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Quelques lectures pour l’été : l’Afrique du sud au nord dans des romans parus depuis le début de l’année. En prime une belle image des amis Guy et Eric.

coudercFrédéric Couderc, Un été blanc et noir, éd. Flammarion, 2013
1968. Marianne, une jeune Française professeur de lettres, est dépêchée en Afrique du Sud pour enseigner à l’université du Cap, ville dont le cadre idyllique renferme à la fois la liberté des swinging sixties et l’horreur de la ségrégation. Elle fait la connaissance de Denise, une avocate blanche engagée dans la lutte contre les lois raciales. Inséparables, les deux jeunes femmes se voient bientôt mêlées à un événement exceptionnel : la première greffe du coeur jamais réalisée…
Par le biais de Denise, Marianne rencontre Victor, Afrikaner charmeur et désinvolte. Elle va l’aimer passionnément, mais avec l’impression de ne pas vraiment le connaître. Car les apparences sont trompeuses au pays de l’apartheid.
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ScholesKatherine Scholes, La lionne, éd. Belfond, 2013

En Tanzanie, de nos jours. Avec sa fille Angel, sept ans, Laura, infirmière au grand coeur, sillonne la brousse tanzanienne pour porter secours aux malades. Un jour, la tragédie frappe : mordue par un serpent, Laura meurt sur le coup, laissant Angel seule dans le désert. Terrifiée, encerclée par les vautours et les hyènes, la petite fille est promise à une mort certaine. Quand surgit une lionne… Non loin de là, Emma Lindberg, biologiste australienne, est venue visiter la station où travaillait sa mère, virologue décédée vingt ans auparavant, dans l’espoir de faire son deuil.
Mais, lorsque les chameaux de Laura et Angel débarquent à la station, la vie si bien organisée d’Emma bascule. Aidée de Daniel, séduisant docteur Masaï, la jeune biologiste se lance à la recherche de la petite fille. Mais où chercher ? Pourquoi Angel est-elle introuvable ? Et si George Lawrence, celui que chacun surnomme l' »Homme aux lions », avait la réponse ? D’un campement où animaux et hommes vivent en harmonie, aux étendus sauvages et dangereuses de la savane tanzanienne, cette quête va emmener Emma bien plus loin qu’elle ne l’aurait cru… Et si le vieil adage était vrai ? Et si l’Afrique transformait à jamais ceux qui s’y aventurent ?
Le site de Katherine Scholes (en anglais)

MuttMutt-Lon, Ceux qui sortent dans la nuit, éd. Grasset, 2013

Ceux qui sortent dans la nuit est un roman qui se déroule dans les arcanes du monde des ewusus, ces gens qui hantent les nuits et que la légende africaine pare de pouvoirs aussi extravagants que l’invisibilité, la lévitation, la capacité à remonter le temps.Alain Nsona, le personnage principal, veut venger sa soeur et pour ce faire, devenir lui-même un ewusu, c’est-à-dire quelqu’un qui, la nuit venue, quitte son corps et a le don d’ubiquité. Il va rencontrer le vieil ewusu, Jean-Paul Ada, qui deviendra son gourou.
Ce dernier lui propose une mission qui consiste à remonter le temps jusqu’en 1705 dans un village africain à la recherche d’un certain Jam-Libe, ewusu du temps jadis, qui posséderait le pouvoir de dématérialiser les objets. Ce pouvoir est convoité par Ada et quelques autres ewusus qui ambitionnent de provoquer une révolution qui libèrerait l’Afrique.L’action se déroule alors en 1705. Alain Nsona, qui se croyait seul représentant de notre époque, a la surprise de rencontrer Tikyo, son contemporain qui avait été envoyé pour la même mission.
A travers ces deux jeunes gens, Nsona l’Africain moderne et Tikyo le conservateur, s’opposent deux perspectives de l’Afrique.

ananissohThéo Ananissoh, L’invitation, éd. Elyzad, 2013

Comme un carnet de voyage, ou presque : pour une fois, le regard d’un écrivain africain sur la vie dans un village français, et non l’inverse ! Moisant en Touraine, au nord de la Loire. Dans ce village de mille habitants, un écrivain venu d’une région chaude est accueilli en résidence d’écriture pour quatre mois. On l’installe dans un ancien presbytère, on l’invite à déjeuner, on lui présente les uns et les autres.
Un unique café, une place du village à peine animée en cet automne ensoleillé, une église déserte. Ces endroits sans aspérités, ces gens plus ou moins retirés de la vie active, prennent peu à peu du relief. Les habitants se muent en personnages de roman. Car les meurtrissures ne sont pas rares, mine de rien ; la haine et la générosité non plus. Tous les ingrédients concourent à faire de Moisant le tranquille théâtre d’un questionnement sur la place de l’autre dans nos sociétés.
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congoCollectif, Chroniques du Congo, éd. Sépia, 2013

Sélectionnés à l’occasion du Sommet de la Francophonie de Kinshasa d’octobre 2012, ces dix-neuf textes attestent de la vitalité de la langue française en République Démocratique du Congo. Issus de diverses régions de ce vaste territoire, leurs auteurs veulent être à la fois les témoins d’une réalité complexe et douloureuse et hérauts d’une langue qui permet d’entrer en relation.
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ebodeEugène Ebodé, La Rose dans le bus jaune, éd. Gallimard (Continents noirs), 2013

«Young Man, J’ai reçu votre charmante lettre. Il m’aurait plu de m’entretenir avec vous, même un court instant, de l’année du boycott à Montgomery que vous avez joliment appelée notre « odyssée de l’égalité ». Hélas, la médecine m’oblige à garder la chambre. Non, votre question sur ma résistance dans le fameux bus jaune ne m’agace pas. Ce geste ne fut pas prémédité. Je suis simplement restée assise pour tenir debout.
Nous avons, Blancs et Noirs, bravé férocité, intimidations, crachats et intempéries au nom de la dignité humaine. Ah ! si vous saviez combien les images des chiens aux yeux luisants, aux babines rouge sang, et lancés à nos trousses lors des marches pacifiques ont mis du temps à s’effacer de ma mémoire. Mais le « I have a dream » de Martin Luther King, ponctué de vibrants « Yes sir ! » devant le Lincoln Memorial à Washington, résonne encore en moi comme un puissant hymne de fraternité.
J’ai côtoyé des êtres exceptionnels et des gens haineux et stupides ! Ils venaient de tous les camps, y compris du nôtre. Dans le texte que je vous envoie, je parle enfin de Douglas White junior, ce Blanc qui voulut s’asseoir à ma place et que l’histoire a ignoré. Il fait partie de ces incroyables personnages que le combat pour les droits civiques m’a aussi permis de découvrir. Lisez-moi, young man, et n’oubliez pas de me répondre, ne n’oubliez pas.
Rosa»
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BehrMarc Behr, Les rois du Paradis, éd. JC Lattès, 2013

