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Le poète du Wouri revient avec un hommage à ses amis québécois.

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Fernando d’Almeida, L’ouvert de l’ultime : tombeau de Gatien Lapointe , Éd.. L’écrit des fores, Éd. Heury, 2011

Tu es ce poète d’altitude buvant
À la goulée chantant à pleine poitrine
La terre qui t’enterre
Dans la nuit de l’aurore
Sous la neige éloquente d’un pays
Trouvant cohérence
Dans la grande soif d’eaux vives

En savoir +

On célèbre cette année les 50 ans de la mort du bourlingueur. Blaise Cendrars, voyageur avide de rencontres, renouvelle sans cesse son écriture et construit une œuvre moderne et profondément humaine. L’occasion de se pencher sur la place de l’Afrique dans son œuvre : des heures de lecture rafraichissantes.

Blaise Cendrars, Partir : Poèmes, romans, nouvelles, mémoiresÉd. Gallimard (quarto), 2011

Le titre retenu pour ce volume, Partir, annonce explicitement le projet éditorial.
Sont ici réunis des textes choisis, organisés autour du thème du voyage, l’un des thèmes forts de l’œuvre. Les textes sont assemblés par genre et, à l’intérieur du genre, par ordre chronologique. La vie nomade de Cendrars et l’extrême diversité de ses livres ont fait passer pour un touche-à-tout celui que sa curiosité et son ambition littéraire poussaient à une expérimentation incessante. L’ouverture de ses archives à la Bibliothèque nationale suisse de Berne a dissipé cette réputation d’improvisateur. Vie et écriture pour lui ne font qu’un : « la vie pauvre » des hommes de lettres le désespère. Partir, c’est être en phase avec le mouvement perpétuel, qui commande toute création. Et la bourlingue, telle qu’il la pratique, se mesure moins à la liste de ses voyages qu’au pouvoir de renouvellement de sa création.

Blaise Cendrars, Anthologie nègre, Éd. LGF/Livre de Poche, 2002
Le succès de l’art nègre a atteint son apogée dans les « années folles » avec l’exposition des Arts décoratifs de 1925 et l’exposition coloniale de 1931.
Ces expositions avaient trait principalement à l’expression plastique de la culture primitive noire, animiste et fétichiste. Tout aussi riche est la littérature orale où se découvre une parenté avec les traditions des civilisations primitives blanches. Dans l’Anthologie nègre, Blaise Cendrars a rassemblé les meilleurs de ces récits : légendes concernant la création de la terre, des animaux et des hommes, contes merveilleux, fables et fabliaux humoristiques ou poétiques empruntés au folklore des nombreux empires et tribus du vaste territoire africain.

Blaise Cendrars, Nouveaux contes nègresÉd. Fata Morgana, 2006
Lorsque, en 1906, Derain, Vlaminck, Matisse, Picasso découvrent, stupéfaits, les sculptures rapportées d’Afrique par des voyageurs curieux, ils les nomment œuvres d’art, « l’art nègre ».
Blaise Cendrars voudra chercher plus loin, comprendre mieux les voix et les voies des peuples d’Afrique et il exhume les documents rapportés au XIXe siècle par les ethnologues, transcriptions des récits rituels et traditionnels recueillis de la bouche des Anciens. Avec admiration et respect, il les regroupe selon leurs fonctions dans la vie des peuples africains qui les ont générés et entreprend de les faire connaître dans leur authenticité en construisant son Anthologie nègre.
S’il intervient dans leur écriture afin de les rendre accessibles, il leur laissera leurs formes, leurs rythmes et leur originalité. L’Anthologie nègre de Blaise Cendrars, dira Michel Leiris, « c’est plus qu’un livre, c’est un acte ».

Blaise Cendrars, Anthologie Nègre – Suivi de Petits contes nègres pour les enfants des Blancs ; Comment les Blancs sont d’anciens Noirs ; La Création du MondeÉd. Denoël (Tout autour d’aujourd’hui), 2005
Lorsqu’un soir de 1925 Marie Vassilieff présente à ses amis sa série de  » portraits poupées », Cendras ne cache pas son émotion : L’artiste russe a fait de lui un fétiche nègre.
Elle a perçu le continent noir qui habite son âme. Alors que l’Europe a sombré durant la Grande Guerre, l’Afrique offre aux yeux de poète une puissance de régénération. En 1921, son anthologie nègre fait date comme les Demoiselles d’Avignon, quinze ans plus tôt. Cendrars est le premier à considérer comme des œuvres d’art les contes oraux qu’il a compilés chez des missionnaires ou des colons qui n’y voyaient que documentation ethnologique.
Il s’est fait griot pour rendre voix à des textes dont il veut restituer la force vive.

