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mer 16 juin 2010
Benoît Kongbo, Kitoko Djaz, Éd. opoto, 2010
Des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango (faut pas renier ses origines tout de même). Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguqster sans modération. Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…
Ça commence ainsi : «Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon œil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa (Cameroun).» Et la façon que tu as lap (rit) hein ! C’est la honte même qui a refusé carrément de me tuer. Oui tu as rigoléééé que ta nga Marie Claire a tell : «Sango francisé ô c’est quel nom d’animal même ! Toi le Centro-là tu te prenais pour un Wate (blanc) de l’Afrique centrale toujours en train de faire le nyanga avec le français. Le temps que tu te tuais à watiser comme un gosse de Sarkozy moi je cuisine ma francophonie avec les ndjindja et les ndjassan de mon peuple. Et c’est maintenant tu veux innover dans ce roman un français style sango ta langue maternelle. Ekiééé ! Laisse-nous lap un peu».
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Caryl Ferey, Zulu, Éd. Gallimard (Folio policier), 2010
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…
Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Folio), 2010
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.
Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points (Points Grand Roman), 2010
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsalharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.
Zoé Wicomb, Des vies sans couleur, Éd. 10/18 (Domaine Étranger, n° 4354), 2010
Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n’est qu’apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu’à fait resurgir en elle la photographie d’une femme en première page du journal. Une chose est sûre : Marion est liée à elle d’une manière ou d’une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s’associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l’aidera à replonger, non sans douleur, au cœur des sentiers sinueux de son passé… Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces « ni noirs, ni blancs » durant l’apartheid et dont la puissance romanesque a été saluée par Toni Morrison et J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature.
Tags : Afrique du sud, Benoît Kongbo, Cameroun, Caryl Ferey, Centrafrique, Chimamanda Ngozi Adichie, Congo, Nigéria, Patrick Besson, roman, Zoé Wicomb
sam 12 juin 2010
Posted by Bruno under Actualité
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Pas moins de 3 livres paraissent autour de la légende zoulou. Une bonne façon de se plonger dans l’histoire Sud Africaine aujourd’hui sous les feux de l’actualité sportive. Au sujet de Chaka j’aurai aimé ajouter le zulu de Tchicaya U’Tamsi mais il y a peu d’infos sur le net (le livre est néanmoins disponible : 1 seul exemplaire sur chapitre.com : celle ou celui qui l’achète à le droit d’envoyer une petite critique à opoto !!!)
Thomas Mofolo, Jean-Marie-Gustave Le Clézio (Préfacier), Chaka : Une épopée bantoue, Éd. Gallimard (L’Imaginaire), 2010
Chaka. Une épopée bantoue est le roman le plus connu de l’écrivain de langue souto Thomas Mofolo. Relatant, sur le mode de l’épopée, le destin de Chaka, fondateur de l’Empire zoulou, ce livre rapidement traduit en Occident où il rencontra un succès inattendu, est considéré comme l’un des jalons de la littérature africaine, à la fois allégorie de l’Afrique précoloniale et réflexion pessimiste sur l’ambition et le pouvoir. Un jury initié par Ali Mazrui et présidé par Njabulo Ndebele a sélectionné Chaka parmi les douze ouvrages les plus importants de la littérature africaine du XXe siècle
En savoir + avec Wikipédia
Thomas Day, Le trône d’ébène, Éd. Gallimard (Folio SF), 2010
«Nous, Zoulous! avons une prophétie. Cette prophétie dit qu’un jour un enfant aux grands pouvoirs naîtra et qu’avec lui s’ouvrira une ère durant laquelle “amazoulou” signifiera terreur et mort pour tous les peuples du pays n’guni et des pays voisins, jusqu’à la mer, au sud, à l’ouest et à l’est, jusqu’aux Montagnes-De-La-Lune, au nord. Nous, Zoulous! avons une prophétie…»
Voici l’histoire de Chaka, roi des Zoulous! Une histoire pleine de magie, de folie et de sang. Celle d’une Afrique où les dieux ont encore tous leurs pouvoirs… une Afrique d’avant l’homme blanc.
Retrouvant la veine épique de La Voie du Sabre, Thomas Day livre avec Le trône d’ébène un grand roman de fantasy historique récompensé par le prix Imaginales 2008.
Lilyan Kesteloot, Emilie Seron, Chaka Zoulou, fils du ciel, Éd. Casterman (Lecture, Romans Epopée), 2010
Ce livre raconte l’histoire de Chaka, guerrier légendaire et fondateur du grand empire zoulou. Chaka naît à la fin du XVIIIe siècle sur ces terres d’Afrique australe où les premiers Blancs – une poignée de colons hollandais – viennent tout juste de s’installer. Les clans africains, eux, se répartissent le territoire de façon informelle, et parfois belliqueuse. Avec l’aide d’un puissant féticheur qui lui confère des capacités surhumaines, Chaka impose l’union aux clans rivaux.
