Warning: include(/homepages/14/d218128377/htdocs/blog/wordpress/wp-content/themes/connections-reloaded1/functions.php): failed to open stream: Permission denied in /homepages/14/d218128377/htdocs/blog/wordpress/wp-settings.php on line 329

Warning: include(): Failed opening '/homepages/14/d218128377/htdocs/blog/wordpress/wp-content/themes/connections-reloaded1/functions.php' for inclusion (include_path='.:/usr/lib/php7.0') in /homepages/14/d218128377/htdocs/blog/wordpress/wp-settings.php on line 329
littérature afrique » opoto

Entries tagged with “littérature afrique”.


couvweb

Les trois derniers de la rentrée littéraires : un voyage au Libéria, en Ethiopie et à la Réunion.

Leymah Gbowee, Notre force est infinie, éd. Belfond, 2012
Les images de ces femmes en blanc héroïques qui ont réussi à chasser Charles Taylor du Libéria ont fait le tour du monde. Parmi elles, Leymah Gbowee, le chef de file du mouvement. Un témoignage renversant, poignant et criant de sincérité sur son combat pour la paix et la démocratie au Libéria et en Afrique de l’Ouest, doublé d’un magnifique portrait de femme.
Inspirant et bouleversant, le témoignage unique d’une femme dont le courage, la passion et l’exceptionnelle force de conviction ont fait renaître l’espoir dans un pays ravagé. ??Leymah Gbowee n’a que dix-huit ans quand la guerre civile éclate au Liberia. Pendant quatorze ans, les troupes de Charles Taylor vont semer la terreur et la mort. Premières victimes, les enfants dont le dictateur fait des soldats, et les femmes harcelées, parfois violées par les miliciens. ?Au prix d’une volonté inouïe, Leymah Gbowee va relever la tête. Avec dans le coeur une conviction inébranlable : qu’importe l’ethnie, qu’importe la religion, si elles se rassemblent, les femmes peuvent défier la violence des hommes. ??D’innombrables sittings en terrifiantes confrontations avec les seigneurs de guerre, en passant par une grève du sexe aussi spectaculaire qu’efficace, Leymah Gbowee et son armée de femmes en blanc vont réussir l’impensable : pousser Charles Taylor à l’exil et ramener la paix au Liberia. ??Leymah Gbowee a reçu le prix Nobel de la paix en 2011.

Jean-François Samlong, Une guillotine dans un train de nuit, éd. Gallimard (Continents noirs), 2012
« L’adjoint Choppy se souvint d’Ernestine Généreuse qui lui avait confié que Sitarane, disposant d’une force surnaturelle chez les morts, se métamorphoserait en rapace, vipère, limace, glouglou, et qu’il deviendrait une « mort-ombre » pour punir ses ennemis. D’un côté, il y aurait ceux qui useraient de tabous pour être dans les bonnes grâces de l’Ombre ; de l’autre, ceux qui manipuleraient des talismans pour se protéger d’Elle, et les femmes vivraient dans la peur d’être fécondées par cet esprit maléfique qui frapperait comme il avait frappé de son vivant. On ne parlerait plus que du châtiment de l’Ombre car, quelque lien qui eût pu unir Sitarane à l’humain, il l’avait rompu pour toujours. »

Maaza Mengiste, Sous le regard du lion, éd. Actes sud, 2012
Durant la révolution éthiopienne, dans les années 1970, les destins d’un père et de ses deux fils qui ne font pas les mêmes choix. Ce formidable premier roman convainc par sa sensibilité complexe, sa vision politique acérée, ses personnages forts et son écriture captivante.

Suite et fin (?) de la rentrée littéraire 2012 : deux occasions supplémentaires pour passer de bons moments de lecture.

Victor Kathémo, Le descendant africain d’Arthur Rimbaud, éd. Myriapode, 2012
Racho est un homme originaire de Dirédoua près de Harar en Éthiopie. Sa trisaïeule, femme Amhara d’une certaine élégance, vécut une brève et discrète idylle avec Arthur Rimbaud pendant le deuxième séjour de ce dernier à Harar. Suite à la famine due à la guerre et aux problèmes de sécheresse sévissant en Éthiopie, le famille de Racho s’exila dans le Golfe de Guinée.
Comme Rimbaud, Racho fait état d’une veine artistique féconde. Il est sculpteur et offre une nouvelle vie aux bibelots et colifichets qu’il ramasse au Port autonome de Cototrou. Mais son art ne répondant à aucune règle académique, Racho a du mal à se faire accepter par ses pairs et à vivre de son art. Il va ainsi décider de tout laisser tomber et d’aller mener sa vie sur le continent de son illustre ancêtre dans l’espoir d’y recevoir, du fait de sa filiation, un abord princier. Pour ce faire, il embarque sur un navire marchand dissimulé dans un container. Débarqué au Havre, il n’a qu’une idée en tête : visiter la tombe de son ancêtre et traverser le Rhin pour élire domicile en Rhénanie. Cueilli par les policiers allemands, il se fera renvoyer en France où, pour se prémunir contre une situation clandestine, il sera obligé de déposer une demande d’asile politique perdant définitivement la maîtrise de son destin.
En savoir +

Alain Mabankou, Tais-toi et meurs, éd. La Branche (vendredi 13), 2012
Quittant le Congo, Julien Makambo arrive en France sous le nom de José Montfort. Il est accueilli à Paris par Pedro, figure de proue du milieu congolais de la capitale. Sapeur à la pointe des tendances et « homme d’affaires » au bras long, Pedro prend Julien sous son aile et l’initie au monde des combines souterraines. Les affaires tournent, Julien a la vie belle et festive, jusqu’à ce vendredi 13 maudit, ou il se retrouve malgré lui mêlé à la défenestration d’une jeune femme.
En prison, il écrit son histoire, celle d’un jeune homme confronté à son destin : Makambo en lingala signifie « les ennuis ». Et face aux ennuis, une règle d’or règne ici en maître : Tais-toi et meurs.

