Entries tagged with “Cameroun”.


Ahmadou Kourouma, Les soleils des indépendances, Éd. Seuil (Points), 2006
Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l’indépendance et du parti unique ? L’ancien et le nouveau s’affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire, tandis que passe l’histoire, avec son cortège de joies et de souffrances.
Au-delà de la fable politique, Ahmadou Kourouma restitue comme nul autre toute la profondeur de la vie africaine, mêlant le quotidien et le mythe dans une langue réinventée au plus près de la condition humaine. Dès sa parution en 1970, ce livre s’est imposé comme un des grands classiques de la littérature africaine.
En savoir + avec Africulture

Ousmane Sembène, Les bouts de bois de dieu, Éd. Pocket (n° 871), 2002
Ce roman, qui se déroule du Sénégal au Soudan (le Mali d’aujourd’hui), s’inspire de faits réels: la grève des cheminots du “Dakar-Niger”, ces ouvriers noirs qui, entre eux, s’appellent les “Bouts de bois de Dieu”. Ils veulent conserver les traditions, les lois du clan, les coutumes, mais le progrès - implacable - les pousse. Au long de la ligne de chemin de fer, d’innombrables personnages se croisent et se rejoignent : les Africains qui, tant que dure la grève, ont peur, peur du long silence des machines, et, surpris par ce mouvement, les Européens qui s’appliquent à conserver le prestige de la vieille Afrique. Mais au coeur de ces voix discordantes, de ces âmes déchirées, s’élève un amour de l’homme d’autant plus bouleversant qu’il est lucide. Respecter l’homme n’est pas chose aisée…
En savoir + avec Encres noires

Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence, Éd. Le serpent à plumes, 2003
Nos yeux boivent l’éclat du soleil, et, vaincus, s’étonnent de pleurer, Maschallah ! oua bismillah !….
Un récit de l’aventure sanglante de la négraille - honte aux hommes de rien ! - tiendrait aisément dans la moitié de ce siècle ; mais la véritable histoire des Nègres commence beaucoup, beaucoup plus tôt, avec les Saïfs, en l’an 1202 de notre ère, dans l’empire africain de Nakem, au sud du Fezzan, bien après les conquêtes d’Okba ben Nafi et Fitri. Censuré en France depuis plus de trente ans, étudié dans le monde entier, briseur de tabous, Le Devoir de violence est une œuvre puissante et unique, un roman-culte du continent africain.
Vaste saga historique, il retrace, depuis le XIIIe siècle, la geste des Saïfs, conquérants et maîtres du mythique empire Nakem. Fabuleux prosateur de tous les excès et de tous les crimes, Yambo Ouologuem dit les complexités de l’Histoire de l’Afrique où l’esclavage et la colonisation sont même antérieurs à l’arrivée des Européens qui ne firent peut-être que reprendre à leur compte et en l’amplifiant dramatiquement un système fou qui existait déjà.
Le Devoir de violence a reçu le Prix Renaudot en 1968. ” C’est un brûlot, magnifiquement écrit, une attaque directe et féroce de l’impérialisme et du colonialisme. ” Valérie Thorin, Jeune Afrique
En savoir + avec Le Monde Diplomatique

Mongo Beti, Remember Ruben, Éd.Le serpent à plume, 2001
Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu’il arriva à Ekoumdoum. Et la peine qu’il eut à se faire adopter par le village témoigna que l’époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation. Raflé par les Blancs avec des milliers d’autres, il découvre Fort-Nègre, l’immense ville coloniale, et son pendant noir, Kola-Kola, fabuleux bidonville où il participera à la lutte contre l’occupant blanc. Dans ce roman majeur de la littérature africaine, Mongo Beti, romancier féroce, conte avec ferveur les bouleversements de l’Afrique à la veille des Indépendances.
En savoir + avec Bernard Magnier