Ce livre raconte l’histoire de Chaka, guerrier légendaire et fondateur du grand empire zoulou. Chaka naît à la fin du XVIIIe siècle sur ces terres d’Afrique australe où les premiers Blancs – une poignée de colons hollandais – viennent tout juste de s’installer. Les clans africains, eux, se répartissent le territoire de façon informelle, et parfois belliqueuse. Avec l’aide d’un puissant féticheur qui lui confère des capacités surhumaines, Chaka impose l’union aux clans rivaux.
Henry-Francis Fynn, Chaka Zoulou, Éd. Anacharsis, 2004
En ce début de XIXe se joue dans cette pointe septentrionale de l’Afrique une drôle de pièce. Ici, se mélangent les ultimes soubresauts de l’époque moderne, les derniers avatars des guerres Napoléoniennes et les débuts de ce qui occupera les nations européennes pendant plus d’un siècle, la colonisation de l’Afrique. C’est là, au milieu des colons néerlandais, souvent anciens huguenots, qu’on appelle les Boers, des Anglais fraîchement débarqués après l’annexion du Cap par la couronne britannique en 1795 et des comptoirs … Lire la suite portugais livrés à eux-mêmes que débarque en 1818, venu d’Angleterre, le jeune Henry Francis Fynn. Il est comme tous ses compagnons de voyage, à la recherche des Pérous, des Eldorados, des espoirs de fortunes qu’ont toujours promis les confins du monde. Mais à la différence de nombre d’entres eux, qui croisent l’autre sans le voir et qui le conçoivent, au mieux comme un moyen, au pire comme un obstacle à la richesse, Fynn s’interroge suffisamment sur les hommes qu’il rencontre, pour que petit à petit un changement de plan s’effectue, le moyen devient l’objet. Cette modification s’opère étrangement. Dès ses premiers contacts avec les tribus côtières, Fynn fait preuve d’une remarquable précision dans ses observations et d’un intérêt pour les modes de vie, la musique, l’organisation sociale. La région qu’il parcoure est agitée par de violents conflits, tous sont associés aux Zoulous et à leurs chef Chaka. Ce nom provoque l’effroi, Fynn le compare à un talisman, une puissance tutélaire, dont la seule évocation lui sauve la vie une fois au moins. Après un voyage de plusieurs mois il finit par le rencontrer. Le faste de la cour, l’organisation de l’armée, tout fascine l’explorateur qui vit deux ans auprès de lui apprenant sa langue, décrivant l’agriculture, les structures politiques. Auprès de ce chef souvent cruel mais grand politique, il voit se constituer peu à peu la grande nation Zoulou qui continuera à se développer après son assassinat jusqu’à menacer très dangereusement l’autre nation en gestation que deviendra la République d’Afrique du Sud. Fynn n’est pas un anticolonialiste et malgré son intérêt pour le peuple Zoulou, il reste un explorateur au service de la couronne qui sait que les informations qu’il rapporte seront utiles à une implantation anglaise qu’il prédit bénéfique, tant la région offre d’avantages. Mais il esperait, peut-être, qu’elle ne se fasse pas autant au détriment des africains. Ce journal publié en 1860 soit vingt-sept ans après que Fynn ait quitté l’Afrique a eu de multiples rééditions. La dernière date de 1957. En voici la première traduction française. À l’heure où un important débat s’est ouvert sur la question des réparations suite aux dommages engendrés par la colonisation en Afrique, il nous semble important de produire des témoignages d’avant les pénétrations européennes qui attestent du degré de civilisation des « nations » africaines tant d’un point de vue des techniques que politique.
Tidiane N’diaye, L’empire de Chaka Zoulou, Éd. L’harmattan (Etudes Africaines), 2001
Comment le puissant empire zoulou s’est-il formé en Afrique du Sud au XIXè siècle ? Comment un homme au charisme exceptionnel, Chaka Zoulou, a favorisé l’émergence d’une grande nation homogène, prospère et respectée ? Mais avant de bâtir, il aura saccagé les anciens piliers d’une configuration ethnosociale complexe. Comment cet homme pétri de contradictions a-t-il pu laisser une telle image de grand révolutionnaire social ? La réalité historique est-elle aussi sordide que la légende qui lui a survécu ?
mer 9 juin 2010
Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
” Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait. ” Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.
John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.
Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.
Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…
Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.
Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission - retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le ” pagre fumé ” - un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.
Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.
Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des “décideurs de l’ombre” qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou honnêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’aujourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…
Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.
Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)
Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !
Tags : Abasse Ndione, Afrique du sud, Alexander Mc Call Smith, Algérie, Amid Lartane, Angola, Bénin, Botswana, Christian Roux, Claude Leblanc, Déon Meyer, Florent Couao-Zotti, Henning Mankell, John Le Carré, Pepetela, Pierre Cherruau, polar, polar afrique, Sénégal
mar 25 mai 2010
Pour découvrir l’Afrique du Sud autrement que par les stades de foot, rien de tel que des livres de poches dans lesquels ont peut plonger à toutes heures et pendant …la mi-temps !
