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Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
” Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait. ” Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.

Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.

Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission - retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le ” pagre fumé ” - un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.

Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.

Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des “décideurs de l’ombre” qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou hon­nêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’au­jourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !

Petite promenade dans les archives du polar : l’espionnage. Complètement oublié aujourd’hui (hormis quelques ovnis comme John Le Carré ou Olen Steinhauer), ce genre fit les beau jours de certaines maisons d’éditions dans les années 50 à 70. On y trouve quelques romans d’espionnages se déroulant en Afrique dont au moins 4 au Cameroun. Même s’il sont épuisés on trouve encore assez facilement des exemplaires d’occasion sur Soumbala (qui propose une belle sélection, quoique un peu chère, sur le polar et l’Afrique), Price Minister ou encore Chapitre.com.

M. G. Braun, Tuer est mon métier, Ed. Fleuve noir, 1968
M.G. Braun de son vrai nom Maurice-Gabriel Brault (1912-1984) était un écrivain français  de romans d’espionnage et policiers.
Ses romans d’espionnage, aux éditions Fleuve noir, racontent les aventures de l’agent Alex Glenne. Il est l’auteur également de nombreux romans policiers.
En tout, il a écrit 171 ouvrages de 1954 à 1984. On lui doit aussi les personnages de Sam et Sally, héros de la fameuse série télévisée.
Le film Les Caïds tourné par Robert Enrico en 1972 avec, notamment Serge Reggiani, est tiré de son roman L’enfer est au sous-sol.
La IV de couverture de Tuer est mon métier : “Drôle de destin que d’être obligé de poignarder un ami pour le forcer à vous appeler à l’aide. La France tient le poignard et l’ami se nomme Cameroun.
Une mission dont Alex Glenne se serait passé. Jeu d’autant plus dangereux que les mercenaires sont de la partie. Il y a aussi Ruby. Lanson au coeur sincère et Ludmita, une chute de reins qui vous va droit au… ventre.”
En savoir + sur l’auteur

Josette Bruce, OSS 117 : Dernier round au Cameron, Ed. Presses de la cité, 1977
“Débarquant au Cameroun en pleine grève insurrectionnelle, Hubert Bonisseur de la Bath découvre un pays où les syndicats complotent, les militaires intriguent et tous les services spéciaux conspirent.
Quand, en plus, les femmes s’en mêlent, c’est le bouquet !”
Comme toujours dans cette série on sent bien que le héros est blanc. Les populations font de la figuration. C’est plutôt mal écrit et approximatif mais au moins, en lecteur averti, on peut en rire !

Marc Arno, Espions à retardement, Ed. Fleuve noir, 1978
La IV de couverture du roman Les aubes sanglantes (Fleuve Noir, 1965) fournit les éléments biographiques (peut-être fantasmés) suivants :
A quinze ans, Marc Arno (Alias Jean-Pierre Bernier) travaille dans des carrières à Dakar où il s’occupe aussi bien de contrôler les camions que de réorganiser le magasin ou d’effectuer la paye des ouvriers.
A dix-sept ans, bachelier, il est en Allemagne lecteur de français dans un home d’étudiants.
Un échec à Polytechnique, deux années de médecine, un renvoi de Sciences po comme “leur absent le plus assidu”, un diplôme des Hautes Etudes Commerciales, une ceinture noire de judo et des voyages, encore des voyages.
Puis l’armée, comme officier.
La IV de couverture de Espions à retardement : “L’espionnage, neuf fois sur dix reste dans un monde souterrain, inconnu du grand public, étouffé, soigneusement nié.
Puis, comme une bulle remontant à la surface, une affaire éclate brusquement au grand jour et occupe la une de tous Les journaux.
Coup d’Etat, défection d’un agent, liquidation, trahison
Au Cameroun, c’est, comme bien souvent, une avalanche soudaine de cadavres compromettants, sans qu’on sache d’où ils proviennent, pour quelle raison.
La C.I.A., elle s’en doute.Tous, plus ou moins, ont travaillé pour elle de leur vivant.”

