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Mouna-Hodan Ahmed, Les enfants du khat, Éd. Sépia (Sépia-Poche), 2010
Récit de la vie d’Asli, adolescente djiboutienne, confrontée aux errements de la jeunesse dans une société conditionnée par la consommation du khat, herbe hallucinogène locale. Premier roman.
Il s’agit d’un roman écrit par l’une des seules romancières originaires de Djibouti. Le khat est une drogue que tous les Djiboutiens mâchent dans l’après-midi, anéantissant tout travail et toute initiative. Considéré par beaucoup comme un fléau national, il perturbe aussi bien le psychisme des habitants que l’économie du pays. Cette chronique de la vie quotidienne à Djibouti livre le tableau de cette société gangrènée par par le khat. L’auteure, née à Djibouti conserve néanmoins l’espoir qu’un jour prochain, « les enfants du khat » reprendront le pays en mains et aboliront cette tradition délétère.
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Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
En savoir + : Le blog de Florent Couao-Zotti et le blog du livre “la cour du mouton”

Mohamed Leftah, Hawa, Éd. La Différence (Littérature), 2010
À Casablanca, le quartier du Boussbir, lieu des bordels et de la débauche, voit éclore l’amour des jumeaux Zapata et Hawa, fruits de la rencontre d’un soldat américain et d’une prostituée. Liés par une passion incestueuse, monstrueuse, ils grandissent et s’affirment parmi les dealers et les maquereaux qui forment la mafia locale, ces « anges bagarreurs », innocemment cruels, que la plume de Leftah transfigure en héros.
« Qu’il s’agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu’une voix d’une si profonde maturité, d’une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n’a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
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Abdourahman A. Waberi, Passage des larmes, Éd. JC Lattès, 2009
Djibril a quitté Djibouti depuis de longues années. A Montréal, il est devenu un homme neuf : le pays de son enfance n’est plus pour lui qu’une terre étrangère, poussiéreuse, un terrain vague. Employé par une agence de renseignement, il doit pourtant y retourner pour une mission de quelques jours. Djibouti est devenu un enjeu géostratégique majeur : la France, les Etats-Unis, Dubaï, les islamistes se disputent ce morceau de basalte. Djibril n’a que faire de leurs querelles mais il se sent trahi par ce pays né, comme lui, un 17 juin 1977, jour de l’Indépendance. Les plaies s’ouvrent, les fantômes des siens viennent le hanter, son enquête piétine. Chaque jour, il se laisse entraîner sur les chemins dangereux de la mémoire. De sa prison cachée sur les îlots du Diable, au large de Djibouti, Djamal, le frère jumeau de Djibril, né quelques minutes après lui, a appris le retour de son aîné prodigue : il le suit en pensée où qu’il aille, l’interpelle, ne le laisse pas en paix. On ne revient pas impunément sur les traces de son passé.
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Abdourahman Waberi, Passage des larmes (Mediapart)
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