Archive for octobre, 2009

Mohamed VI, qui lors de son accession au trône se voulait un monarque moderne, prouve encore une fois que le pouvoir royal n’est qu’une dictature déguisée. Il agit en digne fils de son père si prompt à massacrer ses opposants. Bizarre aussi que les grands démocrates occidentaux ne trouve rien à y redire !
Le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, vendredi soir, le directeur du quotidien Akhbar Al Youm Taoufik Bouachrine et le caricaturiste Khalid Guedar à 3 ans de prison avec sursis et une amende de 50.000 dh chacun, pour “manque de respect dû au prince”.
Les deux mis en cause ont été condamnés à verser solidairement la somme de 3 millions de dh en guise de dommage et intérêt et à publier, à leurs frais, le verdict dans deux journaux nationaux arabophones et deux francophones.
“Nous vivons avec des lois du moyen âge”, affirme justement Khalid Guedar

En savoir + : L’Etat marocain utilise des méthodes de voyous pour faire taire la presse indépendante
En savoir + sur Khalid Gueddar avec Bella ciao : La vengeance du roi Mohamed VI sur Khalid Gueddar

Le caricaturiste khalid Gueddar, également dessinateur pour le Journal Hebdomadaire et le journal Akhbar Al-Youm au Maroc, risque de trois à cinq ans de prison assortis d’une amende de 270 000 euros pour… un dessin ! Les deux procès devaient avoir lieu vendredi 23 octobre mais ont été une nouvelle fois reportés au lundi 26 et vendredi 30 octobre.
Le quotidien indépendant Akhbar Al Youm n’a pas obtenu d’un tribunal de Casablanca l’autorisation de rouvrir ses locaux, fermés depuis le début du mois par les autorités.
Le ministère de l’Intérieur a posé début octobre des scellés au siège du journal, interdisant aux journalistes l’accès à leurs bureaux.
Taoufik Bouachrine et Khaled Gueddar, respectivement directeur et caricaturiste d’Akhbar Al Youm, sont poursuivis pour “non respect dû a un membre de la famille royale”.
Le dessin de Plantu, qui faisait la une du Monde le 22 octobre a subit lui aussi la censure marocaine : le journal à été interdit les 22 et 23 ocobre.

En attendant le verdict du tribunal de Casa, le combat pour Khalid et la liberté de la presse au Maroc continue. Avec le soutien de nombreux caricaturistes, journalistes, personnalités politiques, partis politiques et syndicats…