Henri Lopes, Le pleurer-rire, Éd. Présence Africaine, 2003
Le Pleurer-Rire est dominé par tonton Hannibal-Ideloy Bwakamabé Na Sakkadé.
Ancien baroudeur devenu Président de la République à la faveur d’un coup d’Etat, il exerce un pouvoir illimité. A travers ce roman, c’est le problème du pouvoir et du contre-pouvoir qui est posé dans toute son ampleur. La violence verbale qui perce au détour de chaque page n’a d’égal que le tragique des situations et des événements qui y sont décrits. Œuvre forte et dense, complexe et lucide, Le Pleurer-Rire fonde son originalité sur sa structure polyphonique, son rythme varié et sa charge d’ironie et d’humour qui justifie son titre.
Mêlant grâce et trivialité, fiction et réalité, citations et parodie, il tente de renouveler l’écriture romanesque qui devient, ici, le lieu où diverses formes de langage s’engendrent les unes les autres, se répondent, s’entrecroisent, s’éclairent, ou se heurtent et finalement s’enchaînent dans un mouvement continu.
En savoir + avec Afrology

Benoît Kongbo, Kitoko Djaz, Éd. opoto, 2010
Des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango (faut pas renier ses origines tout de même). Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguqster sans modération. Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…
Ça commence ainsi : «Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon œil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa (Cameroun).» Et la façon que tu as lap (rit) hein ! C’est la honte même qui a refusé carrément de me tuer. Oui tu as rigoléééé que ta nga Marie Claire a tell : «Sango francisé ô c’est quel nom d’animal même ! Toi le Centro-là tu te prenais pour un Wate (blanc) de l’Afrique centrale toujours en train de faire le nyanga avec le français. Le temps que tu te tuais à watiser comme un gosse de Sarkozy moi je cuisine ma francophonie avec les ndjindja et les ndjassan de mon peuple. Et c’est maintenant tu veux innover dans ce roman un français style sango ta langue maternelle. Ekiééé ! Laisse-nous lap un peu».
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Caryl Ferey, Zulu, Éd. Gallimard (Folio policier), 2010
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Folio), 2010
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points (Points Grand Roman), 2010
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsalharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

Zoé Wicomb, Des vies sans couleur, Éd. 10/18 (Domaine Étranger, n° 4354), 2010
Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n’est qu’apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu’à fait resurgir en elle la photographie d’une femme en première page du journal. Une chose est sûre : Marion est liée à elle d’une manière ou d’une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s’associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l’aidera à replonger, non sans douleur, au cœur des sentiers sinueux de son passé… Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces « ni noirs, ni blancs » durant l’apartheid et dont la puissance romanesque a été saluée par Toni Morrison et J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature.

Kitoko Djaz de Benoît Kongbo va bientôt sortir.
Voici la genèse de sa naissance par courriels interposés…

