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Timbuktu1

Puisque le Mali est (tristement) à la une de l’actualité en ce moment, voici quelques polars qui en disent long sur les intérêts des belligérants… 

mali meloAlain Leygonie, Mali Mélo, éd. Baleine (Le Poulpe), 1995
Michel Ligié, directeur au Fonds Communautaire de Développement, s’est-il bien tué en voiture au Mali comme l’a tout d’abord cru son épouse ? Y a-t-il un lien entre sa disparition et celle de l’argent de l’Europe, les cinq cents millions de francs CFA détournés à l’époque de l’accident ? Cela fait assez de questions pour que Gabriel s’envole pour Bamako, laissant la veuve dans un abîme de perplexité. Quand la réalité dépasse l’affliction, ressusciter un mort n’est pas une mince affaire. Il n’y avait que le Poulpe pour y voir clair dans ce Mali-mélo.
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diallo_a_koutyAïda Mady Diallo, Kouty, Mémoire de sang, éd. Gallimard (série noire), 2002
Soudain, la blancheur du ciel matinal vira à l’ocre. Un gros nuage de poussière envahit l’espace et le silence qui régnait sur le quartier fut déchiré par les vrombissements de moteurs puissants. Pendant un court instant, Ousmane resta debout près de sa femme, pétrifié, le regard fixé sur l’horizon. Puis il se ressaisit, se tourna vers sa compagne et lui ordonna d’aller se réfugier dans la maison avec les enfants.
Il vit alors les Land Rover s’arrêter et une vingtaine d’hommes enturbannés, armés de Kalachnikov et de coupe-coupe, en surgirent. Ils se dirigèrent vers un ensemble d’habitations par groupes de trois ou quatre, et, à l’aide de leurs armes, défoncèrent les portes.
Les Tall se précipitèrent chez eux et, peu après, ils entendirent les Touareg qui forçaient la porte. Tout se passa très vite. Ousmane se saisit de son couteau tandis que Fathy faisait sortir Kouty par la fenêtre de la chambre.
– Va vite te cacher dans le grenier à mil, ma chérie, dit-elle, en poussant sa fille à l’extérieur…
Gao, Mali, 6 mars 1984. Le village est attaqué par une bande de pillards touaregs. La famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes : le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu… Kouty, Mémoire de sang est le récit de la longue vangeance de cette fillette. C’est aussi une partie de l’histoire de l’Afrique qui vit longtemps le peuple noir capturé et vendu comme esclave par les seigneurs du désert.

Mkonatoussa Konaté, Les enquêtes du commissaire Habib : L’assassin du Banconi, éd. Publie.net (Publie.noir), 2012
Le commissaire Habib, après avoir longtemps officié à la Série Noire, a déménagé chez Fayard Noir : il fallait bien qu’on le retrouve sur les chemins numériques !
Ce qui ne change pas : le Mali, l’odeur et le bruit de l’Afrique, mais aussi la grande vibration populaire de la langue, toutes les facettes du rire et de l’humour, et ce grand tremblement permanent d’humanité.
Sauf que lui, l’inspecteur Habib, et son inspecteur Sosso qui serait presque le personnage principal du livre, n’ont pas le temps de s’intéresser au tourisme. Une série de meurtres avec signature, des histoires de fausse monnaie, l’intervention d’un marabout, et le fond très obscur des services de sécurité qui se font la nique…
Si vous voulez du polar, et du bon du vrai du fort, en voilà.
Reste cette puissance du continent et de la langue, ce qui se nomme Afrique…
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les-marques-du-fouet-209x300Gérard Streiff, Les marques du Fouet, éd. La manufacture de livres, 2011
« Les marques du fouet disparaissent mais pas les injures » dit un proverbe bambara.
Au Mali, l’assassinat d’un ancien colon français, ex-militaire, déchaîne les passions sur les terres arides du Sahel. Lorsque les narcos colombiens, qui utilisent le Mali pour leurs trafics vers l’Europe, croisent des sans papiers expulsés, des islamistes de l’AQMI, et ces nouveaux blancs d’Afrique, la violence fait sortir le désert de sa torpeur.
François Graffin, dit le Flamand rosse, PDG de la société Transfer, qui gère notamment la ligne Bamako-Dakar, est assassiné au Mali dans des conditions terribles. Magali, la journaliste aux bons sentiments venue aider des sans papiers expulsés de Seine Saint Denis, et son ami le libraire Raphaël Cineux dit « Racine » viennent en aide à Tiecoura Traore, cheminot accusé du crime. Ils plongent en catastrophe dans une société malienne dont ils ignorent à peu près tout. L’étudiante et le libraire vont mener chacun de leur côté une enquête où leurs préjugés sur la société africaine seront battus en brèche. Lutte de classes ? Trafic de drogue ? Séquelle coloniale ? Terrorisme ? Vengeance sectaire ? Jalousie de polygame ? Comme toujours en Afrique, les pistes ne manquent pas…

