Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Afrique est peu présente dans le domaine de la science fiction. Voici une petite revue de ce que l’on peut lire (en français).
Jules Vernes, Cinq semaines en ballon, Éd. Flammarion (GF), 2005
Premier roman de la longue série qui allait former les voyages extraordinaires, Cinq semaines en ballon fut l’un des plus grands succès de Jules Verne.
À bord d’une nacelle soumise aux caprices du vent, Samuel Fergusson, ingénieur anglais courageux et intrépide, survole d’est en ouest le continent africain et guide ses compagnons à la recherche des mythiques sources du Nil. Au cours de son périple, il se trouve confronté à mille imprévus : incidents techniques, hostilité des indigènes et des marabouts… Jules Verne a eu le génie de réunir dans ce livre deux préoccupations des esprits curieux de l’époque l’aérostation, ancêtre de notre aviation, et l’Afrique, que les comptes rendus des explorateurs présentent alors comme la terre de tous les mystères et de tous les dangers.
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Michael Resnick, Ivoire, Éd. Denoël (présence du futur), 1998
An 6303 de l’Ère galactique.
Chargé par le dernier des Masaïs de retrouver les défenses perdues de Malima Temboz, le grand Elephan du Kilimandjaro tué en l’an 1898 de notre ère, Duncan TROJAS a réussi à en reconstruire partiellement les tribulations grâce à son ordinateur. Il les a vues passer de mains en griffes et de musées en vaisseaux spatiaux. Il les a même vues redevenir un temps la propriété du Kenya. Mais il lui reste encore à suivre le fil qui va le faire remonter jusqu’au plus lointain passé, jusqu’à la mort de Malia Temboz et la malédiction qui s’ensuivit pour les Masaïs.
Et à apprendre que ce qu’il prenait pour une iliade, une reconquête, était en fait une odyssée. Une odyssée qui ne peut s’accomplir qu’au prix d’un sacrifice sur le plus majestueux des autels : LE MYTHIQUE KILIMANDJARO.
Michael Resnick, Kirinyaga : Une utopie africaine, Éd. Gallimard (Folio SF), 2000
Kirinyaga est le nom que portait le mont Kenya a l’époque où y siégeait encore Ngai, le dieu des Kikuyu.
C’est aussi, en ce début du XXIIe siècle, l’une des colonies utopiques qui se sont créées sur des planétoïdes terraformés dépendant de l’Administration. Pour Koriba, son fondateur - un intellectuel d’origine kikuyu qui ne se reconnaît plus dans un Kenya profondément occidentalisé -, il s’agit d’y faire revivre les traditions ancestrales de son peuple, en refusant coûte que coûte tout ce qui pourrait menacer la permanence de cette utopie africaine.
Mais l’existence de Kirinyaga, fondée sur des valeurs du passé, est-elle viable, dans ce monde de progrès en constante évolution ? Les nouvelles composant Kirinyaga ont été récompensées à dix reprises par les prix les plus prestigieux du genre (prix Hugo 89 et 91).
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Jean-Marc Ligny, Aqua TM, Éd. L’Atalante (La Dentelle du Cygne), 2006
En 2030, l’enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n’est plus le pétrole mais l’eau potable.
Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d’Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c’est la survie assurée ! Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et ne recule devant rien pour l’obtenir. Chargés de convoyer du matériel de forage, Laurie et Rudy s’engagent dans une aventure dont ils sont loin de mesurer les conséquences.
Dans cette lutte acharnée, sur fond d’harmattan et de tornades, tous les moyens sont bons, politiques et militaires, mais aussi la sorcellerie… surtout quand vient s’en mêler la Divine Légion, une secte apocalyptique qui voit dans le fils cloné du P.-D. G américain l’incarnation d’un nouveau Messie… ou bien de l’Antéchrist ? Un thriller fantastique, aux enjeux économiques et humains saisissants, où Jean-Marc Ligny stigmatise la folie destructrice de notre monde ” libéral “.
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John Brunner, Tous à Zanzibar, Éd. LGF/Livre de Poche, 1995
En 2010, le nombre des êtres humains est tel que, s’ils se tenaient au coude à coude sur l’île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu’à New York, des distributeurs d’oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues. La consommation de tranquillisants, pour limiter les nécessaires tensions sociales dues à la promiscuité, s’est généralisée.
À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation dont le superordinateur Shalmaneser organise l’achat pur et simple d’un pays africain. Son compagnon d’appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l’envoient s’emparer de la découverte d’un généticien d’un pays du tiers monde qui ferait de tous les nouveau-nés des génies prédéterminés.
Tous à Zanzibar de John Brunner a reçu le Prix Hugo du meilleur roman de science-fiction en 1969.
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Abdourahman-A Waberi, Aux États-Unis d’Afrique, Éd. Actes Sud (Babel), 2008
Dans ce monde qui aurait pu être le nôtre, le continent africain est un pays de cocagne organisé en une florissante fédération d’États, un modèle inaccessible pour le reste du globe ravagé par les maladies, la famine, les guerres et l’enténèbrement des consciences.
Des millions d’émigrants venus d’Euramérique risquent leur vie pour gagner cet Eldorado qui entoure de prévenance intellectuels, scientifiques, hommes d’affaires, artistes… mais ne peut accueillir toute la misère de la Terre. Née en Normandie, la blanche Maya a grandi à Asmara, capitale fédérale de l’Erythrée, dans la chaleureuse affection de Docteur Papa, le médecin humanitaire qui l’a adoptée. Ce roman raconte son histoire faite de bonheur, d’inquiétude, d’amour, d’art, de deuil…
et d’un retour aux sources oubliées. Entre récit de politique-fiction, parabole malicieuse et conte voltairien, Aux États-Unis d’Afrique dénonce les injustices et les préjugés de notre monde tristement réel. Dans un style poétique au lyrisme exubérant, mêlant humour et gravité, Abdourahman A. Waberi récuse la notion de fatalité en illustrant la réversibilité de l’histoire.
En savoir + : Le site de Abdourahman A Waberi
Philip José Farmer, Le tigre africain, Éd. J.C. Lattès, 1980 (en occasion uniquement)
Assis sur une branche d’arbre qui dominait le village des Wantso, Ras Tyger chantait une mélopée de son invention. Il y était question d’un grand serpent blanc que les femmes noires appréciaient fort et de son amour pour la jeune et belle Wilida. Les guerriers furieux lui décochèrent une volée de flèches. Le Tigre Africain s’était déjà mis hors de portée. En s’enfuyant, il hurla qu’il enlèverait sa bien-aimée avant la tombée de la nuit et conclut par quelques injures très précises concernant la virilité des hommes Wantso. Mais Igziyabher, le Dieu perché sur la colonne de pierre au milieu du lac, ne pouvait admettre les projets de Ras car il était écrit dans le Livre que son protégé devait prendre pour compagne une jeune fille blanche, du nom de Jane. Et le Dieu ne plaisantait pas avec ce genre de choses.