Lorsque Michiel Steyn revient en Afrique du Sud pour l’enterrement de sa mère, il a passé plus de la moitié de sa vie à l’étranger : à Londres, en Australie, aux îles Salomon, à San Francisco surtout, où il enseigne l’anglais à des étudiants étrangers. Pourtant, malgré ces quinze années d’absence, Michiel n’a pas oublié ce qui l’a poussé à fuir la ferme familiale Le Paradis. Des arbres fruitiers, des champs à perte de vue, une source, du bétail, des voisins fermiers, les ouvriers noirs et les servantes travaillant pour les maitres : c’est là que Michiel a grandi avec ses parents, et ses deux frères, les rois d’un royaume menacé.
Le rite du deuil et de la nostalgie se mêlent. Les souvenirs affleurent : la colère toujours vive d’un père, la mort d’un frère, la perte d’un enfant, la trahison d’un amour et le souvenir honni et honteux de l’Apartheid. Michiel doit affronter la douleur d’avoir perdu sa mère et les conséquences de sa disparition, de son silence. Personne n’est innocent. Michiel cherche les traces d’un monde disparu, les traces de son enfance et de sa jeunesse, de l’homme qu’il était.
Son retour au pays ne dure qu’une journée à peine, le temps des funérailles et d’une nuit avec les siens. Partout Michiel perçoit l’odeur de sa mère qui est aussi celle d’un pays oublié, d’un passé enfoui.
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nimrodNimrod, Un balcon sur l’Algérois, éd. Actes sud, 2013

Un balcon sur l’Algérois est le récit d’une fulgurance amoureuse – celle d’un jeune Africain avide de culture et de beauté venu s’installer à Paris dans les années 1970 avec une grande bourgeoise française, sorte de mante religieuse des Lettres, femme de pouvoir à qui rien ne doit être refusé. Dans une langue toujours plus poétique, jouant, comme dans Les Jambes d’Alice, avec l’autofiction sans jamais renoncer à l’imaginaire, Nimrod écrit les amours possessifs et passionnels de deux êtres diamétralement opposés.
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azerguiLhoussain Azergui, Le pain des corbeaux, Casa-express éditions, 2013

Ce roman est l’histoire d’un jeune journaliste recherché par la police militaire après avoir écrit un article sur la situation qui prévaut dans son pays et voyage clandestinement dans la montagne. Inspiré de faits réels au cours des  » années de plomb « , ce texte, traduit par l’auteur de l’amazigh au français, témoigne d’une époque révolue, antérieure à la création de l’Institut Royal de la Culture Amazigh et de l’inscription de cette langue dans la constitution marocaine en 2011.
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al azabMohamed Salah Al-Azab, Mauvaises passes, éd. Seuil, 2013

Mohammed Ibrahim, jeune Cairote d’une vingtaine d’années, décide avec son ami Moneim de partager un studio dans le centre-ville, loin de sa famille et loin du terne destin conjugal qu’il est appelé à connaître aux côtés de sa cousine Hind, sa fiancée, avec qui il entretient une relation beaucoup trop convenable à son goût. S’il affirme à ses parents que ce pied-à-terre facilitera ses recherches d’emploi, Mohammed entend surtout disposer d’une garçonnière, condition sine qua non pour multiplier à son gré les conquêtes féminines. Mais, dans cette métropole où l’intimité est un combat de tous les jours, où l’homme est tour à tour un loup et un pigeon pour l’homme, où la vie réserve souvent de mauvaises surprises, les choses ne sont pas si simples, et les déconvenues nombreuses.
Dans ce récit, Mohammed Salah al-Azab jette une lumière crue sur la misère sexuelle de la jeunesse masculine du Caire, tout en décrivant avec beaucoup de justesse et un humour ravageur les combats ordinaires de sa génération, sur fond de crise du logement et de corruption généralisée. Un roman vif et malicieux.
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GhachemMoncef Ghachem, Mugelières, éd. Apogée, 2013

 » Belle bouffé d’oxygène iodé que ce témoignage de Moncef Ghachem qui nous permet de recouvrer les brises et meltem d’une époque où les pêcheurs étaient des êtres « chevronnés… authentiques et compétents », des hommes fiers du métier qu’ils exerçaient en toute sérénité, en ce temps pas si lointains où les enfants rêvaient d’être marins, pirates, aventuriers, explorateurs… plutôt que traders, homme d’affaires, stars du showbiz, martyrs ou mercennaires… » Alain Jégou.
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aslanIbrahim Aslân, Deux chambres avec séjour : Petit feuilleton domestique, éd. Actes sud (Sinbdad), 2013

Khalil et sa femme Ihsan vivent seuls dans un petit appartement de deux chambres avec séjour, qu’ils ne quittent pratiquement jamais. Depuis qu’il a pris sa retraite et que leurs deux enfants se sont mariés, ils n’ont plus rien à faire de leurs journées, sinon se quereller gentiment pour des broutilles, comme la manière de cuire les fèves, le choix des programmes télévisés ou la manie qu’a Khalil de commencer toutes ses phrases par « je pense ».
Puis Ihsan meurt, laissant Khalil dans une extrême solitude, en proie aux soucis de la vieillesse, et c’est alors qu’il renoue avec son ancien quartier, ses anciens amis, et que le monde extérieur s’engouffre dans son vieil appartement, dont la porte reste désormais toujours ouverte… Composé de courtes scènes apparemment banales de la vie quotidienne, mais dont chacune, sans le moindre artifice, s’ouvre sur des questionnements essentiels, ce feuilleton domestique est l’oeuvre ultime d’Ibrahim Aslân, décédé il y a quelques mois.
Avec son style dépouillé, son regard minutieux sur les êtres et les choses, et la douce mélancolie qui s’en dégage, il nous plonge avec malice, comme par enchantement, dans l’étrangeté de l’ordinaire.
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Une belle main de polars pour les longs ouiquendes du mois de mai à déguster entre manif et brin de muguet

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Jean-Hugues Oppel, Vostok, éd. Rivages (Rivages/Noir, n° 900), 2013
Quelque part en Afrique, sous une chaleur étouffante, la société Métal-Ik exploite les « terres rares », ces métaux stratégiques nécessaires à la haute technologie. Certaines multinationales, on le sait, ne sont pas très regardantes en matière de droit du travail. Aussi, lorsqu’une agence de l’ONU dépêche Tanya Lawrence sur place, elle n’est clairement pas la bienvenue. Face à l’hostilité générale, elle ne peut compter que sur Tony Donizzi, le guide que lui a assigné le consortium. Le climat s’alourdit vite dans la colonie minière de Métal-Ik, alors qu’une autre menace bien plus grande et moins perceptible, se profile…
Auteur de thrillers politiques féroces, Jean-Hugues Oppel (Grand Prix de littérature policière, Prix Mystère de la critique) signe son grand retour après plusieurs années d’absence.

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djibouti.inddElmore Leonard, Djibouti, éd. Rivages (Thriller), 2013
Dara Barr réalise des documentaires dans l’air du temps : le viol des femmes bosniaques, les néo-nazis, La Nouvelle-Orléans après Katrina. Décidée à se lancer de nouveaux défis, elle part pour Djibouti afin de filmer les pirates des temps modernes en action. Mais le soleil de la région a manifestement tapé sur certains crânes. Est-il vrai, par exemple, que l’explosion d’un superméthanier peut libérer autant d’énergie qu’une bombe atomique ? Cela expliquerait pourquoi un tel navire intéresse tellement les djihadistes locaux… Et si, au lieu d’un documentaire, Dara tournait finalement un film à gros budget hollywoodien ?
« Le plus grand écrivain américain de romans policiers. » (Newsweek)
Elmore Leonard, référence obligée de culture populaire américaine contemporaine, a influencé toute une génération d’écrivains, de scénaristes et de réalisateurs. Il a reçu en 2012 la médaille des Lettres américaines de la National Book Foundation.