Voir les dessins de solidarité avec Khalid Gueddar

Awumey Edem, Les pieds sales, Éd. Seuil, 2009
À la recherche de celui qui fut peut-être son père, Askia l’exilé tourne en rond dans Paris, au volant de son taxi, longeant les quais de la Seine où rôdent des skinheads décidés à faire la peau aux hommes de couleur.
Dans la nuit parisienne, Askia et Olia poursuivent des ombres. Le premier est un Télémaque obscur au volant d’un taxi lugubre sur les traces du père. Quant à elle, elle traque avec son appareil photo des figures d’hommes et de femmes sans patrie, des terriens aux pieds sales à force de courir le monde. Comme ces clandestins qui, chaque aube que font les dieux de l’exode, remontent du Sud de leur enfance vers le Nord des errances. De l’Afrique aux rivages européens de Santa Cruz de Ténérife… Des êtres en quête de pain, d’espoir. De terre aussi. Olia pourra-t-elle aider Askia dans sa désespérance ? Et si le dernier salut, le pays ultime au terme de leur périple c’était l’amour dans le regard de l’autre ? Pendant ce temps, les skinheads de la haine se tiennent prêts. A en finir avec celui qui reste l’étranger…
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Awumey Edem, Port-Mélo, Éd. Gallimard (continents noirs), 2006
« La caisse aux gorilles traversa le cauchemar du Port, les rues fantômes, un vieillard et une petite fille se tenaient par la main, la petite fille en larmes sur les traces de la mère violée et découpée plus loin sur un trottoir. Le cauchemar du Port, une séance d’exécution publique en présence d’une foule silencieuse, la troupe qui charge son tir et le condamné qui commence son dernier gospel : Amazing Grace… À la place des vitrines éclatées de la rue Z, des rideaux blancs sur lesquels un passant, un type aussi fou que l’ami Manuel, écrivait : “Quand tu me tiens, Port-Mélo… Je perds le nord et la peau.” J’ai à peine le temps de classer ces images, ranger dans un coin de la mémoire les pneus brûlés, les deux pendus qui gesticulent devant le musée et le croque-mort débordé. Parce qu’il avait du boulot, il avait des corps… »
Sur une côte d’Afrique, une milice cruelle réprime la moindre manif, étouffe dans les gorges la moindre clameur. Manuel, traqué, marche ” à contre-voie “, il tient un précieux carnet des disparus que les autorités voudraient détruire. La mère Cori, sage vieille folle, raconte et attend. La jeune et si belle Joséphine s’offre en un clin d’étoile entre un flamboyant et un wharf rouillé…
Une mosaïque de personnages et tout un peuple jouent leur vie dans une ville et un pays qui effacent l’homme et ses traces, qui met du blanc sur le viol des corps et des rêves. Ici, par la grâce d’une écriture lancinante et émouvante, l’Afrique nous tend le miroir d’un monde à notre image, qui se démembre sous ses masques riant et criant d’inhumaine humanité.
Lire des extraits
Edem Awumey est né et a grandi à Lomé, la capitale du Togo. Cet auteur de 32 ans, qui signe ses œuvres de son prénom et dont l’écriture est centrée sur le thème de l’exil, vit aujourd’hui au Québec. Titulaire de deux diplômes de littérature de l’Université de Lomé (1995-2000), il se voit décerner en 2000 une bourse UNESCO-Aschberg qui lui permettra d’être écrivain en résidence à Marnay-sur-Seine, en France. Entre 2000 et 2005, il obtient des diplômes en langues et littérature et en développement culturel à l’Université de Cergy-Pontoise, puis achève son doctorat, dont le sujet — la littérature de l’exil — rappelle l’œuvre de son mentor, Tahar Ben Jelloun.
D’abord auteur de nouvelles, Edem a vécu un moment décisif en janvier 2006 avec la parution unanimement saluée, chez Gallimard, de son premier roman, Port-Mélo, qui a obtenu le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire 2006, l’une des plus hautes distinctions littéraires africaines.

Margie Orford, Roses de Sang, Éd. Payot (Payot/Suspense), 2009
La profileuse sud-africaine Clare Hart enquête en Namibie : dans une petite ville aux portes du désert, une succession de crimes étranges terrifie la communauté des mendiants.
A Walvix Bay, trois enfants des rues ont été assassinés. Pour la population, c’est le destin ordinaire de trop nombreux orphelins du sida. Les autorités locales, elles, sont promptes à soupçonner la tribu nomade des Topnaars. Et pour cause : elles ont entrepris de récupérer leurs terres. Mais Tamar Damases, la jeune inspectrice chargée de l’affaire, croit déchiffrer la signature d’un tueur en série. Elle décide de solliciter l’aide de Clare. Bientôt un autre garçon disparaît…
Dans cette région marquée au fer rouge par l’ancien colon sud-africain, la vérité se trouve-t-elle au cœur du désert, là où sont enfouis les secrets les plus terribles, les plus toxiques ?
Margie Orford, journaliste et photographe, a grandi en Namibie et en Afrique du Sud. Elle vit ajuourd’hui à Cape Town.
Le site de Margie Orford (en anglais)