air cocaineC’est pour bientôt :
Laurent Guillaume, ancien flic devnu écrivain, publiera en novembre un nouveau roman qui aura pour cadre le Mali.
Ancien flic français dans le Val-de-Marne et à Annecy, puis conseiller du directeur de la police pour les affaires de stupéfiants au Mali (2007-2011), Laurent Guillaume, 45 ans, est l’auteur de plusieurs romans policiers (Mako, Le Roi des crânes, Doux comme la mort) et collabore avec le réalisateur français Olivier Marchal. Il publiera en novembre chez Denoël un nouveau polar qui a pour cadre le Mali. « Les faits, explique-t-il, sont librement inspirés de l’affaire Air Cocaïne, qui défraya la chronique en 2009. Le personnage principal sera un métis franco-malien, ex-flic français en cavale en Afrique pour une sombre affaire liée à son passé. »

D’autres polars sur le Mali

Belle rentrée littéraire 2011 avec en prime deux romans des ami(e)s Marc et Léonora. Les lectures de cette fin de semaine auront un air du Kamer. (où cette mamiwata peinte sur un rocher d’une plage de Kribi semble guetter le voyageur intrépide… photo BEB)

Marc Trillard, Les mamiwatas, Éd. Actes sud, 2011
Alors qu’un climat d’insurrection s’étend sur le Cameroun, le directeur de l’Alliance française de Buea, cloîtré chez lui, face à la mer et ses créatures délétères (les mamiwatas), boit la coupe de deux ans de désenchantements : sa scabreuse addiction de quinquagénaire aux charmes d’une trop jolie menteuse locale ; l’illusion d’échapper au passif des amours/haines coloniales ; et l’agonie (programmée en haut lieu) de l’Alliance française qu’il dirige – fruit pourrissant de siècles de présence française en Afrique. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

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Léonora Miano, Ces âmes chagrines, Éd. Plon, 2011
Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancoeur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui.
Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même…(le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

José Eduardo Agualusa, Barroco tropical, Éd. Métaillé, 2011
Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime. ?Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction. ?Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

Mia Couto, L’accordeur de silences, Éd. Métaillé, 2011
« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.?Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement “l’Autre-Côté”. »?Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.?Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Nadifa Mohamed, Black Mamba Boy, Éd. Phébus, 2011
Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe.

Yasmina Khadra, L’équation africaine, Éd. Julliard, 2011
Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu’au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l’aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d’affaires versé dans l’humanitaire, lui propose de l’emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d’une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l’angoisse de sa captivité. Une détention à l’issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c’est le début d’une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c’est aussi pour Kurt le début d’une grande histoire d’amour.
En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions – tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d’un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s’ouvrir à la réalité d’un monde jusqu’alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d’un continent livré aux pires calamités.
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Khadi Hane, Des fourmis dans la bouche, Éd. Denoël, 2011
Gratteurs d’écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d’un camion, hommes à tout faire d’un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l’hydroquinone censés procurer aux nègres l’éclat d’une peau blanche, la leur ne faisant plus l’affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout…
Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis.
Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu’aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l’injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus.
Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d’une femme africaine en France.

Fouad Laroui, La vieille dame du riad, Éd. Juillard, 2011
Comment partager son espace avec quelqu’un qui vous est totalement étranger ? Telle est la question !
À travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle.
Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s’installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu’ils viennent d’acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l’agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu’elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d’un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n’est prête à l’accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?… mais pour faire quoi ?… La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n’ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l’accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l’intimité de ce couple plein de bonnes intentions.
Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s’interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.
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Boualem Sansal, Rue Darwin, Éd. Gallimard (blanche), 2011
« Je l’ai entendu comme un appel de l’au-delà : « Va, retourne à la rue Darwin. »
J’en ai eu la chair de poule.
Jamais, au grand jamais, je n’avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s’était déroulée mon enfance. »
Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.
Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s’est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui.
Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend… Rue Darwin est le récit d’une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l’Algérie peine à sortir.

Noël Nétonon Ndjekery, Mosso, Éd. Infolio, 2011
Dans un Tchad miné par l’impunité, Dendo, une veuve refuse la diya, compensation qu’on veut lui verser pour la mort de son mari. Par contre, elle veut savoir pourquoi et par qui celui-ci a été tué. Pour mener cette quête onéreuse, elle va devoir se prostituer et s’adonner à la contrebande avec l’Europe. Cependant, elle finira, elle-même, en pleine Helvétie, par être ravalée au rang de vile marchandise dans un négoce qu’elle croyait définitivement remisé dans les livres d’histoire : le trafic d’êtres humains.