Evina Abossolo, Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque, Ed. L’Harmattan (Polars noirs), 1985
Voici l’un des premier polar écrit par un Africain. même si l’édition courante est de 1985, le livre fût terminé le 21 août 1977 à Kribi (Cameroun).
La IV de couverture de Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque : “Tout se passa alors vite, comme dans un ballet diabolique aux mouvements synchronisés. A la même seconde où les pieds de l’homme basculé accrochaient la lampe au néon qui éclairait la pièce, plongeant subitement celle-ci dans un noir opaque, le gourdin s’abattait sur la tête de Mahouvé. L’agent du D.A.S.S. crut d’abord recevoir le plafond sur lui. Le plancher se déroba sous ses pieds. Il se sentit aspiré par un trou sans fond.
Puis suivit un concert diabolique de mille carillons aux sons bizarres, lancinants et douloureux.
Puis… rien.”

Deon Meyer, Treize heures, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2010
Le Cap. 5:36 - Une femme monte la côte de Lion’s Head en courant. Elle est jeune, belle, Américaine, et terrifiée. Des hommes la traquent, comme une bête.5:37 - L’appel réveille l’inspecteur Bennie Griessel. Il y a eu un meurtre. Une femme, la gorge tranchée. Elle gît à deux pas de St Martini, l’église luthérienne de Long Street.7:02 - Saoule, l’ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage à côté d’elle, par terre. Et un pistolet juste à côté d’elle.À neuf heures, avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend soudain qu’entraîner une nouvelle génération d’inspecteurs risque d’être un rien plus compliqué que ce qu’il escomptait.Passé midi, la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar.Et à cinq heures et demi de l’après-midi, on tire sur Griessel, en plein cœur.Soit treize heures bien ordinaires dans la vie d’un inspecteur des Homicides du Cap.

Moussa Konaté, La malédiction du lamantin, Éd. Points (Points Policier), 2010
Sur l’îlot de Kokrini, les notables de la tribu des Bozos, dont Kouata est le chef, pensent que la dernière crue du Niger est le prix à payer pour l’outrage commis, des années plus tôt, par l’un des leurs. Celui-ci avait volé leur totem, le lamantin, pour le revendre. Kouata et Nassoumba, sa première épouse, sont retrouvés foudroyés. Encore une vengeance du lamantin ? L’affaire s’annonce délicate pour le commissaire Habib.

Antonio Junior NZAU , Traite au Zaïre, L’Harmattan (Polars noirs ; 1), 1984
Traite au Zaïre d’Antonio J. Nzau offre un cocktail qui avait déjà fait ses preuves, en d’autre temps et sous d’autres latitudes, en réunissant énigme policière, personnages crapuleux et arrière fond politique. Ici, un médecin congolais est aux prises avec les tenants des réseaux de prostitution, des politiciens véreux, les barbouzes des services secrets, des diplomates plus ou moins scrupuleux, et quelques autres personnages au demeurant fort peu recommandables…

Mouna-Hodan Ahmed, Les enfants du khat, Éd. Sépia (Sépia-Poche), 2010
Récit de la vie d’Asli, adolescente djiboutienne, confrontée aux errements de la jeunesse dans une société conditionnée par la consommation du khat, herbe hallucinogène locale. Premier roman.
Il s’agit d’un roman écrit par l’une des seules romancières originaires de Djibouti. Le khat est une drogue que tous les Djiboutiens mâchent dans l’après-midi, anéantissant tout travail et toute initiative. Considéré par beaucoup comme un fléau national, il perturbe aussi bien le psychisme des habitants que l’économie du pays. Cette chronique de la vie quotidienne à Djibouti livre le tableau de cette société gangrènée par par le khat. L’auteure, née à Djibouti conserve néanmoins l’espoir qu’un jour prochain, « les enfants du khat » reprendront le pays en mains et aboliront cette tradition délétère.
En savoir + sur Mouna-Hodan Ahmed

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
En savoir + : Le blog de Florent Couao-Zotti et le blog du livre “la cour du mouton”