Henning Mankell est né le 3 février 1948 en Suède. A 24 ans, il part en Afrique, d’abord en Guinée-Bisseau et s’installe dans les années 70 en Zambie, avec sa première femme. En 1985, Mankell choisit Maputo, au Mozambique. Depuis plus de 15 ans, il dirige ainsi la seule troupe de théâtre professionnelle du pays, Mutumbela Gogo. Écrivain engagé et généreux, il partage depuis sa vie entre le Mozambique et la Suède.

Henning Mankell, L’oeil du léopard, Éd. Seuil, 2012

Années 1950. Dans une bourgade du Norrland, Hans Olofson, adolescent élevé par un père rustre et alcoolique, perd ses deux seuls vrais amis. Bouleversé, Hans décide de réaliser le rêve de l’un d’eux : aller en Zambie, sur les traces d’un missionnaire suédois.?1969. L’Afrique le fascine et l’effraie. Dans la jeune république indépendante de Zambie en proie à la violence, Hans rencontre des colonisateurs emprisonnés dans leur racisme, et des Noirs obéissants qui cultivent la haine des Blancs. Hans accepte d’aider une Anglaise à diriger sa ferme de production d’oeufs, puis reprend l’exploitation à son compte. Espérant ainsi échapper à l’engrenage de la violence raciale, il tente alors de mettre en application ses idéaux de justice sociale et humaine.
En savoir +

Henning Mankell, Comédia infantil, Éd. Points, 2005

« Le ciel était dégagé après les violentes pluies et la lune était pleine le soir où je posai Nelio sur le matelas sale. Là où à l’aube, neuf jours plus tard, il allait mourir. » Une nuit, dans une ville africaine, un homme est assis sur le toit d’un théâtre et contemple la ville à ses pieds. Il se remémore l’histoire que Nelio, l’enfant des rues, lui a confiée au cours des neuf nuits qui lui restaient à vivre. Qui est cet enfant âgé de dix ans qui détient déjà toute la sagesse d’un vieil homme? Pourquoi a-t-on voulu le tuer? La guerre civile fait rage. Nelio est le seul rescapé de la mise à sac de son village. Après une période d’errance, il finit par gagner la grande ville et il rejoint un groupe d’enfants des rues avec lesquels il affronte la misère, la faim, l’intolérance. Face à la barbarie, Nelio oppose la poésie et la générosité et se laisse guider par l’imaginaire.

Henning Mankell, Le cerveau de Kennedy, Éd. Points, 2010

Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l’énergie du désespoir et une obstination d’archéologue, elle va tenter de reconstituer, fragment par fragment, les dernières années d’une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d’Henrik, qu’elle est allée chercher au fin fond de l’Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d’inquiétantes zones d’ombre. Pourquoi Henrik s’intéressait-il tant au cerveau du président Kennedy, disparu lors de son autopsie? Pourquoi avait-il un appartement clandestin à Barcelone? D’où provenaient les grosses sommes d’argent dont il disposait? Que faisait-il au Mozambique dans un mouroir pour malades atteints du sida? Quand Aron disparaît brusquement sans laisser de traces, Louise comprend qu’elle est aux prises avec des forces occultes qui la dépassent.Au bord du gouffre mais plus déterminée que jamais, elle se laisse conduire par ses pas jusqu’au cœur de l’Afrique. Une vérité effroyable l’y attend. À travers ce thriller palpitant et lucide, Henning Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida.

Henning Mankell, Tea-Bad, Éd. Points, 2008

Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l’Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s’ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leïla est arrivée d’Iran alors qu’elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg où elles ont échoué par hasard. Pendant ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlin, qui attend l’inspiration en surveillant son bronzage et le cours de ses actions en Bourse, tente d’échapper à la tyrannie de sa petite amie et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leïla, c’est le choc. Il découvre l’existence d’une Suède inconnue, clandestine, comme un double  » en négatif  » de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner leurs expériences à ses propres fins. Mais les jeunes filles n’ont pas dit leur dernier mot… Dans le nouveau roman de Mankell, comédie et tragédie se donnent la main : tour à tour drôle et grave, dérisoire et engagée, cette histoire pleine de rebondissements et de larmes est un conte inspiré du XXIe siècle et un hommage vibrant à des héroïnes bien réelles.

