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Petite livraison romanesque de cette « rentrée » 2013. Une belle année qui commence que nous vous souhaitons littéraire et passionnée.

Congo Brazzaville :

manbanckouAlain Manbanckou , Lumières de Pointe Noire, éd. Seuil, 2013
Vingt-trois ans après avoir quitté le Congo pour aller étudier en France, Alain Mabanckou retourne pour la première fois dans son pays d’origine, avec sa compagne, et entreprend le tour des lieux et des personnages de son enfance et adolescence. Entretemps, sa mère Pauline Kengué, dont il était l’enfant unique, est morte. En 1995. Il ne s’est pas rendu aux funérailles, ni à celles de son beau-père Roger quelques années plus tard. Le voyage prend alors l’allure d’un travail du deuil, qui réveille plein de souvenirs à travers lesquels l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années passées autrefois dans la ville portuaire de Pointe-Noire.
Ce retour est aussi l’expérience compliquée de revenir chez soi en étranger, comme « le Français » ou « l’Américain » dont beaucoup attendent miracles, merveilles et argent. Le choc tient exactement à cela : les croyances héritées d’une part, la distance apprise d’autre part, comme un court-circuit du temps qui permet de mesurer à la fois l’évolution et la permanence d’un pays où le surnaturel garde toute sa puissance d’enchantement et de vérité.
En 25 chapitres qui portent le titre de films vus dans autrefois au cinéma Rex devenu une église évangéliste, Alain Mabanckou nous livre le récit d’une enfance qu’il regarde avec les yeux d’un adulte devenu écrivain. Avec des photos de Caroline Blache

Lybie :

Alessandro Spina(1)Alessandro Spina, Triptyque lybien, éd. L’âge d’homme, 2013
Les textes présentés sont trois récits qui, d’une certaine façon, s’enchaînent et couvrent exactement la période de la « conquête » italienne de la Lybie, de 1911 à 1927, date de la défaite des derniers patriotes senoussites.
De longueur décroissante, ces trois récits mettent en scène des personnages complexes et tourmentés par une inquiétude sur leur identité, que la situation militaire, puis coloniale, rend plus aiguë, à travers des aventures dignes des Mille et une nuits ? et qui parfois en proviennent.
Dans les trois récits, se développe somptueusement le thème du double, de la gémellité presque comme nature, de l’amitié d’autant plus désirée qu’elle est impossible, de la quête de soi dans l’autre qui ne peut aboutir qu’à la mort, les personnages se constituent en couples de jumeaux qui se cherchent, croient se trouver et se comprendre, sont violement séparés par la désorganisation de la société et la négation de l’histoire qu’entraîne la colonisation

Nigéria :

kayJackie Kay, Poussière rouge, éd. Métailié, 2013
Jackie Kay n’a pas la même couleur de peau que ses parents bien-aimés, formidablement généreux et sympathiques. Hantée par des images de poussière africaine et de mystérieuse infirmière des Highlands elle a la sensation inexorable d’être étrangère à elle-même. A 27 ans elle part à la recherche de ses parents biologiques, la tête pleine des histoires que sa mère lui a racontées sur un chef africain reparti sur ses terres loin de son grand amour écossais.
S’ensuit un voyage chaotique entre Lagos et Aberdeen, entre étrangeté et familiarité, entre prêche évangélique du père et début d’Alzheimer de la mère, entre fratrie et étrangers, entre surprises et émotions. Dans ce texte pétri de chaleur, d’humour et de compassion elle découvre que son héritage va au-delà des gènes et que notre paysage intérieur est aussi important que celui dans lequel nous nous déplaçons.
J.Kay écrit le récit plein de vie d’une quête de la mémoire, parfois cocasse, et toujours pleine d’énergie et d’amour.

AdichieChimamanda Ngozi Adichie, Autour du cou, éd. Gallimard, 2013
Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d’oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l’harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées.
Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d’Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d’aujourd’hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l’expérience de l’émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d’humanité.

Mozambique :

coutoMia Couto, Poisons de dieu, remèdes du diable, éd. Métailié, 2013
Sidónio Rosa est tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d’un congrès médical à Lisbonne, ils se sont aimés puis elle est repartie chez elle. Il part à sa recherche et s’installe comme coopérant à Villa Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu’elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ? Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la petite ville, la famille des Sozihno, Munda et Bartolomeo, le vieux marin.
L’Administrateur et sa Petite Épouse, la messagère mystérieuse à la robe grise qui répand les fleurs de l’oubli. Les femmes désirantes et abandonnées. L’absence dont on ne guérit jamais. Un roman au charme inquiétant écrit dans une langue unique.

Cameroun :

camerounCollectif, Chroniques du Cameroun, éd. Sepia Eds, 2013
Ce petit ouvrage de poche propose dix nouvelles d’auteurs camerounais. Les sujets abordés sont ceux de la société contemporaine : corruption, guerre civile, chômage, le mariage avec un Occidental, les traditions… La variété des thèmes et des écritures font de ce modeste ouvrage une sorte d’échantillon de la littérature camerounaise actuelle.