Blaise Cendrars , Jacqueline Duhême, Petits contes nègres pour les enfants des BlancsÉd. Gallimard (Folio Cadet), 2002
Connais-tu l’Afrique ? Ses chants ? Ses légendes ? Écoute le chant des souris…
Admire l’oiseau de la cascade… Sais-tu d’où vient le vent ? Veux-tu suivre le petit poussin qui va voir le roi ? Connaître l’histoire du peuple des orphelins ? Celle du pays qu’on appelle l’Écho-l’Écho ? Tends l’oreille, Blaise Cendrars va te les raconter… Des contes africains à savourer à voix basse ou à voix haute.

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Blaise Cendrars, Merlin, Pourquoi personne ne porte plus le caïman pour le mettre à l’eauÉd. Le Sorbier (Au berceau du monde), 2007
Comment le naïf chasseur vient en aide à Bama, l’ingrat caïman… Un malicieux conte africain extrait des Petits contes nègres pour les enfants des Blancs, raconté dans la langue exquise de Blaise Cendrars.

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Blaise Cendrars, Du monde entier, Au cœur du monde : poésies complètesÉd. Gallimard (Poésie), 2006

Paysage

La terre est rouge
Le ciel est bleu
La végétation est d’un vert foncé
Ce paysage est cruel dur triste malgré la variété infinie ?des formes végétatives
Malgré la grâce penchée des palmiers et les bouquets ?éclatants des grands arbres en fleurs fleurs de carême

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

Le poète Fernando d’Almeida a écrit Didascalies d’un séisme dans l’urgence : le tremblement de terre du 12 janvier a détruit la majorité des bibliothèques du pays.
En posant ses vers sur la feuille il souhaite contribuer au renouveau des équipements de lecture publique en Haïti. Avec les éditions opoto il a choisi de verser ses droits d’auteur à Bibliothèques Sans Frontières afin d’aider à la reconstruction des bibliothèques. Dans la même idées les éditions opoto s’engage à verser la totalité du bénéfice réalisé par les ventes du livre à l’association.

Vous pouvez contribuer à cette action solidaire en achetant le livre dans votre librairie (les éditions opoto sont distribuées par Calibre : chaque libraire peut donc le commander) ou en adressant un chèque de 15 € aux éditions opoto (port compris) : éditions opoto, 17 impasse du Dr Delteil, 17310 St Pierre d’Oléron, France.

Découvrir un large extrait de Didascalies d’un séisme

« Quand commence le décompte
Des corps que décomposent les jours
À chaque désolation de l’existence »
Fernando d’Alméida, depuis les rives du Wouri n’est pas resté insensible aux drames de ses frères haïtiens.  Face à l’urgence, il est resté à sa table à composer un long poème : Didascalies d’un séisme est un poème de solidarité avec le peuple haïtien.
Il y a deux jours il m’annonçait par courriel son envie pressente d’écrire un texte d’une soixantaine de pages. Ce matin ce sont 83 textes qui m’attendaient. Avant la publication du recueil aux éditions opoto (ce qui prend plus de temps que l’écriture cette fois ci !) voici un large extrait.

Ahmad Al-Malik, Stella Gaetano, Hisham Adam, Abdulaziz Baraka Sakin, Nouvelles du Soudan, Éd. Magellan et Cie (Miniatures), 2009
Soudan Indépendant depuis 1956, le Soudan moderne est l’un des pays les plus vastes du continent africain.
Étymologiquement, son nom dérive de l’expression arabe Bilâd as-Sûdân,  » le pays des Noirs « , qui désignait l’ensemble de l’Afrique saharienne à l’époque médiévale. Depuis au moins deux décennies, la diversité culturelle et religieuse (il est l’héritier des civilisations pharaonique, chrétienne et musulmane), mais aussi la dictature, la guerre civile et ses conséquences comme la misère et le sort des déplacés, se reflètent dans la production littéraire.
Les auteurs des six nouvelles rassemblées ici sont d’origine arabe, nubienne, sudiste ou darfouri. Tous écrivent en arabe, mais mettent en scène des personnages venus des quatre coins du pays, avec leurs coutumes et leurs caractéristiques. Les faits évoqués sont souvent graves, mais l’habileté et l’élégance des auteurs, l’humour et le Style onirique de certains. qui n’est pas sans rappeler le réalisme magique sud-américain, les transforment en petits bijoux, témoins à la fois d’une dure réalité et d’une littérature qui ne demande qu’à être découverte.

