Magdy Al Shafee, Métro, Éd. Malameh, Le Caire, 2007
Métro est l’acte de naissance de la bande dessinée égyptienne.
Métro, le premier roman graphique en langue arabe, n’est pas passé inaperçu en Égypte.
Résumons l’ouvrage : Comme beaucoup d’Égyptiens, Shihab a des dettes. Et pas d’argent pour les rembourser. Menacé par ses créanciers, le jeune informaticien décide un beau jour de braquer une banque. Quand son complice hésite, il le rassure : « Dans ce pays ce sont les pauvres qui vont en prison, et toi tu vas être riche ! » Ainsi commence Métro, une bande dessinée - thriller sorti début 2008 en Égypte, mais retirée de la vente deux mois plus tard par les « brigades du vice », le département de la police égyptienne qui s’occupe des affaires de prostitution. En cause, deux vignettes où l’on aperçoit une femme nue, et quelques insultes vulgaires, comme on en entend chaque jour dans les rues du Caire.
Faits reprochés : insultes, dialogues sur le sexe, violence, et images érotiques. A savoir, un couple faisant l’amour… sous une couverture. Bref, rien d’irrévérencieux. « Ce qui choque, ce n’est par le roman en lui-même mais son accessibilité », explique le dessinateur au quotidien dubaiote The National. « Tout le monde peut le lire, peut le comprendre, la jeunesse désabusée égyptienne peut s’identifier au protagoniste », précise-t-il. Dans un langage emprunté à la rue, le roman raconte l’histoire de Shihab, un informaticien plongé dans un « Caire moderne, touché par l’insécurité sociale et financière » qui décide de braquer une banque pour s’acquitter de ses dettes auprès de fonctionnaires corrompus.
Mais ce qui blesse le plus les autorités égyptiennes c’est évidement cette critique sociale.
Et ce n’est pas un événement isolé car depuis quelques années, les atteintes à la liberté d’expression se multiplient dans ce pays dirigé d’une main de fer par Hosni Moubarak.
En savoir + avec RFI
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