René Caillié,  né dans les Deux-Sèvres en 1799, fils de boulanger et orphelin très jeune, René Caillié s’embarque comme mousse pour le Sénégal en 1816, dans l’expédition qui verra le naufrage de la Méduse. Il a 16 ans. Seul et sans ressource, malgré les multiples obstacles qui se dressent sur sa route, il tente une première fois de partir à la recherche de l’explorateur Mungo Park, disparu depuis plus de 10 ans. Il doit y renoncer. Il vit avec les marchands maures et apprend l’arabe. Après 16 ans d’efforts et plusieurs allers-retours aux Antilles, il parvient, enfin, à pénétrer dans l’intérieur de l’Afrique. En 1828, malgré les mises en garde du baron Roger et les multiples avanies du voyage, il devient le premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, la cité interdite aux Chrétiens. Il rentre en France en 1830. Le récit de son expédition, Journal d’un voyage à Tombouctou et à Djenné dans l’Afrique centrale, connaîtra un très grand succès auprès du public. René Caillié meurt en Charente-Maritime en 1838, des séquelles d’une maladie contractée en Afrique.

Christophe DABITCH, Jean-Denis PENDANX, Abdallahi, le serviteur de dieu : Intégrale, Éd. Futuropolis, 2011
Il y a près de deux siècles, l’aventurier René Caillé décidait d’être le premier Européen à pénétrer dans Tombouctou, au Mali, ville qui à l’époque leur était interdite. L’administration coloniale refusant tout soutien à ce fils de forçat, René Caillé, devient alors Abdallahi. Confronté au choc des cultures, il se convertit à l’Islam, s’invente un passé de fils d’Égyptien réduit à l’esclavage par les blancs. Il dut lutter contre les maladies et les préjugés pour mener à bien son expédition. Dans un périple de 4 500 kilomètres il arrivera seul à ‘I’ombouctou, ville mythique interdite aux Blancs, ouvrant sans le vouloir la voie à la colonisation de l’Afrique… Tout en respectant l’esprit du journal qu’a laissé l’aventurier, les auteurs ont, par moments, volontairement romancé sa vie, inventé des situations, de manière à injecter dans le récit leur propre vision du continent africain. Celui qui fût considéré comme le « Marco Polo de l’Afrique » est mort dans l’indifférence générale en 1834.
René Caillié, Tombouctou, Éd. Magellan et Cie, 2011
Sous une fausse identité, René Caillié (1799-1838) est le premier «chrétien» a être entré à Tombouctou, et à en revenir au prix de mille souffrances à travers le désert. Sans aide matérielle, seul et brimé au milieu d’une grande caravane de marchands arabes, il va au bout de son rêve d’enfant. Par lui, le mythe de la cité mystérieuse devient réalité. Le long récit de sa folle aventure offre à ses contemporains les premières descriptions d’un lieu qui nourrit tous les fantasmes, et de ses habitants d’un autre monde.
Texte extrait de Journal d’un voyage à Tombouctou et dans l’intérieur de l’Afrique, publié en 1830.

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René Caillié, Voyage à Tombouctou, Éd. La découverte (poche/littérature et voyage), 2007 (coffret 2 tomes)
Seul ouvrage disponible en version papier qui rassemble la totalité du voyage de René Caillié. Il trouve naturellement sa place dans cette collection dédiée aux voyageurs (pas seulement occidentaux).
Il constitue un tableua sans équivalent des sociétés arabes et africaines encore dans toute leur souveraineté, des échanges de civilisations entre le Sahara, du Maghreb à l’Afrique noire au début du XIXe siècle, avant la pénétration européenne. A travers ces pages riches en observations de toutes sortes apparaît le portrait de ce jeune homme d’origine ouvrière, humble et obstiné, tout imprégné encore de la soif de connaissance du siècle des lumières, qui vit dans l’abnégation une véritable ascèse : un voyageur bien différent de la légende douteuse qui fit de lui une sorte de héros national précurseur de la conquête…

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En savoir + sur René Caillié

