Entries tagged with “Florent Couao-Zotti”.


Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
” Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait. ” Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.

Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.

Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission - retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le ” pagre fumé ” - un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.

Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.

Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des “décideurs de l’ombre” qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou hon­nêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’au­jourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !

Mouna-Hodan Ahmed, Les enfants du khat, Éd. Sépia (Sépia-Poche), 2010
Récit de la vie d’Asli, adolescente djiboutienne, confrontée aux errements de la jeunesse dans une société conditionnée par la consommation du khat, herbe hallucinogène locale. Premier roman.
Il s’agit d’un roman écrit par l’une des seules romancières originaires de Djibouti. Le khat est une drogue que tous les Djiboutiens mâchent dans l’après-midi, anéantissant tout travail et toute initiative. Considéré par beaucoup comme un fléau national, il perturbe aussi bien le psychisme des habitants que l’économie du pays. Cette chronique de la vie quotidienne à Djibouti livre le tableau de cette société gangrènée par par le khat. L’auteure, née à Djibouti conserve néanmoins l’espoir qu’un jour prochain, « les enfants du khat » reprendront le pays en mains et aboliront cette tradition délétère.
En savoir + sur Mouna-Hodan Ahmed

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
En savoir + : Le blog de Florent Couao-Zotti et le blog du livre “la cour du mouton”

Mohamed Leftah, Hawa, Éd. La Différence (Littérature), 2010
À Casablanca, le quartier du Boussbir, lieu des bordels et de la débauche, voit éclore l’amour des jumeaux Zapata et Hawa, fruits de la rencontre d’un soldat américain et d’une prostituée. Liés par une passion incestueuse, monstrueuse, ils grandissent et s’affirment parmi les dealers et les maquereaux qui forment la mafia locale, ces « anges bagarreurs », innocemment cruels, que la plume de Leftah transfigure en héros.
« Qu’il s’agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu’une voix d’une si profonde maturité, d’une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n’a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
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