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Points, 2005

Scanie, avril 1992. Louise Akerblom, agente immobilière et jeune mère de famille, disparaît dans des conditions mystérieuses. Pendant ce temps, en Afrique du
Sud, un groupe d’Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre une importante figure politique. Quelques jours plus tard, le corps de Louise, le front troué d’une balle, est repêché dans un puits. L’inspecteur Wallander et son équipe enquêtent. Mais le passé de la victime est limpide et les recherches piétinent. C’est alors que les policiers découvrent près des lieux du crime le doigt tranché d’un homme noir. Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à un autre bout du monde ? Wallander en sait peu sur l’apartheid ou sur la situation internationale. Et il ignore la relation qui peut exister entre l’ex-KGB et les nationalistes blancs d’Afrique du Sud. Cette fois, ce n’est plus le sort de quelques individus qu’il a entre ses mains, c’est le destin d’une nation.

Henning Mankell, Le roman de Sofia, Éd. Flammarion, 2011

C’est l’histoire d’une jeune Africaine – Sofia – et d’un pays en proie à la guerre civile – le Mozambique – qu’évoque ici Henning Mankell. Rythmé en trois temps et inspiré de faits réels, ce roman offre des pages lourdes de malheurs. Depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, Sofia sera confrontée à d’effroyables épreuves. Son père sera assassiné, sa sœur Maria perdra la vie en sautant sur une mine, elle-même perdra ses deux jambes dans l’explosion tandis que sa jeune sœur Rosa sera victime du sida. Pas de répit pour la petite fille comme pour la femme volontaire et courageuse qu’elle deviendra. Évidemment le poids des épreuves entamera de temps en temps son moral, mais elle poursuivra son chemin, même si elle «?se posait beaucoup de questions. Elle se demandait pourquoi on l’avait obligée à entrer dans ce monde où il n’y avait que des morts.?» L’écriture est simple, les phrases sont courtes?; des dialogues plutôt rapides apportent une certaine fluidité à l’ensemble. Le roman n’est pas vraiment bouleversant, on reste à distance des personnages. Mais le récit a la force du témoignage et rend bien compte de la misère des plus démunis en Afrique.

Henning Mankell, Le fils du vent, Éd.Points 2005

En 1875, Hans Bangler, jeune entomologiste, quitte la Scanie pour le désert du Kalahari. Il pense y dénicher un insecte rare, mais c’est un enfant orphelin qu’il ramène en suède. Objet de curiosité et de répulsion, le petit Daniel ne rêve que d’apprendre à marcher sur l’eau pour aller retrouver son désert et ses ancêtres.

.

.

En savoir + sur Henning Mankell et l’Afrique
Ce qui me récolte (Bibliobs)
L’Afrique m’a rendu un meilleur européen (Algéria ISP)

Librairie des peuples noirs à Yaoundé (Cameroun)

http://www.librairie-peuples-noirs.com/

Libar M. Fofana, L’étrange rêve d’une femme inachevée, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2012

«Leur quête d’identité était en réalité une quête de place. Quelle place ai-je dans ce monde? Se sentant rejetées, elles se rapprochèrent l’une de l’autre. Face à ceux qui les excluaient, elles s’unirent à nouveau pour résister. Cette alliance tacite modifia la nature de leur lien. Il devint protecteur. Ce besoin vital qu’elles avaient l’une de l’autre s’avéra à la longue une souffrance. Car, là où elles cherchaient à s’émanciper et à affirmer chacune son identité, elles se retrouvèrent enchaînées à un destin commun.»
Mais la beauté de Hawa, son corps presque normal lui valent très tôt des commentaires flatteurs et une bienveillance dont est privée Toumbou («Asticot»), sa plus que jumelle, perçue comme un monstre. Ce tourment muet se transforme peu à peu en haine. La première rêve d’amour, la seconde, de devenir ministre. Or, comment avoir chacune une avenir propre tout en étant charnellement attachée à l’autre par une nature tragique et facétieuse? La douloureuse route commune de deux sœurs siamoises pourra-t-elle s’ouvrir un jour sur deux destins particuliers?

Vamba Sherif, Borderland, Éd. Métailié, 2012

Un jour écrasant de la saison sèche, un homme vêtu d’un costume trois pièces descend d’un car dans la grand-rue de la ville frontalière de Wologizi. L’étranger, William Soko Mawolo, arrive de Monrovia pour mener une enquête secrète sur la disparition du chef local.
Dès la première nuit, il est effrayé par des bruits infernaux et inexplicables qu’il semble être le seul à entendre. Il est dérouté par l’attitude des gens de Wologizi qui l’aident et l’égarent à la fois : le vieux Kapu, le nouveau chef, ses femmes, en particulier la plus âgée, Hawah Lombeh, qui se glisse dans son lit, le caporal Gamla, chef de la police, le Libanais, mémoire de la ville, Seleh le menuisier, amant de Makemeh la belle et insaisissable fille du chef disparu, qui l’attire et le repousse.

Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine, Éd. Actes sud, 2012

Obama est issu d’une lignée de féticheurs, mais il refuse cette transmission, en se débarrassant d’un objet sacré à la mort de son grand-père. Il quitte le Cameroun pour Strasbourg où il devient professeur de philosophie. Mais un jour, le souvenir de sa culpabilité refait surface.
« Aller au pays de Montaigne, de Chateaubriand et de Rimbaud m’intéressait moins que la perspective de fuir cette terre mienne, et ces liens inextricables. Ainsi, traverser les océans et, par ce geste, la mémoire honteuse de tout un continent, tout ensemble anticipait et amplifiait ma volonté de n’avoir plus jamais d’obligations vis-à-vis de personne – ma famille comprise. Je m’étais même demandé si ce n’était pas mon double spirituel qui avait prié la nature de m’éloigner, de me porter vers ce pays où il n’y a pas d’arbres, où les hommes sont sans ombre, où le bitume recouvre partout la terre, où les morts ont froid, mais où tous les Africains rêvent d’aller un jour. » Petit-fils de féticheur, Africain de culture animiste, le narrateur de ce livre – l’enfant au nom d’oiseau – a refusé le sac totémique de son aïeul. Transmis comme un oracle, l’objet fut immédiatement enterré et le silence gardé. Sacrilège ou terreur, cet acte s’inscrit en transparence sur le destin de ce jeune homme choisi pour tutoyer les dieux. Ainsi se déploie le récit poétique d’un rêveur d’ailleurs, d’un être qui un jour retrouve, en lui, la mémoire.

Monique Rivet, Le Glacis, Éd. Métailié, 2012

« Le Glacis, au nord de la ville, c’était une grande avenue plantée d’acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. Une frontière non officielle, franchie par qui voulait et gravée pourtant dans les esprits de tous comme une limite incontestable, naturelle, pour ainsi dire, à l’instar d’une rivière ou d’une orée de forêt.
Le temps où j’ai habité la ville était le temps de cette violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d’un intitulé pudique : les « événements », quand l’homme de la rue disait : la guerre. La guerre d’Algérie.

.

.

Driss Chraïbi, L’âne, Éd. Gallimard (folio), 2012

Dans un monde en transformation, un homme s’éveille à la vie de ses semblables. Il s’appelle Moussa. Il troque son âne et sa vieille lame de couteau contre une trousse moderne de coiffeur ambulant, et ainsi s’engage dans l’avenir. Longtemps, l’âne solitaire le poursuit de ville en ville, en brayant, jusqu’au jour où il se jette sous le train qui emmène son maître. Les années passent, Moussa n’a pas encore compris dans quel monde il s’est réveillé, ni pourquoi. Un jour, il retrouve une jeune Marocaine des Jeunesses féminines, elle a connu Moussa et son âne. Comme lui, elle a cru à un « changement » et elle a disposé d’elle-même avec ivresse. Mais finalement on la marie de force et elle se précipite dans le fleuve. L’âne avait raison. Moussa ne sera plus seulement spectateur de tant de violence, de l’hystérie des foules. Il se découvre une mission. Moussa est-il en train de devenir une espèce de Moïse moderne ? Ce livre est une sorte de commentaire aux événements qui déchirent aujourd’hui l’Afrique du Nord.

Eric Fottorino, Coeur d’Afrique, Éd. Gallimard (Folio), 2012

«Pourquoi Larieux n’avait-il pas pensé à lui plus tôt? Il composa les premiers chiffres de son numéro, mais raccrocha. Il savait bien ce qui le retenait. Koler ne pouvait pas écrire. Plus exactement, il était incapable d’écrire sous le coup d’une émotion. Or, l’Afrique, ce n’était que ça : de l’émotion.»
Lorsque le jeune reporter Julien Koler pose les pieds au Bangara, il ne connaît rien de l’Afrique ni des raisons qui ont conduit Larieux, le baroudeur infirme, à l’envoyer sur des traces anciennes. Guidé par son instinct, il s’enfonce vers le Nord, là où semble se jouer le destin d’un peuple. La surprise qui l’attend va le confronter à la seule question qui vaille : l’homme blanc mérite-t-il une place en ces lieux?
Dans ce roman, hommage au journalisme, Éric Fottorino conjugue les forces et les couleurs d’un continent pour nous offrir une inépuisable source de vie : un «cœur d’Afrique».

Adaobi Tricia Nwaubani, Je ne viens pas à vous par hasard, Éd. Presses De La Cite, 2011
Mon ami(e),
Je ne viens pas à vous par hasard. Dans ma quête d’une oreille attentive, on m’a recommandé de vous écrire. Comme vous le savez, les temps sont durs au Nigeria. Agé de vingt-cinq ans, je dois, depuis la mort de mon père, subvenir aux besoins de ma famille. Mais malgré mon diplôme, je ne trouve pas d’emploi. Pour couronner le tout, ma petite amie, fatiguée d’attendre le mariage de ses rêves, vient de me quitter. Alors j’ai décidé de me tourner vers mon oncle Boniface, alias Cash Daddy. Il n’est pas très cultivé, ni très raffiné, mais c’est un homme puissant et respecté dans la région. Il m’a proposé de me lancer dans le 419, vous savez, ces e-mails d’appel à l’aide dont le but est d’extorquer des fonds à des étrangers crédules. Sans doute en avez-vous déjà reçu vous-même ? J’ai beau être un garçon honnête, je me suis aperçu que j’avais un vrai talent pour la cyberarnaque. Et que cela était très lucratif. ?Mon ami(e), je vous le demande, prenez le temps de me lire et de découvrir mon histoire. Je suis sûr qu’elle ne manquera pas de vous amuser, et peut-être même, parfois, de vous émouvoir… ?Votre très dévoué Kingsley