Kossi Efoui, L’ombre des choses à venir, Ed. Le Seuil, 2011
Un jeune homme d’une vingtaine d’années, s’adressant à un auditoire imaginaire depuis le fond de sa cellule, nous raconte son histoire, son enfance. Cette cellule, on le comprendra vite, est en fait une cachette d’où il attend d’être tiré par des hommes qui peuvent lui apporter le meilleur comme le pire : tout le livre est rythmé par cette attente dont l’issue ne sera connue qu’aux dernières pages.Lorsqu’il avait neuf ans, son père lui est revenu après quatre ans d’internement dans un camp à la réputation terrible, appelé la Plantation. Véritable mort-vivant, spectre méconnaissable, ce père ne prononce plus une parole, il n’est plus dans la vie. Les seuls sons qui s’échappent en secret de son gosier, il les réserve aux oiseaux prisonniers de la boue des marais, dans une forme de communication hors du monde, extra-naturelle. Cependant, une soi-disant nation nouvelle est en construction. On s’y gargarise de slogans creux, de périphrases absurdes. Le contrôle de la parole est un enjeu primordial de tous les régimes. Devenu presque adulte, le garçon refuse cette falsification du langage et ce qui va avec : l’incorporation obligatoire dans une guerre inter-ethnique qui n’avoue pas son nom. Il se cache en attendant la fuite. Paradoxalement, comme pour refermer la boucle, c’est sur les lieux mêmes de la Plantation qu’il va trouver un refuge provisoire, là où la vie de son père s’est brisée. ? Kossi Efoui, né au Togo, se consacre en partie au théâtre. Ses pièces sont jouées sur les scènes africaines et européennes. Il a publié également de la poésie. L’ombre des choses àvenir est son quatrième roman, après le très remarqué Solo d’un revenant (2008), qui lui a valu le prix des Cinq continents de la francophonie.
En savoir + sur les autres romans de Kossi Efoui

Sami Tchak, Al Capone le malien, Ed. Mercure de France (bleue), 2011
Le prince s’est frayé un chemin au milieu des danseuses excitées pour marcher vers Binétou Fall. Il lui mit la main sur l’épaule. Elle eut un sourire crispé. Les femmes poussaient leurs cris. À la surprise générale, son altesse Edmond VII ouvrit d’abord la bouche comme s’il s’apprêtait à avaler l’univers, puis il souffla bruyamment au-dessus de la tête de Binétou Fall. J’étais présent, j’avais vu. Un pigeon blanc est sorti de la bouche de l’homme doré pour se poser sur la coiffe de Binétou Fall. Tous les dignitaires se sont levés, les yeux écarquillés.?Venu à l’origine faire un reportage sur un balafon légendaire conservé précieusement à la frontière entre la Guinée et le Mali, René se retrouve coincé dans un hôtel de luxe de Bamako. Loin de la vision de l’Afrique traditionnelle incarnée par le vieux et intègre Namane Kouyaté, le protecteur du balafon magique, le Français y découvre une tout autre Afrique, celle de la corruption, des affaires de mœurs et des meurtres sanglants… Fasciné toutefois par cet univers du luxe et de la débauche, il plonge corps et âme dans une folle aventure où le sexe, l’argent et les plus grands secrets d’état semblent inextricablement mêlés.?Mais qui sont réellement la Princesse Sidonie, la belle Binétou Fall, ou encore la jeune inconnue de la piscine ? Et surtout qui est Al Capone, alias le Prince Edmond VII, cet homme magnétique autour de qui toutes gravitent ? Qui est donc ce feyman qui fit ses premiers pas sous l’égide du King Donatien Koagne, le roi de l’escroquerie à l’échelle planétaire… Les masques tombent les uns après les autres autour de René, la question est de savoir jusqu’où il sera prêt à aller dans sa quête à la fois de l’amour et de la vérité.?Avec sa voix singulière, Sami Tchak peint une Afrique partagée entre poésie et violence, cruauté et sensualité.

Alberto Moravia, Lettres du Sahara, Éd. Arléa (Littérature étrangère), 2011
La savane est ce qu’il y a de plus beau en Afrique.Savane veut dire espaces illimités, ciels illimités, herbes hautes sur lesquelles court la musique du vent, acacias rares et légers comme des nuages par beau temps, et silhouettes lointaines de grandes bêtes massives. Dans ces étendues d’herbes sans fin, pleines de lumière et de silence, on dirait que l’Afrique  » médite  » quelque message muet, un message bien à elle, de grandeur, de majesté. Ces récits de voyage, écrits en Côte d’Ivoire et au Sahara, sont, avant tout, une profonde réflexion sur la vie et la mort.
Alberto Moravia rejoint là une tradition de grands écrivains-voyageurs, brassant une mémoire culturelle commune où l’on rencontre Baudelaire et Gauguin, Karen Blixen, Conrad ou Hemingway, et où les notations géographique, culturelle ou esthétique conduisent toujours à une lecture avisée tant de la société africaine que de l’Occident.
Moravia était entre 1975 et 1981 envoyé spécial du Corriere della Sera en Afrique. Ce livre est inédit en français.

