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Entries tagged with “Afrique”.


L’Afrique vu de la France du XIX siècle : de drôles de découvertes… à lire en intégralité sur votre ordi préféré. Bonne lecture !

Honoré de Balzac, Une passion dans le désert
Étrange expérience que celle de ce jeune soldat perdu dans le désert égyptien. Le Provençal, qui participe à la campagne de Bonaparte, est fait prisonnier par les Maugrabins mais parvient à s’échapper. Réfugié dans l’immensité, il rencontre une bien curieuse panthère. Celle-ci, loin de se montrer agressive, réclame en effet caresses et jeux. L’homme l’apprivoise peu à peu et finit par ne plus s’en méfier. Mais on ne transforme pas une panthère, aussi douce soit-elle, en animal de compagnie : un coup de dents malencontreux, et l’aventure s’achève, « comme finissent toutes les grandes passions, par un malentendu ». Il ne pouvait en être autrement dans l’immensité déroutante d’un univers aussi fascinant qu’exaltant, où les hommes font l’expérience d’une autre vie.

Jules Verne, L’étonnante Aventure de la mission Barsac
Ce roman a été terminé et remanié par Michel Verne, après la mort de son père Jules Verne.
Un projet de loi ayant été déposé par le député Barsac, tendant à créer cinq sièges de députés dans la Sénégambie, la Haute-Guinée et la partie du Soudan français située à l’ouest du Niger, et à accorder l’électorat, voire l’éligibilité, aux gens de couleur, sans distinction de race, cette proposition obtient un franc de succès. Le Ministère est invité à constituer une mission qui parcourra cette région comprise dans la boucle du Niger et qui rédigera un rapport au vu duquel la Chambre statuera ultérieurement. La mission Barsac ayant commencé son périple se heurte au cours de ses investigations à un nombre croissant de difficultés. Ils finissent par être kidnappés et transportés au moyen de machines, mi-hélicoptère, mi-avions dans une ville, Blackland, inconnue du reste du monde et située en plein désert…

Édouard Deduraux, Maurice Dibos, Voyage et aventures d’un aérostat à travers Madagascar insurgée
Édouard Deburaux (1864-1904) a signé Léo Dex de nombreux ouvrages écrits en collaboration avec Maurice Dibos (1855-1931) et consacrés aux voyages en ballon. Ce roman prend prétexte de troubles à Madagascar pour une traversée aérienne de la Grande Île. Les faits, imaginaires, ne sont pas précisément datés. Mais on peut les situer, par recoupement, vers 1893 ou 1894. Il s’agit d’un grand roman d’aventures, dans l’esprit où Jules Verne a pu écrire Cinq semaines en ballon. Madagascar n’est ici qu’un décor. Décrit cependant avec précision grâce à la présence, parmi les aéronautes, d’un explorateur qui a beaucoup voyagé dans l’île.

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En Afrique francophone, les colonies c’est fini depuis 50 ans. Pour certains elles ont laissé la place aux indépendances. Pour d’autres c’est plutôt la mise en place de la françafrique.

Stephen Smith, Voyage en postcolonie, Ed. Grasset, 2010
Ancien journaliste à Libération, puis au Monde, actuellement enseignant à l’université de Duke, aux États-Unis, et auteur en 2003 du très controversé Négrologie, Stephen Smith publie Voyage en postcolonie. Cinquante ans après les indépendances, que reste-t-il de la France en Afrique subsaharienne ? Plus précisément, qu’ont fait les Africains, depuis qu’ils sont libres de choisir, de ce que l’ancien colonisateur leur a apporté, du Code Napoléon à la baguette en passant par la langue française ? Comment se situent-ils par rapport à la Françafrique, la queue de comète affairiste  de ‘l’ Etat franco-africain’ bâti en 1960 sur les restes de l’Empire ? Fort de l’idée que les ‘postcolonies’ au sud du Sahara ont pris leur destin en main, et qu’elles sont désormais un Nouveau Monde pour la France en raison de l’héritage colonial en partage, Stephen Smith va à la rencontre d’Africains, de la Côte d’Ivoire à la Guinée, au Sénégal et au Mali, puis du Cameroun au Gabon en passant par le Congo, pour ‘voir, comprendre, se faire surprendre’.

Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun – Autopsie d’une décolonisation, Ed. La Découverte (La Découverte/Poche), 2010
Mongo Beti, écrivain camerounais, est connu pour ses romans, notamment ceux des années 1950, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.
Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l’éditeur poursuivi, et l’auteur l’objet de multiples pressions et menaces. Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d’une actualité brûlante à l’heure de l’intervention française au Zaïre.
Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d’Afrique occidentale française et d’Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n’en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France. Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la  » Françafrique « . Une préface inédite d’Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l’histoire mouvementée de ses différentes éditions.

Grégory Jarry , Otto T., Petite histoire des colonies françaises Tome 3 : La décolonisation, Ed.  FLBLB, 2009
En 2006, alors qu’un ministre suggérait d’enseigner les «aspects positifs de la colonisation», Grégory Jarry et Otto T. constatent à quel point ceux-ci sont méconnus. Ils entament alors la série Petite histoire des colonies françaises, afin de rafraîchir les mémoires et rendre intelligibles les enjeux de la colonisation, d’une façon pédagogique et documentée autant que distrayante.
Après deux tomes coloniaux (L’Amérique française puis L’Empire) et une parenthèse uchronique (La Conquête de mars), Grégory Jarry et Otto T. devancent les commémorations des indépendances en 2010 et apportent leur pierre dans la mare de l’identité nationale avec ce troisième tome consacré à la décolonisation, et plus particulièrement aux guerres d’Indochine et d’Algérie.
« Mes chers amis, vous l’attendiez depuis longtemps, j’ai enfin le plaisir de vous annoncer la parution du troisième volume de la Petite histoire des colonies françaises. Ensemble et durant plus d’une heure et demie, nous allons voir par quelles convulsions de l’histoire La France, qui possédait un Empire Colonial de 12 millions de km² en 1914, est redevenu un pays tout à fait normal au début des années 60. Ce phénomène par lequel un peuple décide de se séparer d’êtres humains dont il a conquis les terres et le cœur depuis des dizaines d’années, les historiens auraient pu l’appeler « Drame d’amour ». Finalement, ils ont opté pour «Décolonisation». (…)
En quelque sorte, la Décolonisation fut la privatisation de la Colonisation. »
Le Général de Gaulle
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Nimrod, L’or des rivières, Éd. Actes Sud, 2010
Revenant au pays comme chaque année pour visiter sa mère, Nimrod emprunte aux premières lueurs de l’aube les ruelles ocre de son quartier d’antan. Par-delà les années la vieille dame n’a pas bougé, et pour son fils exilé, voyageur lettré de passage en ce monde dont elle préserve l’intemporelle réalité, un sentiment soudain se précise : “C’est ma mère qui invente ce pays. Comme j’ai mis longtemps pour formuler cette idée. Elle est si simple pourtant. Dépouillé depuis toujours de la moindre de mes richesses, surtout lorsque j’ai eu dix-neuf ans – qui est l’âge de la guerre civile –, le pays ne cesse de me piller. Ma mère incarne ce dénuement. Aux poètes tchadiens – présents et à venir – je dédie cette parcelle de nudité que même la fraîcheur matinale dédaigne désormais. Il faut beaucoup d’imagination pour lui trouver un attribut maternel. C’est mon rôle à moi qui suis poète. Ma mère invente le Tchad.”
A partir de ce subtil hommage, Nimrod déploie, dans une succession de tableaux, des récits dans lesquels il réenchante les bonheurs passés, évoque les rares moments de partage avec son père, grand absent de sa vie, et revient aux origines de son tempérament contemplatif, comme si dans l’enfance il percevait déjà l’inévitable départ et dès lors s’efforçait de préserver en lui un refuge aux dimensions de l’univers : la poésie est fille de mémoire.