Sayouba Traoré, Belle en savane, Éd. Vents d’ailleurs, 2011
La coutume, c’est la coutume. Et une femme malade du sida est une femme coupable…
Il pleut sur Sindou, il pleut sans discontinuer et il faut bien chercher une raison à cet état de choses inhabituel. Quand la jeune épouse, Sita, perd ses forces d’une façon inexpliquée, il faut là aussi trouver une raison à cette chose étrange. Les rivalités entre les familles, l’incompréhension face au sida, l’angoisse et la bêtise pèsent lourd sur les épaules de la jeune femme.
Objet de tous les racontars, Sita, altière face à la rumeur, décide de devenir une douce rebelle construisant son destin. Coeur perdu persistant à rêver de grand amour, elle est bien déterminée à vivre, même contre la tradition, même contre la lâcheté et le mépris des hommes.
« La coutume, c’est la coutume. Les canons du conquérant européen ont fait taire les querelles ancestrales. Les rivalités entre clans restent là, qui structurent l’existence. L’école du Blanc ouvre les têtes. Mais la grande initiation ne saurait s’éteindre. Jésus, Marie, Mahomet, le bois sacré, le savoir des fonctionnaires, l’enseignement des vieilles, cet immense kaléidoscope fait désormais l’humain. Les vérités se valent. Les rencontres sont difficiles. Et le sida : mal mystérieux frappant le tabou suprême. Sita promène sa jeunesse dans les rues de Sindou. Une vie à l’abri de la coutume. Une jeunesse sous la protection des anciens. La maladie se déclare. Et la vie est mélangée. Plus personne ne comprend rien. On sait seulement que la femme est coupable. Culpabilité femelle qui n’a même pas besoin d’être démontrée.
Si la poutre est pourrie, la maison vacille. Et le jour hésite. Une sombre affaire. Qui réveille les rages antiques. Qui enseigne des angoisses nouvelles. Qui amplifie les bêtises des hommes.
Sita, objet de tous les racontars, altière aux prises avec la rumeur, désormais douce rebelle construisant son destin. Un cœur perdu persistant à rêver de grand amour. »

Albert Russo, Léodine l’Africaine, Éd. Ginkgo, 2011
Ce livre raconte l’enfance et l’adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend adolescente que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde. Mais peut-on changer « qui l’on est » ? Albert Russo est l’écrivain par excellence du métissage. Nous allons du Noir au Blanc, de l’homme à la femme, de l’Afrique à l’Amérique du Nord. Il nous fait réfléchir sur nos origines. La description qu’il fait du Rwanda et de la région des Grands Lacs incite à la réflexion. Nous la connaissons surtout aujourd’hui pour les massacres qui ont eu lieu entre Hutus et Tutsis. Russo nous parle d’un paradis perdu, là où nous nous souvenons de l’enfer Toute la beauté du Congo dans un tourbillon d’odeurs, de jeux de lumière, de sensualités qui vous entraînent avec une force incompréhensible pour celui qui n’a jamais foulé le continent africain. Avec Léodine l’Africaine, Albert Russo revient sur le terrain de son enfance et nous livre une très belle réflexion sur l’Afrique des années 50 et sur le sens des origines.
Lire un extrait

Khaled Osman, Le Caire à corps perdu, Éd. Vents d’ailleurs, 2011
Un Égyptien installé depuis longtemps en Europe décide, après plusieurs années d’éloignement, d’effectuer un retour au pays. Peu après son arrivée au Caire, cependant, un choc lui fait perdre connaissance et à son réveil, il découvre avec horreur que sa mémoire est entièrement brouillée. Dépossédé de pans entiers de son identité, il trouve un soutien chaleureux auprès de Sett Baheyya, la tenancière de la pension où on l’a recueilli, et de ses pensionnaires.
Avec leur aide et celle d’autres personnes rencontrées en chemin, il entreprend une véritable enquête pour retrouver sa personnalité, mais ses découvertes ne font qu’épaissir le mystère. Curieusement, ses souvenirs les plus précis sont ceux qu’il a gardés des lectures qui ont marqué sa sensibilité…
Le livre offre une vision peu connue du Caire, une ville effrayante, terriblement vivante et attachante, une certaine frénésie urbanistique, l’intrication des rapports sociaux, les difficultés économiques qui n’empêchent pas un lien social chaleureux.
Il décrit des lieux devenus emblématiques (la place Tahrir) et certains phénomènes comme la paranoïa du régime, la place de la religion dans la vie quotidienne… Écrit un an avant l’éclatement de la révolution du 25 janvier 2011, il donne à voir et à sentir les ingrédients qui ont mené à celle-ci.

Muriel Diallo, La femme du blanc, Éd. Vents d’ailleurs, 2011
Ils m’appellent tous Beautiful… La femme du Blanc
Astaï, petite-fille de la femme du Blanc, essaie de percer le secret des rumeurs qui ont bercé son enfance. « La femme peule… Recouverte de son voile fin comme d’un ensemble de non-dits, elle a soudain surgi de terre. On a tout de suite raconté qu’elle était l’amie de tout ce qui porte un venin… »
Suivre la vie de sa grand-mère que tous appellent « Beautiful » l’emmène d’un endroit à un autre, la fait changer de continent. Tout en creusant son histoire familiale, elle fait la connaissance de Marie-Honnête – SDF et marionnette abonnée au même carré de goudron depuis vingt-cinq ans –, de Tao, Joséphine, Georgia, Mamie Fantasme, Térésa et d’autres « sœurs ». Des sœurs qui ne lui ressemblent pas tant que ça.
Des rencontres étonnantes, bouleversantes et sans fards avec ces femmes oubliées qui poursuivent encore et toujours des rêves trop grands, parfois trop lourds à porter.
Un premier roman publié d’une auteure ivoirienne installée à Paris. Un texte d’une grande finesse et très attachant. De la verve, de la truculence, de l’humour et beaucoup d’émotion émanent de cet ouvrage.