Ivan Vladislavic, Clés pour Johannesbourg : Portrait de ma ville, Éd. Zoé (Écrits d’ailleurs), 2009
Début du deuxième millénaire, Johannesbourg reste divisée, désormais autant par la pauvreté et la violence que par la race.
Vladislavic, fin arpenteur des rues, des quartiers, des parkings, des jardins, circule de scène en scène aussi cocasses que tragiques. Le livre est composé de 138 entrées, comme autant de clés pour comprendre la ville, à la manière Vladisalvic : sorte de regard agile et enregistreur, esprit joueur qui analyse, compare, fait des liens et manie les mots pour dire les impressions les plus fines. Ce texte est une ode amoureuse à Johannesbourg, industrielle, polluée, dangereuse, belle et injuste.

Hamidou Dia, Poésie africaine et engagement, Éd. Acoria-Dunia (Les mots en partage), 2009
Après avoir inventorié et analysé les différents thèmes porteurs du débat sur la création poétique africaine, l’auteur tout en s’appuyant sur des exemples concrets, nous permet de saisir les enjeux actuels de cette poésie. Il met notamment en évidence l’apport et l’héritage des poètes comme Tchicaya U Tam’Si, David Diop, Aimé Césaire, René Depestre ou Véronique Tadjo. Il nous permet, ainsi, de comprendre l’évolution des problématiques liées à la question de l’identité littéraire, qu’elle soit, individuelle, continentale ou nationale, tout en proposant l’esquisse d’une poétique personnelle.
Romancier, poète, critique littéraire et préfacier, Hamidou Dia fut secrétaire de la revue québécoise Études littéraires et rédacteur en chef de la revue Présence Africaine. Il est le représentant de l’association des écrivains du Sénégal en Europe. C’est le poète de la mémoire, du fleuve et de l’exil, enraciné dans la culture peul dans laquelle il a grandi. Hamidou Dia vit en France où il enseigne la littérature négro-africaine et la philosophie.

Aminata Sow Fall, La grève des Bàttu, Éd. Du Rocher (Histoire Vécue, n° 124 ), 2009
Si tous les mendiants de la « Grande Ville » se mettaient en grève contre les autorités qui rêvent de débarrasser les rues des « encombrements humains ».
La grève des bàttu fait désormais partie des grands classiques de la littérature africaine. Aminata Sow Fall imagine dans ce livre que les mendiants de la « Ville » lassés d’être persécutés par le pouvoir, feraient grève soudain, refusant d’aller mendier. Ils partent s’installer loin, hors de la ville, et là, attendent. En ville, la vie devient impossible car tout bon musulman se doit de faire des offrandes. Alors chacun se met à prendre le car, jusqu’à « l’arrêt des mendiants » pour faire ses dons. Et quels dons ! il faut du bon argent et de la viande sinon, l’offrande est impitoyablement refusée. Tout va encore se compliquer pour Mour Ndiaye, responsable des mendiants au Ministère de l’Intérieur. Il a consulté plusieurs marabouts pour savoir ce qu’il devrait faire pour être nommé Vice-Président du pays. La réponse est tombée, implacable : distribuer des offrandes de viande dans le bàttu des mendiants, au cœur même de la ville dont il vient de les expulser. La grève des bàttu est un roman, empli d’humour, qui exprime toute la réalité des maux actuels de l’Afrique francophone, tels qu’ils furent légués en grande partie, par la colonisation, et tels qu’ils perdurent aujourd’hui.

Anne Cillon Perri, Chanson pour Marennes et Oléron, éd. opoto, 2009
Avant la sortie en librairie prévue pour le début octobre voici un long extrait du nouveau recueil du poète camerounais Anne Cillon Perri.
Mars 2009. Par une froide soirée d’hiver, le poète camerounais arrive au Pays Marennes Oléron. Quelques heures plus tôt, il quittait son Afrique natale et ses 35°. Pendant trois semaines il présente ses œuvres aux habitants d’Oléron et du bassin de Marennes. En explorateur avisé il prend des notes, des photos, mais surtout, il fait des rencontres. Chanson pour Marennes et Oléron est la relation de ce voyage à la découverte d’un Pays, de ses habitants et de leurs bizarreries…

Publiez sur Calaméo ou explorez la bibliothèque.