Opoto
J’ai relu avec plaisir ton article en camfranglais s’accouplant au sango. Je le trouve vraiment très bon. As-tu continué sur ta lancée ?
J’aimerai bien publier pour un prochain livre l’histoire de  Kitoko mais lorsque je pète les plombs je deviens Troukou Traka !
Benoît Kongbo
suis en ce moment au Kamer.
travaille toujours sur ton livre
kitoko djaz il s’intitulera. (3 mars 2009)
Opoto
Alors, en panne d’inspiration ?
Les lecteurs attendent avec impatience Kitoko djaz (26 avril 2010)
Benoît Kongbo
à propos de Kitoko Djaz, c’est le volcan qui va tout gater, tu peux compter sur moi.(5 mai 2009)
Benoît Kongbo
Le travail sur Kitoko Djaz avance… Il me reste en gros deux ou trois chapitres…
Kitoko est un voyage dans ce que j’appelle la domestication de la francophonie. Un véritable travail sur le français des Afriques francophones et ses particularités lexicales. Kitoko n’a rien à voir avec Allah n’est pas obligé, non plus avec Verre cassé… C’est un roman, à mon avis, écrit avec les accents de l’émotion nègre, les sautes d’humeur… c’est le va-et-vient constant entre l’équilibre du sobre et le déséquilibre du soûlard… Difficile de garder le rythme, bref ! (7 juillet 2009)
Benoît Kongbo
Salu Opoto,
Vu k’il è possible que je perde mè clé usb à tou momen,
je t’envoie lè 8 premié chapitres de Kitoko et la version sur laquelle je travaille en ce momen. ti pé déjà lire lè 8 chapitres pour me donné tè z’impression.
on se maîtrise (kom y dize là-ba o Kamer)
Ben (6 août 2009)
Opoto
…deux types debout : un petit blanc rondouillard style colon avec casque et habits blancs comme les colons du début du XX siècle. A coté de lui un grand noir bien musclé, en habits modernes, au sourire malicieux. Il pose son bras sur l’épaule du petit blanc.
Le blanc à l’air tout penaud alors que le black à l’air bien à l’aise. C’est un contre pied à l’imagerie coloniale où le blanc écrasait toujours le noir.
Le livre est un petit roman écrit en camfranglais, plein d’humour et de dérision.
Titre : Kitoko Djaz (c’est le nom du héros).
Qu’en penses-tu ? (13 août 2009)
Piazo
J’étais full occupé en classe cette semaine.
j’ai quand même pu faire quelque chose (31 août 2009)
Benoît Kongbo
voilà comme promis je t’envoie l’intégralité de Kitoko Djaz. (12 septembre 2009)
Piazo
je pensais plus à désaturer les tons de l’images, pour qu’on retrouve plus un coté émotifs
je vous présente cela ce week end et on verra ce que ca donne !
je vous envois de quoi ce week end !(20 janvier 2010)
Piazo
J’ai essayé de garder un look plus artistique que moderne
ça m’a pris plus de temps que prévu, mais je suis fier du résultat.
Cette image (la 1ière de couverture) est en 11×17cm (2 février 2010)
Benoît Kongbo
je trouve très superbe la couv de Kitoko Djaz.
je m’y attendais même pas, je te dis. (3 fevrier 2010)
Benoît Kongbo
(si tu vois bien, vers la fin de Kitoko j’ai écrit des lignes qui retracent déjà mon parcours. ça à la limite tu peux en mettre un extrait à la quatrième de couverture). (26 avril 2010)
Opoto
Si tu penses à d’autres mots tu peux en rajouter quelques uns ; mais pas trop : le lecteur peut aussi faire un effort d’imagination !
Kitoko sortira donc en mai…(26 avril 2010)

En savoir + : découvrir le papier de Benoît Kongbo qui a tout déclanché !

En Afrique francophone, les colonies c’est fini depuis 50 ans. Pour certains elles ont laissé la place aux indépendances. Pour d’autres c’est plutôt la mise en place de la françafrique.

Stephen Smith, Voyage en postcolonie, Ed. Grasset, 2010
Ancien journaliste à Libération, puis au Monde, actuellement enseignant à l’université de Duke, aux États-Unis, et auteur en 2003 du très controversé Négrologie, Stephen Smith publie Voyage en postcolonie. Cinquante ans après les indépendances, que reste-t-il de la France en Afrique subsaharienne ? Plus précisément, qu’ont fait les Africains, depuis qu’ils sont libres de choisir, de ce que l’ancien colonisateur leur a apporté, du Code Napoléon à la baguette en passant par la langue française ? Comment se situent-ils par rapport à la Françafrique, la queue de comète affairiste  de ‘l’ Etat franco-africain’ bâti en 1960 sur les restes de l’Empire ? Fort de l’idée que les ‘postcolonies’ au sud du Sahara ont pris leur destin en main, et qu’elles sont désormais un Nouveau Monde pour la France en raison de l’héritage colonial en partage, Stephen Smith va à la rencontre d’Africains, de la Côte d’Ivoire à la Guinée, au Sénégal et au Mali, puis du Cameroun au Gabon en passant par le Congo, pour ‘voir, comprendre, se faire surprendre’.

Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun - Autopsie d’une décolonisation, Ed. La Découverte (La Découverte/Poche), 2010
Mongo Beti, écrivain camerounais, est connu pour ses romans, notamment ceux des années 1950, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.
Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l’éditeur poursuivi, et l’auteur l’objet de multiples pressions et menaces. Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d’une actualité brûlante à l’heure de l’intervention française au Zaïre.
Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d’Afrique occidentale française et d’Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n’en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France. Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la ” Françafrique “. Une préface inédite d’Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l’histoire mouvementée de ses différentes éditions.

Grégory Jarry , Otto T., Petite histoire des colonies françaises Tome 3 : La décolonisation, Ed.  FLBLB, 2009
En 2006, alors qu’un ministre suggérait d’enseigner les «aspects positifs de la colonisation», Grégory Jarry et Otto T. constatent à quel point ceux-ci sont méconnus. Ils entament alors la série Petite histoire des colonies françaises, afin de rafraîchir les mémoires et rendre intelligibles les enjeux de la colonisation, d’une façon pédagogique et documentée autant que distrayante.
Après deux tomes coloniaux (L’Amérique française puis L’Empire) et une parenthèse uchronique (La Conquête de mars), Grégory Jarry et Otto T. devancent les commémorations des indépendances en 2010 et apportent leur pierre dans la mare de l’identité nationale avec ce troisième tome consacré à la décolonisation, et plus particulièrement aux guerres d’Indochine et d’Algérie.
“Mes chers amis, vous l’attendiez depuis longtemps, j’ai enfin le plaisir de vous annoncer la parution du troisième volume de la Petite histoire des colonies françaises. Ensemble et durant plus d’une heure et demie, nous allons voir par quelles convulsions de l’histoire La France, qui possédait un Empire Colonial de 12 millions de km² en 1914, est redevenu un pays tout à fait normal au début des années 60. Ce phénomène par lequel un peuple décide de se séparer d’êtres humains dont il a conquis les terres et le cœur depuis des dizaines d’années, les historiens auraient pu l’appeler « Drame d’amour ». Finalement, ils ont opté pour «Décolonisation». (…)
En quelque sorte, la Décolonisation fut la privatisation de la Colonisation.”
Le Général de Gaulle
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Petite promenade dans les archives du polar : l’espionnage. Complètement oublié aujourd’hui (hormis quelques ovnis comme John Le Carré ou Olen Steinhauer), ce genre fit les beau jours de certaines maisons d’éditions dans les années 50 à 70. On y trouve quelques romans d’espionnages se déroulant en Afrique dont au moins 4 au Cameroun. Même s’il sont épuisés on trouve encore assez facilement des exemplaires d’occasion sur Soumbala (qui propose une belle sélection, quoique un peu chère, sur le polar et l’Afrique), Price Minister ou encore Chapitre.com.

M. G. Braun, Tuer est mon métier, Ed. Fleuve noir, 1968
M.G. Braun de son vrai nom Maurice-Gabriel Brault (1912-1984) était un écrivain français  de romans d’espionnage et policiers.
Ses romans d’espionnage, aux éditions Fleuve noir, racontent les aventures de l’agent Alex Glenne. Il est l’auteur également de nombreux romans policiers.
En tout, il a écrit 171 ouvrages de 1954 à 1984. On lui doit aussi les personnages de Sam et Sally, héros de la fameuse série télévisée.
Le film Les Caïds tourné par Robert Enrico en 1972 avec, notamment Serge Reggiani, est tiré de son roman L’enfer est au sous-sol.
La IV de couverture de Tuer est mon métier : “Drôle de destin que d’être obligé de poignarder un ami pour le forcer à vous appeler à l’aide. La France tient le poignard et l’ami se nomme Cameroun.
Une mission dont Alex Glenne se serait passé. Jeu d’autant plus dangereux que les mercenaires sont de la partie. Il y a aussi Ruby. Lanson au coeur sincère et Ludmita, une chute de reins qui vous va droit au… ventre.”
En savoir + sur l’auteur

Josette Bruce, OSS 117 : Dernier round au Cameron, Ed. Presses de la cité, 1977
“Débarquant au Cameroun en pleine grève insurrectionnelle, Hubert Bonisseur de la Bath découvre un pays où les syndicats complotent, les militaires intriguent et tous les services spéciaux conspirent.
Quand, en plus, les femmes s’en mêlent, c’est le bouquet !”
Comme toujours dans cette série on sent bien que le héros est blanc. Les populations font de la figuration. C’est plutôt mal écrit et approximatif mais au moins, en lecteur averti, on peut en rire !