John Maxwell Coetzee, Disgrâce, Éd. Points, 2002
Pour avoir voulu séduire l’une de ses étudiantes, David est contraint de démissionner de l’université du Cap. Fuyant une société trop puritaine à son goût, il se réfugie chez sa fille, à la campagne… Se savoir sans avenir, telle est la tragédie des personnages d’un roman qui porte bien son titre. Dans l’espace déshumanisé et profondément angoissant d’une campagne sud-africaine livrée à l’exercice permanent de la violence, il n’y a aucune issue pour ces êtres que le désespoir et la mort cernent. La South African way of life est un leurre, martèle J. M. Coetzee. Dans cette dénonciation sans concession d’un pays en totale perte de vitesse, la littérature devient un véritable enjeu. J. M. Coetzee montre à quel point il ne la conçoit que dans le choc de l’écriture, profondément ancrée dans le réel.
Nadine Gordimer, Pillage, Éd. Lgf (livre de poche, n° 30576), 2006
L’écrivain n’invente pas, il prend. Il saisit au passage un mot, une silhouette, recueille une anecdote, devine un drame, entrevoit ou croit entrevoir un secret, et c’est de tout cela qu’il fait son miel.
Ainsi faut-il comprendre le titre de ce recueil, Pillage, dont les dix textes qui le composent - fragments, contes moraux ou allégoriques – s’inspirent de notre tragique condition humaine.
Ces histoires touchent à des thèmes sociaux et politiques, l’apartheid, la mentalité coloniale, la difficulté de se comprendre entre ethnies ou générations… Mais au-delà du devenir d’un pays, l’Afrique du Sud, c’est aussi une vision de l’être humain qui nous est délivrée à travers des personnages voués à la solitude, à la mélancolie, à leurs propres incohérences et à la quête indéfinie de leur identité.
« Une magistrale autopsie de la condition humaine. »
André Clavel, L’Express.
André Brink, Au-delà du silence, Éd. Lgf (Ldp, numéro 30368), 2005
Sud-Ouest africain, début du XXe siècle. Des hommes observent, le sang chauffé par l’alcool et le désir, l’arrivée de bateaux en provenance d’Allemagne. A leur bord, des centaines de femmes engagées aux frais de l’Empire pour fournir aux colons allemands une épouse, et parfois simplement de la chair.
Pour Hanna X comme pour beaucoup de ces femmes, c’est un peu le voyage de la dernière chance. Petite fille dans la grisaille d’un orphelinat de Brême, elle rêvait à ce qui se cache au-delà du silence, au pays des palmiers qui voient naître le vent. Fuyant la misère et les mauvais traitements, Hanna pense trouver en Afrique la matérialisation de ses rêves d’enfant. C’est un monde livré à la brutalité coloniale et masculine qu’elle y découvre à ses dépens. Violée, défigurée, Hanna refuse de se soumettre à la loi du plus fort. A la tête d’une armée où autochtones et femmes allemandes font cause commune contre le pouvoir des colons, la jeune femme organise une révolte, un voyage au-delà du silence imposé par la violence et l’oppression.
En réunissant les éléments épars de l’identité d’une femme au destin hors du commun, “Au-delà du silence” donne la parole aux minorités souvent oubliées de l’Histoire. Un roman plein de bruit et de fureur, hanté par les images d’un passé peu glorieux. Un captivant plaidoyer en faveur de la liberté.
Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Points, 2005
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, jeune mère de famille et agente immobilière vient de conclure une affaire. Elle prend sa voiture pour visiter une dernière maison et se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, dans la province du Transkei, le tueur professionnel Victor Mabasha, qui croupit dans un bidonville, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains. Sa cible, un homme politique de premier plan. Le Président Frederik De Klerk ? Il n’en sait pas plus. Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Après avoir tourné en rond, l’enquête démarre véritablement. Y-a-t-il un lien entre l’explosion et le meurtre ?
La suite est hautement imprévisible : un télescopage vertigineux entre la banale réalité quotidienne de la Scanie et la lutte sans merci qui oppose, au même moment, à l’autre bout du monde, les partisans forcenés de la suprématie blanche et les artisans tout aussi déterminés de l’abolition de l’apartheid et du processus de démocratisation.
Deon Meyer, Lemmer l’invisible, Éd. Points, 2010
Lemmer est free-lance pour une agence de gardes du corps qui propose deux types de prestations, les « gorilles » et les « invisibles ». Ancien détenu condamné pour meurtre, il tente de refaire sa vie dans un village reculé. Le matin de Noël, un appel de l’agence l’informe qu’Emma Le Roux, une consultante de Cape Town, désire louer ses services.