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MAXLOBEMax Lobé, 39 rue de Berne, éd. Zoé, 2013
Le jeune auteur Max Lobe manie une langue inventive et nonchalante, imagée d’expressions africaines savoureuses qu’il tient de ses origines camerounaises. A la fois drôle et triste, l’histoire attachante balance entre l’Afrique, la rue de Berne à Genève et la cellule d’une prison.
Au Cameroun, pour « sauver » les filles et aider leurs familles, « les bienfaiteurs-philanthropes » les emmènent en Europe où elles finissent sur le trottoir, condamnées à la prostitution pour rembourser leurs dettes avant d’obtenir une liberté vaine et sans papiers…

Kenya :

DraysonNicholas Drayson, Le safari des bêtes à sang chaud et autres meurtres de sang froid, éd. Des Deux Terres, 2013
L’honorable M. Malik est très occupé par l’organisation du safari d’observation annuel de l’Asadi Club. Une fois de plus, l’énigme du meurtre de Lord Erroll, un riche Anglais émigré à Nairobi dans l’entre-deux-guerres, refait surface. Une nouvelle hypothèse suscite de vifs débats. Et la mascotte attitrée du club, la dépouille empaillée du lion Kima Killer, jadis célèbre dans la région pour son appétit féroce, disparaît dans des circonstances suspectes. Sans parler de Petula, la fille de M. Malik, qui hésite à se marier, et du ministre de l’Intérieur, un homme qui menace l’Asadi Club de fermeture. Aidé de ses amis, M. Malik va essayer de percer le mystère d’un assassinat vieux de plusieurs décennies, de retrouver la mascotte et de faire sortir de l’ombre la bête la plus dangereuse d’Afrique.

Drayson pocheNicholas Drayson, Le pari des guetteurs de plumes africaines, éd. J’ai lu, 2013
D’un côté, le très réservé et honorable M Malik. De l’autre, Harry Khan, un arriviste tapageur aux dents aussi blanches que son veston de lin. Le premier est secrètement amoureux de Mme Rose Mbikwa, qui conduit chaque mardi matin la promenade ornithologique. Le second, bourreau de M. Malik au pensionnat, a, bien sûr, des vues sur Rose. Qui l’invitera au bal annuel du Hunt Club ? Celui des deux qui apercevra le plus grand nombre d’oiseaux en une semaine.
Le pari est lancé…

Égypte :

al-AzabMohamed Salah Al-Azab, Mauvaises passes, éd. Seuil, 2013
Mohammed Ibrahim, jeune Cairote d’une vingtaine d’années, décide avec son ami Moneim de partager une chambre dans le centre-ville, loin de sa famille et loin du terne destin conjugal qu’il est appelé à connaître aux côtés de sa cousine Hind, sa fiancée, avec qui il entretient une relation beaucoup trop convenable à son goût. S’il affirme à ses parents que ce pied-à-terre facilitera ses recherches d’emploi, Mohammed entend surtout disposer d’une garçonnière, condition sine qua non pour multiplier à son gré les conquêtes féminines. Mais, dans cette métropole où l’intimité est un combat de tous les jours, où l’homme est un pigeon pour l’homme, où la vie réserve souvent de mauvaises surprises, les déconvenues sont nombreuses.Mohammed Salah al-Azab jette une lumière crue sur la misère sexuelle de la jeunesse masculine du Caire, tout en décrivant avec beaucoup de justesse et un humour ravageur les combats ordinaires de sa génération, sur fond de crise du logement et de corruption généralisée.

AslanIbrahim Aslan, Deux chambres avec séjour : petit feuilleton domestique, éd. Actes sud (Sindbad), 2013 février 2013
Khalil et sa femme Ihsane vivent seuls dans ce petit appartement de deux chambres et un séjour, qu’ils ne quittent pratiquement jamais. Depuis que Khalil a pris sa retraite et que leurs deux enfants se sont mariés, ils n’ont plus rien à faire de leur journée, si ce n’est se quereller gentiment de temps à autre pour des broutilles, comme sur la manière de faire cuire les fèves, l’addiction de Khalil à la télévision ou sa manie de commencer toutes ses phrases par “je crois”.
Jusqu’au jour où Ihsane meurt, laissant Khalil dans une extrême solitude, en proie aux soucis liés à la vieillesse. Il renoue alors avec ses anciens amis et soudain, le monde extérieur s’engouffre dans l’appartement, dont la porte reste désormais toujours ouverte. Composé de courtes scènes de la vie quotidienne apparemment banales, mais dont chacune, sans le moindre artifice, ouvre sur des questionnements essentiels, ce feuilleton domestique est l’oeuvre ultime d’Ibrahim Aslân, décédé il y a quelques mois.

Maroc :

arton3085Mohammed Berrada, Vies voisines, éd. Actes Sud (Sindbad), 2013
Vies voisines entremêle les récits des vies de trois personnages, une femme émancipée à la tête d’un trafic de drogue, un homme du peuple éclairé voué au service des autres et un politicien déluré, qui, après une brillante carrière passée à prôner l’austérité, découvre la vie des plaisirs à l’âge de quatre-vingts ans. Ces personnages se racontent et se confient, se rencontrent et se séduisent, s’entraident et se trompent.
En filigrane de leurs mémoires et de leurs confessions croisées se dessine une société marocaine contemporaine, contradictoire et mouvementée.

binebineMahi Binebine, Le seigneur vous le rendra, éd. Fayard, 2013
Un bébé est empêché de grandir, un enfant est privé d’éducation, de liberté, il ne pourra devenir un individu capable de réfléchir et de se développer, d’agir en être libre. Surnommé « P’tit pain », il va traverser des années noires où, dans sa position passive de mendiant, il peut observer les agissements des adultes, leur violence, leur corruption. Tout est dit ici dans la litote, mettant en relief les beautés d’âmes apparemment détruites, les corps saccagés, les visages noyés dans l’alcool et la maladie.
L’enfant grandit néanmoins grâce au miracle de la vie, toujours imprévisible, et se défait de ses liens que l’on pourrait nommer ignorance, peur, sujétion. Libéré, il devient autonome et conscient. Pourra-t-il revoir un jour sa mère qui a pratiqué envers lui le non-amour jusqu’à l’abjection ?Dans ce roman noir s’il en est, mais imprégné d’une folle espérance, d’une foi exacerbée dans les capacités de rémission de l’homme, Mahi Binebine utilise le ton du conte picaresque et philosophique pour réduire la part tragique, toujours présente, dans ces pages déchargées de la noirceur absolue par la permanence de l’humour, du sourire derrière les larmes retenues.

