mar 13 oct 2009
Janis Otsiémi en 2 polars
Posted by Bruno under la pointe de la plume
Janis Otsiémi, La vie est un sale boulot, Éd. Jigal (Polar), 2009
À Libreville, Chicano sort de prison, après avoir purgé quatre ans pour un braquage qui a mal tourné ! Adieu la bande de paumés, finies les embrouilles, il veut devenir quelqu’un, un honnête homme si possible… Reconquérir Mira, trouver un boulot, monter un petit commerce et gagner sa galette à la sueur de son front, voilà son rêve ! Mais comment faire quand on a ni sou, ni métier, ni diplôme dans un pays où la corruption est la règle d’or à tous les carrefours ? Car ici plus qu’ailleurs, si la barbe et le grelot ne font pas une chèvre… la vie est souvent un sale boulot !
Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis Otsiémi signe là un roman miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Car au-delà de l’intrigue policière, c’est tout un pan des travers de la société que dévoile ce roman écrit dans une langue sèche qui « claque comme des coups de lanière sur le dos d’un cabri »… Le polar africain n’est pas un mythe, c’est un témoignage social sur l’époque, la population, la corruption, les magouilles omniprésentes, la réussite de quelques-uns, la violence de la rue, le désespoir, la police, le poids du pouvoir et la débrouille, la débrouille toujours ! Au Gabon, comme dans toute l’Afrique sans doute, il y a tous ces jeunes qui ne rêvent que d’avenir : pour survivre, pour devenir quelqu’un, pour vivre tout simplement… Cela peut paraître simple, mais dans les rues de Libreville, cela ne semble pas gagné pour tout le monde ! Car comme le dit si justement Otsiémi : « La barbe et le grelot ne font pas une chèvre »… Un roman et un auteur à découvrir d’urgence, et pas seulement pour le dépaysement garanti, mais aussi et surtout pour le témoignage à vif !
Deux critiques sur Moisson rouge et Polarnoir
Janis Otsiémi, Peau de balle, Éd. du Polar, 2008.
Ça commence sous les chapeaux de roue. Un quatuor de délinquants librevillois, nourris au lait de l’argent facile, kidnappent la fille d’un notable et réclament une rançon de cinquante millions… Écrit dans une langue qui claque comme des coups de lanière, Peau de balle se révèle au final un polar original qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout. On s’attache vite aux destins croisés des héros et on suit avec passion l’enquête menée par les flics de la PJ locale.
Extrait : Les flics l’avaient sauté au pieu, menotté et tabassé comme le mil sous le pilon. Il s’en souvenait comme si c’était encore hier. Un gars du casse s’était fait cravater par les gaziers de l’OCLAD avec une botte de yamba dans les poches. Les types l’avaient torturé et il avait fini par dégoiser toutes les conneries qu’il avait faites. Bello avait morflé cinq ans à Sans-famille.
Janis Otsiémi est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 Le Prix du Premier Roman gabonais. Depuis 2007, il est Secrétaire Général adjoint de l’Union des Écrivains Gabonais. Il a publié Tous les chemins mènent à l’Autre (Prix du premier roman, Éd. Raponda Walker, 2001, Guerre de succession au Gabon, Edilivre, 2007. Passionné de polar, on trouve dans sa bibliothèque une brochette hétéroclite d’auteurs : James Ellroy, Abasse Ndione, Rolo Diez, A.D.G, Deon Meyer…