Mohamed Leftah, Hawa, Éd. La Différence (Littérature), 2010
À Casablanca, le quartier du Boussbir, lieu des bordels et de la débauche, voit éclore l’amour des jumeaux Zapata et Hawa, fruits de la rencontre d’un soldat américain et d’une prostituée. Liés par une passion incestueuse, monstrueuse, ils grandissent et s’affirment parmi les dealers et les maquereaux qui forment la mafia locale, ces « anges bagarreurs », innocemment cruels, que la plume de Leftah transfigure en héros.
« Qu’il s’agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu’une voix d’une si profonde maturité, d’une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n’a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
En savoir + sur Mohamed Leftah

Donald E. Westlake, Kahawa, Ed. Rivages (Rivages/noirs n° 377), 1997
Voler six millions de dollars sous forme de grains de café, qui dit mieux ? C’est ce que se proposent de faire Lew Brady et Frank Lanigan. Ils vont monter le hold-up du siècle : s’attaquer à un train de marchandises transportant une récolte de café. Nous sommes en Afrique orientale, en 1977. Idi Amin Dada règne sur l’Ouganda et nombreux sont ceux qui voudraient le voir tomber…
Westlake nous embarque dans un grand roman d’aventures où se mêlent érotisme, violence, exotisme et, bien sûr, humour.
Si Kahawa est un grand livre d’aventure il ne faudrait pas le réduire à cette dimension, même si Donald E. Westlake est un maître du genre.
L’action, située dans l’Ouganga du sanguinaire Idi Amin Dada, rassemble des trafiquants, des “affreux” et une foule de personnages plus inquiétants les uns que las autres.
Au delà de l’histoire, traduite par Jean-Patrick Manchette - et c’est déjà un gage de qualité, c’est tout un système qui est décrit : celui d’une lutte sans merci, d’une course effrénée, d’une manipulation constante avec comme objectif sublimé l’argent !
Comme toujours chez Westlake la narration est solide, documentée, vivante. La construction du roman tient en halène jusqu’au dénouement, sans temps morts : difficile de lâcher le livre lorsqu’on s’y plonge. 671 pages plus loin (dans l’édition de poche, 370 dans l’édition grand format parue en 1983 aux éditions Presses de la cité) on sort bouleversé de tant de violence et de gâchis, presque hagard devant un tel déferlement, mais comblé d’avoir vécu ce (long) moment de lecture !

André Allemand, un crime en Algérie, Ed. Rivages/noirs n°384), 2001
Voilà un petit polar qui se lit agréablement bien. L’histoire se situe au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, en 1963. On y retrouve l’ambiance de ce jeune pays où tout est à construire, à inventer mais aussi des personnages en embuscade doté d’un machiavélisme brutal et prêt à s’approprier une parcelle de pouvoir la plus étendue possible. Si le début de l’intrigue peut paraître banale (une jeune fille est violée sur une plage, son compagnon est tué) on comprend vite avec Jean Mercier, le consul de France à Alger, que l’histoire est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et que les victimes ne sont pas toujours celles que l’on croît.
En savoir + : Un crime en Algérie
Du même auteur son polar se situant à Madagascar : Au cœur de l’ile rouge

