Archive for mai, 2009

Lionel Bourg vient de publier L’immensité restreinte où je vais piétinant et Fernando d’Alméida s’apprête à sortir L’évangile du coït. Jusque là rien de bizarre. sauf que l’on retrouve les deux compères dans Comme sont nus les rêves de Lionel Bourg, aux éditions Apogée, où le titre du premier texte, surgit du Cameroun, est un vers de Fernando d’Alméida : L’échéance du songe. Les deux écrivains y font aussi tourner la calebasse dans un maquis en face de l’université de Douala. Ensuite le texte de présentation du livre de Fernando est tiré d’une lettre que lui a adressé Lionel. Je n’ai plus qu’à vous engager à lire Interdit de laver sa mobylette isi (qui par ailleurs vient d’être publié dans le magazine Comme une culture) vous y retrouverez les deux poètes circulant sur le boulevard de la liberté.
Lionel Bourg, L’immensité restreinte où je vais en piétinant, Éd. La Passe du Vent, 2009
Lionel Bourg nous confie de multiples poèmes qui, au fond, n’en composent qu’un seul. Un livre qui paraît écrit d’un souffle, presque dans le mouvement, mais qui a, bien sûr, été plusieurs fois remanié. Page après page, on entre plus avant dans cet univers surtout peuplé de proches, de familiers - des poètes, pour la plupart. Lionel Bourg retrace ici l’existence ordinaire d’un homme ordinaire au parcours incertain.
Extrait :
Vivre alors
mais vivre un peu plus loin
si ce n’est davantage vivre
entre peur et merveille
les yeux rivés
à la berge nuptiale une
main caressant les cheveux emmêlés
de son unique rêve

Merci à Claudia pour la photo montage.

Fernando d’Alméida, L’évangile du coït, Éd. Opoto, 2009
Fernando d’Alméida est décidément en grande forme. A peine digéré son prix Senghor le revoilà sur le devant de la scène pour la publication d’un nouveau recueil à paraître dans deux semaines.
En guise de présentation voici le texte qui ornera le début de ce livre forcement irrévérencieux. Quoique.

« Te voilà nue »
René Guy Cadou

« Vêtue de ta couleur qui est vie
De ta forme qui est Beauté »

Léopold Sédar Senghor

« Ne plus édifier l’existentiel dans la morale close quand sublimée, la chair versifiée loge l’être à l’intérieur d’une totalisation, d’une substantification du désir. Que ce désir soit humecté d’orgasme, voilà qu’à partir de connotations clitoridiennes, il devient possible de se maintenir dans l’enclosure du vrai. Autant dire, par-delà tout puritanisme moyenâgeux – toute hypocrisie de sacristie – que le corps de la femme est fascination parce que magnifié dans une langue drue, ce corps apparaît comme en grandes glissées érotiques. D’où l’urgence impérieuse, la nécessité furibonde de prendre place en ce corps offert éternellement à l’amour vulvaire ! En dépit des cantiques d’arrière-saison propres aux chevaliers de la pudibonderie de devanture ! » (et bientôt des extraits de l’ouvrage dans la bibliothèque numérique).

Plus d’infos sur Fernando d’Alméida
Aller plus loin : découvrez la poérotique de Fernando d’Alméida