Bernard Mathieu, Du fond des temps, Éd. Gallimard (Série Noire, Romans noirs), 2009
Hélène et Hailou, son conjoint anthropologue, s’installent dans la vallée de la Kibish qui a vu apparaître le premier homme moderne, il y a 195 000 ans. Aux confins du Soudan, du Kenya et de l’Éthiopie, la région est un point aveugle sur les cartes.
Hailou a reçu pour mission de faire la paix entre des tribus qui guerroient depuis l’aube des temps pour le contrôle des points d’eau et des rares pâturages. Hélène la Française se consume d’ennui tandis qu’Hailou bat montagnes et volcans pour négocier avec les dignitaires traditionnels. Sous des dehors rustiques dont ils jouent comme d’un masque, ceux-ci sont de redoutables politiques et des stratèges machiavéliques.
Hailou n’a pas jugé utile de révéler à Hélène qu’un mystérieux Occidental lui offre beaucoup d’argent contre des informations de première main sur la situation géostratégique d’une zone riche en pétrole et en minéraux où la guerre entre le Nord- et le Sud-Soudan menace de se rallumer à tout instant.
D’abord désorientée par un monde dans lequel elle se sent profondément étrangère, Hélène est finalement emportée dans le chaos de la rivière Kibish où la violence est parfois mêlée d’une étrange douceur.
Juriste de formation, Bernard Mathieu est né en 1943, près de Saint-Etienne.
Journaliste indépendant, il a vécu au Brésil où il a écrit la trilogie du Sang du Capricorne (Zé, Otelo, Carmelita) publiée aux Éditions Gallimard. Il participe aujourd’hui à la conception et à la réalisation de films documentaires.
Lire un portrait de Bernard Mathieu dans Lire

Janis Otsiémi, La vie est un sale boulot, Éd. Jigal (Polar), 2009
À Libreville, Chicano sort de prison, après avoir purgé quatre ans pour un braquage qui a mal tourné ! Adieu la bande de paumés, finies les embrouilles, il veut devenir quelqu’un, un honnête homme si possible… Reconquérir Mira, trouver un boulot, monter un petit commerce et gagner sa galette à la sueur de son front, voilà son rêve ! Mais comment faire quand on a ni sou, ni métier, ni diplôme dans un pays où la corruption est la règle d’or à tous les carrefours ? Car ici plus qu’ailleurs, si la barbe et le grelot ne font pas une chèvre… la vie est souvent un sale boulot !
Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis Otsiémi signe là un roman miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Car au-delà de l’intrigue policière, c’est tout un pan des travers de la société que dévoile ce roman écrit dans une langue sèche qui « claque comme des coups de lanière sur le dos d’un cabri »… Le polar africain n’est pas un mythe, c’est un témoignage social sur l’époque, la population, la corruption, les magouilles omniprésentes, la réussite de quelques-uns, la violence de la rue, le désespoir, la police, le poids du pouvoir et la débrouille, la débrouille toujours ! Au Gabon, comme dans toute l’Afrique sans doute, il y a tous ces jeunes qui ne rêvent que d’avenir : pour survivre, pour devenir quelqu’un, pour vivre tout simplement… Cela peut paraître simple, mais dans les rues de Libreville, cela ne semble pas gagné pour tout le monde ! Car comme le dit si justement Otsiémi : « La barbe et le grelot ne font pas une chèvre »… Un roman et un auteur à découvrir d’urgence, et pas seulement pour le dépaysement garanti, mais aussi et surtout pour le témoignage à vif !
Deux critiques sur Moisson rouge et Polarnoir

Janis Otsiémi, Peau de balle, Éd. du Polar, 2008.
Ça commence sous les chapeaux de roue. Un quatuor de délinquants librevillois, nourris au lait de l’argent facile, kidnappent la fille d’un notable et réclament une rançon de cinquante millions… Écrit dans une langue qui claque comme des coups de lanière, Peau de balle se révèle au final un polar original qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout. On s’attache vite aux destins croisés des héros et on suit avec passion l’enquête menée par les flics de la PJ locale.
Extrait : Les flics l’avaient sauté au pieu, menotté et tabassé comme le mil sous le pilon. Il s’en souvenait comme si c’était encore hier. Un gars du casse s’était fait cravater par les gaziers de l’OCLAD avec une botte de yamba dans les poches. Les types l’avaient torturé et il avait fini par dégoiser toutes les conneries qu’il avait faites. Bello avait morflé cinq ans à Sans-famille.

Janis Otsiémi est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 Le Prix du Premier Roman gabonais. Depuis 2007, il est Secrétaire Général adjoint de l’Union des Écrivains Gabonais. Il a publié Tous les chemins mènent à l’Autre (Prix du premier roman, Éd. Raponda Walker, 2001, Guerre de succession au Gabon, Edilivre, 2007. Passionné de polar, on trouve dans sa bibliothèque une brochette hétéroclite d’auteurs : James Ellroy, Abasse Ndione, Rolo Diez, A.D.G, Deon Meyer…

Les albums d’auteurs africains sont encore trop rarement en vente dans les librairies françaises. Pourtant la création va bon train sous le soleil.Vous pouvez découvrir l’univers de ces trois bédéistes en cliquant sur la bannière de leur blog. Bonne et réjouissante lecture !