Delphine Coulin, Samba pour la France, Éd. Seuil, 2011
Samba Cissé était pourtant venu de bonne foi à la Préfecture de police de Paris demander le titre de séjour auquel il avait droit, après dix années passées en France. Mais rien ne s’y est passé comme prévu : Samba a été arrêté, devant des dizaines d’hommes et de femmes de tous pays qui attendaient, comme lui, que l’État veuille bien reconnaître leur existence.Il ne sait pas encore que le voyage héroïque qu’il a accompli pour venir du Mali jusqu’en France, puis les dix années à s’y faire une place, vont s’avérer moins difficiles que tout ce qu’il va vivre à partir de ce jour-là.Devenu clandestin, il va apprendre tout ce qu’il faut savoir pour survivre en France.Son oncle Lamouna, avec qui il partage un appartement en entresol, lui donne quelques tuyaux. Ce petit homme aux manières d’aristocrate, arrivé à Paris dans les années soixante, a connu les « deux France ». Il ne parle jamais de son passé, mais il semble deviner l’avenir de son neveu. Gracieuse, une fille hors du commun, réfugiée congolaise, dont il va tomber amoureux, lui apprend le plaisir d’un shampooing, et celui de marcher la nuit à Paris. Elle finira par incarner tout ce qu’il est venu chercher ici : le goût de l’autre, la liberté, un ailleurs. Il va aussi rencontrer Wilson, un Colombien, grand salsero et amateur d’œufs durs en toutes circonstances, Manu, une étudiante en droit aux allures de guerrière, et une narratrice bénévole à la Cimade, qui fume des roulées informes et malodorantes, (dont on taira le nom mais qui aurait pu s’appeler Delphine). Tous vont l’aider au cours de son odyssée dans la France de 2010.

Jean-Roger Essomba, Alerte à la bonté, Éd. Présence Africaine, 2011
Alerte à la bonté est un roman à mi-chemin du polar et du roman d’aventures. Il s’agit d’une fable qui a pour prétexte le racisme. L’auteur y raconte les mésaventures de Bruno Vallet, éminent homme politique raciste, et sa conversion suite à une prise de bontanine. Ce médicament a modifié son comportement à tel point qu’il ne peut plus haïr. La force d’écriture d’Essomba est de laisser jusqu’au bout le suspense.Ce roman se situe dans la veine actuelle du roman policier africain contemporain.

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Jérôme Nouhouaï, La mort du lendemain, Éd. Présence africaine, 2010
Quelque part en Afrique…
Une manifestation populaire, hostile au pouvoir en place. Une balle meurtrière qui va infléchir le destin d’un jeune homme.  C’est à une formidable odyssée vengeresse, riche en rebondissements que nous convie l’auteur de ce surprenant récit. C’est aussi, sur fond de guerre civile, le tableau d’une société rongée par la misère et ses conséquences : exploitation, répression, corruption…

Deuxième volet d’ ouvrages jeunesse édités en Afrique. La liste est loin d’être exhaustive. Une source importante est La joie par les livres et son site Takamtikou plus particulièrement centré sur l’Afrique, les Caraïbes et l’Océan Indien. Pour approfondir le sujet les liens sont à votre disposition à la fin de ce papier.

Gongo

Serge Diantantu, La Petite Djily et Mère Mamou , Éd.Diantantu Editions, 2008
Djili n’aime pas rentrer à la maison après l’école, pas plus qu’elle n’aime les vacances… Nous apprenons pourquoi : la nouvelle femme de son père la maltraite. Cette BD met en scène une situation malheureusement fréquente, d’une manière ni appuyée ni démonstrative, par le biais d’une vraie histoire conséquente et bien ficelée, avec des dialogues et des dessins très vivants, ancrés dans la réalité de Kinshasa (comme le dit l’argumentaire de vente, l’ouvrage  « illustre si fidèlement l’Afrique qu’elle en exhale même son parfum »). Cette BD a été remarquée par l’ONU et paraîtra prochainement en allemand et en anglais. Belle production : grand format, couverture cartonnée, papier glacé. Venu du cinéma à la BD parce qu’il coûte trop cher de réaliser des films, Serge Diantantu publie lui-même certains de ses ouvrages. Il est l’auteur, entre autres, de deux BD sur Simon Kimbangu.
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Ile de la réunion

Robi, Maïté Chaveron, Elle a de qui tenir !, Éd. Océan Éditions, (Océan jeunesse), 2009
Qui n’a pas cherché, dans les traits de son enfant, un peu de soi ou de sa famille ? C’est à ce travers des adultes que l’album répond, en laissant petit à petit, au fil des pages, une place pour l’enfant et sa personnalité propre…
Sur un tel sujet, le texte pourrait aisément verser dans le mièvre : or, ce n’est pas le cas. Avec un joli rythme, une vraie présence en adéquation avec les illustrations, on découvre un album sincère et authentique ; une poésie sur les dettes familiales, qu’elles soient physiques ou psychologiques. En outre, l’alternance entre les peintures (réservées principalement aux portraits de la famille) et les croquis au crayon rose (représentant l’enfant en train de grandir) est un excellent choix graphique : il renforce la cohérence d’un texte fondé sur la comparaison des personnes et permet, au passage, une célébration du métissage.
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Guniée