Elle a cru reconnaitre son frère disparu depuis bien longtemps sur un avis de recherche diffusé par la police à la télévision et s’est faite agressée presque aussitôt avoir contacter les services de la police.
Une grande promenade au travers du Bush Sud Africain commence. Elle sera agitée ; fortement ! Elle entrainera Lemmer et Emma dans un tourbillon où les années d’ apartheid ressurgirons dans les mémoires et dans les chairs…
Wilbur Smith, A l’ouest de l’horizon, Éd. Pocket (Pocket, numéro 13650), 2009
Cap de bonne espérance, début du XVIIIe siècle. En matière de courage, Jim et Mansour n’ont rien à envier à leurs augustes aînés, Tom et Dorian Courtney. Si leurs deux familles sont parvenues à s’établir solidement dans ce comptoir batave, elles le doivent autant à leur indéniable sens du commerce qu’à une solidarité à toute épreuve. Aussi lorsque Jim, n’écoutant que son cœur, dérobe à un navire négrier une jeune et jolie condamnée hollandaise, le clan tout entier n’hésite pas à lui porter assistance. Mais à faire des vagues, la tempête ne tarde pas à gronder au-dessus des Courtney… Ce nouvel affront ne va pas sans réveiller de vieilles rancunes. Précipités en plein conflit, aux confins de l’Afrique et de l’Arabie, les Courtney n’ont guère le choix : il leur faut écrire, encore et encore, le destin d’une famille hors du commun…
D’autres livres sur l’ Afrique du Sud
ven 9 avr 2010
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Niq Mhlongo, After tears, Éd. Yago, 2010
Novembre 1999. Un mois avant l’An 2000. Un nouveau millénaire s’annonce pour une nouvelle Afrique du Sud. Mais tout n’est pas rose malgré la fin de l’apartheid. Après quatre années d’études, Bafana vient de rater ses examens d’avocat. Il revient à Soweto, le cœur lourd. Incapable de décevoir les siens, qui placent tous leurs espoirs en lui, il est entraîné dans l’engrenage du mensonge. Jusqu’où ira celui que tout le township surnomme désormais ‘Avo’ ? Doit-il avouer son échec et décevoir les attentes ou préserver les apparences en continuant à mentir ?
Niq Mlhongo brosse le portrait haut en couleur d’une société en plein bouleversement, campe une galerie de personnages truculents, joyeux, violents et exaspérés, et jette une lumière tragi-comique sur les difficultés de la vie dans le township.
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Albert Russo, Et il y eut David-Kanza, un exil africain, Éd. Ginkgo, 2010
De Rhodes et de la Rhodésie, au Congo belge. Roman à trois voix, « Exils africains » évoque de manière saisissante l’univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes.
Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations.
Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d’aujourd’hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l’Indépendance.
Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil.
Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l’enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera.
Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l’Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l’exil.
Lire les 50 premières pages
Rachid Boudjedra, Les figuiers de Barbarie, Éd. Grasset, 2010
Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. A dix mille mètres d’altitude et en moins de soixante minutes, c’est leur destin, et celui de tout un pays à travers le leur, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par de vagues liens de parenté, par l’expérience commune et traumatisante de la guerre d’Algérie, mais aussi par le souvenir d’un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n’ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur pays. C’est toute l’histoire de l’Algérie, depuis la conquête française jusqu’à l’indépendance et ses ratages - de l’enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture coloniale, des luttes fratricides et du terrorisme des années 1990 -, qui défile dans Les figuiers de Barbarie, emblèmes d’une Algérie sereine dont les deux protagonistes ne cessent de rêver. Avec ce texte habité de bruit et de fureur, élégiaque et épique, politique et intimiste, Rachid Boudjedra nous donne son grand roman sur l’Algérie.
Lire un extrait
Boubacar Boris Diop, Le cavalier est son ombre, Éd. P. Rey, 2010
Dans une petite ville, un voyageur solitaire attend une embarcation : quelque part au-delà du fleuve, Khadidja, celle qu’il a aimée autrefois, lutte sans doute contre la mort. Pendant trois journées d’attente, l’homme chemine dans sa propre mémoire : sa rencontre avec la jeune femme dans cette lointaine ville européenne, leur vie commune en Afrique, la déchéance et les humiliations. Où trouver, dans les décombres du passé, « quelque chose qui ressemble à un commencement » ? Peut-être dans cet étrange emploi accepté par Khadidja, à bout de misère : s’asseoir chaque jour devant une porte ouverte sur l’obscur, et parler à un être invisible, imaginer sans relâche de nouvelles fables et l’identité de leur destinataire, jusqu’à sombrer dans la folie et disparaître. Le Cavalier et son ombre est tissé des récits de Khadidja et du narrateur, tantôt réalistes tantôt oniriques, toujours porteurs du malheur d’un continent étranglé par tant de désastres. Pourtant, la quête du salut demeure, symbolisée par cet enfant mythique revenant de conte en conte et qui « n’a eu le temps ni de vivre ni de mourir ». Roman lyrique et grave, Le Cavalier et son ombre dit superbement la déchirure de l’écrivain africain, qui ne sait si ses textes s’adressent à l’abîme ou à des êtres de chair et de sang.