Dessinateur de presse au journal satirique “le Miroir” et au journal “Rafigui” au Tchad et aussi auteur de BD. Je dessine depuis tout petit, miniscule j’allais dire. Entendez par là… Qu’est ce que je dis?… Lisez par là que je suis autodidacte…
Adjim Danngar a une longue expérience de caricaturiste dans un pays où la liberté de la presse reste encore un vœu pieux.
Lire l’interviou réalisé par Christophe Cassiau-Haurie sur Africultures.

Né au Gabon, Pahé fait des études d’Art et de Publicité à Paris, avant de se consacrer au dessin de presse dans son pays natal. Passionné de Bd, Pahé participe à de nombreuses manifestations portées sur le 9ème Art à travers le monde. Il est notamment l’auteur de La vie de Pahé et de Dipoula, édités aux éditions Paquet.

Jeune dessinateur camerounais Bibi Benzo prépare son prochain album : la sensationnelle histoire urbaine du jeune Koloko dans un gang de braqueurs qui sème la terreur à Douala défiant le commandant Diallo et son opération corbeau.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Afrique est peu présente dans le domaine de la science fiction. Voici une petite revue de ce que l’on peut lire (en français).

Jules Vernes, Cinq semaines en ballon, Éd. Flammarion (GF), 2005
Premier roman de la longue série qui allait former les voyages extraordinaires, Cinq semaines en ballon fut l’un des plus grands succès de Jules Verne.
À bord d’une nacelle soumise aux caprices du vent, Samuel Fergusson, ingénieur anglais courageux et intrépide, survole d’est en ouest le continent africain et guide ses compagnons à la recherche des mythiques sources du Nil. Au cours de son périple, il se trouve confronté à mille imprévus : incidents techniques, hostilité des indigènes et des marabouts… Jules Verne a eu le génie de réunir dans ce livre deux préoccupations des esprits curieux de l’époque l’aérostation, ancêtre de notre aviation, et l’Afrique, que les comptes rendus des explorateurs présentent alors comme la terre de tous les mystères et de tous les dangers.
Lire le roman en entier en version PDF

Michael Resnick, Ivoire, Éd. Denoël (présence du futur), 1998
An 6303 de l’Ère galactique.
Chargé par le dernier des Masaïs de retrouver les défenses perdues de Malima Temboz, le grand Elephan du Kilimandjaro tué en l’an 1898 de notre ère, Duncan TROJAS a réussi à en reconstruire partiellement les tribulations grâce à son ordinateur. Il les a vues passer de mains en griffes et de musées en vaisseaux spatiaux. Il les a même vues redevenir un temps la propriété du Kenya. Mais il lui reste encore à suivre le fil qui va le faire remonter jusqu’au plus lointain passé, jusqu’à la mort de Malia Temboz et la malédiction qui s’ensuivit pour les Masaïs.
Et à apprendre que ce qu’il prenait pour une iliade, une reconquête, était en fait une odyssée. Une odyssée qui ne peut s’accomplir qu’au prix d’un sacrifice sur le plus majestueux des autels : LE MYTHIQUE KILIMANDJARO.

