Entries tagged with “Alain Mabanckou”.


Fatou Diome, Celles qui attendent, Éd. Flammarion, 2010
Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, Éd. Gallimard (Blanche), 2010
Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d’une dizaine d’années qui fait l’apprentissage de la vie, de l’amitié et de l’amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d’indépendance sous la houlette de « l’Immortel Marien Ngouabi », chef charismatique marxiste. Les épisodes d’une chronique familiale truculente et joyeuse se succèdent, avec ses situations burlesques, ses personnages hauts en couleurs : le père adoptif de Michel, réceptionniste au Victory Palace ; maman Pauline, qui a parfois du mal à éduquer son turbulent fils unique ; l’oncle René, fort en gueule, riche et néanmoins opportunément communiste ; l’ami Lounès, dont la sœur Caroline provoque chez Michel un furieux remue-ménage d’hormones ; bien d’autres encore. Mais voilà que Michel est soupçonné, peut-être à raison, de détenir certains sortilèges…
Au fil d’un récit enjoué, Alain Mabanckou nous offre une sorte de Vie devant soi à l’africaine. Les histoires d’amour tiennent la plus grande place, avec des personnages attachants de jeunes filles et de femmes. La langue que Mabanckou prête à son narrateur est réjouissante, pleine d’images cocasses, et sa fausse naïveté fait merveille.

J-M Coetzee, L’été de la vie, Éd. Seuil, 2010
Après Scènes de la vie d’un jeune garçon et Vers l’âge d’homme, voici le troisième volet de l’entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.
Autobiographie fictive puisque l’auteur confie la tâche d’un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain en gestation dans les années 1970. Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l’aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son coeur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l’universitaire et la maîtresse française s’accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.
Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l’écrivain s’interroge et se cherche. Dans ce récit où se mêlent le comique et le ridicule, la mélancolie et le désespoir, Coetzee se livre avec prudence et dévoile peu à peu un coeur en souffrance sous la cuirasse. Il invite une nouvelle fois le lecteur à une superbe méditation sur la condition humaine.

Léonora Miano, Tels des astres éteints, Éd. Pocket (Pocket, n° 14050), 2010
Amok, Shrapnel et Amandla sont des immigrés africains. Amandla, elle, vient de la Caraïbe. Tous trois ont vu le jour sur des terres lointaines. Ils n’ont pas la couleur des enfants du Nord. Cette différence est leur héritage commun, mais chacun l’habite à sa manière… Amok refuse que sa couleur conditionne son identité. Shrapnel, au contraire, revendique une filiation globale et aspire à l’unité, de l’Afrique aux Amériques. Quant à Amandla, elle croit trouver les réponses aux tourments du présent dans une ancienne mythologie. Chacune de ces voies peut déboucher sur une impasse. Ces astres éteints devront s’ouvrir et abandonner le ressentiment pour briller à nouveau..

Tierno Monénembo, Les crapauds-brousse, Éd. Points, 2010
L’indépendance de leur pays avait donné aux personnages l’espoir d’un avenir meilleur. C’était sans compter Sâ Matraq, qui les gouverne en despote. Les espoirs de développement et de démocratie ont cédé la place à un régime policier, approvisionné par des contrebandiers.
En savoir + : le billet de Mapero sur Wodka
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Sony Labou-Tansi, L’anté-peuple, Éd. Points, 2010
Dadou repousse les avances d’une de ses élèves mais sombre dans l’alcool en pensant à elle. Rejetée, la jeune fille se suicide. Dadou est accusé de l’avoir tuée. La foule en colère tue toute sa famille et l’envoie en prison, d’où il finit par s’échapper. Commence alors une vie d’errance particulièrement difficile.
En savoir + sur Sony Labou-Tansi
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Alain Mabanckou, Black bazar, Éd. Points, 2010
Le narrateur, originaire du Congo, habite Paris depuis plus de quinze ans. Le jour où sa compagne le quitte, il commence à fréquenter le Jip’s, un bar du 1er arrondissement. Il y rencontre des personnages truculents et, se découvrant à leur contact une vocation littéraire, il se lance dans l’écriture pour retranscrire entre sarcasme et cocasserie la folie du monde qui l’entoure.
En savoir + : black Bazar le nouveau blog d’Alain Mabanckou

Raymond Depardon, Afrique(s), Éd. Points, 2010 (A paraître le 25 mars)
Raymond Depardon connaît l’Afrique depuis plus de cinquante ans. D’Égypte en Éthiopie, de campagnes en déserts, de ghettos en oasis, il nous offre en partage l’Afrique qu’il aime : le sourire lumineux des Mo Kuvale, la douce élégance des Toubous, la détresse des enfants angolais. Ces images silencieuses, tendres, parfois violentes, sont celles de ses errances, de ses rencontres, de ses Afriques.
Photographe de réputation internationale, Raymond Depardon a réalisé de nombreux films documentaires dont Reporters, La Captive du désert ou 10e Chambre. Il est aussi l’auteur de Corse, d’ Errance, de La Solitude heureuse du voyageur et de Paysans, disponibles en Points.
Cette édition reprend des textes de En Afrique, paru en 1996. Elle a été entièrement revue par l’auteur et augmentée de photographies inédites.
“Je voulais oser quatre cent pages de photographies sans respiration. Je voulais étouffer devant l’immense Afrique, me trouver comme au bord d’une route où nous serions en panne pour plusieurs jours, envahis, à rester silencieux et à écouter”. Raymond Depardon
En savoir + : Les Afriques de Raymond Depardon par Sabah Rahmani