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ven 19 mar 2010
José Edouardo Agualusa, Le marchand de passé, Éd. Metailié (Latitudes), 2010
A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu’il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits leurs enfants un bon passé.d’ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux étranger à la recherche d’une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. La jeune photographe obsédée par la lumière retrouve elle aussi, un passé, de même que le gecko qui rêve sur le mur, tout un réseau irrationnel se met en place et l’impossible arrive.
Satire féroce et pleine d’humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés.
« C’est une voix étrange qui raconte l’histoire de Felix Ventura, bouquiniste et albinos vivant à Luanda, en Angola (…dans) ce roman qui est, entre autres, une histoire d’amour, un récit un rien fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique, (…) à l’écriture éblouissante. » M.Gazier, Télérama
José Eduardo AGUALUSA est né en Angola en 1960. Après des études d’agronomie à Lisbonne, il est grand reporter et écrivain. Ses romans sont traduits en allemand, bengali, catalan, danois, espagnol, anglais, italien et suédois. Il a reçu en 2007 The Independant Foreign Fiction Prize.
Il est l’auteur de La Guerre des anges (2007) et de Les femmes de mon père (2009).
En savoir + sur l’auteur
Jérôme Nouhouai, Le piment des beaux jours, Éd. Serpent A Plumes (Fiction Étrangère), 2010
Un tableau cru de la condition étudiante au Bénin. Nelson, étudiant en droit, partage un deux-pièces avec Jojo, obsédé par les filles et l’argent, et Malcolm, intellectuel panafricain. Tandis que l’un s’adonne aux plaisirs avec la bonne de la famille Da Silva, l’autre s’en prend aux Libanais. Nelson, d’ordinaire studieux, est troublé par la belle Josiane, fille d’un ancien ministre.
Nelson Kangni est un étudiant en deuxième année de droit. Il partage un deux-pièces avec deux autres étudiants : Jojo, sapeur, obsédé par les filles et l’argent, et Malcolm, intellectuel panafricain. D’ordinaire studieux, le jeune Nelson est perturbé par Josiane, fille d’ancien ministre, beauté fatale. La belle est farouche, et son père vigilant.
Tandis que l’affreux Jojo trombine à qui mieux mieux la jeune bonne de la famille da Silva, Malcolm rumine de sombres pensées : les Libanais sont la gangrène du pays, explique-t-il à un Nelson dubitatif, ils sont avides, racistes, sans foi ni loi. Un commerçant libanais est attaqué, battu. La boutique d’un autre incendiée. Un troisième est enlevé, retrouvé mort. Nelson soupçonne Malcolm. Alors que Nelson progresse lentement dans son entreprise de séduction, un groupe clandestin, le Calice noir, revendique les agressions contre des Libanais…
Voici le cadre posé de ce premier roman foisonnant, avec pour question centrale : Où commence la xénophobie ? Un texte drôle, cruel et ironique. Une langue qui vaut le détour. Un portrait subtil et cru du Bénin d’aujourd’hui.
Kgebetli Moele, Chambre 207, Éd. Yago (Ciel Ouvert), 2010
Dans un quartier peu fréquentable de Johannesbourg, Matome, Molamo, D’nice, Zulu-boy, Modishi et le narrateur partagent une chambre depuis dix ans. La musique, les filles et la fête sont leur univers, et leurs vies s’écoulent, empruntes d’espoirs et de contradictions. Un roman post-apartheid sur les thèmes du racisme, de l’insécurité, du sexisme.
” On ne sait jamais ce qui nous attend à Johannesbourg, mais je te donne un conseil : marche prudemment et réfléchis vite. Ici, soit tu es rapide, soit tu es mort. Bienvenue à Johannesbourg.”
Né en 1978, Kgebetli Moele appartient à la “Kwaiot generation”, qui a hérité du régime post-apartheid. Il a commencé à écrire en 1991, et rédigé des scripts pour des émissions radio, pour le cinéma, et une pièce de théâtre. Chambre 207 a reçu le prix H.C. Bosman de la meilleure œuvre de fiction. Son deuxième roman Book of the dead est paru chez Kwela Books en août 2009.