Voir le site de l’auteur (en anglais)

smith3Roger Smith, Le Sable était brûlant, éd. Calmann-Levy, 2013
Avec Le sable était brûlant, Roger Smith voulait écrire un thriller qui se nourrisse de tout ce qui le mettait en rage dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui : corruption généralisée du monde politique, assassinats de 1 500 enfants par an, mariages forcés des jeunes filles et viols des vierges, certains hommes y voyant le remède absolu contre le SIDA. Le tableau est lugubre, mais criant d’une vérité insoutenable.   Déjà traumatisé d’apprendre que son épouse était la maîtresse de Ben Barker, un entrepreneur corrompu qui vient d’être liquidé par des malfrats à la solde du pouvoir, Robert Dell se voit accusé d’avoir volontairement causé la mort de sa femme et de ses enfants lors de l’attentat déguisé en accident de voiture auquel il vient d’échapper. Comprenant qu’il s’agit d’un coup monté, il tente de se défendre, mais sent que c’est à sa vie même qu’en veulent le flic afrikaner Hans Theron et son collègue Zoulou Inja Mazibuko, qui viennent de l’arrêter. Désespéré, il s’attend au pire lorsqu’il est brutalement kidnappé par l’être qu’il déteste le plus au monde, à savoir son propre père, un ancien mercenaire de la CIA qui a décidé de le sauver. Commence alors un voyage infernal dans une Afrique du Sud où, preuve même de l’arriération tribale qui y règne dans certains endroits, la jeune Sunday essaie d’échapper au mariage forcé auquel elle est destinée.

Voir le site de l’auteur (en anglais)

filiere malgachePierre Maury, Filière malgache, éd. No comment, 2013
Xavier, grand reporter, est envoyé à Madagascar pour enquêter sur l’esclavage moderne et ses filières.?Pas très méthodique, il se donne le temps de comprendre un peu comment fonctionne cette société dont il ignore tout.?Mais bientôt, il se retrouve sur la piste d’un dangereux réseau de trafic d’êtres humains aux ramifications internationales.?Il se lance alors dans une poursuite aventureuse dont les multiples rebondissements conduiront son enquête bien plus loin qu’il ne l’aurait imaginé…
Pierre Maury est né en Belgique en 1954. Il vit à Antananarivo (Madagascar), d’où il exerce, depuis plusieurs années, le métier de chroniqueur littéraire pour le grand quotidien francophone belge Le Soir. En 2006, il a créé la Bibliothèque malgache, où il réédite principalement des textes libres de droits, mais où il publie aussi des œuvres contemporaines.
Voir le site des éditions no comment

MikeNicolMike Nicol, La dette, éd. Ombres noires, 2013
Haine, drogue, trafics d’armes et de diamants sont au cœur de La Dette,  premier volet de la trilogie Vengeance de Mike Nicol. Publié et traduit dans de nombreux pays, ce roman a fait partie des dix meilleurs livres de l’année pour le journal Die Zeit, l’équivalent du « Time » en Allemagne, en compagnie de Fred Vargas, Robert Littell et Donald Ray Pollock notamment.
Le Cap (Afrique du Sud). Tenus par une ancienne dette, deux anciens mercenaires et trafiquants d’armes reconvertis dans la sécurité, Mace Bishop et Pylon, sont engagés par un malfrat pour assurer la protection de son fils, Matthew. Gérant d’une boîte de nuit, véritable plaque tournante de la drogue, Matthew est menacé par une association vertueuse, la Pagad. Cette association – en réalité une officine mafieuse – est représentée par l’avocate Shemina February, manipulatrice au passé trouble qui semble connaître Mace et Pylon du temps de l’apartheid.
Installés dans une maison adaptée au handicap de leur fille, Mace et sa femme Oumou sont financièrement aux abois. Aussi, lorsque l’ex-maîtresse de Mace, Isabella, lui propose un convoyage d’armes pour l’Angola, il ne refuse pas. Mais l’affaire tourne rapidement au règlement de compte. Là encore, Shemina February n’est pas loin. Si Mace et Pylon ont oublié qu’elle a été leur victime, elle non. Elle s’est jurée de les détruire à petit feu…

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Puisque le Mali est (tristement) à la une de l’actualité en ce moment, voici quelques polars qui en disent long sur les intérêts des belligérants… 

mali meloAlain Leygonie, Mali Mélo, éd. Baleine (Le Poulpe), 1995
Michel Ligié, directeur au Fonds Communautaire de Développement, s’est-il bien tué en voiture au Mali comme l’a tout d’abord cru son épouse ? Y a-t-il un lien entre sa disparition et celle de l’argent de l’Europe, les cinq cents millions de francs CFA détournés à l’époque de l’accident ? Cela fait assez de questions pour que Gabriel s’envole pour Bamako, laissant la veuve dans un abîme de perplexité. Quand la réalité dépasse l’affliction, ressusciter un mort n’est pas une mince affaire. Il n’y avait que le Poulpe pour y voir clair dans ce Mali-mélo.
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diallo_a_koutyAïda Mady Diallo, Kouty, Mémoire de sang, éd. Gallimard (série noire), 2002
Soudain, la blancheur du ciel matinal vira à l’ocre. Un gros nuage de poussière envahit l’espace et le silence qui régnait sur le quartier fut déchiré par les vrombissements de moteurs puissants. Pendant un court instant, Ousmane resta debout près de sa femme, pétrifié, le regard fixé sur l’horizon. Puis il se ressaisit, se tourna vers sa compagne et lui ordonna d’aller se réfugier dans la maison avec les enfants.
Il vit alors les Land Rover s’arrêter et une vingtaine d’hommes enturbannés, armés de Kalachnikov et de coupe-coupe, en surgirent. Ils se dirigèrent vers un ensemble d’habitations par groupes de trois ou quatre, et, à l’aide de leurs armes, défoncèrent les portes.
Les Tall se précipitèrent chez eux et, peu après, ils entendirent les Touareg qui forçaient la porte. Tout se passa très vite. Ousmane se saisit de son couteau tandis que Fathy faisait sortir Kouty par la fenêtre de la chambre.
– Va vite te cacher dans le grenier à mil, ma chérie, dit-elle, en poussant sa fille à l’extérieur…
Gao, Mali, 6 mars 1984. Le village est attaqué par une bande de pillards touaregs. La famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes : le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu… Kouty, Mémoire de sang est le récit de la longue vangeance de cette fillette. C’est aussi une partie de l’histoire de l’Afrique qui vit longtemps le peuple noir capturé et vendu comme esclave par les seigneurs du désert.