Marc Arno, Espions à retardement, Ed. Fleuve noir, 1978
La IV de couverture du roman Les aubes sanglantes (Fleuve Noir, 1965) fournit les éléments biographiques (peut-être fantasmés) suivants :
A quinze ans, Marc Arno (Alias Jean-Pierre Bernier) travaille dans des carrières à Dakar où il s’occupe aussi bien de contrôler les camions que de réorganiser le magasin ou d’effectuer la paye des ouvriers.
A dix-sept ans, bachelier, il est en Allemagne lecteur de français dans un home d’étudiants.
Un échec à Polytechnique, deux années de médecine, un renvoi de Sciences po comme “leur absent le plus assidu”, un diplôme des Hautes Etudes Commerciales, une ceinture noire de judo et des voyages, encore des voyages.
Puis l’armée, comme officier.
La IV de couverture de Espions à retardement : “L’espionnage, neuf fois sur dix reste dans un monde souterrain, inconnu du grand public, étouffé, soigneusement nié.
Puis, comme une bulle remontant à la surface, une affaire éclate brusquement au grand jour et occupe la une de tous Les journaux.
Coup d’Etat, défection d’un agent, liquidation, trahison
Au Cameroun, c’est, comme bien souvent, une avalanche soudaine de cadavres compromettants, sans qu’on sache d’où ils proviennent, pour quelle raison.
La C.I.A., elle s’en doute.Tous, plus ou moins, ont travaillé pour elle de leur vivant.”

Evina Abossolo, Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque, Ed. L’Harmattan (Polars noirs), 1985
Voici l’un des premier polar écrit par un Africain. même si l’édition courante est de 1985, le livre fût terminé le 21 août 1977 à Kribi (Cameroun).
La IV de couverture de Cameroun/Gabon : Le D.A.S.S. monte à l’attaque : “Tout se passa alors vite, comme dans un ballet diabolique aux mouvements synchronisés. A la même seconde où les pieds de l’homme basculé accrochaient la lampe au néon qui éclairait la pièce, plongeant subitement celle-ci dans un noir opaque, le gourdin s’abattait sur la tête de Mahouvé. L’agent du D.A.S.S. crut d’abord recevoir le plafond sur lui. Le plancher se déroba sous ses pieds. Il se sentit aspiré par un trou sans fond.
Puis suivit un concert diabolique de mille carillons aux sons bizarres, lancinants et douloureux.
Puis… rien.”

Le poète Fernando d’Almeida a écrit Didascalies d’un séisme dans l’urgence : le tremblement de terre du 12 janvier a détruit la majorité des bibliothèques du pays.
En posant ses vers sur la feuille il souhaite contribuer au renouveau des équipements de lecture publique en Haïti. Avec les éditions opoto il a choisi de verser ses droits d’auteur à Bibliothèques Sans Frontières afin d’aider à la reconstruction des bibliothèques. Dans la même idées les éditions opoto s’engage à verser la totalité du bénéfice réalisé par les ventes du livre à l’association.

Vous pouvez contribuer à cette action solidaire en achetant le livre dans votre librairie (les éditions opoto sont distribuées par Calibre : chaque libraire peut donc le commander) ou en adressant un chèque de 15 € aux éditions opoto (port compris) : éditions opoto, 17 impasse du Dr Delteil, 17310 St Pierre d’Oléron, France.

Découvrir un large extrait de Didascalies d’un séisme

La CAN à peine terminée voici que se profile à l’horizon la coupe du monde de foot au pays des Bafana Bafana. Pour opoto c’est une bonne occasion de marier football et livre. Ce qui, a priori, n’est pas évident si en plus on veut parler de l’Afrique !