Emmanuel Dongala, Photo de groupe au bord du fleuve, Éd. Actes Sud, 2010
Après huit ans de mutisme, Emmanuel Dongala brise le silence. Pour son cinquième roman, l’auteur de Jazz et vin de palme et de Johnny chien méchant revisite une fois de plus son Congo natal et se fait cette fois-ci l’avocat des femmes.
Confrontées à une terrible injustice sociale, des femmes congolaises se mobilisent pour faire valoir leurs droits. Commencent alors une lutte exemplaire, politique et sociale, une quête du bonheur et un regain d’espoir au sein de leur famille et de leur couple.
Quatorze femmes concassent des blocs de pierre et remplissent des sacs de gravier à longueur de journée. Parmi elles, Ya Moukietou, la grande sœur qui n’hésite pas à affronter les hommes, Mâ Bileko, une ancienne femme d’affaires ruinée par sa belle-famille ; Laurentine, la plus coquette ou Mama Mayolo, qui d’un regard peut clouer sur place un gendarme. De ce travail harassant et dangereux, elles ne survivent qu’à peine mais y puisent l’espoir d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Achetés par des hommes dominateurs et méprisants, les sacs de graviers sont revendus trois fois leur prix de vente jusqu’au jour où la demande suscitée par de grands travaux devient si forte que le bénéfice monte en flèche sans que les femmes n’y trouvent la moindre compensation. Alertées, le groupe de travailleuses décident de protester, elles refusent de vendre leurs sacs de gravier, s’apprêtent à faire valoir leurs droits. Commence alors un long combat les propulsant au devant de la scène politique, les confrontant pour la première fois à des situations qu’elles ne maîtrisent pas totalement et qui révèlent rapidement leurs faiblesses, transcendées par une solidarité exemplaire. Derrière cette extraordinaire galerie de portraits féminins, ce livre est une virulente dénonciation du comportement masculin, des dérives et des compromissions du pouvoir. Racontant cette histoire en créant un jeu de distance puis de proximité avec ses personnages, Emmanuel Dongala signe ici un roman lumineux éclairant d’optimisme et d’humour une Afrique où l’avenir politique et social de la femme est souvent illusoire.
Découvrir les autres ouvrages d’Emmanuel Dongala

Nuruddin Farah, Exils, Éd. Serpent à Plumes, 2010
Après vingt ans d’exil à New York, Jeebleh décide de retourner en Somalie, son pays. Au programme : trouver la tombe de sa mère et aider son ami d’enfance Bile à récupérer Raasta, sa fille enlevée. Mais quand il débarque à Mogadiscio, Jeebleh se rend compte que la situation a radicalement empiré.
Les clans ont divisé le pays, les adolescents prennent les gens pour des cibles et les Américains ont la gâchette facile. La tâche de Jeebleh est complexe, d’autant qu’on se méfie de lui. A quel clan appartient-il aujourd’hui ?
Dans ce monde chaotique où rien et personne n’est ce qu’il paraît, où chaque mot peut être une bombe, la petite Raasta, nommée la Protégée, représente l’espoir. Ses mots, sa présence sont le seul réconfort de ce peuple de vautours gouverné par la peur.
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Nafissatou Dia Diouf , Boubacar Boris Diop , Khadi Hane , Ken Bugul , Aminata Sow Fall, Nouvelles du Sénégal, Éd. Magelan et Cie (Miniatures), 2010
L’histoire du Sénégal, ou en tout cas de cette partie de l’Afrique de l’Ouest, ne commence pas avec les Indépendances : sa préhistoire, la longue et riche histoire de ses royaumes, sont en grande partie dans le précieux patrimoine que constituent ses langues et leur mémoire que sont le diola, le malinké, le pular, le peul, le sérère, le soninké ou le wolof. Le français s’est imposé comme langue nationale après deux siècles de colonisation. C’est la langue de la plupart des écrivains sénégalais aujourd’hui, même si certains, tel Boubacar Boris Diop, ont aussi écrit en wolof. Outre l’importance de Léopold Sédar Senghor, de Cheikh Hamidou Kane ou de Sembene Ousmane, une autre spécificité de la littérature sénégalaise est la place qu’y occupent les femmes : Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Fatou Diome, Ken Bugul, Khadi Hane, Nafissatou Dia Diouf. Francophone et féminine, telle se présente la littérature sénégalaise, consciente de son passé, attachée à des traditions multiséculaires, mais aussi moderne, ouverte sur le monde, sur le reste de l’Afrique, sur le monde arabe et sur l’Europe, tout en nouant de subtils liens avec les Amériques du Nord et du Sud où vivent tant de descendants du commerce triangulaire.