Jean-Marc Pasquet, Nègre blanc, Ed. Mémoire d’encrier, 2006
Situé en Afrique de l’Ouest, entre Côte-d’Ivoire et Ghana, Nègre blanc offre une vision contemporaine de l’Afrique particulièrement fidèle aux réalités.
Construit comme une course poursuite il nous promène entre quartiers chauds, plages paradisiaques pour touristes en passant par la forêt tropicale. C’est un polar urbain chargé de légendes millénaires et écrasé par les conséquences de la colonisation.
Débutant autour d’une louche affaire de diamants l’épopée de Niilanti va se poursuivre dans la violence extrême, en croisant l’amour et l’amitié, mais elle va surtout lui offrir la possibilité d’un grand voyage intérieur qui lui permettra d’ouvrir ses sens sur de nouvelles vérités.
Quelques mots de l’auteur (lu sur haitirectoverso) : “Nègre Blanc, comme tous mes romans, est une pure fiction, mais je l’ai bien sûr nourrie de mes expériences africaines. Avec Nègre Blanc, j’ai voulu écrire un thriller qui, tout en se déroulant en milieu urbain, évoque la gravité des dommages perpétrés depuis cinq siècles par l’empreinte coloniale sur le continent et salue en même temps la pérennité de certaines valeurs animistes de l’Afrique millénaire. Je suis arrivé en Afrique de l’Ouest la première fois à l’âge de dix-sept ans, avec mon passeport pour seul bagage. J’ai vécu pendant des années dans la rue, entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, une vie de clandestin nomade, refusant systématiquement les privilèges que me conférait mon statut d’occidental. L’Afrique que j’ai eu la chance de côtoyer, a servi de terreau à Nègre Blanc, mais l’histoire n’a rien d’autobiographique. Récemment, un professeur de littérature africaine à Montréal, m’a montré un exemplaire du roman complètement annoté, dans lequel il avait saisi des passages entiers, et écrit dans la marge : « Pas écrit par l’auteur ». Il s’est excusé auprès de moi, de m’avoir pris pour un « Nègre » au sens littéraire, refusant de croire, en voyant ma tête sur la photo en 4 ème de couverture, que je puisse être l’auteur d’un livre se référant de façon si contemporaine à l’Afrique millénaire, un compliment qui m’a comblé”.

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Boris Vian

Grabriel Trujillo Muñoz, Mexicali City Blues, Éd. Les Allusifs (3/4 polar), 2009
Voici toute l’histoire : Un pilote (américain) d’hélicoptère, Jesús Bull Aguirre, disparaît avec son appareil et ses deux passagers au-dessus du désert de la Basse-Californie. Sa femme (mexicaine), amie de jeunesse de Morgado (Morgado c’est le héros de cette histoire : avocat-comme l’auteur), lui demande d’enquêter sur cette (triste) affaire. Jesús Bull avait été engagé le Parti naturaliste mexicain, pour faire un recensement des cactus (en voie de disparition) de la région. Morgado découvre vite que ce PNM n’existe pas, et que tout cela cache une affaire de trafic de drogue (et de gros sous), dans laquelle la police est impliquée. Mais que s’est-il passé, qui a trompé qui, qui est mort, et comment ? Morgado a vite l’impression qu’il s’agit d’une mise en scène, mais l’identité des manipulateurs ne cesse d’être remise en cause.
Le tableau étant posé l’histoire se déroule de façon assez limpide mais comme un objet contondant rencontre le crâne de Morgado (page 26) cela jette (un peu) de piment dans l’histoire. Une (grosse) bosse sur la tête, ça n’aide pas à réfléchir!
Comme expérience de lecture de polar mexicain j’en été resté à Rolo Diez : Chat de gouttière, Poussière du désert ou encore Éclipse de lune.
Alors évidement la mince histoire (le tout tient en 74 pages-j’ai compté) de Grabriel Trujillo Muñoz à du mal à tenir la comparaison.
Le plus énervant c’est que le roman est rythmé par les rêves de Morgado : c’est facile, les rêves, pour expliquer rapidos de comment du pourquoi !
Où alors : je n’ai pas saisi la subtilité du texte ; ce qui n’est pas impossible.
Reste à me plonger dans les autres opus des histoires de Morgado (ce qui est facile vu l’épaisseur des ouvrages) pour ne pas rester sur un sentiments d’inachevé, d’autant que j’aime bien ce que fait cette maison d’édition (notamment la superbe réédition de Je ne voudrai pas crever de Boris Vian).
Après tout 3 bouquins de 74 pages ça commence à faire un bon gros livre de chevet…

Pour ne pas rester sur ma (mauvaise) impression voici d’autres critiques :
Liratouva
Actuallité.com
D’un livrel’autre