Un soir d’octobre 2008 Léonora Miano m’avait prévenu : il faut lire Georges Yémy. Georges Yémy ? Je n’avais jamais entendu parler. Alors j’ai oublié. Jusqu’à aujourd’hui. J’ai fait un petit saut à la bibliothèque, feuilleté quelques pages : C’est grandiose ! Alors ce soir je fonce à la librairie, je commande (et oui sur mon île c’est une (toute) petite librairie) dans 8 - 10 jours je lis et j’en reparle. Sûr ! En attendant, je fais les présentations :
Georges Yemy, Tarmac des hirondelles, Éd.Héloïse d’Ormesson, 2008
Son contingent exterminé, Muna Nussadi erre solitaire dans la forêt, hanté par les souvenirs hallucinés de ses crimes, de ses parents, de Kenny, onze ans, mort au combat.
“Je ne suis qu’un enfant, l’enfant éphémère dans l’essaim des papillons à mourir ce soir. La masse sacrifiée des phalènes à brûler pour la lumière d’une nouvelle Nation aux mêmes Pères assassins. J’ai onze ans, peut-être bien douze maintenant, et je suis un soldat.”
Les phrases de Yémy ont le ton haché, violent, au rythme sauvage qui dit toute l’horreur et l’incohérence du conflit vu à travers les yeux d’un enfant. Sa langue urgente et hypnotique, comme une mélopée, mêle un français classique à ses propres fulgurances et lie le son et le sens dans une littérature d’où sourd une musicalité violente et virtuose.
Né en 1975 au Cameroun, Georges Yémy est arrivé en France à l’âge de dix ans. Ses trois premiers romans, tous situés en France, La Lune dans l’âme (1997), Suburban Blues (2005) et L’Inévitable Histoire de chacun (2006), ont rencontré un vif succès critique. Tarmac des hirondelles marque un retour aux sources africaines.
Lire un article de Léonora Miano
Lire un interviou de georges Yémy
Georges Yémy, Suburban Blues, Éd. Robert Laffont, 2005
“Ma queue derrière toi, Négro de merde!” lui dis-je. Alors un Toubab, une face de craie, un cochon gratté, un Blanc à la con, jaillissant de nulle part, vient, suivi d’un Arabe, un Beur, un métèque à la gueule de chameau, prêter main-forte à l’ami singe. Ils sont ivres, eux aussi. Les aurais-je déjà vus, ces trois animaux ? Je ne crois pas. Depuis le temps que je prends cette même petite rue, au même petit endroit, pour aller “pécho” au même petit coin, je connais presque tous les types intéressants ou bizarres du quartier. De ceux qui dealent à ceux qui chient dans les cages d’escalier. Le tiécar, comme on dit ici, devient pourri! Je me rappelle, maintenant: je le connais, le chameau. Il y a trois jours, il m’a traité d’intellectuel parce que j’avais laissé entendre, lors d’une discussion dans un café, que Jésus, Muhammad ou Moïse, n’étaient que des hommes. Et que, par conséquent, leur jugement, comme celui de tous les hommes sur terre, est sujet à caution. Dieu me parle, à moi aussi, car moi aussi je suis Son fils et Sa créature. Je reste une créature divine, jusque dans mes heures les plus infernales.
Suburban Blues est un roman dont la trame se déroule dans une certaine banlieue, celle onirique d’un jeune musicien cherchant le chemin de l’Onirium, cette terre où les rêves sont censés prendre corps pour un envol magistral. Servi par une écriture virtuose et inventive,  Suburban Blues fait exploser tous les codes de la réalité sociale et dresse le portrait sauvage d’un monde où l’amour est le seul secours.

En octobre 2006 le ministère turc de l’Education a censuré des manuels scolaires comportant une reproduction de “La Liberté guidant le peuple”, célèbre tableau du peintre français Eugène Delacroix sur lequel figure une femme aux seins découverts.
Aujourd’hui c’est contre l’écrivain turc naturalisé français Nedim Gürsel que la “justice” se déchaine : il risque 6 à 12 mois de prison pour avoir osé faire de Mahomet un personnage de fiction dans son dernier roman Les Filles d’Allah, faisant ainsi offense “aux forces de sécurité nationale” et “à la morale publique”.
L’écrivain est accusé d’avoir « vilipendé publiquement les valeurs religieuses d’une partie de la population », selon l’article 216 du Code pénal ce délit pourrait « menacer la paix sociale ».
Ce sont pas moins de 41 passages de son roman qui sont incriminés. L’auteur déclare : « Comment un juge a-t-il pu estimer que cela valait un procès ? C’est ridicule. En plus, toutes les références se trouvent dans le Coran et dans la tradition islamique ». Il ajoute : « Je respecte la foi des croyants mais, dans une société laïque et démocratique, on doit avoir le droit d’interroger la nature de l’islam ».
Pour l’éditeur, (le Seuil), « le procès intenté à l’écrivain est une atteinte grave à la liberté d’expression et de création ». L’auteur n’en est pas à son premier procès en Turquie. Il a déjà été accusé par le passé d’« offense aux forces de sécurité nationale » en 1980 pour son roman Un long été à Istanbul et d’« offense à la morale publique » en 1986 avec un autre roman, La Première femme.
«Appel pour Nedim Gürsel».
Parmi les signataires figurent les prix Nobel Jean-Marie Gustave le Clézio et Orhan Pamuk, mais encore Tahar Ben Jelloun, John Berger, Louis Gardel, Gamal Ghitany, Jean-Claude Guillebaud, Christine Jordis, Antonio Muñoz Molina, Erik Orsenna, Antonio Tabucchi et Tzvetan Todorov.
Lettre ouverte de Nedim Gürsel au premier ministre turc
Pour signer la pétition de soutien à Nédim Gürsel