Joachim Barbier, Antoine Derouet, Football made in Afrique, Éd. Actes Sud (Sport), 2010
Depuis les débuts de l’ère coloniale, le football joue un rôle déterminant dans l’histoire de l’Afrique : instrument de transmission de valeurs, puis outil de combat pour l’indépendance, il reste aujourd’hui encore au coeur des luttes politiques. Il est le symbole de la puissance d’une nation sur la scène internationale, mais également le moteur de la mobilisation nationale, servant toutes les causes et affublé de toutes les vertus. La coupe du monde qui se dispute pour la première fois en Afrique en 2010 est l’occasion de se poser la question du football africain dans son ensemble. Cet événement va provoquer une focalisation médiatique qui ne reflétera pas la réalité. Ce livre propose d’apporter des éclaircissements sur la réalité quotidienne de la pratique du football en Afrique. Au travers du parcours de nombreux joueurs, on découvre le phénomène d’esclavage moderne en jeu lors des migrations vers l’Europe, eldorado du football mondial, ainsi que les problématiques liées aux projets d’éducation. Cet essai nous invite à découvrir les dimensions humaine, sociale, économique et politique d’un sport dont les enjeux dépassent largement ceux d’une simple compétition.

Hédi Hamel, Pierre René-Worms, Légende de la CAN, Éd. Tournon, 2008
Revivez les grands moments de la Coupe d’Afrique 2008 au Ghana à travers les photos de Pierre René-Worms. Un ouvrage de 176 pages retraçant aussi, sous la plume de Hedi Hamel, l’histoire de cette compétition qui fait vibrer le monde du football depuis plus d’un demi-siècle. Portraits, émotions, séquences techniques sont au rendez-vous de cet ouvrage, premier volume d’une trilogie qui racontera la planète Afrique foot jusqu’à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

Coupe du monde FIFA 2010 : Afrique du Sud, Éd. Grund (Sport Et Actualité), 2010
Ce petit documentaire qui est annoncé comme le “livre officiel junior” paraitra au mois de mai. Destiné aux jeunes on y retrouvera tous ce qui est essentiel pour suivre la coupe du monde 2010 : les équipes, les joueurs, les matches et bien sûr une foule de renseignements, des chiffres, des images…Bref de quoi régaler le jeune supporter ! A laisser trainer à coté de la télé histoire d’avoir toujours les crampons aux pieds…

Eugène Ebodé, La divine colère, Éd. Gallimard (Continents Noirs), 2004
Chronique de tempétueuses, bouleversantes et rieuses années sportives, voici, après La transmission, le deuxième volet des souvenirs d’Eugène Ébodé, au ras d’un gazon de feu et au cœur des joutes footballistiques du Pays des Crevettes et d’ailleurs. Hommes, femmes, amours et haines rabelaisiennes se retrouvent autour du ballon rond, des joueurs, des dirigeants de club et des supporters. Utopie magique ou réalisme ironique ? La divine colère transporte avec charme et étourdit, surprend et informe le néophyte comme le spectateur averti des arcanes du foot. L’envie d’éclairer le jeu, de le rapprocher de ceux qui n’en connaissent ni les règles ni les rites, rend au football sa dimension populaire et planétaire. Mais l’auteur exprime aussi sa colère contre les appétits de trophée et de victoire. Ils peuvent en effet conduire au sacrifice de vies humaines lorsque passions et excès transforment un stade en crachoir et en cratère de tous les exutoires.

“Quand commence le décompte
Des corps que décomposent les jours
À chaque désolation de l’existence”
Fernando d’Alméida, depuis les rives du Wouri n’est pas resté insensible aux drames de ses frères haïtiens.  Face à l’urgence, il est resté à sa table à composer un long poème : Didascalies d’un séisme est un poème de solidarité avec le peuple haïtien.
Il y a deux jours il m’annonçait par courriel son envie pressente d’écrire un texte d’une soixantaine de pages. Ce matin ce sont 83 textes qui m’attendaient. Avant la publication du recueil aux éditions opoto (ce qui prend plus de temps que l’écriture cette fois ci !) voici un large extrait.

