Archive for décembre, 2008

Triste année finissante. Des élections se profilant pour le début de la nouvelle les dirigeants israéliens en remettent une couche. Comme dab !
Avec une complicité tacite l’Europe,  qui  s’apprête à faire revoter l’Irlande (salaud de peuple !), ferme les yeux et tourne la tête. Les États-Unis consultent et on se souvient de Camp David où fut enterrée la Palestine avant sa naissance.
Yévi, poète israélien, avait écrit ce petit poème :

Au diable, la guerre !

Un matin naît. Il s’intitule guerre.
Midi dans la tourmente a décompté ses morts.
Vient le soir : d’autres coeurs sont figés par le gel.
Nuit. Que la guerre aille au diable !

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L’image
dans son contexte original

Éric Warnauts me rappelle que Jean-Marie Gustave Le Clézio à prononcé son discours de réception pour son prix Nobel de littérature 2008. Pour les grincheux qui voyaient en lui un écrivain trop “populaire” voilà une belle leçon d’humilité ; une réflexion sur le métier d’écrivain. On souhaiterai que beaucoup de scribouillards nombrilistes des temps actuels puissent méditer. Pour les autres, écrivains ou non, je vous livre l’avis, que je partage totalement, de l’ami Éric : Voilà, subtilement écrit, ce que je pense, tente de “faire passer” dans mon travail et essaye de transmettre à mes étudiants ( que je défends auprès de mes collègues- pas évident, la plupart n’ayant jamais quitté le cocon occidental).
Lire Dans la forêt des paradoxes, de JMG Le Clézio (merci à Publie.net) ou/et dans la bibliothèque numérique d’opoto

Daniel Casanave aime la littérature, et il faut bien admettre qu’il a plutôt un goût sûr. Kafka, Apollinaire, Jarry, le choix des oeuvres qu’il a adaptées dénote un amour certain de la poésie. Il ne sera pas question ici d’une autre adaptation d’oeuvre littéraire en bande dessinée, entreprise risquée qui me laisse toujours un peu dubitative. Il est vrai que l’apparition d’images sur des mots que l’on a lus et relus est le plus souvent décevante. La force de suggestion de la littérature ne se situe pas au même endroit que celle de la bande dessinée. Mais Daniel Casanave ne fait pas que des adaptations, et son dernier opus qu’il signe avec Bernard Jagodzinski, Verlaine, une saison en enfer, vient compléter notre série de biographies qui n’en sont pas.
Lire la suite de l’article de Sidonie Han dans Les lettres françaises
Daniel Casanave et Bernard Jagodzinski,Verlaine, une saison en enfer, Éd. Les Rêveurs, 2008.

François Villon est le poète le plus célèbre du Moyen Age, autant par son œuvre que par sa vie dissolue. Né dans une famille pauvre, il est très tôt recueilli par un chanoine aisé, Guillaume de Villon, qu’il appelle son « plus que père ». Grâce à celui-ci, François de Montcorbier, dit Villon, peut commencer des études de théologie après sa maîtrise. Il les abandonne, sans doute à la suite des querelles entre le roi et l’Université et des troubles estudiantins qui agitent à ce moment-là la Sorbonne. Comme d’autres étudiants prolétaires en rupture de ban, il rejoint le milieu criminel de Paris. En 1455, condamné pour avoir blessé à mort un prêtre, il est contraint de fuir Paris et doit faire appel au soutien de son protecteur le chanoine. La Ballade des contre-vérités et Le Lais, parodies et contre-maximes, sont composés à l’usage des jeunes criminels cultivés qu’il fréquente . Il semble être l’auteur, pendant cette période, de plusieurs cambriolages. En 1457, il reçoit l’amnistie de Charles d’Orléans et participe à des joutes poétiques organisées à sa cour. A nouveau emprisonné, il est bien décidé à abandonner son orgueil de truand, mais ses espoirs de réinsertion sont déçus et le rendent amer. Le Testament, sans doute commencé en novembre-décembre 1461, contient en quelque sorte l’essence de sa vie : il se repent de ses fautes, rappelant avec émotion et ironie son passé tourmenté, puis évoque un legs imaginaire et ses dernières volontés. C’est probablement après le Testament, au cours de l’année 1462, qu’il compose onze Ballades composées dans l’argot des truands, comme pour s’identifier définitivement à leur monde. A nouveau emprisonné et condamné à mort, Villon, dans l’attente de sa pendaison, compose la célèbre Ballade des Pendus pour exorciser son angoisse. Ayant fait appel, il échappe finalement à la pendaison en janvier 1463, mais est condamné au bannissement. Il n’a probablement pas survécu longtemps à son départ forcé de Paris en plein hiver. Après une certaine notoriété jusqu’en 1533, année de la réédition critique de son œuvre par Clément Marot, Villon connaîtra trois siècles d’oubli. Il faut attendre 1832 pour qu’une nouvelle édition suscite l’engouement des Romantiques envers celui qu’ils considèrent comme le premier « poète maudit ».
Édité dans cette belle collection à couverture noire, ce titre se trouve encore facilement chez les spécialistes de livres épuisés ( amazon par exemple)

Théophraste, Marau, François Villon : une vie dissolue, Éd. Glénat (Le Marquis), 1987