Voir les autres polar de Grabriel Trujillo Muñoz

Margie Orford, Roses de Sang, Éd. Payot (Payot/Suspense), 2009
La profileuse sud-africaine Clare Hart enquête en Namibie : dans une petite ville aux portes du désert, une succession de crimes étranges terrifie la communauté des mendiants.
A Walvix Bay, trois enfants des rues ont été assassinés. Pour la population, c’est le destin ordinaire de trop nombreux orphelins du sida. Les autorités locales, elles, sont promptes à soupçonner la tribu nomade des Topnaars. Et pour cause : elles ont entrepris de récupérer leurs terres. Mais Tamar Damases, la jeune inspectrice chargée de l’affaire, croit déchiffrer la signature d’un tueur en série. Elle décide de solliciter l’aide de Clare. Bientôt un autre garçon disparaît…
Dans cette région marquée au fer rouge par l’ancien colon sud-africain, la vérité se trouve-t-elle au cœur du désert, là où sont enfouis les secrets les plus terribles, les plus toxiques ?
Margie Orford, journaliste et photographe, a grandi en Namibie et en Afrique du Sud. Elle vit ajuourd’hui à Cape Town.
Le site de Margie Orford (en anglais)

Bernard Mathieu, Du fond des temps, Éd. Gallimard (Série Noire, Romans noirs), 2009
Hélène et Hailou, son conjoint anthropologue, s’installent dans la vallée de la Kibish qui a vu apparaître le premier homme moderne, il y a 195 000 ans. Aux confins du Soudan, du Kenya et de l’Éthiopie, la région est un point aveugle sur les cartes.
Hailou a reçu pour mission de faire la paix entre des tribus qui guerroient depuis l’aube des temps pour le contrôle des points d’eau et des rares pâturages. Hélène la Française se consume d’ennui tandis qu’Hailou bat montagnes et volcans pour négocier avec les dignitaires traditionnels. Sous des dehors rustiques dont ils jouent comme d’un masque, ceux-ci sont de redoutables politiques et des stratèges machiavéliques.
Hailou n’a pas jugé utile de révéler à Hélène qu’un mystérieux Occidental lui offre beaucoup d’argent contre des informations de première main sur la situation géostratégique d’une zone riche en pétrole et en minéraux où la guerre entre le Nord- et le Sud-Soudan menace de se rallumer à tout instant.
D’abord désorientée par un monde dans lequel elle se sent profondément étrangère, Hélène est finalement emportée dans le chaos de la rivière Kibish où la violence est parfois mêlée d’une étrange douceur.
Juriste de formation, Bernard Mathieu est né en 1943, près de Saint-Etienne.
Journaliste indépendant, il a vécu au Brésil où il a écrit la trilogie du Sang du Capricorne (Zé, Otelo, Carmelita) publiée aux Éditions Gallimard. Il participe aujourd’hui à la conception et à la réalisation de films documentaires.
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Janis Otsiémi, La vie est un sale boulot, Éd. Jigal (Polar), 2009
À Libreville, Chicano sort de prison, après avoir purgé quatre ans pour un braquage qui a mal tourné ! Adieu la bande de paumés, finies les embrouilles, il veut devenir quelqu’un, un honnête homme si possible… Reconquérir Mira, trouver un boulot, monter un petit commerce et gagner sa galette à la sueur de son front, voilà son rêve ! Mais comment faire quand on a ni sou, ni métier, ni diplôme dans un pays où la corruption est la règle d’or à tous les carrefours ? Car ici plus qu’ailleurs, si la barbe et le grelot ne font pas une chèvre… la vie est souvent un sale boulot !
Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis Otsiémi signe là un roman miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Car au-delà de l’intrigue policière, c’est tout un pan des travers de la société que dévoile ce roman écrit dans une langue sèche qui « claque comme des coups de lanière sur le dos d’un cabri »… Le polar africain n’est pas un mythe, c’est un témoignage social sur l’époque, la population, la corruption, les magouilles omniprésentes, la réussite de quelques-uns, la violence de la rue, le désespoir, la police, le poids du pouvoir et la débrouille, la débrouille toujours ! Au Gabon, comme dans toute l’Afrique sans doute, il y a tous ces jeunes qui ne rêvent que d’avenir : pour survivre, pour devenir quelqu’un, pour vivre tout simplement… Cela peut paraître simple, mais dans les rues de Libreville, cela ne semble pas gagné pour tout le monde ! Car comme le dit si justement Otsiémi : « La barbe et le grelot ne font pas une chèvre »… Un roman et un auteur à découvrir d’urgence, et pas seulement pour le dépaysement garanti, mais aussi et surtout pour le témoignage à vif !
Deux critiques sur Moisson rouge et Polarnoir