Antoine Matha, Epitaphe, Éd. Gallimard, (Continents noirs), 2009
«Tout le monde ici soupire après Paris… Paris que vous vous représentez comme une caverne gorgée de biens… Paris où le bonheur a son enseigne… Aujourd’hui comme jadis, c’est la même verroterie qui vous fascine… Non contents d’être contemporains, vous voulez être modernes… Mais savez-vous ce qu’il en coûte d’être moderne ? Savez-vous qu’au bout de nos bagnoles qui polluent, de nos télés qui nous regardent et nous possèdent, au bout de tout ce qui se vend, s’achète, s’use, s’accumule, savez-vous qu’une immense lassitude vous attend, celle qui nous a déjà pris ?»
Deux jeunes Africains, amis depuis l’enfance, quittent leur pays pour Paris, attirés par les sirènes de la société d’abondance. Nous les suivons dans cette vie nouvelle qui tour à tour leur offre des scènes étonnantes, l’argent facile et illicite, les émois du coeur et du sexe, les tracas et les avanies ordinaires d’une vie d’immigré… Jusqu’au jour où la catastrophe survient : l’un meurt, et l’autre se retrouve à convoyer le cercueil de son ami défunt dans leur pays d’origine où une guerre civile vient d’éclater…

Omar Ba, Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus, Éd. Max Milo, 2009
Je veux faire comprendre aux jeunes d’Afrique que cette Europe ne vaut pas de risquer sa vie, car on y vit, comme partout ailleurs, avec des souffrances, des impasses et des échecs récurrents.
Omar Ba en a rêvé pendant vingt ans : l’Europe, c’est pour des millions de jeunes Africains un eldorado fantasmatique. Qu’il faut atteindre à tout prix. En s’arrachant aux siens.
Après un périple de trois ans, au péril de sa vie, il a fini par atteindre la France. Toutes ses illusions s’effondrent. Il ne trouvera rien des fausses images d’abondance qui circulent en Afrique.
À 29 ans, l’auteur, étudiant en sociologie et travaillant dans une ONG, conseille aux jeunes de son continent d’origine : “Si vous croyez que l’Europe est la solution à vos problèmes, ne venez pas ! Rêvez plutôt d Afrique !”
Feuilleter le livre de Omar Ba

Hery Mahavanona, Johary Ravaloson, Désiré Razafinjata, Cyprienne Toazara, Nouvelles chroniques de Madagascar, Éd.Sépia, (Sépia-Poche), 2009
Quatre récits de Hery Mahavanona, Johary Ravaloson, Désiré Razafinjata et Cyprienne Toazara ont avec pour toile de fond l’île de Madagascar.
À la suite des 12 nouvelles des Chroniques de Madagascar, ces quatre récits sont à michemin entre le roman, le conte et la nouvelle. Dans la ville d’Antananarivo, les villages tsimihety de l’Ouest et en Algérie, ils mettent en scène des personnages à la vie à la fois ordinaire et fascinante. Le lecteur accompagnera paysans, citadins et soldats dans leurs dilemmes et leurs découvertes grâce à des écritures qui mêlent habilement le rêve et la réalité. Loin des caricatures exotiques, ces textes malgaches attestent du dynamisme d’une langue française résonnant de multiples échos.

Mia Couto, Le dernier vol du flamant, Éd.Chandeigne, 2009
Tizangara, village imaginaire du Mozambique, est le théâtre d’événements délirants. Les casques bleus, venus surveiller le processus de paix après la fin de la guerre civile, explosent sans laisser de traces, si ce n’est celle de leur membre viril. Massimo Risi, inspecteur italien des Nations Unies, est dépêché sur les lieux pour élucider ces morts mystérieuses. Accompagné d’un traducteur, il arpente Tizangara à la recherche d’indices.
Ana Deusqueira la prostituée, Sulplício le père du narrateur, Temporina la jeune ensorcelée, le prêtre Muhando, le sorcier Zeca Andorinho et Estêvão Jonas l’administrateur corrompu du village sont les personnages bigarrés de cette farce à la fois grotesque et tragique.
Mia Couto dépeint avec un humour décapant l’histoire du Mozambique contemporain, de l’immense espoir suscité par l’indépendance et la confiscation du pouvoir par les héros d’hier à la période qui a suivi la fin de la guerre civile sous le regard complice de la communauté internationale. Fable du chaos, le dernier vol du flamant s’élève contre les vies brisées par le fracas des guerres et l’indigence des gouvernants.

