Roger Frison-Roche, Reportages africains, (1946-1960), Éd. Arthaud, 2010
1946. Roger Frison-Roche est à Tanger en qualité de journaliste. Pendant quinze ans, ses pas de reporter le mèneront à travers toute l’Afrique du Nord, de Tadjemout, petit village fortifié aux confins de l’immensité saharienne, à l’oasis d’Agadem au Niger ou à Bizerte en Tunisie. Les reportages qu’il rédige durant cette période, principalement pour l’Echo d’Alger constituent l’essence de cet ouvrage inédit.
Loin de s’en tenir à un prosaïque exposé de ses voyages, Frison fait de chacun d’eux une croisade littéraire au service de son appétit d’aventure. Course effrénée à l’or noir en Algérie, récit épique consacré à la mystérieuse princesse Tidjania… Reportages africains dresse un panorama de l’Afrique du Nord qui constitue à la fois un témoignage journalistique unique et un appel au rêve. Ces articles, dont certains ont inspiré les plus grands romans de l’écrivain, comme La Piste oubliée et Djebel Amour, provoquent l’irrésistible envie de bivouaquer sous la lune…

Félix Dubois, Tombouctou la mystérieuse, Éd. Grandvaux, 2010
Tombouctou a longtemps fait rêver l’imaginaire occidental : « la ville aux pavés d’or danse dans le rêve européen « .
Ville du savoir et des richesses, d’encre et de terre, Tombouctou – au Mali – est avant tout la ville de la connaissance, du voyage par excellence. Le but, le point ultime du Sahara, le plus grand désert du monde, dont nul ne revient intact. Le mérite de Félix Dubois est d’avoir retranscrit le chemin vers ce but, dans un texte magistral puisé aux sources de la brousse, de la chaleur et de l’espace. Son style accompli de grand-reporter de la fin du XIXe siècle, fourmillant d’anecdotes vécues, son texte fouillé et documenté lui ont valu alors d’être couronné par l’Académie française.
Ce livre publié en 1897, enfin réédité sous une couverture originale, est un véritable monument de la littérature saharienne.

Albert Londres, Terre d’ébène, Éd. Arléa (Arléa-Poche), 2008
1928, André Gide vient de publier Voyage au Congo et Retour du Tchad, ouvrages dans lesquels il a dénoncé avec vigueur les horreurs et les crimes du régime colonial de la France.
Albert Londres s’embarque pour un périple de quatre mois en Afrique, destination Sénégal, Niger, Haute-Volta (aujourd’hui Burkina-Faso), Côte d’Ivoire… Révolté à son tour par ce qu’il découvre, le grand reporter trouvera la violence et les accents qui conviennent pour en parler. Son livre, Terre d’ébène, suscitera de furieuses polémiques et incitera le gouvernement général de l’AOF à organiser un  » voyage de presse  » afin d’apaiser l’émotion produite par le reportage de Londres.
La presse coloniale, de son côté, se déchaînera, mais la violence ordurière de ses attaques renforcera le succès du livre.

André Gide, Voyage au Congo suivi de Le retour au Tchad : carnets de route, Éd. Gallimard (Folio), 1995
Récit d’un séjour en Afrique équatoriale française (Gabon, Oubangui-Chari (Centrafrique), Tchad et Cameroun)où l’émerveillement devant la nature sauvage se conjugue à l’indignation face au sort des colonisés.
«Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.» Voyage au Congo marque une date dans l’histoire de l’anticolonialisme. De son long périple, André Gide rapporta un réquisitoire contre les exactions systématiques des compagnies de caoutchouc, prêtes à organiser des massacres pour garantir leurs bénéfices. Son témoignage a d’autant plus de force qu’il n’idéalise nullement les Africains et qu’il rend hommage aux administrateurs dévoués et compétents qui croisent son chemin – parmi lesquels un Guyanais promis à un avenir glorieux, Félix Eboué.
Un des premiers réquisitoires contre le colonialisme, bref, mais efficace et réaliste.