Janis Otsiémi, Peau de balle, Éd. du Polar, 2008.
Ça commence sous les chapeaux de roue. Un quatuor de délinquants librevillois, nourris au lait de l’argent facile, kidnappent la fille d’un notable et réclament une rançon de cinquante millions… Écrit dans une langue qui claque comme des coups de lanière, Peau de balle se révèle au final un polar original qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout. On s’attache vite aux destins croisés des héros et on suit avec passion l’enquête menée par les flics de la PJ locale.
Extrait : Les flics l’avaient sauté au pieu, menotté et tabassé comme le mil sous le pilon. Il s’en souvenait comme si c’était encore hier. Un gars du casse s’était fait cravater par les gaziers de l’OCLAD avec une botte de yamba dans les poches. Les types l’avaient torturé et il avait fini par dégoiser toutes les conneries qu’il avait faites. Bello avait morflé cinq ans à Sans-famille.

Janis Otsiémi est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 Le Prix du Premier Roman gabonais. Depuis 2007, il est Secrétaire Général adjoint de l’Union des Écrivains Gabonais. Il a publié Tous les chemins mènent à l’Autre (Prix du premier roman, Éd. Raponda Walker, 2001, Guerre de succession au Gabon, Edilivre, 2007. Passionné de polar, on trouve dans sa bibliothèque une brochette hétéroclite d’auteurs : James Ellroy, Abasse Ndione, Rolo Diez, A.D.G, Deon Meyer…

C’est pas tout les jours dimanche. (La preuve ce billet est écrit un samedi !). Mais là, cadeau : deux (bon) polars d’Afriques en même temps. Et pour les amateurs du genre, vous allez être gâté : opoto prépare un événement pour la fin de l’année. A suivre…

Laurence Gavron, Hivernage, Éd. Le Masque, 2009
Dakar pendant l’hivernage. La chaleur est accablante et tout le monde vit au ralenti. Quand la pluie tombe, soudaine, vigoureuse et bienfaisante, la ville se réveille et les enfants sautent dans les flaques. C’est au cours de ces jeux que l’un d’entre eux fait une découverte étrange dans le caniveau: un sexe d’homme sanguinolent ! L’hilarité se mêle à la gêne et au dégoût mais les enfants finissent par prévenir le commissaire Jules-Souleymane Faye. Celui-ci ouvre une enquête qui le mènera de Dakar à Louga, non loin des régions de Peuls nomades. En chemin il croisera Léocady, la belle métisse, artiste libre et affranchie de tous les préjugés, son amant Bokar, jeune provincial devenu rédacteur en chef d’un grand quotidien local, et Mariama, mariée à un homme parti travailler sur les chantiers en Europe. Loin de la grande métropole, Jules-Souleymane va découvrir une autre réalité de son pays.
Après Boy Dakar- dont Didier Hassoux du Canard enchaîné a dit qu’il était «beaucoup plus qu’un polar, un guide pour cette Afrique qui cherche à s’affranchir de toutes les féodalités» -, on retrouve le Sénégal, magnifiquement évoqué, au cours d’une saison des pluies qui révèle toutes les passions.
Laurence Gavron, qui signe son deuxième roman policier au Masque, est aussi réalisatrice de documentaires, journaliste et photographe. Établie à Dakar depuis 2002, elle a récemment obtenu la nationalité sénégalaise.
Écouter un interviou de Laurence Gavron