Deon Meyer, Treize heures, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2010
Le Cap. 5:36 – Une femme monte la côte de Lion’s Head en courant. Elle est jeune, belle, Américaine, et terrifiée. Des hommes la traquent, comme une bête.5:37 – L’appel réveille l’inspecteur Bennie Griessel. Il y a eu un meurtre. Une femme, la gorge tranchée. Elle gît à deux pas de St Martini, l’église luthérienne de Long Street.7:02 – Saoule, l’ex-sensation du chant Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage à côté d’elle, par terre. Et un pistolet juste à côté d’elle.À neuf heures, avec deux meurtres à résoudre et une insupportable envie de boire, Griessel comprend soudain qu’entraîner une nouvelle génération d’inspecteurs risque d’être un rien plus compliqué que ce qu’il escomptait.Passé midi, la course contre la montre engagée pour sauver une jeune touriste de la mort vire au cauchemar.Et à cinq heures et demi de l’après-midi, on tire sur Griessel, en plein cœur.Soit treize heures bien ordinaires dans la vie d’un inspecteur des Homicides du Cap.

Moussa Konaté, La malédiction du lamantin, Éd. Points (Points Policier), 2010
Sur l’îlot de Kokrini, les notables de la tribu des Bozos, dont Kouata est le chef, pensent que la dernière crue du Niger est le prix à payer pour l’outrage commis, des années plus tôt, par l’un des leurs. Celui-ci avait volé leur totem, le lamantin, pour le revendre. Kouata et Nassoumba, sa première épouse, sont retrouvés foudroyés. Encore une vengeance du lamantin ? L’affaire s’annonce délicate pour le commissaire Habib.

Antonio Junior NZAU , Traite au Zaïre, L’Harmattan (Polars noirs ; 1), 1984
Traite au Zaïre d’Antonio J. Nzau offre un cocktail qui avait déjà fait ses preuves, en d’autre temps et sous d’autres latitudes, en réunissant énigme policière, personnages crapuleux et arrière fond politique. Ici, un médecin congolais est aux prises avec les tenants des réseaux de prostitution, des politiciens véreux, les barbouzes des services secrets, des diplomates plus ou moins scrupuleux, et quelques autres personnages au demeurant fort peu recommandables…

Tierno Monénembo, Les crapauds-brousse, Éd. Points, 2010
L’indépendance de leur pays avait donné aux personnages l’espoir d’un avenir meilleur. C’était sans compter Sâ Matraq, qui les gouverne en despote. Les espoirs de développement et de démocratie ont cédé la place à un régime policier, approvisionné par des contrebandiers.
En savoir + : le billet de Mapero sur Wodka
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Sony Labou-Tansi, L’anté-peuple, Éd. Points, 2010
Dadou repousse les avances d’une de ses élèves mais sombre dans l’alcool en pensant à elle. Rejetée, la jeune fille se suicide. Dadou est accusé de l’avoir tuée. La foule en colère tue toute sa famille et l’envoie en prison, d’où il finit par s’échapper. Commence alors une vie d’errance particulièrement difficile.
En savoir + sur Sony Labou-Tansi
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Alain Mabanckou, Black bazar, Éd. Points, 2010
Le narrateur, originaire du Congo, habite Paris depuis plus de quinze ans. Le jour où sa compagne le quitte, il commence à fréquenter le Jip’s, un bar du 1er arrondissement. Il y rencontre des personnages truculents et, se découvrant à leur contact une vocation littéraire, il se lance dans l’écriture pour retranscrire entre sarcasme et cocasserie la folie du monde qui l’entoure.
En savoir + : black Bazar le nouveau blog d’Alain Mabanckou

Raymond Depardon, Afrique(s), Éd. Points, 2010 (A paraître le 25 mars)
Raymond Depardon connaît l’Afrique depuis plus de cinquante ans. D’Égypte en Éthiopie, de campagnes en déserts, de ghettos en oasis, il nous offre en partage l’Afrique qu’il aime : le sourire lumineux des Mo Kuvale, la douce élégance des Toubous, la détresse des enfants angolais. Ces images silencieuses, tendres, parfois violentes, sont celles de ses errances, de ses rencontres, de ses Afriques.
Photographe de réputation internationale, Raymond Depardon a réalisé de nombreux films documentaires dont Reporters, La Captive du désert ou 10e Chambre. Il est aussi l’auteur de Corse, d’ Errance, de La Solitude heureuse du voyageur et de Paysans, disponibles en Points.
Cette édition reprend des textes de En Afrique, paru en 1996. Elle a été entièrement revue par l’auteur et augmentée de photographies inédites.
« Je voulais oser quatre cent pages de photographies sans respiration. Je voulais étouffer devant l’immense Afrique, me trouver comme au bord d’une route où nous serions en panne pour plusieurs jours, envahis, à rester silencieux et à écouter ». Raymond Depardon
En savoir + : Les Afriques de Raymond Depardon par Sabah Rahmani

