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Edem Awumey » opoto

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(Librairie à Bamako – vue sur http://www.culture-developpement.asso.fr)

Edem Awumey, Rose déluge, Éd. Seuil, 2012
Venu du golfe de Guinée et transitant par le Canada, le jeune Sambo transporte dans une boîte les « restes » de sa tante Rose (en fait, ses cheveux et ses ongles) que la défunte lui a demandé d’ensevelir à la Nouvelle-Orléans, terre de ses ancêtres.
Rose était une vieille femme un peu givrée qui vivait à Lomé dans ses hallucinations et attendait en vain l’arrivée d’un bateau mythique, le Butterfly. Le roman commence à un arrêt d’autobus de la banlieue d’Ottawa, lorsque Sambo est abordé par Louise, une jeune Acadienne intriguée par sa précieuse boîte dont il hésite à révéler le contenu. En récits alternés, les deux jeunes gens se révéleront l’un à l’autre, aimantés par la similitude de leurs malheurs.
Louise se rend à New York où elle veut entamer une carrière de danseuse. Elle est issue d’un viol : c’est cela qu’elle désire danser et mimer sur les trottoirs de Broadway. A la fin, après une longue scène d’amour d’une grande beauté, dans laquelle les caresses échangées font surgir les fantômes de chacun, Louise décide d’accompagner Sambo jusqu’au terme de son voyage, à la Nouvelle-Orléans.
Edem Awumey est parvenu à un équilibre difficile entre la précision naturaliste et le fil métaphorique. Très touchants, Sambo et Louise sont deux êtres qui vivent dans le sentiment d’un tribut à payer pour redonner un sens au chaos du monde. Livre inspiré, lancinant, habité par un souffle puissant.

<Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil, Éd. Gallimard (continents noirs), 2012
Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien.
Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota  » ethnique  » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi. Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un  » vieux Blanc « , peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé.
Avec passion, il peint à fresques les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines de Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour la jeune vie de l’héroïne, et pour bien d’autres filles Prélude exemplaire au génocide rwandais, le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, fonctionne comme un microcosme existentiel fascinant de vérité, décrit d’une écriture directe et sans faille.
Scholastique Mukasonga, rescapée du massacre des Tutsi, nous donne ici son premier roman, où des jeunes filles à mains nues tentent d’échapper à l’Histoire monstrueuse qui a décimé sa propre famille.

<Doryn Foualem, Imani, La vie de mon village, Éd. Terriciae (Terre du monde), 2012
Ayant connu les échecs, les réussites, le besoin, la suffisance quelquefois les espoirs, les désillusions, les maladies et même les décès, nous avons appris à recevoir des coups, mais aussi à en donner. Connaissant bien la vie à ce jour sous tous ces angles, j’accepte désormais que les choses viennent et s’en aillent : mon cœur est devenu aussi ouvert et réceptif que le monde… Propos innocents, mais pas moins mesurés d’une adolescente née dans un village avec lequel elle avait toujours entretenu des rapports conflictuels. Trop souvent, Imani n’a pas eu le choix. Elle raconte dans des lettres à un jeune réalisateur vivant en ville ce qu’ils ont vécu en tant qu’adolescents et souvent aussi en tant qu’aînés. Livrés à la pauvreté et à la promiscuité de leurs rues, il fallait se soumettre au dogmatisme des traditions tout en enviant la modernité que se rependait ailleurs : il fallait s’adapter au besoin perpétuel tout en sachant que de l’autre côté de leurs frontières, les autres connaissaient le bien-être, il fallait laisser les maladies sévir, parce que les traitements traînaient à arriver…

Awumey Edem, Les pieds sales, Éd. Seuil, 2009
À la recherche de celui qui fut peut-être son père, Askia l’exilé tourne en rond dans Paris, au volant de son taxi, longeant les quais de la Seine où rôdent des skinheads décidés à faire la peau aux hommes de couleur.
Dans la nuit parisienne, Askia et Olia poursuivent des ombres. Le premier est un Télémaque obscur au volant d’un taxi lugubre sur les traces du père. Quant à elle, elle traque avec son appareil photo des figures d’hommes et de femmes sans patrie, des terriens aux pieds sales à force de courir le monde. Comme ces clandestins qui, chaque aube que font les dieux de l’exode, remontent du Sud de leur enfance vers le Nord des errances. De l’Afrique aux rivages européens de Santa Cruz de Ténérife… Des êtres en quête de pain, d’espoir. De terre aussi. Olia pourra-t-elle aider Askia dans sa désespérance ? Et si le dernier salut, le pays ultime au terme de leur périple c’était l’amour dans le regard de l’autre ? Pendant ce temps, les skinheads de la haine se tiennent prêts. A en finir avec celui qui reste l’étranger…
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Awumey Edem, Port-Mélo, Éd. Gallimard (continents noirs), 2006
« La caisse aux gorilles traversa le cauchemar du Port, les rues fantômes, un vieillard et une petite fille se tenaient par la main, la petite fille en larmes sur les traces de la mère violée et découpée plus loin sur un trottoir. Le cauchemar du Port, une séance d’exécution publique en présence d’une foule silencieuse, la troupe qui charge son tir et le condamné qui commence son dernier gospel : Amazing Grace… À la place des vitrines éclatées de la rue Z, des rideaux blancs sur lesquels un passant, un type aussi fou que l’ami Manuel, écrivait : « Quand tu me tiens, Port-Mélo… Je perds le nord et la peau. » J’ai à peine le temps de classer ces images, ranger dans un coin de la mémoire les pneus brûlés, les deux pendus qui gesticulent devant le musée et le croque-mort débordé. Parce qu’il avait du boulot, il avait des corps… »
Sur une côte d’Afrique, une milice cruelle réprime la moindre manif, étouffe dans les gorges la moindre clameur. Manuel, traqué, marche  » à contre-voie « , il tient un précieux carnet des disparus que les autorités voudraient détruire. La mère Cori, sage vieille folle, raconte et attend. La jeune et si belle Joséphine s’offre en un clin d’étoile entre un flamboyant et un wharf rouillé…
Une mosaïque de personnages et tout un peuple jouent leur vie dans une ville et un pays qui effacent l’homme et ses traces, qui met du blanc sur le viol des corps et des rêves. Ici, par la grâce d’une écriture lancinante et émouvante, l’Afrique nous tend le miroir d’un monde à notre image, qui se démembre sous ses masques riant et criant d’inhumaine humanité.
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Edem Awumey est né et a grandi à Lomé, la capitale du Togo. Cet auteur de 32 ans, qui signe ses œuvres de son prénom et dont l’écriture est centrée sur le thème de l’exil, vit aujourd’hui au Québec. Titulaire de deux diplômes de littérature de l’Université de Lomé (1995-2000), il se voit décerner en 2000 une bourse UNESCO-Aschberg qui lui permettra d’être écrivain en résidence à Marnay-sur-Seine, en France. Entre 2000 et 2005, il obtient des diplômes en langues et littérature et en développement culturel à l’Université de Cergy-Pontoise, puis achève son doctorat, dont le sujet — la littérature de l’exil — rappelle l’œuvre de son mentor, Tahar Ben Jelloun.
D’abord auteur de nouvelles, Edem a vécu un moment décisif en janvier 2006 avec la parution unanimement saluée, chez Gallimard, de son premier roman, Port-Mélo, qui a obtenu le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire 2006, l’une des plus hautes distinctions littéraires africaines.