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ven 12 fév 2010
Deon Meyer, Treize heures, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2010
Le Cap. 5:36 - Une femme monte la côte de Lion’s Head en courant. Elle est jeune, belle, Américaine, et terrifiée. Des hommes la traquent, comme une bête.5:37 - L’appel réveille l’inspecteur Bennie Griessel. Il y a eu un meurtre. Une femme, la gorge tranchée. Elle gît à deux pas de St Martini, l’église luthérienne de Long Street.7:02 - Saoule, l’ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage à côté d’elle, par terre. Et un pistolet juste à côté d’elle.À neuf heures, avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend soudain qu’entraîner une nouvelle génération d’inspecteurs risque d’être un rien plus compliqué que ce qu’il escomptait.Passé midi, la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar.Et à cinq heures et demi de l’après-midi, on tire sur Griessel, en plein cœur.Soit treize heures bien ordinaires dans la vie d’un inspecteur des Homicides du Cap.
Moussa Konaté, La malédiction du lamantin, Éd. Points (Points Policier), 2010
Sur l’îlot de Kokrini, les notables de la tribu des Bozos, dont Kouata est le chef, pensent que la dernière crue du Niger est le prix à payer pour l’outrage commis, des années plus tôt, par l’un des leurs. Celui-ci avait volé leur totem, le lamantin, pour le revendre. Kouata et Nassoumba, sa première épouse, sont retrouvés foudroyés. Encore une vengeance du lamantin ? L’affaire s’annonce délicate pour le commissaire Habib.
Antonio Junior NZAU , Traite au Zaïre, L’Harmattan (Polars noirs ; 1), 1984
Traite au Zaïre d’Antonio J. Nzau offre un cocktail qui avait déjà fait ses preuves, en d’autre temps et sous d’autres latitudes, en réunissant énigme policière, personnages crapuleux et arrière fond politique. Ici, un médecin congolais est aux prises avec les tenants des réseaux de prostitution, des politiciens véreux, les barbouzes des services secrets, des diplomates plus ou moins scrupuleux, et quelques autres personnages au demeurant fort peu recommandables…
mer 3 fév 2010
La CAN à peine terminée voici que se profile à l’horizon la coupe du monde de foot au pays des Bafana Bafana. Pour opoto c’est une bonne occasion de marier football et livre. Ce qui, a priori, n’est pas évident si en plus on veut parler de l’Afrique !
Joachim Barbier, Antoine Derouet, Football made in Afrique, Éd. Actes Sud (Sport), 2010
Depuis les débuts de l’ère coloniale, le football joue un rôle déterminant dans l’histoire de l’Afrique : instrument de transmission de valeurs, puis outil de combat pour l’indépendance, il reste aujourd’hui encore au coeur des luttes politiques. Il est le symbole de la puissance d’une nation sur la scène internationale, mais également le moteur de la mobilisation nationale, servant toutes les causes et affublé de toutes les vertus. La coupe du monde qui se dispute pour la première fois en Afrique en 2010 est l’occasion de se poser la question du football africain dans son ensemble. Cet événement va provoquer une focalisation médiatique qui ne reflétera pas la réalité. Ce livre propose d’apporter des éclaircissements sur la réalité quotidienne de la pratique du football en Afrique. Au travers du parcours de nombreux joueurs, on découvre le phénomène d’esclavage moderne en jeu lors des migrations vers l’Europe, eldorado du football mondial, ainsi que les problématiques liées aux projets d’éducation. Cet essai nous invite à découvrir les dimensions humaine, sociale, économique et politique d’un sport dont les enjeux dépassent largement ceux d’une simple compétition.
Hédi Hamel, Pierre René-Worms, Légende de la CAN, Éd. Tournon, 2008
Revivez les grands moments de la Coupe d’Afrique 2008 au Ghana à travers les photos de Pierre René-Worms. Un ouvrage de 176 pages retraçant aussi, sous la plume de Hedi Hamel, l’histoire de cette compétition qui fait vibrer le monde du football depuis plus d’un demi-siècle. Portraits, émotions, séquences techniques sont au rendez-vous de cet ouvrage, premier volume d’une trilogie qui racontera la planète Afrique foot jusqu’à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.
Coupe du monde FIFA 2010 : Afrique du Sud, Éd. Grund (Sport Et Actualité), 2010
Ce petit documentaire qui est annoncé comme le “livre officiel junior” paraitra au mois de mai. Destiné aux jeunes on y retrouvera tous ce qui est essentiel pour suivre la coupe du monde 2010 : les équipes, les joueurs, les matches et bien sûr une foule de renseignements, des chiffres, des images…Bref de quoi régaler le jeune supporter ! A laisser trainer à coté de la télé histoire d’avoir toujours les crampons aux pieds…
Eugène Ebodé, La divine colère, Éd. Gallimard (Continents Noirs), 2004
Chronique de tempétueuses, bouleversantes et rieuses années sportives, voici, après La transmission, le deuxième volet des souvenirs d’Eugène Ébodé, au ras d’un gazon de feu et au cœur des joutes footballistiques du Pays des Crevettes et d’ailleurs. Hommes, femmes, amours et haines rabelaisiennes se retrouvent autour du ballon rond, des joueurs, des dirigeants de club et des supporters. Utopie magique ou réalisme ironique ? La divine colère transporte avec charme et étourdit, surprend et informe le néophyte comme le spectateur averti des arcanes du foot. L’envie d’éclairer le jeu, de le rapprocher de ceux qui n’en connaissent ni les règles ni les rites, rend au football sa dimension populaire et planétaire. Mais l’auteur exprime aussi sa colère contre les appétits de trophée et de victoire. Ils peuvent en effet conduire au sacrifice de vies humaines lorsque passions et excès transforment un stade en crachoir et en cratère de tous les exutoires.