Nora Aceval, La science des femmes et de l’amour, Ed. Al Manar (Contes et nouvelles du Maghreb), 2009
La « Science des femmes et de l’amour » dont il s’agit ici trouve son origine dans les contes que les femmes du Maghreb aiment à raconter entre elles. Elle est, pour l’essentiel, puisée à la source des contes populaires d’Algérie, et plus précisément dans le corpus particulier des contes réservés aux adultes. Y sont mis en scène des maris ivres de jalousie et immanquablement trompés, des amantes amoureuses, des épouses naïves… le tout, orchestré par une gent féminine rouée comme il se doit ! Le beau prince de ces contes, sorte de Shahrazade au masculin, est lancé dans une série d’aventures et de découvertes étonnantes. Il parcourt de lointaines contrées, livré aux facéties de l’amour et du hasard. Chacune de ses rencontres est une promesse, mais aucune ne lui livre l’absolu du « secret des alcôves »…
Emporté par un tourbillon d’histoires aux senteurs orientales, le prince finira-t-il par découvrir la science des femmes ? Laquelle de ces belles lui fournira la clé du savoir ultime qui lui permettra d’accéder au royaume de ses ancêtres ?

Malek Chebel, Le Kama-sutra arabe : Deux mille ans de littérature érotique en Orient, Ed. Pauvert, 2006
Le Kama-sutra arabe est le fruit d’une longue tradition portant sur le désir, l’érotisme et la sexualité. Ce livre de sagesse millénaire, de méditation et de détente est un merveilleux voyage dans la culture arabo-persane. Conçu comme un manuel de savoir-vivre amoureux et d’éducation sexuelle, il regroupe une variété d’oeuvres littéraires et de poèmes portant sur le bien-jouir et la copulation. En célébrant les fastes de la chair, Malek Chebel, nous dévoile un monde fascinant dans lequel s’entrecroisent des amants célèbres déchirés par de passions contrariées, des couples comblés de volupté, ainsi que diverses spécialités érotiques encore tenues au secret. Il nous révèle surtout les mystères du harem et du hammam, les règles du massage, les douze inflexions de la beauté parfaite chez la femme et le secret des aphrodisiaques orientaux (la formule O). Certains textes étant traduits ici pour la première fois, le Kama-sutra arabe, qui tient autant de L’ art d’ aimer d’Ovide ou de De l’amour de Stendhal que du Kama-sutra indien, est d’abord un hymne à l’amour sous toutes ses formes, exploré, sans complexe ni tabou. Les Houris aux yeux de biches nous feront longtemps rêver…
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Salwa Al Neimi, La preuve par le miel, Ed. Robert Laffont, 2008 (sortie en poche chez Pocket en janvier 2010)
Une intellectuelle syrienne se passionne en secret, du moins le croit-elle, pour l’étude des traités érotiques arabes anciens.
Jusqu’au jour où elle est très officiellement invitée à participer à un colloque sur le sujet. C’est l’occasion pour elle d’évoquer sa vie passée, sa liberté, ses plaisirs et ses désirs, en une rêverie superbe où s’entremêlent les souvenirs nostalgiques d’un amant mystérieux et les citations des chefs-d’œuvre de la littérature érotique arabe. C’est aussi l’occasion pour elle de s’amuser, au fil des histoires qu’elle a recueillies et glissées dans son récit à la manière des Mille et Une Nuits, de la place qu’accordent au sexe les sociétés arabes actuelles.
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Ryad Assani-Razaki, Deux cercles, Vlb Éditions (Fictions), 2009
Ce premier recueil de Ryad Assani-Razaki, parle de discrimination et d’exclusion. Chacune des nouvelles de Deux cercles relate un moment de la vie d’un individu qui doit faire face aux difficultés et aux frustrations liées à l’immigration. Un immigrant ne parle pas du tout la langue du pays d’accueil ; il a réussi de peine et de misère à passer sa commande au fast food, mais il doit encore obtenir le petit jouet promotionnel pour le donner à son fils. Un autre rentre au pays après dix années passées en Occident ; la jeune femme qu’il fréquentait avant son départ lui expliquera longuement pourquoi elle le refuse. Un personnage ne veut plus faire partie du monde ; il s’efforce de n’être plus personne, mais le souvenir de la femme qu’il a aimée l’empêche d’y arriver… Dans un monde qui ressemble de plus en plus au village global, nous devons composer avec nos différences, nos croyances, nos préjugés… Quand les cercles sociaux, culturels et religieux s’entrecroisent, quand ils entrent en résonance avec notre cercle intime et avec celui des autres, à plus forte raison lorsque ces derniers sont des étrangers, quelles difficultés surgissent dans la vie de tous les jours ? Le déséquilibre et la confrontation sont-ils inévitables ?
Ryad Assani-Razaki est né à Cotonou, au Bénin, en 1981 et habite aujourd’hui à Toronto, où il travaille comme informaticien. Avant d’arriver au Canada, il a fait des études en informatique à l’Université de Caroline du Nord. Au Québec, il a obtenu une maîtrise en informatique à l’Université de Montréal. Deux cercles est son premier livre.