Tunisie :

sakkaRaja Sakka, Un arbre attaché sur le dos, éd. L’Harmattan (Lettres du monde arabe), 2013
C’est le hasard qui a mis Nora en présence de l’arbre, alors qu’elle s’était réfugiée dans un village de montagne pour fuir la société. Décidée à le planter dans sa maison natale, elle se heurte au refus de ses habitants. Elle s’installe alors dans la pension Founoun en attendant la décision du conseil municipal et là, elle rencontre « l’exilé », un homme plus jeune qu’elle, qui réveille ses sentiments…

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Ailleurs :
doMarie Dô, Dancing Rose, éd. Metailié, 2013
Maya est une mère divorcée, chorégraphe dans sa propre troupe de ballet, qu’elle prépare pour une tournée au Canada. Elle tente d’aider ses jeunes danseurs à s’épanouir. Elle-même est marquée par une enfance de métisse illégitime et rejetée. Elle reste hantée par la disparition mystérieuse de sa demi-sœur blanche, Benny, à laquelle elle est très attachée. Dans sa famille, plus personne n’ose en parler.
Inventant un dialogue entre ciel et terre qui l’aide à garder courage et à conserver son sourire, Maya s’adresse à Rose, sa mère décédée trop tôt. Entre son studio de danse, l’éducation de sa fille – au caractère aussi affirmé que le sien -, les plaintes d’un corps usé par l’exercice et qui ne doit surtout pas lui faire défaut, et le choc d’un amour aussi inattendu qu’anti conventionnel, Maya n’en poursuit pas moins sa quête de vérité. Mais une surprise concernant sa demi-sœur lui fera comprendre qu’on n’échappe jamais vraiment à son hérédité.
Un livre touchant, aux personnages attachants, qu’on ne lâche pas.

NdiayeMarie NDiaye, Ladivine, éd. Gallimard, 2013
 » Un chien montait la garde, un gros chien puissant qu’une chaîne retenait à un anneau fiché dans le sol. Il leva vers eux ses grands yeux noirs et doux et Ladivine, bouleversée, se vit tout entière dans ces pupilles sombres. Elle eut la tentation de s’y laisser engloutir et, là où elle serait parvenue, de ne plus bouger, prisonnière, hors d’atteinte. Si Marko avait prêté suffisamment d’attention à la manière d’être de l’animal, il aurait avancé la main pour le caresser, ému peut-être par quelque chose qu’il n’aurait pas reconnu immédiatement mais dont il aurait compris un peu plus tard qu’il s’agissait de l’âme de Ladivine.
 » Ladivine nous entraîne dans le flux d’un récit ample et teinté de fantastique. Comme dans Trois femmes puissantes, Marie NDiaye déploie son écriture fluide et élégante, riche d’une infinité de ressources qui s’offrent au lecteur avec une fascinante simplicité.

Wet Eye GlassesRyad Assani-Razaki, La main d’Iman, éd. Liana Levi, 2103
Une Afrique en crise d’identité, hantée par les mirages du modèle occidental. Des villes-capharnaüms dévorées par une urbanisation effrénée. Pour quelques francs CFA on peut acheter un enfant et en faire son esclave, pour un tour en Mercedes se procurer une jeune fille et la mettre dans son lit… C’est dans ce cadre que Ryad Assani-Razaki inscrit un premier roman où plusieurs voix se croisent et se racontent. L’enfant vendu qui porte au plus profond de lui la violence subie. La vieille femme corsetée dans une foi qui la paralyse. La rebelle qui se bat bec et ongles pour s’en sortir. La douce jeune fille qui poursuit son chemin avec détermination. Les raisons qui poussent les migrants à monter dans un bateau et à quitter leur terre au péril de leur vie apparaissent en filigrane. Et, à la croisée des destins, Iman, l’impénétrable métis, symbole de ce désir de fuir et d’un continent écartelé entre deux mondes.

Bonne nouvelle : avec le printemps qui pointe (enfin) son nez arrive le temps du polar : Après (l’excellent) A la trace de Déon Meyer, nous voilà avec trois polars bien alléchants. Bonnes lectures…

Janis Otsiemi, Le chasseur de lucioles, Éd. Jigal, 2012
À Libreville, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel de la périphérie. Les agents de la PJ — de fidèles abonnés des bordels de la capitale — pensent tout d’abord à un crime de rôdeur… Quand une seconde fille est retrouvée égorgée dans un autre hôtel du quartier, les policiers sont encore loin d’imaginer qu’ils ont affaire à un client bien décidé à nettoyer la ville de toutes ses lucioles… Celui qui te veut du mal la nuit a commencé à t’en vouloir le jour. C’est dans ce climat de psychose générale que les gendarmes de la DGR enquêtent de leur côté sur le braquage d’un fourgon de la Société Gabonaise de Sécurité dont le butin de plusieurs millions de francs CFA attise bien des appétits…
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Malla Nunn, Le sang et la poussière, Éd. Des deux terres, 2012

Une enquête de l’inspecteur Cooper
Durban, Afrique du Sud, 1953. Alors que l’inspecteur Emmanuel Cooper gagne sa vie en surveillant les docks de manière clandestine, le meurtre brutal d’un jeune garçon le force à sortir de l’ombre. Lorsque deux assassinats semblables font de lui le suspect numéro un, il est obligé de se cacher de la police et de mener officieusement sa propre enquête. Il plonge alors dans le milieu de la pègre de Durban –un univers trouble, où se côtoient gangsters, prostituées et maquereaux– pour comprendre le véritable enjeu politique de l’affaire. Sous la pression des nouvelles lois ségrégationnistes, il doit coûte que coûte trouver le meurtrier avant que la police ne l’inculpe, et rendre enfin justice au garçon couché dans le sang et la poussière.
En savoir + et lire le premier chapitre