Ahmed Tidjani Cissé, Naby Yoro : Le géant de Matakan, Éd. Ganndal, 2006
Ce recueil publié à Conakry en 2006 est toujours disponible sur place et à Paris, heureusement, car il est très intéressant. Ce sont de riches récits de la Guinée maritime pour la plupart, des histoires vraies, de la vie quotidienne et du passé, entremêlées de légende. Le récit qui donne le titre au recueil se situe sur l’île de Matakan au large de Conakry. Il raconte l’histoire du géant qui vécut sur cette île et sauva les habitants de la famine ; son tombeau reçoit encore des hommages chaque premier jeudi du mois lunaire… « La vengeance du Wagadou-Bida » rapporte l’histoire de ce serpent mythique dont un jeune éphèbe coupa la tête pour sauver sa fiancée du sacrifice rituel. Cela entraîna la fin du royaume ; les survivants partirent au XIe siècle s’installer dans l’actuelle Guinée. Cinq récits et trois contes complètent le volume.
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Bénin

Constantin Adadja, Les Trois singes : je reviendrai, Éd. Star (Prémices), 2009
Comme de nombreux enfants béninois, Gildas a été envoyé au Nigeria pour payer une dette familiale. Réduit à l’esclavage, il s’est enfui en se cachant dans un camion de gravier où il est mort étouffé. Le scénario mêle habilement récit de l’annonce de son décès aux membres de sa famille avec des flash-back sur les raisons mêmes de cette tragédie. L’alternance de points de vue permet la remontée de souvenirs différents et brosse en creux un portrait de Gildas. C’est une bande dessinée poignante, sans lourdeur en dépit d’une volonté de faire passer un message, et bien portée par le style graphique attentif aux expressions des personnages.
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Sénégal

Sous la dir. de Nafissatou Dia Diouf, T. T. Fons, Les Petits chercheurs, Éd. Tamalys, 2008
Des scientifiques du Sénégal proposent aux enfants vingt-deux expériences, sur les plantes, la lumière, l’électricité, la mécanique, l’eau… Pour chacune, une double page : quelques phrases pour susciter l’intérêt, indications illustrées sur le matériel nécessaire (facile à trouver !) et la manière de faire, puis des explications pour aider à comprendre ce qui s’est passé ; le tout complété d’un peu de vocabulaire et d’une vignette humoristique. La table des matières indique le niveau de difficulté des expériences. Limpide, très bien conçu, ce petit ouvrage est une excellente initiation à la science par une démarche active.
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Hélène Ngone Diop, Mame Daour Wade, Moustapha Ndiaye, Des djinns de toutes les couleurs = Jinne yu mel nune, Éd. BLD, 2008
Paru en 1997 dans une édition qui regroupait trois histoires, cette nouvelle présentation du conte, seul, dans un album carré plus petit, permet de mieux en goûter la saveur. La cohabitation entre les djinns et les hommes n’est pas facile, surtout à l’heure de la sieste quand les petits êtres invisibles ne cessent leur vacarme… Un texte très court, en français et en wolof ; d’amusantes illustrations très colorées de Moustapha Ndiaye dans son style si reconnaissable que l’on a plaisir à retrouver.
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Lamine Diemé, Bébé Amine, Éd.BLD (Tété), 2008
Quand Bébé Amine se réveille seul dans un grand lit, c’est d’abord la perplexité qui se lit dans ses yeux, bientôt relayée par l’inquiétude, pour finir par une très grosse colère. Heureusement, Maman n’est pas loin. Dans ce petit album carré, broché, aux illustrations très expressives, le récit est mené essentiellement par l’image qui joue habilement sur les cadrages. C’est le deuxième album dans la collection « Tété » de Lamine Diémé, jeune illustrateur dakarois, également auteur de courts métrages d’animation et de bandes dessinées.
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Centrafrique

Didier Kassaï, Vincent Carrière, L’Odyssée de Mongou, Éd. Les Rapides, 2008
Les adaptations en BD de grandes œuvres africaines, permettant de les faire connaître à de plus nombreux lecteurs, ne courent pas les rues… Cette BD est l’adaptation d’un roman classique de la littérature centrafricaine (disponible aux Éditions Sépia), écrit par Pierre Sammy-Mackfoy, écrivain et pédagogue, qui a dirigé à Bangui le journal pour enfants Balao. Le bédéiste centrafricain Didier Kassaï, plusieurs fois primé, a mis en images documentées, agréables et bien lisibles, la vie extraordinaire de Mongou. Ce chef bandia voit les Européens, hommes d’armes et d’Église, arriver pour la première fois dans son village et en changer le destin, puis aide au recrutement des Tirailleurs et découvre la France…  Une histoire collective et personnelle simplement « montrée », sans que des jugements de valeur interviennent.

