Archive for septembre, 2009

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Fayard, 2009
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsaharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.
Comme souvent un nouveau roman de Patrick Besson ne laisse pas indifférent. Voici une petite revue de presse :
Sur Bibliosurf : “Depuis combien de temps Patrick Besson n’a t-il pas écrit un bon livre ? 10 ans ? Mais le fleuve tuera l’homme blanc, sinueux roman de 450 pages, marque son retour de façon fracassante, livre ambitieux et audacieux, construit sur plusieurs étages de narration, polyphonique et labyrinthique.”
Sur TV5 : “Enfin un bon roman de Patrick Besson! Rectifions: un bon demi-roman. Disons jusqu’à la page 243. Le problème, c’est qu’il en compte 484.”
Sur Lire : “L’avantage - ou le problème - avec Patrick Besson, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. A quoi peut ressembler l’appartement d’un individu réputé provocateur qui écrivait simultanément au Figaro et à L’Humanité?”
Sur France soir : “Près de 500 pages qui se lisent d’une traite. Sans que jamais l’intérêt du lecteur faiblisse. De la haute voltige.”
Et une petite citation bessoniènne pour vous donner l’eau à la bouche : “En Afrique, on se couche tôt. Comme en prison. Ou à l’hôpital. Se coucher tard est un privilège, se lever tard une marque de distinction. Les aristocrates et les bourgeois aiment la nuit parce qu’elle les rassemble. C’est leur huis-clos dans lequel ils baisent entre eux après s’être enrichis sur le dos des prolétaires pendant le jour. Après le coucher du soleil qui coïncide avec celui des pauvres, les chefs d’Etat africains, en compagnie de leurs conseillers blancs et de leurs putes noires, dévorent l’âme du peuple”

Anne Cillon Perri, Chanson pour Marennes et Oléron, éd. opoto, 2009
Avant la sortie en librairie prévue pour le début octobre voici un long extrait du nouveau recueil du poète camerounais Anne Cillon Perri.
Mars 2009. Par une froide soirée d’hiver, le poète camerounais arrive au Pays Marennes Oléron. Quelques heures plus tôt, il quittait son Afrique natale et ses 35°. Pendant trois semaines il présente ses œuvres aux habitants d’Oléron et du bassin de Marennes. En explorateur avisé il prend des notes, des photos, mais surtout, il fait des rencontres. Chanson pour Marennes et Oléron est la relation de ce voyage à la découverte d’un Pays, de ses habitants et de leurs bizarreries…

C’est pas tout les jours dimanche. (La preuve ce billet est écrit un samedi !). Mais là, cadeau : deux (bon) polars d’Afriques en même temps. Et pour les amateurs du genre, vous allez être gâté : opoto prépare un événement pour la fin de l’année. A suivre…

Laurence Gavron, Hivernage, Éd. Le Masque, 2009
Dakar pendant l’hivernage. La chaleur est accablante et tout le monde vit au ralenti. Quand la pluie tombe, soudaine, vigoureuse et bienfaisante, la ville se réveille et les enfants sautent dans les flaques. C’est au cours de ces jeux que l’un d’entre eux fait une découverte étrange dans le caniveau: un sexe d’homme sanguinolent ! L’hilarité se mêle à la gêne et au dégoût mais les enfants finissent par prévenir le commissaire Jules-Souleymane Faye. Celui-ci ouvre une enquête qui le mènera de Dakar à Louga, non loin des régions de Peuls nomades. En chemin il croisera Léocady, la belle métisse, artiste libre et affranchie de tous les préjugés, son amant Bokar, jeune provincial devenu rédacteur en chef d’un grand quotidien local, et Mariama, mariée à un homme parti travailler sur les chantiers en Europe. Loin de la grande métropole, Jules-Souleymane va découvrir une autre réalité de son pays.
Après Boy Dakar- dont Didier Hassoux du Canard enchaîné a dit qu’il était «beaucoup plus qu’un polar, un guide pour cette Afrique qui cherche à s’affranchir de toutes les féodalités» -, on retrouve le Sénégal, magnifiquement évoqué, au cours d’une saison des pluies qui révèle toutes les passions.
Laurence Gavron, qui signe son deuxième roman policier au Masque, est aussi réalisatrice de documentaires, journaliste et photographe. Établie à Dakar depuis 2002, elle a récemment obtenu la nationalité sénégalaise.
Écouter un interviou de Laurence Gavron

Michael Stanley, Un festin de hyènes, Éd. Lattès, 2009
Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d’un point d’eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert.
Pour l’inspecteur-en chef David ” Kubu ” Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l’œuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l’amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays… Avec ce premier roman hypnotisant, Michael Stanley nous dépeint le Botswana tel qu’il est : une terre vivante et magnifique menacée par la pauvreté, la criminalité et le terrible trafic des ” diamants de sang ” en provenance des pays voisins.
Premier roman de deux professeurs sud-africains, Un festin de hyènes a reçu un accueil enthousiaste dans le monde anglo-saxon.