Aurélien Molas, Les fantômes du Delta, Éd. Albin Michel (Thtiller), 2012

Nigéria, 2004-2010 : un pays dévasté par les compagnies pétrolières, la corruption des élites et la violence de la guérilla. Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, médecins de MSF, tentent de lutter contre la malnutrition et d’aider les réfugiés. Mais ils se retrouvent pris dans la tourmente d’intérêts géopolitiques et de guerres intestines qui les dépassent. L’enjeu : une petite fille dont l’ADN peut changer le monde. Chacun veut mettre la main sur cette fillette-talisman. Comment la protéger et comment ne pas sombrer avec elle dans le chaos de ce pays sanglant ? Un thriller original dont les thèmes rejoignent ceux de nombreux essais politiques et économiques actuels, notamment quand Molas évoque la Françafrique, la corruption des élites africaines, les catastrophes écologiques déclenchées par des multinationales sans scrupule… Aurélien Molas, 26 ans, est né à Tarbes. Scénariste, il a notamment travaillé avec André Téchiné. Il est l’auteur d’un premier roman remarqué par la critique et les libraires : La onzième plaie.

Léo Lapointe, L’africaine du Havre, Éd. Ravet-Anceau (polars en nord, n° 93), 2011

Au dernier étage d’une belle maison du Havre, on découvre le cadavre d’une vieille dame. Malade, elle vivait recluse en compagnie de sa gouvernante, une Africaine sans-papiers. Le comportement de son fils, un homme d’affaires prêt à tout pour empocher l’héritage, attire l’attention de la police qui le soupçonne d’avoir accéléré le décès de sa mère. Malgré de fortes présomptions, rien ne prouve qu’il soit coupable. Un policier et une journaliste décident de mener une enquête à charge afin de dénoncer ses activités. Parmi les zones d’ombre auxquels ils sont confrontés : le rôle de l’Africaine, victime ou complice ? Murée dans son silence, elle détient la clé de l’énigme.
Lire un extrait

L’été s’étant manifestement installé, quoi de mieux qu’une histoire poignante à dévorer pour bronzer intelligemment sur la plage (ou dans son jardin, sur sa terrasse…). (Image de Guy Raives et Éric Warnauts pour le festival BD 2006 au CCF de Douala/Cameroun)

Mohamed Benchicou, Le mensonge de Dieu, Éd. Michalon, 2011
Aurai-je la force de tout écrire ? Je suis le mendiant du cimetière et j’avais cette histoire pour les hommes. Mais Double-Goulot est mort et il n’est plus personne à qui la raconter. Personne si ce n’est toi, mon vin. Oui, qui écouterait mon récit sans rougir de sa propre capitulation ?
Alger, décembre 2007. Poursuivis par les services secrets algériens, les petits-enfants du mendiant ont emporté son précieux journal avant de fuir la ville exsangue. À sa lecture ressurgissent leurs souvenirs, éclairés par la voix du miséreux venu leur conter l’odyssée extraordinaire de leurs ancêtres, épris, tout comme eux, de liberté et de justice.
Dans cette grande fresque romanesque, Mohamed Benchicou retrace les destins croisés d’une famille de combattants indigènes, insoumis et séducteurs. D’une plume vibrante et sensuelle, il nous entraîne sur les traces du peuple algérien de 1870 à nos jours.
Un livre-prière, poétique et musical, mêlant toutes les passions humaines. Un texte engagé contre l’obscurantisme, porté par un souffle épique et une puissante énergie lyrique.

Adam Schwartzman, Eddie, Éd. Phébus, 2011
Kwasi Edward Michael Dankwa, Eddie Signwriter pour ses clients, vit à Accra, capitale du Ghana.
Il a vingt ans, une petite amie très belle, Céleste, et s’est taillé une belle réputation dans son métier de peintre d’enseignes. Sa vie bascule le jour où l’on retrouve la tante de Céleste morte, noyée. Les voisins, le médecin, les villageois, tous suspectent Eddie d’avoir, en séduisant la nièce, amené la malédiction sur une maison où la vertu faisait loi. Rongé de culpabilité, incapable de maintenir heureuse sa relation avec Céleste, Eddie quitte le Ghana et devient un « sans papier » en France.
Où le quotidien comme on peut l’imaginer, ne sera pas rose. Petits boulots humiliants, peur d’être renvoyé dans son pays, détresse devant l’arrestation de ses compagnons de galère, obsession de son passé, terreur d’un présent sans issue et d’un lendemain qui ne chante pas, Eddie tente de survivre. Employé enfin chez une fleuriste pour le moins haute en couleurs, humaniste dans l’âme, il va peu à peu renaître à lui-même.

Sefi Atta, Avale, Éd. Actes sud (Lettres africaines), 2011
Colocataires, collègues et amies, Rose et Tolani se serrent les coudes pour supporter les journées exténuantes, les fins de mois difficiles, le machisme ambiant et l’atmosphère tendue de Lagos, ville dépourvue de règles, véritable machine à broyer. Quand l’une se fait renvoyer pour insubordination et que l’autre se retrouve secrétaire d’un chefaillon lubrique, les vrais ennuis commencent, et avec eux la tentation d’entrées d’argent plus faciles. Un roman sombre, brûlant de l’énergie d’une jeunesse exposée mais jamais résignée.

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Ousmane Sembène, Le docker noir, Éd. Présence africaine, 2002
Diaw Falla,  » le docker noir « , mène à Marseille une existence misérable et précaire, mangeant d’un bol de riz, logé dans un hôtel infâme, heureux encore si le matin il a pu trouver de l’embauche. Il n’a, pour se retenir à la vie, que son amour pour Catherine, et l’espoir de devenir un grand écrivain. Le meilleur de lui-même, en effet, il l’a placé dans un roman qu’il a écrit pendant les brefs moments volés à la fatigue. Cette noble ambition l’aidera-t-elle à triompher du destin et des préjugés raciaux ? Ou le mènera-t-elle à sa perte ? Le docker noir est un long cri d’amertume où éclate un désir passionné de justice. C’est aussi un avertissement, un document de première main sur la vie des minorités noires perdues dans les grandes villes européennes.
Ousmane Sembène à écrit ce livre en 1956.