Ile Maurice

Gabrielle Wiehe, Sirandann :Petites devinettes = Small Guessing Games, Éd. Vizavi, 2009
Ce livre de devinettes trilingue (créole, français, anglais) est un hommage rendu à la culture de l’océan Indien et au célèbre jeu des sirandanes partagé par toutes les générations. Natacha Appanah, dans la préface de l’album, donne des sirandanes une belle définition, subtile et complexe : « les sirandanes ne sont pas que des devinettes. Cette joute orale en langue créole faite d’énigmes est un « ouvre-l’œil » sur ce qui nous entoure. C’est une manière de dire le monde, de lui enlever son masque de tous les jours, et de le surprendre ». Un exemple de ces joutes poétiques ? Qui est la demoiselle qui nous suit partout et que l’on ne peut jamais embrasser ? L’ombre, bien sûr… Gabrielle Wiehe met tout son talent à servir la poésie de ces sirandanes en proposant des collages, à partir de papiers très divers, qu’elle recouvre à l’acrylique, au pastel, ou encore, au fusain. On sent une véritable profondeur de l’image, nimbée de mystère, qui vient soutenir un texte aux multiples entrées de sens…
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Madagascar

Jeanne Ralimahenintsoa, Dominique Chelot, Ridha Andriatomanga, Paul Razafindraibe, ABDlire, Éd. jeunes malgaches, 2007
Abécédaire bilingue français/malgache pour les enfants en classe de maternelle qui découvrent les rapports entre les lettres et les images. Chaque page est présentée sans commentaire pour laisser les enfants libres dans l’interprétation des images. La photographie a été utilisée pour les illustrations.
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Cyprienne TOAZARA, Soza le pêcheur, Éd. jeunes malgaches, 2007
La pirogue de Soza n’ a pas su franchir la barrière de corail et le pêcheur de langouste fait naufrage. Pourtant, il reviendra chez lui, pour le bonheur et la paix de tous. C’est le retour du justicier en terre du Sud.
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Mali

Modibo Keita, Svetlana Amegankpoe, L’épopée de Soundjata, Éd. Donniya, 2005
Inspirée de la tradition orale malinké, l’histoire de Soundjata Keita, courageux fondateur de l’empire du Mali, est magnifiquement représentée par les illustrations de Svetlana Amegankpoe.
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Aïda Mady Diallo, Ibrahima Aya, Ali Zoromé, Awa et Adama à Wadakédji, Éd. Tombouctou (Awa et Adama), 2009
Saluons la création d’une nouvelle maison d’édition malienne, dirigée par Aïda Diallo et Ibrahima Aya, auteurs engagés en faveur de la lecture des jeunes. Voici le premier titre de leur collection de bandes dessinées documentaires qui prévoit la découverte de diverses régions du Mali, tenant compte des souhaits de leurs habitants, à travers les voyages des jumeaux Awa et Adama. Il s’agit ici de Wadakédji. Chaque étape de ce voyage des enfants est l’occasion d’une découverte des particularités de la région et aussi l’occasion d’aborder des thèmes plus généraux comme l’importance d’inscrire ses enfants à l’état civil ou de voter, la culture du karité…

Guinée Bissao

Teresa Montenegro, Kriol Ten, Ku Si Mon Editora, 2007
Livre écrit en portuguais et non traduit, mais cela ne devrait pas poser de problème aux francophones : « O vivo sabor do crioulo guineense falado através de termos, expressões, provérbios, com traduções em português. Fugindo à ordem alfabética, a apresentação é feita em vinte e um campos semânticos entre os quais o mundo, os animais, o corpo, o intelecto, os sentimentos, o carácter, a vontade, o parentesco, as viagens ».
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Coédition

Béatrice Lalinon Gbado, Mamadou Wolid Niang, Ousseynou Sakho, Abdoulaye Seck, Ibrahima Dia, Chérif Diop, Maman, éditions Ruisseaux d’Afrique (Bénin), Mokand’Art (Congo Brazzaville), BLD (Sénégal), Éburnie (Côte d’Ivoire) et Sankofa & Gurli (Burkina Faso), 2006
Une magnifique coédition panafricaine en jeunesse : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Congo Brazzaville. Ce texte poétique, écrit par Béatrice Lalinon Gbado, est un véritable hommage à la femme, un long poème magnifiquement illustré par plusieurs artistes sénégalais travaillant la technique du « sous-verre ».

Pour être (beaucoup) plus complet il faut évidement faire un grand tour sur le site takamtikou et notamment sur la Bibliographie de l’Afrique – mars 2010 et la Bibliographie de l’océan Indien – mars 2010
Il y a aussi d’autres ouvrages sur le site de l’alliance internationale des éditeurs indépendants où l’on trouve une bibliographie que j’avais déjà présentée sur opoto et qui est plus que jamais
d’actualité.