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Hilaire Dovonon, Sikah, Éd. D’un Noir si Bleu, 2008
Entre la forêt du grand baobab et la montagne, le village des albinos vit dans le calme, le bonheur et l’opulence.
La reine, femme de Lissahossou, attend un enfant. Cette naissance va bouleverser le village, car dans ce monde tout blanc nait « un bébé noir comme la nuit éternelle des mondes sans soleil. Noir comme la tristesse. Noir. »
De son style musical, Hilaire Dovonon nous offre un conte explorant avec beaucoup de simplicité la question des rapports entre les hommes. Qu’est-ce qui les fonde réellement ? Les différences visibles sont-elles des différences ? Par une voie pleine de poésie, il nous propose, du Bénin, sa réponse :
« sache que la couleur de la peau ne change pas la couleur du sang ».
Dans sa courte préface, Franck Pavloff, écrit qu’Hilaire Dovonon « nous place au centre d’une réflexion fondamentale sur la tolérance » A l’approche de noël il faudrait suggérer à Éric Besson de mettre Sikah sur sa liste de cadeaux avant de l’envoyer au père Noël !
Archiviste-documentaliste de profession, Hilaire Dovonon est né le 12 juillet 1977 au Bénin, où il réside. Son talent de nouvelliste s’est vu à plusieurs reprises couronné par différents prix littéraires francophones, dont le Prix littéraire « Alain Decaux » de la Francophonie, en 2003, pour la nouvelle intitulée « Le Vieil homme et la statuette d’ébène » ; et le Prix du jeune écrivain francophone, la même année, avec « Sous le signe du serpent ».
En 2005 il fait partie des « Plumes émergentes » de la revue Notre Librairie. Revue des littératures du Sud n° 158.
Depuis il a publié un recueil de nouvelles : La Floraison des baobabs aux éditions D’un Noir si Bleu.

Lire une nouvelle d’Hilaire Dovonon : Les reflets des coquillages.