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Amos Tutuola, L’ivrogne dans la brousse, Éd. Gallimard (l’imaginaire), 2006
« Je me soûlais au vin de palme depuis l’âge de dix ans. Je n’avais rien eu d’autre à faire dans ma vie que de boire du vin de palme. » C’est sur cette fulgurante déclaration que débute le narrateur. Les 560 000 palmiers de sa plantation lui fournissaient suffisamment de vin de palme pour en boire quotidiennement plus de deux cents calebasses. Mais un jour son « malafoutier », l’homme qui lui préparait son vin de palme, tombe du haut d’un arbre et se tue. Voilà un bien grand malheur : impossible de trouver un « malafoutier » aussi expert que le défunt, et la soif se fait bien vite sentir… Le narrateur décide donc d’aller rechercher son « malafoutier » dans la Ville-des-Morts, et ce sont ses aventures dans la Brousse et le monde des Êtres Étrangers et Terribles qui constituent le sujet de ce récit écrit directement en anglais par Amos Tutuola en 1952, Yoruba de l’ancien Nigeria britannique. Raymond Queneau s’est efforcé de rendre le caractère d’« art brut » de ce conte et les « contradictions » d’un des tout premiers romans africains, publié pour la première fois en français en 1953.

Eza Boto, Ville cruelle, Éd. Présence africaine, 2001
Dans ce premier roman publié sous le pseudonyme d’Eza Boto en 1954, le lecteur découvrira, tracés avec une force qui s’accomplira exemplairement dans les œuvres postérieures, fort célèbres, de Mongo Béti, les drames d’une Afrique dominée, ceux qui opposent les humbles, les simples, les paysans, aux différents types d’exploiteurs du monde politique, économique et religieux. Cette œuvre dénonce une situation historique qui, en tant de lieux, dans ce monde, est toujours actuelle.

Chris Abani, Comptines pour l’enfant soldat, Éd. Albin Michel, 2011
My Luck., un garçon de quinze ans, a été enrôlé par les siens au cœur de la guerre civile (on ne dit pas laquelle) qui ravage alors le Nigeria.
A la tête d’une unité d’enfants-soldats (leur poids plume doit leur permettre d’éviter de sauter sur les mines qu’ils sont chargés de désamorcer), My Luck est bientôt coupé de ses troupes par une explosion qui lui fait perdre connaissance. Et tandis qu’il se met en quête de ses camarades, il est assailli par les souvenirs de sa vie d’avant-guerre et par les horreurs auxquelles il a participé depuis lors.
Et surtout par cette question :  » Si nous, les enfants, sommes les grands innocents comme affirment les adultes, pourquoi prenons-nous tant de plaisir à tuer ?  » Passé maître dans l’art de la nouvelle, comme l’a unanimement souligné la presse américaine au moment de la publication de l’œuvre originale, Chris Abani bâtit livre après livre une œuvre originale et forte. Sa prose tout à la fois lyrique et dépouillée, forgée aux rythmes et aux cadences de son pays natal, n’a pas son pareil pour sublimer l’expérience de la souffrance en une méditation profonde sur les paradoxes humains.

Jo Nesbo, Le léopard, Éd. Gallimard (Série noire), 2011
Revoilà Harry Hole : cela fait du bien de le retrouver après une longue absence : presque 3 ans depuis sa dernière enquête : le bonhomme de neige. Sur les plus de 700 pages seulement une petite partie se passe en Afrique (RDC et Rwanda). Mais Jo Nesbo y restitue si bien l’atmosphère qu’opoto ne pouvait ne pas le signaler. Bonne lecture.
Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang.
La police, en pleine guerre inter-services, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur. La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent.
Ce flic s’appelle Harry Hole… Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Harry Hole le détective au grand coeur et à la gueule cassée, Jo Nesbo nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, rien ne nous est épargné : avalanches mortelles, volcan en éruption, tueur en série à faire frémir, guerre des polices et manipulations en tout genre, sans oublier une histoire d’amour en arrière-plan pour offrir des moments de respiration au cœur de cette tornade d’action aux reflets d’hémoglobine.
Nesbo mène son récit tambour battant, comme au volant d’un bolide lancé à tombeau ouvert jusqu’à la dernière page.

Patrice Nganang, Mont-plaisant, Éd. Philippe Rey, 2011
En 1931, Sara arrive au Mont Plaisant, quartier de Yaoundé, offerte en cadeau au sultan Njoya chassé de ses terres du Bamoun par l’occupant français. Elle a neuf ans, a été arrachée à sa mère pour rendre confortable l’exil du sultan. Elle doit rejoindre les 300 femmes de Njoya, lorsque des circonstances imprévues poussent la matrone qui l’y prépare à la travestir en garçon, et c’est désormais sous le nom de Nebu que Sara va vivre au Mont Plaisant au cœur d’une cour déclinante, tandis que les nations se préparent à la Seconde Guerre mondiale.
Soixante-dix ans plus tard, Bertha, une jeune Camerounaise étudiant aux États-Unis, rentre au pays et rencontre Sara, maintenant âgée. Le dialogue entre les deux femmes raconte l’histoire du Cameroun dans l’entre-deux-guerres, en révélant d’incroyables personnages. Tout d’abord Njoya lui-même, homme d’une grande curiosité scientifique, inventeur d’un alphabet, entouré d’une colonie d’artistes, qui s’évertue à faire prospérer l’art raffiné de son peuple.
On croise aussi Joseph Ngono, professeur de langues africaines à l’université de Berlin en 1913, qui, face à la difficulté de vivre dans une Allemagne en guerre, décide de rentrer au Cameroun, où sa déception est cruelle. Joseph qui est aussi le père de Sara… Finalement est aussi narré le destin du vrai Nebu – celui que Sara a remplacé : un sculpteur qui aimait une femme inaccessible et transformait ses rêves en statues d’une beauté parfaite. Nebu, dont la fin tragique donne à sa mère le désir de le remplacer par Sara…
Alors que la narratrice Bertha reconstitue ces différentes vies, elle nous emmène au cœur des conflits en Afrique entre Français, Anglais et Allemands durant la première moitié du XXe siècle –conflits ayant eu des répercussions considérables sur les sociétés africaines.
Un roman total, ambitieux, magistralement construit et écrit, sur l’amour, le pouvoir, la petite histoire victime de la grande, le colonialisme, la beauté de la civilisation bamoun, la vitalité de ses artistes, la tragédie de son déclin. Un beau portrait de femme aussi, car la lumière de ce récit demeure le regard de cette petite fille de 9 ans que Sara, même très âgée, continue à porter sur ce monde complexe qu’elle a si bien su comprendre à sa manière…