Mkonatoussa Konaté, Les enquêtes du commissaire Habib : L’assassin du Banconi, éd. Publie.net (Publie.noir), 2012
Le commissaire Habib, après avoir longtemps officié à la Série Noire, a déménagé chez Fayard Noir : il fallait bien qu’on le retrouve sur les chemins numériques !
Ce qui ne change pas : le Mali, l’odeur et le bruit de l’Afrique, mais aussi la grande vibration populaire de la langue, toutes les facettes du rire et de l’humour, et ce grand tremblement permanent d’humanité.
Sauf que lui, l’inspecteur Habib, et son inspecteur Sosso qui serait presque le personnage principal du livre, n’ont pas le temps de s’intéresser au tourisme. Une série de meurtres avec signature, des histoires de fausse monnaie, l’intervention d’un marabout, et le fond très obscur des services de sécurité qui se font la nique…
Si vous voulez du polar, et du bon du vrai du fort, en voilà.
Reste cette puissance du continent et de la langue, ce qui se nomme Afrique…
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les-marques-du-fouet-209x300Gérard Streiff, Les marques du Fouet, éd. La manufacture de livres, 2011
« Les marques du fouet disparaissent mais pas les injures » dit un proverbe bambara.
Au Mali, l’assassinat d’un ancien colon français, ex-militaire, déchaîne les passions sur les terres arides du Sahel. Lorsque les narcos colombiens, qui utilisent le Mali pour leurs trafics vers l’Europe, croisent des sans papiers expulsés, des islamistes de l’AQMI, et ces nouveaux blancs d’Afrique, la violence fait sortir le désert de sa torpeur.
François Graffin, dit le Flamand rosse, PDG de la société Transfer, qui gère notamment la ligne Bamako-Dakar, est assassiné au Mali dans des conditions terribles. Magali, la journaliste aux bons sentiments venue aider des sans papiers expulsés de Seine Saint Denis, et son ami le libraire Raphaël Cineux dit « Racine » viennent en aide à Tiecoura Traore, cheminot accusé du crime. Ils plongent en catastrophe dans une société malienne dont ils ignorent à peu près tout. L’étudiante et le libraire vont mener chacun de leur côté une enquête où leurs préjugés sur la société africaine seront battus en brèche. Lutte de classes ? Trafic de drogue ? Séquelle coloniale ? Terrorisme ? Vengeance sectaire ? Jalousie de polygame ? Comme toujours en Afrique, les pistes ne manquent pas…

air cocaineC’est pour bientôt :
Laurent Guillaume, ancien flic devnu écrivain, publiera en novembre un nouveau roman qui aura pour cadre le Mali.
Ancien flic français dans le Val-de-Marne et à Annecy, puis conseiller du directeur de la police pour les affaires de stupéfiants au Mali (2007-2011), Laurent Guillaume, 45 ans, est l’auteur de plusieurs romans policiers (Mako, Le Roi des crânes, Doux comme la mort) et collabore avec le réalisateur français Olivier Marchal. Il publiera en novembre chez Denoël un nouveau polar qui a pour cadre le Mali. « Les faits, explique-t-il, sont librement inspirés de l’affaire Air Cocaïne, qui défraya la chronique en 2009. Le personnage principal sera un métis franco-malien, ex-flic français en cavale en Afrique pour une sombre affaire liée à son passé. »

D’autres polars sur le Mali

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Allez, hop ! un petit voyage en Afrique (avec 3 images d’une époque révolue)

pilote de broussePierre Boussel, Nicolas le Tutour, Pilote de brousse, éd. Altipresse, 2012
Altipresse présente une nouvelle forme de BD « histoire authentique ». L’histoire est particulièrement spectaculaire. En août 2010, un vieux Boeing 707 a traversé l’Atlantique à partir du Venezuela. Pas de plan de vol. Pas de contact avec le contrôle aérien. A son bord aucun passager mais des hommes en armes et quelques tonnes de cocaïne. L’atterrissage définitif dans le désert est « définitif ». Ensuite, la cargaison est déchargée et l’avion est brûlé…

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Sylvain Estibal, Le dernier vol de Lancaster, éd. Actes Sud (Babel), 2005
Avril 1933. Le pilote Bill Lancaster s’envole de Lympne en direction du Cap pour tenter de battre le record établi sur cette traversée. Peu après, au fortin de Reggane, dans le Sud algérien, on apprend qu’un aviateur s’est écrasé dans les environs. Commence alors une course contre la montre pour tenter de retrouver ce pilote controversé perdu dans le désert. Au travers d’un assemblage captivant de textes où se mêlent fragments épistolaires, coupures de presse, rapports officiels et le journal tenu par Lancaster lui-même, se dessine un destin éminemment romanesque, entre vérité et légende de la conquête du ciel.

 

KesselJoseph Kessel, Vent de sable, éd. Gallimard (Folio), 1997
Vent de sable a été écrit à la suite du voyage que fit Kessel avec Emile Lécrivain sur la ligne Toulouse-Casablanca-Dakar. Lécrivain était le plus ancien pilote de cette ligne qu’il avait ouverte officiellement le 1er juin 1925. Casablanca et ses boîtes de nuit, Agadir et son quartier réservé, le fort Juby et le pénitencier militaire, Villa Cisneros et sa garnison espagnole sont les différentes étapes de ce raid. Pendant son voyage et aux escales, Kessel apprend à connaître les pionniers de l’aviation civile parmi lesquels comptaient Mermoz et Saint-Exupéry. Audacieux, simples et modestes, envoûtés par le désert, ces hommes considéraient le transport du courrier comme une religion. Chaque semaine, ils accomplissaient un tour de force pour apporter les sacs à bon port, au péril de leur vie.

berylBeryl Markham, Vers l’Ouest avec la nuit, éd. Phébus, 2011
 » Avez-vous lu Vers l’Ouest avec la nuit ? … C’est un sacré bon livre.  » Ce commentaire d’Hemingway dans sa correspondance permit dans les années quatre-vingt de redécouvrir Beryl Markham, pionnière de l’aviation dont la vie a été extrêmement aventureuse. Elle passa son enfance au Kenya et fut la première femme en Afrique à obtenir une licence d’entraîneur de chevaux de course. Elle découvrit l’aviation à l’âge de trente ans et effectua pendant plusieurs années des vols entre le Kenya, le Soudan et la Rhodésie, transportant des passagers, du courrier, des médicaments et ravitaillant des safaris. En 1936, elle fut la première à traverser l’Atlantique Nord, seule à bord de son monomoteur. Elle décolla d’Abingdon en Angleterre et atterrit vingt et une heures et vingt-cinq minutes plus tard sur le continent américain où elle reçut un accueil triomphal. Vers l’Ouest avec la nuit est le vibrant témoignage d’une femme éprise de liberté, d’une  » voyageuse insatiable « , comme Beryl se qualifiait elle-même.

st exAntoine de Saint-Exupéry, Courrier sud, éd. Gallimard (Folio), 1997
Jacques Bernis est pilote sur les lignes Latécoère qui transporte le courrier de Toulouse à Casablanca et Dakar. Solitaire, il se réfugie à l’intérieur de sa carlingue pour fuir la vie monotone de ces années d’après-guerre. Un jour il rencontre Geneviève, celle-ci est mariée. Bernis décide alors de sortir de son cocon, il part avec elle à l’aventure mais l’existence qu’il lui propose ne peut pas lui convenir aussi la ramène-t-il auprès de son mari. Le roman est parsemé du récit fragmentaire et tragique de cet amour.
C’est à la fois un récit autobiographique de pilote et un documentaire lyrique de ses réflexions sur l’héroïsme et la solitude compagne fidèle de l’aviateur des débuts de l’aéronautique. Il faut en effet se rappeler ces débuts ; l’homme est seul dans des machines rétives, peu fiables, et il est balloté par des éléments souvent déchaînés et dont les comportements étaient mal connus le tout sans radio, survolant des contrées inhospitalières, avec des cartes où les taches blanches étaient encore innombrables où chaque panne pouvait signifier la mort par un mauvais atterrissage ou par le fusil ou le sabre des hommes des tribus bédouines.