ven 29 jan 2010
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Le 11 février 1990, un homme âgé, très digne, marchant main dans la main avec la femme dont il a été séparé durant vingt-sept ans, quitte sa prison pour entrer dans l’Histoire. La date de la libération de Nelson Mandela restera à jamais gravée dans nos mémoires…
M. Maharaj, A. Kathrada, Mandela, Éd. Acropole, 2006
Mandela occupe une place à part dans notre monde comme dans cet ouvrage, qui retrace son périple vers la liberté et présente, outre la plus belle collection d’illustrations jamais rassemblées sur le sujet, plus d’une soixantaine de témoignages de dirigeants, d’amis, de camarades. Chacun d’entre eux a contribué à dresser un portrait fascinant, captivant, de cet homme inspiré, que nous découvrons ici par le regard de ses proches.
Écouter un extrait
James Gregory, Le regard de l’antilope, Éd. Robert Laffont, 2007
Lorsque James Gregory, jeune gardien de prison assigné à la surveillance d’un groupe de terroristes noirs au pénitencier de Robben Island, a vu Nelson Mandela pour la première fois, il le haïssait de toutes ses fibres. Et pourtant, une amitié profonde est née entre eux. Enfant, James avait grandi dans une ferme africaine, avec l’horizon pour limite, et un jeune Zoulou comme ami et compagnon de jeu. Mais à l’âge adulte, dressé par des années d’apprentissage à l’apartheid, il avait la haine au cœur pour ceux qui n’étaient pas de sa couleur.
Le Regard de l’antilope raconte comment sa rencontre avec Mandela – celui qui lui a appris à voir le monde autrement qu’en noir et blanc – a changé la vie de James Gregory ; comment les deux hommes en sont venus à partager les mêmes peines et les mêmes drames, les mêmes bonheurs volés – et le même idéal.
Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Éd. Fayard, 1995
En 1974, alors qu’il est au pénitencier de Robben Island, Nelson Mandela rédige clandestinement des ” souvenirs “. C’est ce texte, sorti en fraude, qu’il retrouvera lors de sa libération en 1990, après plus de vingt-sept ans de détention, et qu’il reprendra pour en faire Un long chemin vers la liberté. Nelson Mandela raconte comment le petit campagnard, né en 1918 au Transkei, dans la famille royale des Thembus, va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs d’Afrique du Sud et devenir un des principaux responsables de l’ANC. Ce récit mêle les souvenirs personnels, voire intimes, aux analyses de la situation en afrique du Sud et aux descriptions des luttes et des combats contre la domination blanche et l’apartheid.
The Nelson Mandela Foundation, Nelson Mandela, la biographie officielle en bande dessinée, Éd. Music And Entertainment Books, 2009
Mandela a été traité de terroriste et obligé de se cacher. Il a été capturé, menacé de la peine de mort et finalement jeté en prison pendant vingt-sept ans. Mais rien n’a pu l’empêcher de se battre pour libérer son pays de l’apartheid.
Ceci est la véritable histoire d’un jeune gardien de troupeau dont le destin était de devenir avocat, combattant de la liberté, premier Président démocratiquement élu en Afrique du Sud…et le grand père adoré de toute une nation. Cette histoire, exaltante, est racontée avec des mots et des dessins qui s’adressent aux jeunes et à ceux qui, dans leur cœur, le sont encore.
Matthieu Grousson, Nelson Mandela : contre l’Apartheid, Éd. Bayard Jeunesse (Grands Personnages), 2008
Ironie du sort, celui qui allait devenir le grand leader de la cause noire en Afrique du Sud est prénommé Rolihlahla, ce qui signifie, en langue xhosa « qui crée des problèmes ». Pourtant, rien ne laisse présager que ce jeune garçon qui garde les troupeaux deviendra l’un des militants les plus acharnés contre l’apartheid. Ce récit mêle les souvenirs personnels, voire intimes, aux analyses de la situation en Afrique du Sud et aux descriptions des luttes et des combats contre la domination blanche et l’apartheid.
John Carlin, Invictus, Nelson Mandela, Éd. Ariane Publications Et Distribution, 2010
Le livre dont Clint Eastwood s’est servi pour son film.
En 1994 Mandela savait que l’Afrique du Sud était encore dangereusement divisée par cinquante ans d’apartheid. S’il ne pouvait l’unir rapidement, d’une façon viscérale et émotionnelle, son pays allait s’effondrer dans le chaos. Il choisit une cause ayant, a priori, peu de chances de succès : l’appui au Springboks, l’équipe nationale de rugby, lors du tournoi de la Coupe du monde 1995 tenu en Afrique du Sud.