Ananda Devi, Le sari vert, Ed. Gallimard, 2009
Dans une maison de Curepipe, sur l’île Maurice, un vieux médecin à l’agonie est veillé par sa fille, Kitty, et par sa petite-fille, Malika. Ces deux femmes le haïssent. Entre elles et lui se tisse un dialogue d’une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l’épouse du ” Dokter-Dieu “. La jeune femme du mourant a disparu dans des circonstances terribles. Malika et Kitty parviennent à arracher des bribes de vérité au vieil homme, jusqu’à comprendre leur propre histoire… Ananda Devi use d’une palette sombre pour décrire un univers marqué par les rapports de domination et de violence. Ce nouveau roman n’en est pas pour autant désespéré : il impressionne par sa vigueur, par son style à la fois lyrique et féroce, par la vitalité de ses personnages.
Ananda Devi est née le 23 mars 1957 à Trois-Boutiques (Île Maurice), au milieu des champs de canne à sucre. L’île Maurice est, dans sa splendeur et sa diversité humaine, au cœur de l’œuvre d’Ananda Nirsimloo-Anenden. Cette ethnologue de formation – docteur en anthropologie sociale (University of London) –, et traductrice de métier, est sensible à l’imbrication des identités et des langages ; aussi explore-t-elle avec une grande acuité de nombreux caractères humains, recomposant ainsi les multiples univers qui se côtoient, s’affrontent, se déchirent dans un espace insulaire qui n’est pas moins analysé que recréé. Si elle a choisi d’écrire en français, ses romans et ses nouvelles intègrent le créole et l’hindi. Son style incisif, lyrique et pénétrant, offre à la langue française de nouvelles dimensions culturelles et linguistiques liées à son île natale. Ananda Devi vit à Ferney-Voltaire (près de Genève) depuis 1989, après avoir passé quelques années au Congo-Brazzaville…(lire la suite de l’article de Véronique Bragard, sur lehman.cuny.edu)
Lire un extrait
Voir un interviou d’Ananda Devi

Anne Cillon Perri, Chanson pour Marennes et Oléron, Éd. opoto, 2009
Mars 2009. Par une froide soirée d’hiver, le poète camerounais arrive au Pays Marennes Oléron. Quelques heures plus tôt, il quittait son Afrique natale et ses 35°.
Pendant trois semaines il présente ses œuvres aux habitants d’Oléron et du bassin de Marennes. En explorateur avisé il prend des notes, des photos, mais surtout, il fait des rencontres.
Chanson pour Marennes et Oléron est la relation de ce voyage à la découverte d’un Pays, de ses habitants et de leurs bizarreries…

Le livre est vendu 10 €. Sur cette somme 1 € est destiné à la construction d’une bibliothèque dans le village de Anne Cillon Perri. Nous vous présenterons le projet dès la fin de la semaine…

Les premiers vers :

Et puis il a fallu partir
Perdre mon ancrage
Au sol solide du terroir
Traverser l’énorme rature
Du dernier cordon policier
Et plus haut que les oiseaux
Plus haut que les nuages
S’envoler dans la nuit profonde

Yaoundé
Douala
Tamanrasset
Musiques arabes
Et au petit matin
Aéroport Mohamed V
Cordon policier
Et l’attente
Toute une journée
À poireauter là
À lécher les vitrines de l’espoir
À tourner
et retourner
des
araberies
Vendues à prix d’or
Aux doux benêts de passage

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Yves Pinguilly , Florence Koenig, Awa & Dodi En allant à l’école, Éd. Autrement Jeunesse, 2009
Awa et Dodi se préparent pour leur premier jour d’école.
Pour la première fois, ils doivent enfiler des chaussures. Mais est-ce bien essentiel pour apprendre à lire ?…

Jean-Marie Lejeune, Gilles Renaud, Ali, chasseur de voyelles de Mayotte, Éd. L’Harmattan (Contes des quatre vents), 2009
Aujourd’hui, sur l’île de Mayotte, dans l’océan Indien, c’est la rentrée des classes. Ali fait son entrée en sixième. Les autres élèves de la classe se moquent de sa chemise raccommodée et de ses affaires usées. Mais une autre épreuve attend le nouvel élève… De retour chez lui, pour faire ses devoirs, catastrophe ! Les voyelles de son cahier se mettent à bouger et s’enfuient.