mermozJean Mermoz, Mes vols, éd. Flammarion, 2011
Publié pour la première fois en 1937, quelques mois seulement après la disparition de Jean Mermoz dans l’Atlantique Sud, ce livre constitue l’ultime trace laissée par le grand aviateur. Il y relate ses débuts, quand seule la force de sa passion le faisait tenir face aux difficultés, puis chacun des grands moments d’une carrière remplie d’exploits. Figure majeure de la France des années 1930, considéré comme un héros par beaucoup et admiré par tous pour sa droiture et ses engagements multiples, l' »Archange » plongea, par sa mort, une grande partie du pays dans la désolation.
Les hommages publiés après sa disparition (par Mauriac, Saint-Exupéry, Guillaumet…), retranscrits dans la seconde partie du livre, permettent au lecteur d’aujourd’hui de mieux percevoir la dimension extraordinaire du destin de Mermoz.

barbierThierry Barbier, Carnet de vol : L’Afrique vue du ciel, éd. Alternatives, 2005
350 heures de vol, 40 000 kilomètres parcourus, 18 pays traversés, 209 jours de voyage en solitaire, c’est en quelques chiffres un rapide résumé de l’odyssée volante entreprise par Thierry Barbier pour rejoindre la France en partant de Madagascar. Moyen de transport choisi : un ULM, qui permet un vol à basse altitude et à vitesse réduite, idéal pour découvrir des régions souvent inaccessibles par voie terrestre et photographier, par dessus les mers et les montagnes, les savanes et les forêts, une Afrique insoupçonnée. Carnet de vol d’un raid hors du commun, ce livre nous propose de surprenantes photos des paysages africains et nous fait partager une aventure humaine où les moments de doute et de découragement, dus aux pannes, accidents, aléas en tous genres, sont toujours contre-balancés par les émerveillements face à la nature et la richesse des rencontres…

amoiAssamala Amoi, Avion par terre, éd. Anibwe, 2010
African Skylines. Ce nom évoque l’intégration africaine, le développement économique, la réussite commune ou individuelle. C’est celui de la plus grande compagnie multinationale dont les ailes s’étendent sur le continent africain, et au-delà, au sol comme dans le ciel. Le monde et l’avenir lui appartiennent. Pour toujours ? Des turbulences non venues du ciel mais des hommes cloueront les avions de l’African Skylines au sol : ingérence politique, népotisme, gabegie, recrutement anarchique, gestion calamiteuse, fraude, mauvaise gestion… Coupables et innocents, nul n’est épargné. Alizéta Ba, jeune femme pilote de ligne, symbole de l’Afrique qui décolle deviendra otages de rebelles sécessionnistes et de forces socio-économiques destructrices. Avec le PDG de la Compagnie, le chef des commandos anti-rebelles, son mari et les enfants qui lèvent les yeux vers son sillage, Alizéta partage un rêve de paix et de prospérité durables. Un rêve, comme un avion par terre. Pour toujours ?
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Petite livraison romanesque de cette « rentrée » 2013. Une belle année qui commence que nous vous souhaitons littéraire et passionnée.

Congo Brazzaville :

manbanckouAlain Manbanckou , Lumières de Pointe Noire, éd. Seuil, 2013
Vingt-trois ans après avoir quitté le Congo pour aller étudier en France, Alain Mabanckou retourne pour la première fois dans son pays d’origine, avec sa compagne, et entreprend le tour des lieux et des personnages de son enfance et adolescence. Entretemps, sa mère Pauline Kengué, dont il était l’enfant unique, est morte. En 1995. Il ne s’est pas rendu aux funérailles, ni à celles de son beau-père Roger quelques années plus tard. Le voyage prend alors l’allure d’un travail du deuil, qui réveille plein de souvenirs à travers lesquels l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années passées autrefois dans la ville portuaire de Pointe-Noire.
Ce retour est aussi l’expérience compliquée de revenir chez soi en étranger, comme « le Français » ou « l’Américain » dont beaucoup attendent miracles, merveilles et argent. Le choc tient exactement à cela : les croyances héritées d’une part, la distance apprise d’autre part, comme un court-circuit du temps qui permet de mesurer à la fois l’évolution et la permanence d’un pays où le surnaturel garde toute sa puissance d’enchantement et de vérité.
En 25 chapitres qui portent le titre de films vus dans autrefois au cinéma Rex devenu une église évangéliste, Alain Mabanckou nous livre le récit d’une enfance qu’il regarde avec les yeux d’un adulte devenu écrivain. Avec des photos de Caroline Blache

Lybie :

Alessandro Spina(1)Alessandro Spina, Triptyque lybien, éd. L’âge d’homme, 2013
Les textes présentés sont trois récits qui, d’une certaine façon, s’enchaînent et couvrent exactement la période de la « conquête » italienne de la Lybie, de 1911 à 1927, date de la défaite des derniers patriotes senoussites.
De longueur décroissante, ces trois récits mettent en scène des personnages complexes et tourmentés par une inquiétude sur leur identité, que la situation militaire, puis coloniale, rend plus aiguë, à travers des aventures dignes des Mille et une nuits ? et qui parfois en proviennent.
Dans les trois récits, se développe somptueusement le thème du double, de la gémellité presque comme nature, de l’amitié d’autant plus désirée qu’elle est impossible, de la quête de soi dans l’autre qui ne peut aboutir qu’à la mort, les personnages se constituent en couples de jumeaux qui se cherchent, croient se trouver et se comprendre, sont violement séparés par la désorganisation de la société et la négation de l’histoire qu’entraîne la colonisation

Nigéria :

kayJackie Kay, Poussière rouge, éd. Métailié, 2013
Jackie Kay n’a pas la même couleur de peau que ses parents bien-aimés, formidablement généreux et sympathiques. Hantée par des images de poussière africaine et de mystérieuse infirmière des Highlands elle a la sensation inexorable d’être étrangère à elle-même. A 27 ans elle part à la recherche de ses parents biologiques, la tête pleine des histoires que sa mère lui a racontées sur un chef africain reparti sur ses terres loin de son grand amour écossais.
S’ensuit un voyage chaotique entre Lagos et Aberdeen, entre étrangeté et familiarité, entre prêche évangélique du père et début d’Alzheimer de la mère, entre fratrie et étrangers, entre surprises et émotions. Dans ce texte pétri de chaleur, d’humour et de compassion elle découvre que son héritage va au-delà des gènes et que notre paysage intérieur est aussi important que celui dans lequel nous nous déplaçons.
J.Kay écrit le récit plein de vie d’une quête de la mémoire, parfois cocasse, et toujours pleine d’énergie et d’amour.

AdichieChimamanda Ngozi Adichie, Autour du cou, éd. Gallimard, 2013
Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d’oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l’harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées.
Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d’Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d’aujourd’hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l’expérience de l’émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d’humanité.

Mozambique :

coutoMia Couto, Poisons de dieu, remèdes du diable, éd. Métailié, 2013
Sidónio Rosa est tombé éperdument amoureux de Deolinda, une jeune Mozambicaine, au cours d’un congrès médical à Lisbonne, ils se sont aimés puis elle est repartie chez elle. Il part à sa recherche et s’installe comme coopérant à Villa Cacimba. Il y rencontre les parents de sa bien-aimée, entame des relations ambiguës avec son père et attend patiemment qu’elle revienne de son stage. Mais reviendra-t-elle un jour ? Là, dans la brume qui envahit paysage et âmes, il découvre les secrets et les mystères de la petite ville, la famille des Sozihno, Munda et Bartolomeo, le vieux marin.
L’Administrateur et sa Petite Épouse, la messagère mystérieuse à la robe grise qui répand les fleurs de l’oubli. Les femmes désirantes et abandonnées. L’absence dont on ne guérit jamais. Un roman au charme inquiétant écrit dans une langue unique.

