Mémoire d’encrier, 2006
Situé en Afrique de l’Ouest, entre Côte-d’Ivoire et Ghana, Nègre blanc offre une vision contemporaine de l’Afrique particulièrement fidèle aux réalités.
Construit comme une course poursuite il nous promène entre quartiers chauds, plages paradisiaques pour touristes en passant par la forêt tropicale. C’est un polar urbain chargé de légendes millénaires et écrasé par les conséquences de la colonisation.
Débutant autour d’une louche affaire de diamants l’épopée de Niilanti va se poursuivre dans la violence extrême, en croisant l’amour et l’amitié, mais elle va surtout lui offrir la possibilité d’un grand voyage intérieur qui lui permettra d’ouvrir ses sens sur de nouvelles vérités.
Quelques mots de l’auteur (lu sur haitirectoverso) : « Nègre Blanc, comme tous mes romans, est une pure fiction, mais je l’ai bien sûr nourrie de mes expériences africaines. Avec Nègre Blanc, j’ai voulu écrire un thriller qui, tout en se déroulant en milieu urbain, évoque la gravité des dommages perpétrés depuis cinq siècles par l’empreinte coloniale sur le continent et salue en même temps la pérennité de certaines valeurs animistes de l’Afrique millénaire. Je suis arrivé en Afrique de l’Ouest la première fois à l’âge de dix-sept ans, avec mon passeport pour seul bagage. J’ai vécu pendant des années dans la rue, entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, une vie de clandestin nomade, refusant systématiquement les privilèges que me conférait mon statut d’occidental. L’Afrique que j’ai eu la chance de côtoyer, a servi de terreau à Nègre Blanc, mais l’histoire n’a rien d’autobiographique. Récemment, un professeur de littérature africaine à Montréal, m’a montré un exemplaire du roman complètement annoté, dans lequel il avait saisi des passages entiers, et écrit dans la marge : « Pas écrit par l’auteur ». Il s’est excusé auprès de moi, de m’avoir pris pour un « Nègre » au sens littéraire, refusant de croire, en voyant ma tête sur la photo en 4 ème de couverture, que je puisse être l’auteur d’un livre se référant de façon si contemporaine à l’Afrique millénaire, un compliment qui m’a comblé ».