Brian Chikwana, Harare Nord, Éd. Zoé (Écrits d’ailleurs), 2011
Quand il atterrit à Londres, le narrateur a 4 £ dans la poche et une valise pleine d’odeurs du Zimbabwe. Après quelques semaines chez un cousin peu accueillant, son ami d’enfance lui propose de vivre dans un squat habité par quatre Zimbabwéens, tous en quête d’une vie à peu près décente. La plus jeune des quatre loue par exemple son bébé aux femmes qui cherchent un appartement auprès des services sociaux. Le narrateur attend que sa demande d’asile soit approuvée par l’immigration britannique. Sans permis de travail, il doit pourtant survivre, et même commencer à mettre de côté les 5000 dollars pour lesquels il est venu jusqu’à Londres. L’une de ses caractéristiques est d’être comme une éponge, il absorbe les langues, les gens, les idées, le monde et réussit à faire de son cynisme glaçant quelque chose d’incroyablement attachant. C’est drôle, c’est captivant, c’est fulgurant, cela devient obsédant, puis terrifiant.

Pita Nwana, Omenuko ou le repentir d’un marchand d’esclaves, Éd. Karthala (Lettres du Sud), 2010
Nwosu Nwana (1881 – 5 sept. 1968), qui prit au baptême le prénom de Pita (Pierre), est né à Arondizuogu dans l’Etat d’lmo, au sud-est du Nigeria, en pays igbo. Son père était fermier. Pita, l’aîné de cinq garçons, aimait le travail manuel et se mit comme apprenti chez un commerçant. II se convertit plus tard au protestantisme et se distingua bientôt par son audace dans la contestation de la religion traditionnelle.
Quelque cinq ans après son mariage, il quitta Arondizuogu pour Uzuakoli, où il eut cinq enfants. Là, il servit la mission et le collège méthodistes comme menuisier-charpentier mais aussi comme interprète et prédicateur laïc de 1921 à 1951. A sa retraite, le 30 juin 1951, il revint dans son village pour s’y consacrer à sa ferme, et participer un moment au conseil municipal et au tribunal coutumier. II mourut de fièvre le 5 septembre 1968, pendant la guerre du Biafra.
On retrouve dans son unique ouvrage, Ornenuko, plusieurs traits autobiographiques tirés de son expérience de commerçant, de ses démêlés avec l’administration coloniale et de ses audacieuses entreprises en forêt. Si le style de l’ouvrage est proche de la tradition orale, le sujet, lui, est bien de son temps. A une époque où un réseau déjà dense de routes commerciales reliait villes et marchés, le portrait-robot de l’lgbo moyen brossé par l’auteur, est celui d’un commerçant habile et peu scrupuleux, spécialisé dans l’import-export, habitué des voyages et adepte de l’émigration.
Ce roman, le premier écrit en langue igbo, se déroule dans un décor profondément marqué par l’esclavage.

Benoît Kongbo, Kitoko Djaz, Éd. opoto, 2010
Des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango (faut pas renier ses origines tout de même). Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguqster sans modération. Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…
Ça commence ainsi : «Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon œil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa (Cameroun).» Et la façon que tu as lap (rit) hein ! C’est la honte même qui a refusé carrément de me tuer. Oui tu as rigoléééé que ta nga Marie Claire a tell : «Sango francisé ô c’est quel nom d’animal même ! Toi le Centro-là tu te prenais pour un Wate (blanc) de l’Afrique centrale toujours en train de faire le nyanga avec le français. Le temps que tu te tuais à watiser comme un gosse de Sarkozy moi je cuisine ma francophonie avec les ndjindja et les ndjassan de mon peuple. Et c’est maintenant tu veux innover dans ce roman un français style sango ta langue maternelle. Ekiééé ! Laisse-nous lap un peu».
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Caryl Ferey, Zulu, Éd. Gallimard (Folio policier), 2010
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Folio), 2010
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points (Points Grand Roman), 2010
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsalharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

Zoé Wicomb, Des vies sans couleur, Éd. 10/18 (Domaine Étranger, n° 4354), 2010
Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n’est qu’apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu’à fait resurgir en elle la photographie d’une femme en première page du journal. Une chose est sûre : Marion est liée à elle d’une manière ou d’une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s’associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l’aidera à replonger, non sans douleur, au cœur des sentiers sinueux de son passé… Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces « ni noirs, ni blancs » durant l’apartheid et dont la puissance romanesque a été saluée par Toni Morrison et J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature.