Cameroun :

camerounCollectif, Chroniques du Cameroun, éd. Sepia Eds, 2013
Ce petit ouvrage de poche propose dix nouvelles d’auteurs camerounais. Les sujets abordés sont ceux de la société contemporaine : corruption, guerre civile, chômage, le mariage avec un Occidental, les traditions… La variété des thèmes et des écritures font de ce modeste ouvrage une sorte d’échantillon de la littérature camerounaise actuelle.

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MAXLOBEMax Lobé, 39 rue de Berne, éd. Zoé, 2013
Le jeune auteur Max Lobe manie une langue inventive et nonchalante, imagée d’expressions africaines savoureuses qu’il tient de ses origines camerounaises. A la fois drôle et triste, l’histoire attachante balance entre l’Afrique, la rue de Berne à Genève et la cellule d’une prison.
Au Cameroun, pour « sauver » les filles et aider leurs familles, « les bienfaiteurs-philanthropes » les emmènent en Europe où elles finissent sur le trottoir, condamnées à la prostitution pour rembourser leurs dettes avant d’obtenir une liberté vaine et sans papiers…

Kenya :

DraysonNicholas Drayson, Le safari des bêtes à sang chaud et autres meurtres de sang froid, éd. Des Deux Terres, 2013
L’honorable M. Malik est très occupé par l’organisation du safari d’observation annuel de l’Asadi Club. Une fois de plus, l’énigme du meurtre de Lord Erroll, un riche Anglais émigré à Nairobi dans l’entre-deux-guerres, refait surface. Une nouvelle hypothèse suscite de vifs débats. Et la mascotte attitrée du club, la dépouille empaillée du lion Kima Killer, jadis célèbre dans la région pour son appétit féroce, disparaît dans des circonstances suspectes. Sans parler de Petula, la fille de M. Malik, qui hésite à se marier, et du ministre de l’Intérieur, un homme qui menace l’Asadi Club de fermeture. Aidé de ses amis, M. Malik va essayer de percer le mystère d’un assassinat vieux de plusieurs décennies, de retrouver la mascotte et de faire sortir de l’ombre la bête la plus dangereuse d’Afrique.

Drayson pocheNicholas Drayson, Le pari des guetteurs de plumes africaines, éd. J’ai lu, 2013
D’un côté, le très réservé et honorable M Malik. De l’autre, Harry Khan, un arriviste tapageur aux dents aussi blanches que son veston de lin. Le premier est secrètement amoureux de Mme Rose Mbikwa, qui conduit chaque mardi matin la promenade ornithologique. Le second, bourreau de M. Malik au pensionnat, a, bien sûr, des vues sur Rose. Qui l’invitera au bal annuel du Hunt Club ? Celui des deux qui apercevra le plus grand nombre d’oiseaux en une semaine.
Le pari est lancé…

Égypte :

al-AzabMohamed Salah Al-Azab, Mauvaises passes, éd. Seuil, 2013
Mohammed Ibrahim, jeune Cairote d’une vingtaine d’années, décide avec son ami Moneim de partager une chambre dans le centre-ville, loin de sa famille et loin du terne destin conjugal qu’il est appelé à connaître aux côtés de sa cousine Hind, sa fiancée, avec qui il entretient une relation beaucoup trop convenable à son goût. S’il affirme à ses parents que ce pied-à-terre facilitera ses recherches d’emploi, Mohammed entend surtout disposer d’une garçonnière, condition sine qua non pour multiplier à son gré les conquêtes féminines. Mais, dans cette métropole où l’intimité est un combat de tous les jours, où l’homme est un pigeon pour l’homme, où la vie réserve souvent de mauvaises surprises, les déconvenues sont nombreuses.Mohammed Salah al-Azab jette une lumière crue sur la misère sexuelle de la jeunesse masculine du Caire, tout en décrivant avec beaucoup de justesse et un humour ravageur les combats ordinaires de sa génération, sur fond de crise du logement et de corruption généralisée.

AslanIbrahim Aslan, Deux chambres avec séjour : petit feuilleton domestique, éd. Actes sud (Sindbad), 2013 février 2013
Khalil et sa femme Ihsane vivent seuls dans ce petit appartement de deux chambres et un séjour, qu’ils ne quittent pratiquement jamais. Depuis que Khalil a pris sa retraite et que leurs deux enfants se sont mariés, ils n’ont plus rien à faire de leur journée, si ce n’est se quereller gentiment de temps à autre pour des broutilles, comme sur la manière de faire cuire les fèves, l’addiction de Khalil à la télévision ou sa manie de commencer toutes ses phrases par “je crois”.
Jusqu’au jour où Ihsane meurt, laissant Khalil dans une extrême solitude, en proie aux soucis liés à la vieillesse. Il renoue alors avec ses anciens amis et soudain, le monde extérieur s’engouffre dans l’appartement, dont la porte reste désormais toujours ouverte. Composé de courtes scènes de la vie quotidienne apparemment banales, mais dont chacune, sans le moindre artifice, ouvre sur des questionnements essentiels, ce feuilleton domestique est l’oeuvre ultime d’Ibrahim Aslân, décédé il y a quelques mois.

Maroc :

arton3085Mohammed Berrada, Vies voisines, éd. Actes Sud (Sindbad), 2013
Vies voisines entremêle les récits des vies de trois personnages, une femme émancipée à la tête d’un trafic de drogue, un homme du peuple éclairé voué au service des autres et un politicien déluré, qui, après une brillante carrière passée à prôner l’austérité, découvre la vie des plaisirs à l’âge de quatre-vingts ans. Ces personnages se racontent et se confient, se rencontrent et se séduisent, s’entraident et se trompent.
En filigrane de leurs mémoires et de leurs confessions croisées se dessine une société marocaine contemporaine, contradictoire et mouvementée.

binebineMahi Binebine, Le seigneur vous le rendra, éd. Fayard, 2013
Un bébé est empêché de grandir, un enfant est privé d’éducation, de liberté, il ne pourra devenir un individu capable de réfléchir et de se développer, d’agir en être libre. Surnommé « P’tit pain », il va traverser des années noires où, dans sa position passive de mendiant, il peut observer les agissements des adultes, leur violence, leur corruption. Tout est dit ici dans la litote, mettant en relief les beautés d’âmes apparemment détruites, les corps saccagés, les visages noyés dans l’alcool et la maladie.
L’enfant grandit néanmoins grâce au miracle de la vie, toujours imprévisible, et se défait de ses liens que l’on pourrait nommer ignorance, peur, sujétion. Libéré, il devient autonome et conscient. Pourra-t-il revoir un jour sa mère qui a pratiqué envers lui le non-amour jusqu’à l’abjection ?Dans ce roman noir s’il en est, mais imprégné d’une folle espérance, d’une foi exacerbée dans les capacités de rémission de l’homme, Mahi Binebine utilise le ton du conte picaresque et philosophique pour réduire la part tragique, toujours présente, dans ces pages déchargées de la noirceur absolue par la permanence de l’humour, du sourire derrière les larmes retenues.