Contre les géants du sport, les perspectives de victoire des Springboks étaient faibles, et leurs chances de s’emparer des cœurs de la plupart des Sud-Africains semblaient encore plus inaccessibles, car ils avaient longtemps incarné le règne des Blancs. Durant l’apartheid, les Springboks et leurs partisans, tous des Blancs, avaient entonné des chants de ralliement racistes, et les Noirs venaient aux matchs des Springboks pour appuyer l’équipe adverse. Mais Mandela estimait que le sport, justement, avait le potentiel nécessaire pour rallier les Sud-Africains de toutes races. Découvrez ici l’art politique et la sagesse de ce grand homme d’État.
sam 2 jan 2010
Libar M. Fofana, Le diable dévot, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
Dans l’incapacité pécuniaire d’effectuer un pèlerinage à La Mecque, l’imam Galouwa craint d’être remplacé par un jeune hadji qui convoite sa place et ses privilèges. Un octogénaire lui propose le prix d’un billet d’avion en échange de sa fille Hèra, âgée de treize ans. Vendre la chair de sa chair au diable pour conserver sa religieuse fonction? Ce marché horrible ne plonge pas du tout Galouwa dans les affres d’un choix impossible. Un imam doit-il tout accepter pour mériter d’Allah? Que vaut une fille pour son père quand la passion et l’ambition religieuses s’en mêlent? Et l’amour ne peut-il être alors qu’un rêve sur de la chair meurtrie? Peut-il toucher à une diabolique rédemption?
Le diable dévot est un roman d’une rare et cruelle lucidité, une tranche de vie vraie dans la peau d’une jeune fille pour la plus grande gloire de Dieu, diraient d’autres religieux dans une autre religion. Un déchirant sacrifice, une passion portée par une écriture cristalline à en émouvoir jusqu’à la pierre carrée de La Mecque.
Libar M. Fofana est né en 1959 à Conakry, en Guinée. À dix-sept ans, il fuit son pays et le régime de terreur du président Sékou Touré et s’exile en Europe. Ingénieur en informatique, il vit actuellement à Marseille. Il a déjà publié trois romans aux Éditions Gallimard, dans la collection Continents Noirs : Le fils de l’arbre (2004), N’Körö (2005), Le cri des feuilles qui meurent (2007).
Scholastique Mukasonga, L’Iguifou : nouvelles rwandaises, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
L’Iguifou («igifu» selon la graphie rwandaise), c’est le ventre insatiable, la faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes lumineuses de la mort… Mais à Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l’école et qui, bien loin du Rwanda, s’attache encore aux pas de l’exilée comme une ombre maléfique… Kalisa, lui, conduit ses fantômes de vaches dans les prairies du souvenir et des regrets, là où autrefois les bergers poètes célébraient la gloire des généreux mammifères… Or, en ces temps de malheur, il n’y avait pas de plus grand malheur pour une jeune fille tutsi que d’être belle, c’est sa beauté qui vouera Helena à son tragique destin… Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé, car c’est auprès des morts qu’il faut puiser la force de survivre.
L’écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d’humour, gravite inlassablement autour de l’indicible, l’astre noir du génocide.
L’auteur
Scholastique Mukasonga est née en 1956 au Rwanda dans une famille Tutsi. Elle vit et travaille actuellement en Basse-Normandie. Elle a déjà publié deux ouvrages aux Éditions Gallimard, dans la collection Continents Noirs : Inyenzi ou les cafards (2006), La femme aux pieds nus, prix Seligmann « contre le racisme, l’injustice et l’intolérance » (2008).
André Brink, Mes bifurcations : mémoires, Éd. Actes Sud, 2010
C’est en romancier qu’André Brink choisit de composer ce livre de Mémoires, en alternant narration et réflexions. Le lecteur découvre ainsi la trajectoire, les convictions et les doutes, les “bifurcations” d’un intellectuel issu d’une famille qui ne remet pas en question l’apartheid, le parcours d’un enfant qui va grandir entre ruptures et attachements, violence silencieuse des conflits familiaux, terreur de la rue et sérénité d’un milieu privilégié.
Promenant le fil de sa vie sur des chemins de traverse et livrant son amour des arts, de la musique et de la peinture, André Brink fait défiler sous nos yeux avec virtuosité mille autres sujets, majeurs ou anecdotiques, qui dessinent peu à peu l’histoire d’un Sud-Africain né en 1935, qui, depuis l’enfance jusqu’à la toute dernière élection présidentielle, condamne les horreurs de l’apartheid comme les dérives du gouvernement actuel, sans jamais s’affranchir de l’amour qu’il porte à cette terre qu’il n’a jamais quittée.