Trois romans à lire sous la couette ou près du feu (c’est selon) pour un week-end qui s’annonce pluvieux.
Biyi Bandele, La drôle et triste histoire du soldat Banana, Éd. Grasset, 2009
1944. A peine sorti de l’enfance, le fantasque et fanfaron Ali Banana quitte son Nigeria natal pour rejoindre, fleur au fusil, une unité spéciale de la Royal West African Army la « Brigade Thunder », improbable commando de bras casses crée par un colonel dément et chargé de décimer l’ennemi au fin fond de a Birmanie Notre jeune Candide va faire son voyage au bout de la nuit une traversée hallucinée du coeur des ténèbres, dans une jungle noyée de pluies, infestée de snipers, de bêtes sauvages et de cadavres à la dérive, de Japonais maniant l’argot nigérian et de sangsues particulièrement attachantes. Pris dans l’apocalypse, le soldat Banana et ses frères d armes, les « Chindits », vont peu a peu sombrer dans la folie.
Inspiré de faits et de personnages réels, La drôle et triste histoire du soldat Banana est un inoubliable récit, cru et violent mais illuminé par de somptueux éclats de drôlerie et de poésie. Biyi Bandele raconte la guerre comme jamais encore on ne avait fait.
Lire le premier chapitre

Henning Mankell, Le cerveau de Kennedy, Éd. Seuil, 2009
Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l’énergie du désespoir et une obstination d’archéologue, elle va tenter de reconstituer, fragment par fragment, les dernières années d’une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d’Henrik, qu’elle est allée chercher au fin fond de l’Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d’inquiétantes zones d’ombre. Pourquoi Henrik s’intéressait-il tant au cerveau du président Kennedy, disparu lors de son autopsie? Pourquoi avait-il un appartement clandestin à Barcelone? D’où provenaient les grosses sommes d’argent dont il disposait? Que faisait-il au Mozambique dans un mouroir pour malades atteints du sida? Quand Aron disparaît brusquement sans laisser de traces, Louise comprend qu’elle est aux prises avec des forces occultes qui la dépassent.Au bord du gouffre mais plus déterminée que jamais, elle se laisse conduire par ses pas jusqu’au coeur de l’Afrique. Une vérité effroyable l’y attend. À travers ce thriller palpitant et lucide, Henning Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida.
Lire un interviou où
Henning Mankell parle de l’Afrique

Alain Mabanckou, Black Bazar, Éd. du Seuil, 2009
Originaire du Congo, résidant à Paris depuis une quinzaine d’années, amoureux des cols italiens à trois boutons et des chaussures Weston, le narrateur est une sorte de dandy africain qui voit son existence basculer du jour au lendemain lorsque sa compagne le quitte pour suivre un compatriote qui joue du tamtam dans un groupe qui n’est pas connu en France, «y compris à Monaco et en Corse». Il partage désormais son temps entre sa machine à écrire et le Jip’s, un bar du 1er arrondissement fréquenté par la plupart
de ses amis, personnages truculents aux noms inoubliables. Tous pensent qu’il s’est mis à l’écriture pour noyer son chagrin et exprimer sa colère. En réalité, c’est le journal d’un homme révolté qu’il entreprend d’écrire, croquant avec sarcasme et cocasserie la folie dumonde qui l’entoure.
Né au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou vit aux États-Unis où il enseigne la littérature francophone. Il a obtenu le prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic. Il est également l’auteur de Verre Cassé.
Voir
le blog d’Alain Mabackou
Lire
un extrait de Black Bazar

Michel Rio, Coupe réglée, Éd. Fayard, 2009
Un petit pays de l’Afrique de l’ouest : le Mandéland. Une dictature féroce : celle de Noël Abé, président à la vie. Un sous-sol gorgé de pétrole. Une multinationale pour l’exploiter : Totexel. Corruptrice d’une élite déjà corrompue par le pouvoir et l’impunité. Une population misérable dans un pays aux richesses abondantes et accaparées. Une résistance armée : le Mouvement Démocratique de George Toura. Donc un état plus ou moins larvé de guerre civile. Les appuis d’Abé : les Etats-Unis et la France protégeant, vie Totexel, leurs intérêts économiques, sourds et aveugles à tout le reste, donc muets. Toura fait enlever le Français Brisque, vice-président de Totexel et ancien ministre, au cours d’une inspection des champs pétrolifères dans la savante centrale du Mandéland. Il veut faire pression sur la France pour qu’elle interrompe tout appui politique et militaire au régime d’Abé. Et il impose un seul négociateur français : le commissaire divisionnaire Francis Malone, ancien ami d’université. Malone devra affronter non seulement sa première expérience de la guerre, mais aussi un conflit intérieur entre mission et convictions, et endosser, pour résoudre ces contradictions, la tenue d’un véritable Machiavel.

Sefi Atta, Le meilleur reste à venir, Éd. Actes sud, 2009
Enitan et Sheri sont deux jeunes filles en rupture contre l’ordre et le désordre d’un Nigeria à peine sorti de la guerre du Biafra, un pays où se succèdent coups d’Etat militaires et régimes dictatoriaux. Deux jeunes fi lles puis deux femmes qui, du début des années 1970 au milieu des années 1990, veulent échapper à l’enfermement d’une société oppressive et machiste.
Sheri, belle et effrontée mais blessée à jamais, choisira l’exubérance et la provocation. Enitan tentera de trouver son chemin entre la dérive mystique de sa mère, l’emprisonnement de son père, sa carrière de juriste et le mariage lui imposant, en tant que femme, contraintes et contradictions.
Et c’est à travers la voix de ce personnage inoublia ble que Sefi Atta compose ici un roman initiatique d’une remarquable puissance, un livre dans lequel le destin personnel dépasse le contexte historique et politique du Nigeria pour se déployer dans le sensible jusqu’au coeur même de l’identité et de l’ambiguïté féminines.
Née à Lagos en 1964, Sefi Atta est romancière, nouvelliste et dramaturge. Publié simultanément au Nigeria, en Angle terre et aux Etats-Unis, Le meilleur reste à venir, son premier roman, a obtenu le prix Wole-Soyinka en 2006.