Marcel Kemadjou Njanke, Dieu n’a pas besoin de ce mensonge : racontages, éd. ifrikiya (proximité), 2009
Ma mère ne m’appelle dans sa chambre que lorsqu’elle veut me parler d’une « chose plus importante que le soleil et la lune ».
La première fois qu’elle le fit, ce fut pour me parler du fonctionnement très original du corps de la femme au moment où la source des eaux rouges de la puberté jaillit. La deuxième fois, ce fut pour me supplier de démentir une rumeur qui circulait au quartier et qui disait que j’étais enceinte. La troisième et la dernière fois fut un vendredi après la prière de midi. Elle me convoqua d’un air que je ne lui avais jamais connu. Son visage était dessiné avec les traits et les couleurs de la gravité et de la fermeté.
Marcel Kemadjou Njanke est un jeune commerçant installé à Douala. Il est le coordonnateur du Festival International de Poésie 3V et a déjà publié plusieurs recueils de poèmes et de nouvelles.

Kangni Alem, Esclaves, Éd. Lattès, 2009
Une grande fresque commençant en 1818, sur la traite des esclaves à travers le destin d’un homme qui connut l’emprisonnement, le ventre des bateaux négriers, le Brésil et ses champs de canne, les révoltes, et revint libre, après vingt-quatre années d’esclavage, sur la terre d’Afrique.
1818 Royaume du Danhomé. En dépit des traités d’abolition, le commerce de la honte prospère. Il ronge les côtes, sème la ruine et la peur, fait la fortune des maîtres esclavagistes et de leurs alliés. Les plus faibles sont vaincus, leurs existences bouleversées.
Le seul qui ose s’élever contre l’esclavage, le roi Adandozan, est destitué. Il perd son pouvoir et son nom. Son plus fidèle soutien, un jeune maître des rituels, est vendu à un négociant anglais et débarqué au Brésil.
Kangni Alem nous conte avec passion l’histoire bouleversante de cet homme, superbe personnage qui connut l’emprisonnement, le ventre des bateaux négriers, le Brésil et ses champs de canne. Il participa aux grandes révoltes et revint sur la terre d’Afrique, après vingt-quatre années d’esclavage, honorer la mémoire de son roi, mort dans l’oubli, et retrouver une contrée qui lui était désormais étrangère.
Une magnifique fresque sur la destinée de ceux qu’on nomme les Afro-brésiliens.
Lolmède, Une brève histoire de l’esclavage, S. n., 1995
Il y a une bonne dizaine d’années j’avais trouvé cette petite BD sur le même thème mais traité de façon humoristique avec une pointe de dérision. En quelques strips toute l’histoire de l’esclavage des africains nous est racontée. Alors si au hasard d’une braderie ou chez un bouquiniste vous ‘tombez” dessus, n’hésitez pas une seule seconde !
Vous pouvez aussi visiter le blog de Lolmède et (s’il en reste encore) commander son livre.

Culture sud n° 172  : L’engagement au féminin, Éd. Cultures France, 2009
Cette dernière livraison de Cultures Sud, sans velléité féministe aucune, est une célébration de toutes celles qui font de la liberté et des droits de la femme un combat quotidien.
Création et engagement : deux univers intimement liés qui s’illustrent ici par de nombreux portraits de ces mes- sagères de la paix, qu’il s’agisse de l’actuelle Présidente de la République du Liberia Ellen Johnson Sirleaf ou encore des pionnières du courant féministe africain-américain comme Carol Boyce Davis et Maya Angelou ainsi que des femmes exilées de leur pays d’origine pour avoir eu le courage de dénoncer les entraves aux libertés individuelles, à l’instar de la bengali Taslima Nasreen.
Ce sont aussi des femmes de plume dont l’écriture est souvent le reflet d’un itinéraire personnel et d’une autre perception du monde, un monde vu à partir des femmes, en atteste la narration de la plupart des oeuvres de Gisèle Pineau, Ananda Devi, Yanick Lahens ou encore Michèle Rakotoson. Par-delà la fiction, l’essai et le témoignage sont également le domaine de prédilection de ces femmes qui n’hésitent pas à se faire les porte-parole des victimes du génocide Rwandais, à l’instar d’Esther Mujawajo ou Yolande Mukagasana, ou à dénoncer les vicissitudes de la mondialisation comme face cachée de l’impérialisme, comme Aminata Traoré ou Odile Tobner.
Dans une perspective à la fois historique et ancrée dans l’actualité, qu’elles soient présidentes d’associations de quartier, cantatrices, écrivaines, médecins, avocates ou chef d’état, le degré d’engagement des femmes présentées dans ce numéro - sans exhaustivité - est à la mesure de leur personnalité de femme potomitan, pour reprendre l’expression antillaise consacrée.
Voir le sommaire

