jeu 31 mar 2011
Cendrars : Blaise en Afrique
Posted by Bruno under la pointe de la plume
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On célèbre cette année les 50 ans de la mort du bourlingueur. Blaise Cendrars, voyageur avide de rencontres, renouvelle sans cesse son écriture et construit une œuvre moderne et profondément humaine. L’occasion de se pencher sur la place de l’Afrique dans son œuvre : des heures de lecture rafraichissantes.
Blaise Cendrars, Partir : Poèmes, romans, nouvelles, mémoires, Éd. Gallimard (quarto), 2011
Le titre retenu pour ce volume, Partir, annonce explicitement le projet éditorial.
Sont ici réunis des textes choisis, organisés autour du thème du voyage, l’un des thèmes forts de l’œuvre. Les textes sont assemblés par genre et, à l’intérieur du genre, par ordre chronologique. La vie nomade de Cendrars et l’extrême diversité de ses livres ont fait passer pour un touche-à-tout celui que sa curiosité et son ambition littéraire poussaient à une expérimentation incessante. L’ouverture de ses archives à la Bibliothèque nationale suisse de Berne a dissipé cette réputation d’improvisateur. Vie et écriture pour lui ne font qu’un : « la vie pauvre » des hommes de lettres le désespère. Partir, c’est être en phase avec le mouvement perpétuel, qui commande toute création. Et la bourlingue, telle qu’il la pratique, se mesure moins à la liste de ses voyages qu’au pouvoir de renouvellement de sa création.
Blaise Cendrars, Anthologie nègre, Éd. LGF/Livre de Poche, 2002
Le succès de l’art nègre a atteint son apogée dans les « années folles » avec l’exposition des Arts décoratifs de 1925 et l’exposition coloniale de 1931.
Ces expositions avaient trait principalement à l’expression plastique de la culture primitive noire, animiste et fétichiste. Tout aussi riche est la littérature orale où se découvre une parenté avec les traditions des civilisations primitives blanches. Dans l’Anthologie nègre, Blaise Cendrars a rassemblé les meilleurs de ces récits : légendes concernant la création de la terre, des animaux et des hommes, contes merveilleux, fables et fabliaux humoristiques ou poétiques empruntés au folklore des nombreux empires et tribus du vaste territoire africain.
Blaise Cendrars, Nouveaux contes nègres, Éd. Fata Morgana, 2006
Lorsque, en 1906, Derain, Vlaminck, Matisse, Picasso découvrent, stupéfaits, les sculptures rapportées d’Afrique par des voyageurs curieux, ils les nomment œuvres d’art, « l’art nègre ».
Blaise Cendrars voudra chercher plus loin, comprendre mieux les voix et les voies des peuples d’Afrique et il exhume les documents rapportés au XIXe siècle par les ethnologues, transcriptions des récits rituels et traditionnels recueillis de la bouche des Anciens. Avec admiration et respect, il les regroupe selon leurs fonctions dans la vie des peuples africains qui les ont générés et entreprend de les faire connaître dans leur authenticité en construisant son Anthologie nègre.
S’il intervient dans leur écriture afin de les rendre accessibles, il leur laissera leurs formes, leurs rythmes et leur originalité. L’Anthologie nègre de Blaise Cendrars, dira Michel Leiris, « c’est plus qu’un livre, c’est un acte ».
Blaise Cendrars, Anthologie Nègre – Suivi de Petits contes nègres pour les enfants des Blancs ; Comment les Blancs sont d’anciens Noirs ; La Création du Monde, Éd. Denoël (Tout autour d’aujourd’hui), 2005
Lorsqu’un soir de 1925 Marie Vassilieff présente à ses amis sa série de » portraits poupées », Cendras ne cache pas son émotion : L’artiste russe a fait de lui un fétiche nègre.
Elle a perçu le continent noir qui habite son âme. Alors que l’Europe a sombré durant la Grande Guerre, l’Afrique offre aux yeux de poète une puissance de régénération. En 1921, son anthologie nègre fait date comme les Demoiselles d’Avignon, quinze ans plus tôt. Cendrars est le premier à considérer comme des œuvres d’art les contes oraux qu’il a compilés chez des missionnaires ou des colons qui n’y voyaient que documentation ethnologique.
Il s’est fait griot pour rendre voix à des textes dont il veut restituer la force vive.
Blaise Cendrars , Jacqueline Duhême, Petits contes nègres pour les enfants des Blancs, Éd. Gallimard (Folio Cadet), 2002
Connais-tu l’Afrique ? Ses chants ? Ses légendes ? Écoute le chant des souris…
Admire l’oiseau de la cascade… Sais-tu d’où vient le vent ? Veux-tu suivre le petit poussin qui va voir le roi ? Connaître l’histoire du peuple des orphelins ? Celle du pays qu’on appelle l’Écho-l’Écho ? Tends l’oreille, Blaise Cendrars va te les raconter… Des contes africains à savourer à voix basse ou à voix haute.
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Blaise Cendrars, Merlin, Pourquoi personne ne porte plus le caïman pour le mettre à l’eau, Éd. Le Sorbier (Au berceau du monde), 2007
Comment le naïf chasseur vient en aide à Bama, l’ingrat caïman… Un malicieux conte africain extrait des Petits contes nègres pour les enfants des Blancs, raconté dans la langue exquise de Blaise Cendrars.
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Blaise Cendrars, Du monde entier, Au cœur du monde : poésies complètes, Éd. Gallimard (Poésie), 2006
Paysage
La terre est rouge
Le ciel est bleu
La végétation est d’un vert foncé
Ce paysage est cruel dur triste malgré la variété infinie ?des formes végétatives
Malgré la grâce penchée des palmiers et les bouquets ?éclatants des grands arbres en fleurs fleurs de carême
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924


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