V S Naipaul, Le masque de l’Afrique : Aperçus de la croyance africaine, Éd. Grasset, 2011
« Seule la vérité me porte, et l’immense curiosité que j’ai pour les autres », écrivait un jour Naipaul.Dire la vérité, cela a toujours été le mot d’ordre de cet écrivain-voyageur, né dans une ancienne colonie britannique, et descendant d’une famille d’immigrants de l’Uttar Pradesh en Inde.Dans Le masque de l’Afrique, où il passe en revue l’Ouganda, le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Gabon et l’Afrique du Sud, Naipaul infléchit sa méthode : moins enquêteur, plus intuitif, se laissant porter par le flot d’émotions et d’images, d’une case de magicien à un palais de roi, derrière l’absolue pauvreté et le chaos, Naipaul cherche les racines de la spiritualité profonde de l’Afrique.La sorcellerie, le paganisme, la polygamie, le métissage des religions avec le christianisme, la survivance d’un monde ancien tissé de vives croyances et peuplé de dieux, tout cela défile dans le livre magnifique.
Suspendant toute incrédulité, Naipaul vise entre l’essai d’anthropologie et la littérature. Il donne à voir l’humain.


Deuxième série de la rentrée littéraire : les livres au format poche. Une bonne occasion de (re)découvrir des titres publiés l’année passée. (Lecture à Angongué. Photo Anne Cillon Perri)

Didier Daeninckx, Galadio, Éd. Gallimard ( Folio), 2011
Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. À un détail près : sa peau est noire…
Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d’occupation chargées de veiller à l’application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d’un bref amour avec une jeune Allemande.
Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu’Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer, dans l’entre-deux-guerres, comme la « honte noire », symbole de l’avilissement délibéré du sang aryen par les occupants. Leur sort ne sera en général guère plus enviable que celui des Juifs.
Ulrich, pour sa part, va connaître un destin inattendu et mouvementé, et découvrir une autre facette de son identité : Galadio.
Comme toujours, Didier Daeninckx s’appuie sur une documentation très fouillée pour éclairer un aspect méconnu de l’histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible des Allemands métis dans un pays emporté par le délire nazi. De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu’aux rivages du Sénégal où se déroulent les premiers combats entre pétainistes et gaullistes, Ulrich apprend à connaître les hommes.

Jean-Christophe Rufin, Katiba, Éd. Gallimard ( Folio), 2011
Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L’attaque est signée « al-Qaida au Maghreb islamique », dont tout laisse à penser que les partisans veulent aller beaucoup plus loin et rêvent de frapper la France au cœur. L’événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements du monde entier. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay apparemment sans histoire, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d’une opération d’envergure inédite. Quels liens cette Française à l’élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman ? C’est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement. Complice, victime ou agent double, Jasmine incarne le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous.

Francis Zamponi, Le boucher de Guelma, Éd. Gallimard ( Folio policiers), 2011
Arrêté lors d’une escale en Algérie, Maurice Fabre est inculpé de génocide et crimes contre l’humanité. Ancien sous-préfet de Guelma, petite ville de l’Est algérien, il est accusé d’avoir ordonné et perpétré les tristement célèbres « massacres de Guelma » en 1945 : lors des célébrations du 8 mai, des émeutes nationalistes éclatèrent et furent réprimées dans le sang, faisant de nombreuses victimes parmi les Européens comme parmi la population musulmane.
Plus de soixante ans après ces événements, Maurice Fabre accepte de répondre à la justice algérienne et se replonge dans les heures sombres de la France coloniale. Bien embarrassé par cette arrestation au moment où les relations entre les deux pays semblent s’apaiser, le gouvernement français tente de le faire passer pour un vieillard gâteux. Mais Fabre a prévu de dévoiler toute la vérité…

Mohammed Aïssaoui, L’affaire de l’esclave Furcy, Éd. Gallimard (Folio), 2011
«Le 16 mars 2005, les archives concernant « L’affaire de l’esclave Furcy » étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidories – illustrait une période cruciale de l’Histoire.
Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy, un esclave âgé de trente et un ans, qui, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décida de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.
Après de multiples rebondissements, ce procès, qui a duré vingt-sept ans, a trouvé son dénouement le samedi 23 décembre 1843, à Paris.
Malgré un dossier volumineux, et des années de procédures, on ne sait presque rien de Furcy, il n’a laissé aucune trace, ou si peu. J’ai éprouvé le désir – le désir fort, impérieux – de le retrouver et de le comprendre. De l’imaginer aussi.»