Karel Schoeman, Cette vie, Éd. Phébus, 2009
Nous sommes au XIX e siècle dans le Roggeveld, région parmi les plus inhospitalières d’Afrique du Sud. Une femme se meurt. Au cours de sa vie, elle a beaucoup vu et beaucoup entendu : elle a surtout énormément appris sur le coeur des hommes. Hésitante, incertaine, elle égrène ses souvenirs, reconstruit son passé et, ce faisant, exhume un monde, celui des Afrikaners. Surgissent alors de sa mémoire, sur fond de paysage tissé par le vent, la poussière et le silence, des êtres austères et néanmoins secrètement ardents, pragmatiques puis brusquement lyriques. Et, de page en page, en filigrane, apparaît le subtil portrait de cette narratrice profondément seule et intensément lucide sur son histoire, son pays et son peuple.

Lagos, début des années soixante.
L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes. Evoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies.
Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.
Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Du monde entier), 2008
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Une capitale de bord de mer.
Après un coup d’État militaire, le portraitiste, le coiffeur et le chef cuisinier du Président déchu sont retenus dans sa résidence d’été. Alors que dans la vallée le chaos s’empare des rues, depuis les jardins alanguis de la villa des hauteurs, les femmes – une fiancée, une fille, une épouse – observent une nouvelle tyrannie se substituer à l’ancienne. Prenant tour à tour la parole, les protagonistes dévoilent les liens du sang qui les unissent, comment le pouvoir exacerbe les instincts les plus vils et pervertit jusqu’au plus intime.
Ici, chaque geste de complicité est aussi acte de séduction. Ici, le despotisme associe cruauté et désir, vanité et trahison. Ceridwen Dovey orchestre magistralement son récit en une spirale hypnotique et poignante qui précipite l’intrigue vers une issue dévastatrice. Sous la brutalité étouffée de sa prose fluide et sensuelle résonnent des échos de Garcia Marquez et de Coetzee.
Ceridwen Dovey, Les Liens du sang, Éd. Héloïse d’Ormesson, 2008
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1958.
Alors que l’apartheid règne en Afrique du Sud, la jeune Koba, onze ans, membre d’une tribu nomade du Kalahari, assiste au meurtre de ses parents par deux chasseurs blancs. Recueillie par Marta et Deon, un couple d’Afrikaners, Koba s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie, tout en ayant conscience qu’elle est source de conflit entre les époux, dont les opinions divergent sur l’éducation à lui donner. Mannie, leur fils, éprouve d’abord un sentiment de culpabilité à l’égard de Koba, qui n’empêche pourtant pas une amitié de naître entre eux, jetant un pont fragile par-delà les différences raciales.
Mais la réalité les rattrapera lorsque cette amitié – qui s’est au début forgée grâce au troc :  » Je te donne du sel ; tu me donnes du miel  » – se transformera en amour. Pour rédiger ce roman, comparé outre-Manche à ceux de Karen Blixen et de Nadine Gordimer, Candi Miller a passé de longues semaines dans le désert du Kalahari, à la rencontre de ses habitants, afin de s’imprégner de leur culture. Un texte dont l’écriture sensible et poétique fait ressentir le charme envoûtant de l’Afrique.
Candi Miller, Le Sel et le Miel, Éd. L’ Archipel, 2008
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L’un est âgé de neuf ans.
C’est encore un enfant. Pourtant, il comprend : la misère, la solitude et la relégation sociale de sa mère, diplômée en lettres mais condamnée à n’être qu’une voix répondant au téléphone. L’autre est un jeune footballeur prometteur. Il a quitté sa ville natale – Douala – et les siens pour réussir en France. De l’Hexagone, il ne connaît pas les vertes pelouses, seulement la rue et l’exclusion. Et puis, derrière la porte noire du 166, rue de C., il y a Amélie, Sophie, Maya et les autres. On ignore leur présence. Elles vivent à Paris, dans un centre d’hébergement d’urgence. Par touches successives, ces récits dessinent les visages de celles et ceux que l’on croise sans les voir. Levant le voile sur leurs parcours, ils les sauvent de l’oubli. Le volume réunit cinq nouvelles inédites de Léonora Miano.
Léonora Miano, Afropean soul, Éd. Flammarion (GF Etonnants classiques), 2008
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« Dans la pirogue, Mama serrait mon corps sous son boubou. Je tétais quelques gouttes de lait. Son mamelon tout maigre calmait mes peurs mais pas ma faim. Elle le collait dans ma bouche pour éviter de m’entendre crier. Quand elle était fatiguée de m’allaiter, elle me tirait par les jambes et me demandait de m’en aller. Je revenais, malgré ses coups de pied sur mon ventre, pour me recoller à ses seins. Je voyais ces hommes dans la pirogue qui se collaient à elle chacun leur tour. Quand elle me reprenait sous son boubou, son corps sentait l’odeur du citron vert et des clous de girofle pourris par le soleil. »
C’est Nasser, un enfant malien, qui raconte. Sans papiers, il débarque en France : Paris, les squats, les marabouts, la police, la peur. Il erre sans fin dans un monde hostile, celui des Blancs, le nôtre.
Fadéla Hebbadj, L’arbre d’ébène, Éd. Buchet-Chastel, 2008
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Le récit de Samantha, journaliste, en mission à Kinshasa où elle prendra une grande leçon de vie et d’humilité.
Il faut lire Marie-Louise Mumbu (alias Bibish pour les Kinois et les proches) comme on fait un voyage inoubliable. Grâce à son humour subtil, son style ciselé et un vocabulaire efficace, Bibish nous prend par la main pour nous entraîner à la suite de son héroïne Samantha, journaliste de profession, à travers les quartiers de Kinshasa.
C’est alors à une grande leçon de vie, d’humilité, mais aussi de dérision, que nous convie l’auteur, un rendez-vous pour un repas littéraire savoureux. Mais on ne se contente pas de déguster, on se dit surtout qu’après ça, plus rien n’est vraiment grave… ni la montre brisée, ni le temps qui passe…
Marie-Louise Mumbu, Samantha à Kinshasa, Éd. le Cri, Bruxelles, 2008
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