Ignatiana Shongedza, Le lion, le sanglier et le renard - Conte du Zimbabwe, édition trilingue : français, shona, anglais, Éd. L’Harmattan (Contes des quatre vents), 2009
Il y a très longtemps dans la savane du Zimbabwe, vivait un lion aux puissantes mâchoires. Il passait son temps à chasser. Un jour, il entendit un bruit dans un buisson et découvrit une gazelle. Il bondit sur sa proie mais se retrouva entravé dans un piège de lianes. Les jours passaient et un matin, un sanglier et ses marcassins entendirent ses gémissements…

Zidrou,Frédéric Rébéna, Le pyjama de Tibi, Éd. Nathan (Nathanpoche 6-8 ans), 2009
Tibi vit en Afrique avec sa mère et ses frères et sœur. Ce jour-là, il reçoit un cadeau très particulier de son père, qui travaille en France : un pyjama avec un hélicoptère dessiné dessus. Tibi s’endort tout heureux. Mais bientôt, un étrange bruit le réveille : toukoutoukoutoukou.

Guy Jimenes, Erwan Fagès, Abd el-Kader : Sage et résistant, Éd. Oskar jeunesse (Personnages de l’Histoire), 2009
Quand les Français entreprennent la conquête de l’Algérie, à partir de 1830, un jeune chef leur fait face : Abd el-Kader.
Contre les troupes coloniales, il va diriger la résistance. Ce formidable guerrier saura faire preuve de courage mais aussi d’une grande sagesse. Il deviendra une figure mythique de la lutte contre le colonialisme.

Ahmed Kalouaz, Ibrahim : Clandestin de quinze ans, Éd. Oskar jeunesse (Histoire et Société), 2009
Le père d’Ibrahim s’est fait tuer par les milices qui sévissent au Soudan.
Avec son oncle Boro, Ibrahim doit fuir son pays pour rejoindre l’Europe. Le voyage est long et périlleux. Lorsqu’ils arrivent enfin en France, du côté de Calais, ils se rendent compte que l’Eldorado dont ils rêvaient n’est en fait qu’une souricière dont ils auront du mal à s’extraire. Ibrahim, tout en courant sur les dunes, essayera de trouver une issue heureuse à ce voyage.

Antoine Ulmann , Collectif, Dada n° 43 : Egypte éternelle, Éd. Arola, 2009
Momies, hiéroglyphes, sphinx…
Tout l’art sacré de l’Égypte est dans Dada, de Cléopâtre à Napoléon, d’Akhénaton à Barnett Newman ! Et pour continuer à découvrir l’art en s’amusant, Dada lance un tour du monde des grands musées. Première étape : le. Louvre, revisité en jeux et en BD par Kiftoffer.

Khaled Al Khamissi, Taxi, Éd. Actes sud (Textes arabes), 2009
Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Égypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak – qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est, en effet : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l’administration, l’omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage…
Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et un admirable sens de la mise en scène, ces échanges librement reconstitués par l’auteur, sinon entièrement inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l’enquête de terrain. S’ils font connaître les griefs des “gens d’en bas”, ils laissent aussi entrevoir les raisons pour lesquelles le pouvoir en place tient bon malgré sa décrépitude et son impopularité.
Ce court extrait donne la tonalité du roman : ” On se demande pourquoi l’économie est foutue ! s’est exclamé le taxi. Ce sont les gens qui la foutent en l’air. Vous y croyez, vous ? En Égypte, les gens paient plus de vingt milliards de livres chaque année en factures de téléphone. Vingt milliards de livres, ça veut dire que si on ne parlait pas pendant deux ou trois ans, l’Egypte serait transformée. Les Egyptiens sont tarés, je vous jure. Ils n’ont pas de quoi manger mais chacun se balade avec son téléphone portable et une cigarette à la bouche”.
C’est sans doute cette combinaison inédite de lucidité politique, de tendresse pour les plus faibles et d’humour qui explique la diffusion de Taxi, dans sa version originale, à plus de cent mille exemplaires.
Né au Caire en 1962, Khaled Al Khamissi est producteur, réalisateur et journaliste. Diplômé de sciences politiques de l’université du Caire et de relations internationales de l’université de Paris- Sorbonne, il a publié en 2007 ce premier livre, devenu rapidement un best-seller et aussitôt traduit en plusieurs langues européennes. Son deuxième opus, Safînat Nûh (L’Arche de Noé), paraîtra au Caire à la fin de 2009.
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Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, Éd. Gallimard (Blanche), 2009
Trois récits, trois femmes qui disent non.
Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L’art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d’une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d’une conscience livrée à la pure violence des sentiments.
Dans Trois femmes puissantes, Marie NDiaye raconte des vies déchirées entre l’Afrique et la France. Une interrogation sur la condition humaine la plus contemporaine : les migrations et les questions d’appartenance. Un des livres les plus dérangeants et obsédants de cette rentrée.

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