Les premiers dons pour la constitution de la bibliothèque d’Angongué sont arrivés.  23 livres aujourd’hui, cela représente 1% des collections de la bibliothèque. A ce rythme dans 100 jours les étagères seront pleines.
Petit rappel de cette (belle) action de solidarité : Suite à  une résidence d’auteur au Pays Marennes Oléron (mars 2009, lors du festival d’animations littéraires ) le poète camerounais Anne Cillon Perri demande à l’association Mots en fête de l’aider à créer une bibliothèque dans le village d’Angongué. Il se charge de la construction du bâtiment et du mobilier. Mots en fête s’engage à fournir les livres et le petit matériel d’équipement.
L’objectif est de réunir 2100 livres (adultes et jeunesse).
La plaquette de présentation ci dessous donne le détail de l’opération ((le pourquoi du comment, quels livres choisir, qui fait quoi).

Publiez sur Calaméo ou explorez la bibliothèque.

Lecteurs, auteurs, éditeurs, nous attendons vos dons avec impatience !!!

En France : deux adresses pour envoyer votre livre :

SMPMO, réseau des bibliothèques
59 route des allées, BP 85
17 310 St Pierre d’Oléron

éditions opoto
17 impasse du docteur Delteil
17310 St Pierre d’Oléron

Au Cameroun : Contactez Anne Cillon Perri sur :
http://www.anne-cillon-perri.com/
ou pour les connaisseurs à l’Assoumière (Yaoundé)

Vous pouvez suivre la constitution des collections en direct sur bibliopmo, le blog du réseau des bibliothèques du Pays Marennes Oléron.

J’avais il y a quelques temps, dans la toute première version du blog opoto, évoqué le problème du piratage du livre au Cameroun. Mais depuis il semble que l’inventivité pour spolier les auteurs a fait beaucoup de progrès ! L’histoire qui suit est racontée par Marcelin Vounda Etoa, directeur des éditions Clé et qui tient une chronique littéraire (fort intéressante) tous les jeudi dans le quotidien Mutations.

On connaissait les adaptations de romans au cinéma : Les Misérables de Victor Hugo, Une vie de Guy de Maupassant, Thérèse Desqueyroux de François Mauriac, etc. Il faudra désormais s’accommoder d’une invention camerounaise : l’adaptation du roman au roman.
L’adaptation dont il est question (…) opère, au mépris du sens de ce mot et des pratiques en cours dans le champ littérature, c’est un subterfuge qui essaye de changer la paternité d’une œuvre par un jeu de passe-passe malhabile. Au terme cette esbroufe, un jeune auteur est spolié de ses droits patrimoniaux et de ses droits moraux sur une œuvre qu’il a mis quatre ans à écrire.
Les faits :
En 2006, un jeune homme jusque-là anonyme, Alphonse Ngang’hi, publie chez un éditeur basé à Yaoundé, un roman intitulé Billet retour. Il est structuré en six chapitres auxquels s’ajoutent une préface et un épilogue. L’ensemble compte 124 pages. Quelques journaux dont Mutations font la recension de la nouvelle parution. Le 2 octobre 2008, Justin Blaise Akono relève le caractère biographique de Billet retour en affirmant que : «l’auteur s’est incarné en Essomba, puisque les souvenirs de son enfance, ses voyages pour les vacances dans un petit village dans le département de la Haute-Sanaga, ou son parcours académique le démontrent à souhait.» Billet retour est en effet un roman fortement inspiré de la vie et de l’aventure de l’émigration en Russie de son auteur, Alphonse Ngang’hi. C’est ce roman, donc l’histoire est liée à celle de son auteur qui a été repris, contre toutes les règles de l’édition, par le propre éditeur de Ngang’hi sous le titre Comme un singe en hiver , curieusement sous la plume d’un autre auteur : Leudja Alex.
Lire l’intégralité de l’article de Marcelin Vounda Etoa.