Awumey Edem, Les pieds sales, Éd. Seuil, 2009
À la recherche de celui qui fut peut-être son père, Askia l’exilé tourne en rond dans Paris, au volant de son taxi, longeant les quais de la Seine où rôdent des skinheads décidés à faire la peau aux hommes de couleur.
Dans la nuit parisienne, Askia et Olia poursuivent des ombres. Le premier est un Télémaque obscur au volant d’un taxi lugubre sur les traces du père. Quant à elle, elle traque avec son appareil photo des figures d’hommes et de femmes sans patrie, des terriens aux pieds sales à force de courir le monde. Comme ces clandestins qui, chaque aube que font les dieux de l’exode, remontent du Sud de leur enfance vers le Nord des errances. De l’Afrique aux rivages européens de Santa Cruz de Ténérife… Des êtres en quête de pain, d’espoir. De terre aussi. Olia pourra-t-elle aider Askia dans sa désespérance ? Et si le dernier salut, le pays ultime au terme de leur périple c’était l’amour dans le regard de l’autre ? Pendant ce temps, les skinheads de la haine se tiennent prêts. A en finir avec celui qui reste l’étranger…
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Awumey Edem, Port-Mélo, Éd. Gallimard (continents noirs), 2006
« La caisse aux gorilles traversa le cauchemar du Port, les rues fantômes, un vieillard et une petite fille se tenaient par la main, la petite fille en larmes sur les traces de la mère violée et découpée plus loin sur un trottoir. Le cauchemar du Port, une séance d’exécution publique en présence d’une foule silencieuse, la troupe qui charge son tir et le condamné qui commence son dernier gospel : Amazing Grace… À la place des vitrines éclatées de la rue Z, des rideaux blancs sur lesquels un passant, un type aussi fou que l’ami Manuel, écrivait : « Quand tu me tiens, Port-Mélo… Je perds le nord et la peau. » J’ai à peine le temps de classer ces images, ranger dans un coin de la mémoire les pneus brûlés, les deux pendus qui gesticulent devant le musée et le croque-mort débordé. Parce qu’il avait du boulot, il avait des corps… »
Sur une côte d’Afrique, une milice cruelle réprime la moindre manif, étouffe dans les gorges la moindre clameur. Manuel, traqué, marche  » à contre-voie « , il tient un précieux carnet des disparus que les autorités voudraient détruire. La mère Cori, sage vieille folle, raconte et attend. La jeune et si belle Joséphine s’offre en un clin d’étoile entre un flamboyant et un wharf rouillé…
Une mosaïque de personnages et tout un peuple jouent leur vie dans une ville et un pays qui effacent l’homme et ses traces, qui met du blanc sur le viol des corps et des rêves. Ici, par la grâce d’une écriture lancinante et émouvante, l’Afrique nous tend le miroir d’un monde à notre image, qui se démembre sous ses masques riant et criant d’inhumaine humanité.
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Edem Awumey est né et a grandi à Lomé, la capitale du Togo. Cet auteur de 32 ans, qui signe ses œuvres de son prénom et dont l’écriture est centrée sur le thème de l’exil, vit aujourd’hui au Québec. Titulaire de deux diplômes de littérature de l’Université de Lomé (1995-2000), il se voit décerner en 2000 une bourse UNESCO-Aschberg qui lui permettra d’être écrivain en résidence à Marnay-sur-Seine, en France. Entre 2000 et 2005, il obtient des diplômes en langues et littérature et en développement culturel à l’Université de Cergy-Pontoise, puis achève son doctorat, dont le sujet — la littérature de l’exil — rappelle l’œuvre de son mentor, Tahar Ben Jelloun.
D’abord auteur de nouvelles, Edem a vécu un moment décisif en janvier 2006 avec la parution unanimement saluée, chez Gallimard, de son premier roman, Port-Mélo, qui a obtenu le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire 2006, l’une des plus hautes distinctions littéraires africaines.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Fayard, 2009
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsaharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.
Comme souvent un nouveau roman de Patrick Besson ne laisse pas indifférent. Voici une petite revue de presse :
Sur Bibliosurf : « Depuis combien de temps Patrick Besson n’a t-il pas écrit un bon livre ? 10 ans ? Mais le fleuve tuera l’homme blanc, sinueux roman de 450 pages, marque son retour de façon fracassante, livre ambitieux et audacieux, construit sur plusieurs étages de narration, polyphonique et labyrinthique. »
Sur TV5 : « Enfin un bon roman de Patrick Besson! Rectifions: un bon demi-roman. Disons jusqu’à la page 243. Le problème, c’est qu’il en compte 484. »
Sur Lire : « L’avantage – ou le problème – avec Patrick Besson, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. A quoi peut ressembler l’appartement d’un individu réputé provocateur qui écrivait simultanément au Figaro et à L’Humanité? »
Sur France soir : « Près de 500 pages qui se lisent d’une traite. Sans que jamais l’intérêt du lecteur faiblisse. De la haute voltige. »
Et une petite citation bessoniènne pour vous donner l’eau à la bouche : “En Afrique, on se couche tôt. Comme en prison. Ou à l’hôpital. Se coucher tard est un privilège, se lever tard une marque de distinction. Les aristocrates et les bourgeois aiment la nuit parce qu’elle les rassemble. C’est leur huis-clos dans lequel ils baisent entre eux après s’être enrichis sur le dos des prolétaires pendant le jour. Après le coucher du soleil qui coïncide avec celui des pauvres, les chefs d’Etat africains, en compagnie de leurs conseillers blancs et de leurs putes noires, dévorent l’âme du peuple”