Michael Resnick, Kirinyaga : Une utopie africaine, Éd. Gallimard (Folio SF), 2000
Kirinyaga est le nom que portait le mont Kenya a l’époque où y siégeait encore Ngai, le dieu des Kikuyu.
C’est aussi, en ce début du XXIIe siècle, l’une des colonies utopiques qui se sont créées sur des planétoïdes terraformés dépendant de l’Administration. Pour Koriba, son fondateur - un intellectuel d’origine kikuyu qui ne se reconnaît plus dans un Kenya profondément occidentalisé -, il s’agit d’y faire revivre les traditions ancestrales de son peuple, en refusant coûte que coûte tout ce qui pourrait menacer la permanence de cette utopie africaine.
Mais l’existence de Kirinyaga, fondée sur des valeurs du passé, est-elle viable, dans ce monde de progrès en constante évolution ? Les nouvelles composant Kirinyaga ont été récompensées à dix reprises par les prix les plus prestigieux du genre (prix Hugo 89 et 91).
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Jean-Marc Ligny, Aqua TM, Éd. L’Atalante (La Dentelle du Cygne), 2006
En 2030, l’enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n’est plus le pétrole mais l’eau potable.
Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d’Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c’est la survie assurée ! Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et ne recule devant rien pour l’obtenir. Chargés de convoyer du matériel de forage, Laurie et Rudy s’engagent dans une aventure dont ils sont loin de mesurer les conséquences.
Dans cette lutte acharnée, sur fond d’harmattan et de tornades, tous les moyens sont bons, politiques et militaires, mais aussi la sorcellerie… surtout quand vient s’en mêler la Divine Légion, une secte apocalyptique qui voit dans le fils cloné du P.-D. G américain l’incarnation d’un nouveau Messie… ou bien de l’Antéchrist ? Un thriller fantastique, aux enjeux économiques et humains saisissants, où Jean-Marc Ligny stigmatise la folie destructrice de notre monde ” libéral “.
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John Brunner, Tous à Zanzibar, Éd. LGF/Livre de Poche, 1995
En 2010, le nombre des êtres humains est tel que, s’ils se tenaient au coude à coude sur l’île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu’à New York, des distributeurs d’oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues. La consommation de tranquillisants, pour limiter les nécessaires tensions sociales dues à la promiscuité, s’est généralisée.
À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation dont le superordinateur Shalmaneser organise l’achat pur et simple d’un pays africain. Son compagnon d’appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l’envoient s’emparer de la découverte d’un généticien d’un pays du tiers monde qui ferait de tous les nouveau-nés des génies prédéterminés.
Tous à Zanzibar de John Brunner a reçu le Prix Hugo du meilleur roman de science-fiction en 1969.
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Abdourahman-A Waberi, Aux États-Unis d’Afrique, Éd. Actes Sud (Babel), 2008
Dans ce monde qui aurait pu être le nôtre, le continent africain est un pays de cocagne organisé en une florissante fédération d’États, un modèle inaccessible pour le reste du globe ravagé par les maladies, la famine, les guerres et l’enténèbrement des consciences.
Des millions d’émigrants venus d’Euramérique risquent leur vie pour gagner cet Eldorado qui entoure de prévenance intellectuels, scientifiques, hommes d’affaires, artistes… mais ne peut accueillir toute la misère de la Terre. Née en Normandie, la blanche Maya a grandi à Asmara, capitale fédérale de l’Erythrée, dans la chaleureuse affection de Docteur Papa, le médecin humanitaire qui l’a adoptée. Ce roman raconte son histoire faite de bonheur, d’inquiétude, d’amour, d’art, de deuil…
et d’un retour aux sources oubliées. Entre récit de politique-fiction, parabole malicieuse et conte voltairien, Aux États-Unis d’Afrique dénonce les injustices et les préjugés de notre monde tristement réel. Dans un style poétique au lyrisme exubérant, mêlant humour et gravité, Abdourahman A. Waberi récuse la notion de fatalité en illustrant la réversibilité de l’histoire.
En savoir + : Le site de Abdourahman A Waberi

Philip José Farmer, Le tigre africain, Éd. J.C. Lattès, 1980 (en occasion uniquement)
Assis sur une branche d’arbre qui dominait le village des Wantso, Ras Tyger chantait une mélopée de son invention. Il y était question d’un grand serpent blanc que les femmes noires appréciaient fort et de son amour pour la jeune et belle Wilida. Les guerriers furieux lui décochèrent une volée de flèches. Le Tigre Africain s’était déjà mis hors de portée. En s’enfuyant, il hurla qu’il enlèverait sa bien-aimée avant la tombée de la nuit et conclut par quelques injures très précises concernant la virilité des hommes Wantso. Mais Igziyabher, le Dieu perché sur la colonne de pierre au milieu du lac, ne pouvait admettre les projets de Ras car il était écrit dans le Livre que son protégé devait prendre pour compagne une jeune fille blanche, du nom de Jane. Et le Dieu ne plaisantait pas avec ce genre de choses.