Michael Stanley, Un festin de hyènes, Éd. Lattès, 2009
Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d’un point d’eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert.
Pour l’inspecteur-en chef David ” Kubu ” Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l’œuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l’amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays… Avec ce premier roman hypnotisant, Michael Stanley nous dépeint le Botswana tel qu’il est : une terre vivante et magnifique menacée par la pauvreté, la criminalité et le terrible trafic des ” diamants de sang ” en provenance des pays voisins.
Premier roman de deux professeurs sud-africains, Un festin de hyènes a reçu un accueil enthousiaste dans le monde anglo-saxon.

Jo Nesbo, Chasseurs de tête, Éd. Gallimard (série noire), 2009
Roger Brown est le meilleur chasseur de têtes de Norvège. C’est lui qui le dit : Je suis chasseur de têtes. Ce n’est pas très difficile. Mais je suis le meilleur. Et il n’a pas tord. Tout les DRH des grandes sociétés attendent qu’il fébrilement qu’il leur trouve le meilleur employé. Roger à sa méthode pour parvenir à sonder les candidats : le schéma d’interrogatoire en neuf étapes du FBI. C’est une arme automatique dans un monde de pois sauteurs, un outil qui fait activer les choses, qui ne fait pas de prisonniers, mais donne des résultats aussi rapides que concrets.
Roger conduit une belle voiture, une Volvo S 80, neuve bien sûr. Roger habite une belle maison, grande, évidement. Roger aime une belle femme, Diana, et ne lui refuse rien.
Roger a donc toujours besoin de beaucoup d’argent.
Roger a donc un autre travail : voleur. Plus précisément cambrioleur. Ses proies sont les candidats qu’il sélectionne en fonction des tableaux qu’ils possèdent.
Si l’idée est assez originale il n’y a pas de quoi faire un polar captivant. Il faut pour cela introduire un grain de sable. Il s’appelle Clas Greve et risque de ruiner Roger, de le tuer et pire : de lui ravir Diane.
Le tableau posé Nesbo ne cesse de jouer avec nos nerfs. Tout d’abord il rend sympathique son personnage principal puis ouvre des portes ouvertes pour mieux les refermer et nous laisser dans l’expectative.
Jo Nesbø délaisse son héros habituel, l’inspecteur Harry Hole.  Je partage le jugement de JM Laherrére (blog actu-du-noir) : Qu’en dire ? Pas grand-chose de très original. Pour un thriller, c’est du haut de gamme. Pour un Nesbø, c’est un poil décevant.
Presque en même temps Gallimard sort en Folio policier Le sauveur où l’on retrouve Harry Hole, ses problèmes d’alcool, ses doutes et son regard pertinent et (presque) désabusé sur la société.
Alors il suffit de déguster Chasseurs de têtes, avant de réveillonner en tête à tête avec Harry, en guise de mise en bouche car on ne s’ennuie pas une seconde : Roger n’est-il pas le meilleur ?

Jo Nesbo, Le sauveur, Éd. Gallimard (Folio Policier), 2009
En plein hiver à Oslo, l’Armée du Salut met les bouchées doubles pour aider les exclus. Un concert de charité organisé en présence du Premier ministre tourne pourtant au drame lorsqu’un bénévole s’écroule, un petit trou bien net dans le front. Ex enfant soldat de Vukovar, héros de guerre qui slalomait la nuit entre les lignes serbes pour placer des bombes sous les chars, le tueur s’est enfui. Mais, bloqué à l’aéroport par une tempête de neige, ce spécialiste de l’élimination des criminels de guerre et des pédophiles réalise qu’il s’est trompé de cible et décide de rester pour achever son travail. Que sa véritable proie soit un membre influent de l’Armée du Salut, promis aux plus hautes fonctions, ne l’arrête pas. Il sait que l’habit ne fait pas toujours le moine. Tandis qu’Harry Hole entre à son tour dans la danse, le jeu sanglant du chat et de la souris ne fait que commencer…

Lire un interviou de Jo Nesbo