Ahmadou Kourouma, Les soleils des indépendances, Éd. Seuil (Points), 2006
Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l’indépendance et du parti unique ? L’ancien et le nouveau s’affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire, tandis que passe l’histoire, avec son cortège de joies et de souffrances.
Au-delà de la fable politique, Ahmadou Kourouma restitue comme nul autre toute la profondeur de la vie africaine, mêlant le quotidien et le mythe dans une langue réinventée au plus près de la condition humaine. Dès sa parution en 1970, ce livre s’est imposé comme un des grands classiques de la littérature africaine.
En savoir + avec Africulture

Ousmane Sembène, Les bouts de bois de dieu, Éd. Pocket (n° 871), 2002
Ce roman, qui se déroule du Sénégal au Soudan (le Mali d’aujourd’hui), s’inspire de faits réels: la grève des cheminots du « Dakar-Niger », ces ouvriers noirs qui, entre eux, s’appellent les « Bouts de bois de Dieu ». Ils veulent conserver les traditions, les lois du clan, les coutumes, mais le progrès – implacable – les pousse. Au long de la ligne de chemin de fer, d’innombrables personnages se croisent et se rejoignent : les Africains qui, tant que dure la grève, ont peur, peur du long silence des machines, et, surpris par ce mouvement, les Européens qui s’appliquent à conserver le prestige de la vieille Afrique. Mais au coeur de ces voix discordantes, de ces âmes déchirées, s’élève un amour de l’homme d’autant plus bouleversant qu’il est lucide. Respecter l’homme n’est pas chose aisée…
En savoir + avec Encres noires

Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence, Éd. Le serpent à plumes, 2003
Nos yeux boivent l’éclat du soleil, et, vaincus, s’étonnent de pleurer, Maschallah ! oua bismillah !….
Un récit de l’aventure sanglante de la négraille – honte aux hommes de rien ! – tiendrait aisément dans la moitié de ce siècle ; mais la véritable histoire des Nègres commence beaucoup, beaucoup plus tôt, avec les Saïfs, en l’an 1202 de notre ère, dans l’empire africain de Nakem, au sud du Fezzan, bien après les conquêtes d’Okba ben Nafi et Fitri. Censuré en France depuis plus de trente ans, étudié dans le monde entier, briseur de tabous, Le Devoir de violence est une œuvre puissante et unique, un roman-culte du continent africain.
Vaste saga historique, il retrace, depuis le XIIIe siècle, la geste des Saïfs, conquérants et maîtres du mythique empire Nakem. Fabuleux prosateur de tous les excès et de tous les crimes, Yambo Ouologuem dit les complexités de l’Histoire de l’Afrique où l’esclavage et la colonisation sont même antérieurs à l’arrivée des Européens qui ne firent peut-être que reprendre à leur compte et en l’amplifiant dramatiquement un système fou qui existait déjà.
Le Devoir de violence a reçu le Prix Renaudot en 1968.  » C’est un brûlot, magnifiquement écrit, une attaque directe et féroce de l’impérialisme et du colonialisme.  » Valérie Thorin, Jeune Afrique
En savoir + avec Le Monde Diplomatique

Mongo Beti, Remember Ruben, Éd.Le serpent à plume, 2001
Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu’il arriva à Ekoumdoum. Et la peine qu’il eut à se faire adopter par le village témoigna que l’époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation. Raflé par les Blancs avec des milliers d’autres, il découvre Fort-Nègre, l’immense ville coloniale, et son pendant noir, Kola-Kola, fabuleux bidonville où il participera à la lutte contre l’occupant blanc. Dans ce roman majeur de la littérature africaine, Mongo Beti, romancier féroce, conte avec ferveur les bouleversements de l’Afrique à la veille des Indépendances.
En savoir + avec Bernard Magnier

Henri Lopes, Le pleurer-rire, Éd. Présence Africaine, 2003
Le Pleurer-Rire est dominé par tonton Hannibal-Ideloy Bwakamabé Na Sakkadé.
Ancien baroudeur devenu Président de la République à la faveur d’un coup d’Etat, il exerce un pouvoir illimité. A travers ce roman, c’est le problème du pouvoir et du contre-pouvoir qui est posé dans toute son ampleur. La violence verbale qui perce au détour de chaque page n’a d’égal que le tragique des situations et des événements qui y sont décrits. Œuvre forte et dense, complexe et lucide, Le Pleurer-Rire fonde son originalité sur sa structure polyphonique, son rythme varié et sa charge d’ironie et d’humour qui justifie son titre.
Mêlant grâce et trivialité, fiction et réalité, citations et parodie, il tente de renouveler l’écriture romanesque qui devient, ici, le lieu où diverses formes de langage s’engendrent les unes les autres, se répondent, s’entrecroisent, s’éclairent, ou se heurtent et finalement s’enchaînent dans un mouvement continu.
En savoir + avec Afrology