Hisham Matar, Au pays des hommes, Éd. Points, 2011
Est-ce bien Baba, caché derrière des lunettes noires, qu’il a aperçu ? Suleiman est troublé : son père, que l’on dit en voyage d’affaire, a traversé la place en l’ignorant. En cet été 1979 à Tripoli, les événements lui échappent : un proche de son ami Karim est emmené violemment par des inconnus. Et que veulent ces hommes qui fouillent sa maison ? Pourquoi sa mère brûle-t-elle tous leurs livres ?
Né à New York de parents libyens, Hisham Matar a passé une partie de son enfance à Tripoli et au Caire. Au pays des hommes est son premier roman. Il a figuré dans la dernière sélection du Booker Prize.
« Un puissant roman politique et une tendre évocation des conflits humains ? l’identité, le pardon, l’amour. »
The Observer

J. M. Coetzee, L’Eté de la vie, Éd.. Points, 2011
Le célèbre écrivain J. M. Coetzee est mort. En recueillant le témoignage de ses proches, un universitaire établit sa biographie posthume. Amant indésirable, enseignant sans charisme, homme distant et peu sociable : le portrait n’est guère flatteur. En imaginant ce qu’on dirait de lui une fois disparu, John Coetzee dévoile son mal-être et une formidable méditation sur la condition humaine.
Né en 1940, J. M. Coetzee a reçu le prix Nobel de littérature en 2003. Il a écrit deux autres récits autobiographiques : Vers l’âge d’homme et Scènes de la vie d’un jeune garçon, disponibles en Points.
« Un autoportrait virtuose, qui entremêle le vrai et le faux, l’autobiographie et le roman. Magistral. »
Télérama

Abdellah Taïa, Le Jour du Roi, Éd. Points, 2011
À la vie, à la mort. Khalid et Omar, deux enfants de Salé, sont les deux moitiés d’un même fruit. Pourtant, tout les oppose. Khalid le riche, Omar le pauvre. Lorsqu’on a l’âge de courir dans les dunes jusqu’à en perdre la tête, l’argent et les différences sociales n’existent pas. Cette fragile insouciance ne résistera pas à la visite du roi Hassan II.
Abdellah Taïa est né à Salé (Maroc) en 1973. Il vit à Paris où il prépare un doctorat en lettres. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment L’Armée du salut et Une mélancolie arabe, disponibles en Points.
« Le lyrisme dépouillé d’Abdellah Taïa épouse parfaitement le tragique de la situation. »
Le Nouvel Observateur

Anouar Benmalek, Le Rapt, Éd. Livre de poche, 2011
Confronté aux violences qui secouent l’Algérie, Aziz se veut détaché et caustique, seule façon pour lui de se protéger. Mais, lorsque sa fille de quatorze ans est enlevée, il comprend que l’ironie ne lui sera d’aucun secours. Le ravisseur contacte la famille et menace sa victime du pire si la police est prévenue. De toute façon, qui aurait envie de s’en remettre aux autorités algériennes ? Aziz peut-il alors compter sur Mathieu, le beau-père de sa femme, un Français dont le passé pendant la guerre d’Algérie est plutôt trouble ?
Le souffle de la colère gonfle les pages de ce dernier roman. De la première à la cinq centième page, […] il enveloppe le lecteur, le bringuebale à travers différents temps et espaces pour le laisser groggy, l’estomac encore noué, un goût d’amertume au fond de la gorge. Et pourtant… on serait presque tenté d’en redemander. Jean-Pierre Han, L’Humanité.

Candi Miller, Le sel et le miel, Éd. J’ai lu, 2011
1958.
Alors que l’apartheid règne en Afrique du Sud, la jeune Koba, onze ans, membre d’une tribu nomade du Kalahari, assiste au meurtre de ses parents par deux chasseurs blancs. Recueillie par Marta et Deon, un couple d’Afrikaners, Koba s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie, tout en ayant conscience qu’elle est source de conflit entre les époux, dont les opinions divergent sur l’éducation à lui donner. Mannie, leur fils, éprouve d’abord un sentiment de culpabilité à l’égard de Koba, qui n’empêche pourtant pas une amitié de naître entre eux, jetant un pont fragile par-delà les différences raciales.
Mais la réalité les rattrapera lorsque cette amitié – qui s’est au début forgée grâce au troc :  » Je te donne du sel ; tu me donnes du miel  » – se transformera en amour… Pour rédiger ce roman, comparé outre-Manche à ceux de Karen Blixen et de Nadine Gordimer, Candi Miller a passé de longues semaines dans le désert du Kalahari, à la rencontre de ses habitants, afin de s’imprégner de leur culture. Un texte dont l’écriture sensible et poétique fait ressentir le charme envoûtant de l’Afrique.

Belle rentrée littéraire 2011 avec en prime deux romans des ami(e)s Marc et Léonora. Les lectures de cette fin de semaine auront un air du Kamer. (où cette mamiwata peinte sur un rocher d’une plage de Kribi semble guetter le voyageur intrépide… photo BEB)

Marc Trillard, Les mamiwatas, Éd. Actes sud, 2011
Alors qu’un climat d’insurrection s’étend sur le Cameroun, le directeur de l’Alliance française de Buea, cloîtré chez lui, face à la mer et ses créatures délétères (les mamiwatas), boit la coupe de deux ans de désenchantements : sa scabreuse addiction de quinquagénaire aux charmes d’une trop jolie menteuse locale ; l’illusion d’échapper au passif des amours/haines coloniales ; et l’agonie (programmée en haut lieu) de l’Alliance française qu’il dirige – fruit pourrissant de siècles de présence française en Afrique. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

Lire ou écouter un extrait

.