Anne Cillon Perri, Chanson pour Marennes et Oléron, Éd. opoto, 2009
Mars 2009. Par une froide soirée d’hiver, le poète camerounais arrive au Pays Marennes Oléron. Quelques heures plus tôt, il quittait son Afrique natale et ses 35°.
Pendant trois semaines il présente ses œuvres aux habitants d’Oléron et du bassin de Marennes. En explorateur avisé il prend des notes, des photos, mais surtout, il fait des rencontres.
Chanson pour Marennes et Oléron est la relation de ce voyage à la découverte d’un Pays, de ses habitants et de leurs bizarreries…

Le livre est vendu 10 €. Sur cette somme 1 € est destiné à la construction d’une bibliothèque dans le village de Anne Cillon Perri. Nous vous présenterons le projet dès la fin de la semaine…

Les premiers vers :

Et puis il a fallu partir
Perdre mon ancrage
Au sol solide du terroir
Traverser l’énorme rature
Du dernier cordon policier
Et plus haut que les oiseaux
Plus haut que les nuages
S’envoler dans la nuit profonde

Yaoundé
Douala
Tamanrasset
Musiques arabes
Et au petit matin
Aéroport Mohamed V
Cordon policier
Et l’attente
Toute une journée
À poireauter là
À lécher les vitrines de l’espoir
À tourner
et retourner
des
araberies
Vendues à prix d’or
Aux doux benêts de passage

En savoir +

« mes mots ne cracheront plus
sur la crasse du mensonge
mes pas ne connaîtront plus
le chemin de l’exil »

Extrait d’un précédent receuil :

La voix du silence

Silence ! les mots insolites et bruyants
Cessez donc de vociférer
Silence ! vous dérangez la nuit
Qui s’endort épuisé aux pieds des misérables
Et l’aube que vous réveillez
Les yeux rouges d’insomnie
Silence ! les morts se reposent
Au fond de leurs ténèbres, assourdis
Par le crissement des dents carnassières
Silence ! les esprits sont épouvantés
Par vos bruits étranges
Ils harcèlent la nuit éveillée
Qui les empêche de se montrer
Silence ! je dois me concentrer
Pour comprendre vos complaintes.

En savoir +: Anissa Mohammedi

Fernando d’Alméida, L’évangile du coït, Éd. opoto, 2009
Fernando d’Alméida revient sur la poérotique. Dans la bibliothèque numérique on peut découvrir ses réflexions sur le sujet (de la poérotique). Aujourd’hui il nous propose des textes, écrits entre Douala et Montréal avec une escale à Paris.
Actuellement à l’imprimerie le livre paraitra le 15 juin et sera disponible dans toutes les bonnes librairies (bon, s’il n’est pas sur la table de votre libraire il peut aussi faire l’effort de le commander).

Doublement africain par ses origines béninoises et camerounaises, Fernando d’Alméida est également d’ascendance noire brésilienne.
Il est considéré comme le poète le plus décisif, le plus accompli du Cameroun et l’un des meilleurs de la francophonie littéraire africaine.
Premier africain lauréat du Grand Prix de poésie Léopold Sédar Senghor en 2008 décerné par la Maison africaine de poésie internationale, d’Alméida est universitaire. Il enseigne les littératures française, belge et québécoise à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines à l’Université de Douala.
L’évangile du coït a été écrit lors de son dernier séjour au Québec.

Lire les premières pages

Lionel Bourg vient de publier L’immensité restreinte où je vais piétinant et Fernando d’Alméida s’apprête à sortir L’évangile du coït. Jusque là rien de bizarre. sauf que l’on retrouve les deux compères dans Comme sont nus les rêves de Lionel Bourg, aux éditions Apogée, où le titre du premier texte, surgit du Cameroun, est un vers de Fernando d’Alméida : L’échéance du songe. Les deux écrivains y font aussi tourner la calebasse dans un maquis en face de l’université de Douala. Ensuite le texte de présentation du livre de Fernando est tiré d’une lettre que lui a adressé Lionel. Je n’ai plus qu’à vous engager à lire Interdit de laver sa mobylette isi (qui par ailleurs vient d’être publié dans le magazine Comme une culture) vous y retrouverez les deux poètes circulant sur le boulevard de la liberté.
Lionel Bourg, L’immensité restreinte où je vais en piétinant, Éd. La Passe du Vent, 2009
Lionel Bourg nous confie de multiples poèmes qui, au fond, n’en composent qu’un seul. Un livre qui paraît écrit d’un souffle, presque dans le mouvement, mais qui a, bien sûr, été plusieurs fois remanié. Page après page, on entre plus avant dans cet univers surtout peuplé de proches, de familiers – des poètes, pour la plupart. Lionel Bourg retrace ici l’existence ordinaire d’un homme ordinaire au parcours incertain.
Extrait :
Vivre alors
mais vivre un peu plus loin
si ce n’est davantage vivre
entre peur et merveille
les yeux rivés
à la berge nuptiale une
main caressant les cheveux emmêlés
de son unique rêve

Merci à Claudia pour la photo montage.