Irène d’Almeida, A Rain of Words = Une pluie de mots, Éd. University of Virginia Press, 2009 ISBN 13 : 978-0813927664
A Rain of words est une Anthologie bilingue de la poésie de femmes de l’Afrique francophone. Elle réunit des textes de pas moins de 47 poètes, vivant, écrivant, au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Togo.
Ci-dessous le texte de la 4ième de couverture de cet ouvrage. Merci à Mme Christine RAGUET pour la traduction qu’elle nous en a faite et à l’association larochellivre pour avoir signaler cet ouvrage :
Même si depuis deux décennies les principaux ouvrages de fiction en français écrits par des auteures africaines ont été accueillis avec enthousiasme, leur poésie, tout aussi remarquable, a peu retenu l’attention. A Rain of Words est le premier recueil à offrir un vaste panorama de la production poétique d’auteures africaines, rassemblant des œuvres de 47 poètes dont une douzaine originaires de pays francophones. Si certaines sont des auteures reconnues, d’autres n’en sont qu’à leur première publication. Pratiquement aucun des poèmes sélectionnés n’a été publié en dehors de l’Afrique ou de l’Europe, ni même encore été traduit en anglais. Ils sont précédés d’un essai critique d’Irène Assiba d’Almeida sur le rôle artistique joué par les femmes dans la tradition orale et d’une étude de Janis A. Mayes sur la politique linguistique et les contextes culturels dans lesquels cette poésie a émergé.
« A Rain of Words est un livre révolutionnaire qui apportera sans aucun doute une contribution majeure aux études sur l’Afrique, les femmes, la francophonie, la littérature et la traduction. Cette magnifique anthologie ne se contente pas seulement de combler un vide, elle stimule aussi l’intérêt pour un genre décrié, la poésie. Le nombre de pays et de générations inclus dans cet ouvrage est impressionnant »
Renée LARRIER, Rutgers University, auteure de Advocacy in the Francophone Caribbean.
« A Rain of Words est un document et une ressource de première importance puisqu’une précieuse et rare production littéraire a été retrouvée et rassemblée ici. De plus, il répond à deux besoins réels : localiser et mettre au premier plan la poésie des Africaines et rendre leurs voix accessibles à un large public grâce aux traductions* »
E. Anthony HURLEY, Stony Brook University, auteur de Through a Black Veil : Readings in French Caribbean Literature.

Les sources d’inspiration de Botes et Kannemeyer se résument alors à Heavy Metal, version anglophone de Métal Hurlant, quelques comics et des classiques de la BD franco-belge, à commencer par Tintin. De l’esthétique d’Hergé, Anton Kannemeyer a gardé la clarté. “Il nous fallait alors être le plus limpide possible : les Sud-Africains n’étaient pas du tout familiarisés avec la bande dessinée. La priorité était de se faire comprendre.” Au fur et à mesure des années, le travail de Bitterkomix passe progressivement de l’explicite ou de la caricature à des récits plus sophistiqués. ”
Au-delà de l’aspect plastique, Hergé hante aussi l’imaginaire des Sud-Africains. “‘Tintin au Congo’ contient les stéréotypes parfaits pour le genre d’histoires que je voulais raconter, raconte Kannemeyer. La plupart des enfants découvrent encore l’Afrique par le biais de cet album. Je trouve qu’il devrait être accompagné de commentaires pour que le lecteur puisse avoir du recul.” En ouverture du recueil ‘Bitterkomix’, des Blancs à tête de Tintin se battent contre des Noirs caricaturaux, cousins du jeune Coco qui guidait le reporter belge dans la brousse. L’utilisation de personnages de notre enfance ajoute au choc de la lecture, qui devient troublante. Aujourd’hui, alors que leurs travaux s’exportent, ces codes universels servent parfaitement les propos de Kannemeyer et Botes qui, s’ils restent ancrés dans une réalité nationale, possèdent une universalité irrésistible.
En savoir plus :
evene.fr

Un petit coup de pouce : Akkoun-africa : n’hésitez pas à faire une petite balade sur ce site consacrée à la BD d’Afriques.

Découvrir
Akkun-Africa, l‘hebdo de la BD africaine en ligne