Tunisie :

sakkaRaja Sakka, Un arbre attaché sur le dos, éd. L’Harmattan (Lettres du monde arabe), 2013
C’est le hasard qui a mis Nora en présence de l’arbre, alors qu’elle s’était réfugiée dans un village de montagne pour fuir la société. Décidée à le planter dans sa maison natale, elle se heurte au refus de ses habitants. Elle s’installe alors dans la pension Founoun en attendant la décision du conseil municipal et là, elle rencontre « l’exilé », un homme plus jeune qu’elle, qui réveille ses sentiments…

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Ailleurs :
doMarie Dô, Dancing Rose, éd. Metailié, 2013
Maya est une mère divorcée, chorégraphe dans sa propre troupe de ballet, qu’elle prépare pour une tournée au Canada. Elle tente d’aider ses jeunes danseurs à s’épanouir. Elle-même est marquée par une enfance de métisse illégitime et rejetée. Elle reste hantée par la disparition mystérieuse de sa demi-sœur blanche, Benny, à laquelle elle est très attachée. Dans sa famille, plus personne n’ose en parler.
Inventant un dialogue entre ciel et terre qui l’aide à garder courage et à conserver son sourire, Maya s’adresse à Rose, sa mère décédée trop tôt. Entre son studio de danse, l’éducation de sa fille – au caractère aussi affirmé que le sien -, les plaintes d’un corps usé par l’exercice et qui ne doit surtout pas lui faire défaut, et le choc d’un amour aussi inattendu qu’anti conventionnel, Maya n’en poursuit pas moins sa quête de vérité. Mais une surprise concernant sa demi-sœur lui fera comprendre qu’on n’échappe jamais vraiment à son hérédité.
Un livre touchant, aux personnages attachants, qu’on ne lâche pas.

NdiayeMarie NDiaye, Ladivine, éd. Gallimard, 2013
 » Un chien montait la garde, un gros chien puissant qu’une chaîne retenait à un anneau fiché dans le sol. Il leva vers eux ses grands yeux noirs et doux et Ladivine, bouleversée, se vit tout entière dans ces pupilles sombres. Elle eut la tentation de s’y laisser engloutir et, là où elle serait parvenue, de ne plus bouger, prisonnière, hors d’atteinte. Si Marko avait prêté suffisamment d’attention à la manière d’être de l’animal, il aurait avancé la main pour le caresser, ému peut-être par quelque chose qu’il n’aurait pas reconnu immédiatement mais dont il aurait compris un peu plus tard qu’il s’agissait de l’âme de Ladivine.
 » Ladivine nous entraîne dans le flux d’un récit ample et teinté de fantastique. Comme dans Trois femmes puissantes, Marie NDiaye déploie son écriture fluide et élégante, riche d’une infinité de ressources qui s’offrent au lecteur avec une fascinante simplicité.

Wet Eye GlassesRyad Assani-Razaki, La main d’Iman, éd. Liana Levi, 2103
Une Afrique en crise d’identité, hantée par les mirages du modèle occidental. Des villes-capharnaüms dévorées par une urbanisation effrénée. Pour quelques francs CFA on peut acheter un enfant et en faire son esclave, pour un tour en Mercedes se procurer une jeune fille et la mettre dans son lit… C’est dans ce cadre que Ryad Assani-Razaki inscrit un premier roman où plusieurs voix se croisent et se racontent. L’enfant vendu qui porte au plus profond de lui la violence subie. La vieille femme corsetée dans une foi qui la paralyse. La rebelle qui se bat bec et ongles pour s’en sortir. La douce jeune fille qui poursuit son chemin avec détermination. Les raisons qui poussent les migrants à monter dans un bateau et à quitter leur terre au péril de leur vie apparaissent en filigrane. Et, à la croisée des destins, Iman, l’impénétrable métis, symbole de ce désir de fuir et d’un continent écartelé entre deux mondes.

François Hollande a déclaré que « la République reconnaît avec lucidité » la répression « sanglante » de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Des « Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression », a déclaré le président français. « La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes », a-t-il ajouté, à l’occasion du 51ème anniversaire de ces évènements. Il était temps !

Mehdi Lallaoui, Une nuit d’octobre, éd. Alternatives, 2001

 » Je me souviens d’un mauvais rêve où je voyais des hommes voler dans les airs. Nous étions en train de traverser le pont de Neuilly. Plus tard, au même endroit, les images de ce cauchemar me sont revenues. Les hommes que je voyais voler avaient le visage déformé par la peur. Ils ne volaient pas, ils tombaient tout habillés dans la Seine. Mon père a attendu que je devienne un homme pour me parler de cette histoire. Il ne voulait pas me voir supporter les mauvaises choses de la vie… L’humiliation. Lui, en a réchappé et moi, quand je pense à ça, les larmes me viennent. Par une sorte de filiation, je me sens pareil à un survivant, un rescapé de cette nuit-là.  » En février 1999, l’ancien préfet de police de la Seine poursuit en diffamation un écrivain. Ce dernier l’accuse d’avoir couvert des assassinats lors de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. Durant le procès, un petit groupe d’amis très hétéroclites mais unis dans la recherche de la vérité va se mettre en quête de témoins et de preuves afin d’établir définitivement la réalité des faits. Réalité que nie toujours l’ancien préfet. Ce procès sera l’occasion de croiser des personnages d’âges et de destins différents mais liés par cette tragique nuit d’octobre.

Leïla Sebbar, La Seine était rouge, éd. Actes Sud (Babel), 2009

Paris, 17 octobre 1961. La fin de la guerre d’Algérie est proche. En réponse au couvre-feu imposé aux Algériens par Maurice Papon, alors préfet de police, le FLN organise à Paris une manifestation pacifique. La police charge : violences, arrestations massives, matraquages, meurtres, Algériens jetés dans la Seine. Nanterre, 1996. Amel a seize ans. Elle entend parfois sa mère et sa grand-mère discuter de choses graves dans une langue, l’arabe, qu’elle comprend mal. Quand elle pose des questions, les femmes se dérobent. Avec Omer, journaliste algérien réfugié, et grâce au film documentaire de Louis, fils d’une Française ayant adopté la cause algérienne, elle cherche à comprendre. Roman polyphonique dense, essentiel, poignant, La Seine était rouge lève le voile de l’oubli sur l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de la France contemporaine.

Didier Daeninckx, Mako, Octobre noir, éd. AD Libris, 2011

Paris 1961. Vincent est un jeune chanteur dans un groupe de rock, Les Gold Star, côté scène. Dans le privé Vincent s’appelle Mohand, il est Algérien dans la France des « Événements d’Algérie ». Le soir du 17 octobre, son groupe participe à un tremplin rock donnant accès au gagnant à la scène réputée de l’Olympia. Mohand, partagé entre son envie de participer au concert et sa volonté de soutenir son peuple en manifestant à l’appel du FLN, il rejoint finalement son groupe au Golf Drouot.
En sortant du concert il découvre un Paris en guerre. De retour chez lui, il apprend que sa sœur Khelloudja a disparu. Commence alors une quête qui révèlera la violence de la répression de la manifestation. Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN une manifestation pacifique est organisée pour protester contre le couvre-feu discriminatoire instauré par le Préfet de police Maurice Papon. Les forces de l’ordre dispersent très violemment cette manifestation: Selon les historiens, on compte aux alentours de 100 à 200 morts et disparus et 2300 blessés.