Léonora Miano, Ces âmes chagrines, Éd. Plon, 2011
Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancoeur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui.
Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même…(le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

José Eduardo Agualusa, Barroco tropical, Éd. Métaillé, 2011
Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime. ?Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction. ?Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

Mia Couto, L’accordeur de silences, Éd. Métaillé, 2011
« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.?Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement “l’Autre-Côté”. »?Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.?Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Nadifa Mohamed, Black Mamba Boy, Éd. Phébus, 2011
Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe.

Yasmina Khadra, L’équation africaine, Éd. Julliard, 2011
Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu’au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l’aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d’affaires versé dans l’humanitaire, lui propose de l’emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d’une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l’angoisse de sa captivité. Une détention à l’issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c’est le début d’une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c’est aussi pour Kurt le début d’une grande histoire d’amour.
En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions – tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d’un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s’ouvrir à la réalité d’un monde jusqu’alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d’un continent livré aux pires calamités.
Lire ou écouter un extrait

Khadi Hane, Des fourmis dans la bouche, Éd. Denoël, 2011
Gratteurs d’écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d’un camion, hommes à tout faire d’un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l’hydroquinone censés procurer aux nègres l’éclat d’une peau blanche, la leur ne faisant plus l’affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout…
Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis.
Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu’aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l’injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus.
Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d’une femme africaine en France.

Fouad Laroui, La vieille dame du riad, Éd. Juillard, 2011
Comment partager son espace avec quelqu’un qui vous est totalement étranger ? Telle est la question !
À travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle.
Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s’installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu’ils viennent d’acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l’agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu’elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d’un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n’est prête à l’accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?… mais pour faire quoi ?… La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n’ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l’accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l’intimité de ce couple plein de bonnes intentions.
Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s’interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.
Écouter un extrait

Boualem Sansal, Rue Darwin, Éd. Gallimard (blanche), 2011
« Je l’ai entendu comme un appel de l’au-delà : « Va, retourne à la rue Darwin. »
J’en ai eu la chair de poule.
Jamais, au grand jamais, je n’avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s’était déroulée mon enfance. »
Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.
Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s’est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui.
Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend… Rue Darwin est le récit d’une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l’Algérie peine à sortir.

Noël Nétonon Ndjekery, Mosso, Éd. Infolio, 2011
Dans un Tchad miné par l’impunité, Dendo, une veuve refuse la diya, compensation qu’on veut lui verser pour la mort de son mari. Par contre, elle veut savoir pourquoi et par qui celui-ci a été tué. Pour mener cette quête onéreuse, elle va devoir se prostituer et s’adonner à la contrebande avec l’Europe. Cependant, elle finira, elle-même, en pleine Helvétie, par être ravalée au rang de vile marchandise dans un négoce qu’elle croyait définitivement remisé dans les livres d’histoire : le trafic d’êtres humains.

Deux romans à lire à l’ombre d’un tilleul pour un ouiquende qui s’annonce ensoleillé.

Youssouf Amine Elalamy, Oussama mon amour, Éd. La croisée des chemin, 2011
Un apprenti kamikaze qui s’exerce à mourir avant de rejoindre les anges là-haut, une jeune prosti­tuée follement amoureuse d’un certain Oussama, le rescapé d’un attentat qui se croit au spectacle, un boucher qui ne comprend pas pourquoi on l’accuse du meurtre d’un veau. Dans ce roman à plusieurs voix, Youssouf Amine Elalamy nous raconte, dans un mélange de réalisme, de lyrisme et de fantaisie, l’absurde tragédie de notre temps.
Ecrivain et artiste conceptuel marocain, Youssouf Amine Elalamy est l’auteur de plusieurs ouvrages dont trois romans : Un Marocain à New York, Paris mon bled et Les clandestins (Prix Grand Atlas et Prix Le Plaisir de Lire). Ecrivain francophone, il publie Tqarqib Ennab, un livre en Darija (arabe marocain) et obtient en 1999, le Prix du meilleur récit de voyage décerné par le British Council International pour ses écrits en anglais. Ses livres sont traduits en plusieurs langues et certains ont donné lieu à des projets artistiques tels que l’adaptation musicale de Paris mon bled, l’exposition Miniatures ainsi que l’installation urbaine que l’auteur a lui-même réalisée avec son roman inédit Nomade.


Nicholas Drayson, Le pari des guetteurs de plumes africaines, Éd. des Deux Terres , 2011
Le très réservé et très honorable M. Malik résident de Nairobi, est en secret éperdument amoureux de Mme Rose Mbikwa, qui conduit chaque matin la promenade ornithologique. Alors que M.Malik est sur le point d’inviter Rose au bal annuel du Hunt Club, le très tapageur Harry Khan arrive en ville et laisse clairement entendre qu’il a lui aussi des vues sur Rose. Un pari s’organise : celui des deux qui apercevra le plus grand nombre d’oiseaux invitera Rose au bal.
Mais M. Malik n’est pas si facile à battre. Il use de méthodes tout à fait inattendues avec des expéditions dont il a le secret. L’air de rien, il est bien décidé à gagner le pari des guetteurs de plumes africaines…
Nicholas Drayson est né en Angleterre et vit en Australie depuis 1982, où il a étudié la zoologie avant d’entreprendre un doctorat sur l’histoire naturelle dans la littérature scientifique de l’Australie du XIXe siècle
Lire le premier chapitre