Ahmed Kalouaz, Les fantômes d’octobre, éd. Oskar, 2011

Ce roman nous plonge dans les événements du 17 octobre 1961. Lors d’une manifestation non-violente organisée à l’appel de la Fédération de France du FLN pour protester contre un couvre-feu discriminatoire et réclamer l’indépendance de l’Algérie, des dizaines de centaines d’Algériens ont été assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs sous l’autorité du préfet de Police de l’époque, Maurice Papon.
Au travers de l’histoire d’une famille algérienne, nous découvrons la vérité sur cette terrible journée…

Didier Daeninckx, Meutres pour mémoire, éd. Gallimard (folio policier), 1998

Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s’oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d’histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l’ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s’était fait truffer de plomb, à Toulouse.

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Pour en savoir + :

Jean-Luc Einaudi, La bataille de Paris : 17 octobre 1961, éd. Seuil (Points), 2001

Le mardi 17 octobre 1961, à l’appel du FLN, les Algériens de la région parisienne tentent de manifester contre le couvre-feu décrété douze jours plus tôt par le préfet de police, Maurice Papon. La répression sera atroce : plusieurs dizaines de morts cette nuit-là et les jours suivants… Le communiqué officiel de la préfecture de police ne fera état que de deux morts. Ce livre raconte l’histoire de ce massacre perpétré en plein de cœur de Paris. Un massacre oublié pendant des décennies, refoulé par la conscience collective, étouffé par le gouvernement… Le dossier complet de l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la Ve République.

Envie de voyage ? Mieux qu’un guide, emportez un polar …

Qu’ils soient écrits par des auteurs africains ou pas tous ces polars parlent de l’Afrique, des Afriques.
Des centaines de livres à découvrir, classés par pays et par époques (années de parutions des ouvrages).
Il manque sans doutes pas mal de titres, alors n’hésitez pas à donner vos avis et à proposer des compléments.
Bonnes lectures, bons voyages…

Les trois derniers de la rentrée littéraires : un voyage au Libéria, en Ethiopie et à la Réunion.

Leymah Gbowee, Notre force est infinie, éd. Belfond, 2012
Les images de ces femmes en blanc héroïques qui ont réussi à chasser Charles Taylor du Libéria ont fait le tour du monde. Parmi elles, Leymah Gbowee, le chef de file du mouvement. Un témoignage renversant, poignant et criant de sincérité sur son combat pour la paix et la démocratie au Libéria et en Afrique de l’Ouest, doublé d’un magnifique portrait de femme.
Inspirant et bouleversant, le témoignage unique d’une femme dont le courage, la passion et l’exceptionnelle force de conviction ont fait renaître l’espoir dans un pays ravagé. ??Leymah Gbowee n’a que dix-huit ans quand la guerre civile éclate au Liberia. Pendant quatorze ans, les troupes de Charles Taylor vont semer la terreur et la mort. Premières victimes, les enfants dont le dictateur fait des soldats, et les femmes harcelées, parfois violées par les miliciens. ?Au prix d’une volonté inouïe, Leymah Gbowee va relever la tête. Avec dans le coeur une conviction inébranlable : qu’importe l’ethnie, qu’importe la religion, si elles se rassemblent, les femmes peuvent défier la violence des hommes. ??D’innombrables sittings en terrifiantes confrontations avec les seigneurs de guerre, en passant par une grève du sexe aussi spectaculaire qu’efficace, Leymah Gbowee et son armée de femmes en blanc vont réussir l’impensable : pousser Charles Taylor à l’exil et ramener la paix au Liberia. ??Leymah Gbowee a reçu le prix Nobel de la paix en 2011.

Jean-François Samlong, Une guillotine dans un train de nuit, éd. Gallimard (Continents noirs), 2012
« L’adjoint Choppy se souvint d’Ernestine Généreuse qui lui avait confié que Sitarane, disposant d’une force surnaturelle chez les morts, se métamorphoserait en rapace, vipère, limace, glouglou, et qu’il deviendrait une « mort-ombre » pour punir ses ennemis. D’un côté, il y aurait ceux qui useraient de tabous pour être dans les bonnes grâces de l’Ombre ; de l’autre, ceux qui manipuleraient des talismans pour se protéger d’Elle, et les femmes vivraient dans la peur d’être fécondées par cet esprit maléfique qui frapperait comme il avait frappé de son vivant. On ne parlerait plus que du châtiment de l’Ombre car, quelque lien qui eût pu unir Sitarane à l’humain, il l’avait rompu pour toujours. »

Maaza Mengiste, Sous le regard du lion, éd. Actes sud, 2012
Durant la révolution éthiopienne, dans les années 1970, les destins d’un père et de ses deux fils qui ne font pas les mêmes choix. Ce formidable premier roman convainc par sa sensibilité complexe, sa vision politique acérée, ses personnages forts et son écriture captivante.

Suite et fin (?) de la rentrée littéraire 2012 : deux occasions supplémentaires pour passer de bons moments de lecture.

Victor Kathémo, Le descendant africain d’Arthur Rimbaud, éd. Myriapode, 2012
Racho est un homme originaire de Dirédoua près de Harar en Éthiopie. Sa trisaïeule, femme Amhara d’une certaine élégance, vécut une brève et discrète idylle avec Arthur Rimbaud pendant le deuxième séjour de ce dernier à Harar. Suite à la famine due à la guerre et aux problèmes de sécheresse sévissant en Éthiopie, le famille de Racho s’exila dans le Golfe de Guinée.
Comme Rimbaud, Racho fait état d’une veine artistique féconde. Il est sculpteur et offre une nouvelle vie aux bibelots et colifichets qu’il ramasse au Port autonome de Cototrou. Mais son art ne répondant à aucune règle académique, Racho a du mal à se faire accepter par ses pairs et à vivre de son art. Il va ainsi décider de tout laisser tomber et d’aller mener sa vie sur le continent de son illustre ancêtre dans l’espoir d’y recevoir, du fait de sa filiation, un abord princier. Pour ce faire, il embarque sur un navire marchand dissimulé dans un container. Débarqué au Havre, il n’a qu’une idée en tête : visiter la tombe de son ancêtre et traverser le Rhin pour élire domicile en Rhénanie. Cueilli par les policiers allemands, il se fera renvoyer en France où, pour se prémunir contre une situation clandestine, il sera obligé de déposer une demande d’asile politique perdant définitivement la maîtrise de son destin.
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Alain Mabankou, Tais-toi et meurs, éd. La Branche (vendredi 13), 2012
Quittant le Congo, Julien Makambo arrive en France sous le nom de José Montfort. Il est accueilli à Paris par Pedro, figure de proue du milieu congolais de la capitale. Sapeur à la pointe des tendances et « homme d’affaires » au bras long, Pedro prend Julien sous son aile et l’initie au monde des combines souterraines. Les affaires tournent, Julien a la vie belle et festive, jusqu’à ce vendredi 13 maudit, ou il se retrouve malgré lui mêlé à la défenestration d’une jeune femme.
En prison, il écrit son histoire, celle d’un jeune homme confronté à son destin : Makambo en lingala signifie « les ennuis ». Et face aux ennuis, une règle d’or règne ici en maître : Tais-toi et meurs.

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