L’univers de Baudelaire n’est pas particulièrement graphique. Évocatrice de sensations et d’ambiances, sa poésie laisse place à toutes les interprétations picturales. Les auteurs de ce tome se sont donc régalés, et ce régal est réciproque.
Ainsi certaines adaptations sont-elles à mille lieues du texte et des images évoquées à la première lecture, mais cela ne fait qu’enrichir par une superposition de créativité. L’homme et la mer par exemple raconte un drame indépendant du texte en lui même, et les illustrations de La Cloche fêlée, de Les aveugles ou de l’Horloge ont permis aux auteurs de laisser leur talent s’exprimer sans que le texte ne constitue un carcan.
Et du talent il y en a à chaque coin de page : ce volume est excellent. Accompagné de commentaires sur les vers du poète, il ravira les amateurs de littératures comme ceux qui n’y ont pas encore eu accès.
A découvrir aussi : Prévert, Hugo, Vian…. aux Éd. Petit à petit
Collectif, Charles Baudelaire : les poèmes en BD, Éd. Petit à petit, 2006

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C’est la fin d’un feuilleton judiciaire qui occupe la justice française depuis 2001. Les héritiers de Victor Hugo, qui réclamaient des dommages et intérêts (700 000  petits euros) après la publication, au éditions Plon, de deux livres apportant une suite aux Misérables, ont été déboutés, ce vendredi, par la cour d’appel de Paris.
Soutenu par la Société des gens de lettres, c’est l’arrière-arrière-petit-fils de l’écrivain, qui avait engagé cette action en justice contre les éditions Plon. Il estimait que les livres de François Cérésa, Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le fugitif, dénaturaient l’œuvre de son aïeul. Principal reproche de l’héritier : la réapparition, dans le premier des ouvrages, de l’inspecteur Javert que Hugo avait noyé dans la Seine. Ennemi juré de Jean Valjean sous la plume de Victor Hugo, il devient, apaisé et presque doux dans la “suite”.
La chambre de la cour d’appel a jugé, que leur auteur, n’avait pas porté atteinte à l’œuvre de Victor Hugo. “Les livres pourront continuer à paraître tout à fait librement, c’est un grand succès pour nous”, s’est réjoui  l’avocat de Plon. Oui un grand succès, pas contre la censure  mais pour la liberté d’éditer. La littérature n’en ressortira pas forcement grandie car cela reste évidement pour l’éditeur et l’auteur une affaire de gros sous !
Comme le constate justement fuctuat.net : “Il est donc devenu légal de publier la suite imaginée d’autres classiques tombés dans le domaine public. Un projet serait-il dans l’air pour une suite de Madame Bovary ? Avant un Le Rouge et le Noir 2, le retour de la vengeance, un Le Comte de Monte-Cristo 2, il revient et il est pas content ou un Germinal 2, retour au charbon ?”

Lire Les misérables de Victor Hugo gratuitement avec ebooks libres et gratuits

Voilà un petit livre bien utile pour qui veut s’initier à la littérature africaine. Et pour seulement 3 €. Même si en 126 pages on ne peut évidement pas tout dire (il manque les auteurs d’Afrique du Sud, les auteurs de langue portugaise…), ce petit livre de Jacques Chevrier a le mérite de poser clairement le couvert et de préparer des mets alléchants. Il n’y a plus qu’a déguster sans modération…Et ne pas hésiter à poursuivre vers d’autres lectures.
« Au moment où l’Europe découvre le jazz et l’art nègre, l’attribution du prix Goncourt à René Maran pour Batouala, en 1921, marque le coup d’envoi de la littérature africaine francophone.
Mais c’est sous la bannière de la revue l’Étudiant noir que se formule, autour de Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, la revendication de la négritude, relayée par l’entrée de l’Afrique dans l’âge du roman.
À l’instar d’Ahmadou Kourouma, des romanciers entendent restaurer l’image d’un continent trop souvent méconnu.
Aujourd’hui, la nouvelle génération emmenée par Alain Mabanckou, Samy Tchak ou Fatou Diome nourrit une réflexion sur les identités métisses.
«Ajouter du monde au monde», contribuer à la vitalité littéraire et à l’interculturalité de la langue française, voilà le projet de cette anthologie. »

Jacques Chevrier, La littérature africaine : une anthologie du monde noir, Ed. Librio (n° 867), 2008
Pour aller plus loin :
Jacques Chevrier, Littératures francophones d’Afrique noire, Éd. Edisud (Les écritures du Sud), 2006
Denise Coussy, Littératures de l’Afrique anglophone, Éd. Edisud (Les écritures du Sud), 2007

«Art Keller, le «seigneur de la frontière», est en guerre contre les narcotrafiquants qui gangrènent le Mexique. Adán et Raúl Barrera, les «seigneurs des cieux», règnent sans partage sur les sicarios, des tueurs armés recrutés dans les quartiers les plus démunis. Contre une poignée de dollars et un shoot d’héroïne, ils assassinent policiers, députés et archevêques. La guerre est sans pitié». L’ennui avec ce texte de la quatrième de couverture c’est que cela ne dit pas tout. Loin de là. D’ailleurs ça ne donne pas forcement envie de lire encore et encore l’histoire du mec qui sauve le monde de la déchéance.
Alors que ce roman n’est pas un petit polar sur un énième trafic de drogue en une Amérique pauvre (au centre et au sud) et une autre Amérique riche (au nord).
C’est Le roman sur la drogue des Amériques. Don Winslow ausculte sans complaisance et avec acuité.  On découvre que la drogue n’est qu’une marchandise parmi tant d’autres et que la véritable guerre n’est pas entre (méchants) narcotrafiquants (plutôt basanés) et (gentils) policiers (propres sur eux). L’histoire de plusieurs personnages (Art le policier de la DEA, Nora la prostituée de luxe, Adan le noarcotafricant, Callan le tueur de la mafia et bien d’autres ) couvre les 25 dernières années du siècle passé. Une histoire de bruits, de fureur et de massacres orquestrés par les Etats-unis au nom de leur vision de la démocratie. Bien loin donc d’un petit polar sur le trafic de drogue.
Malgrés un tas d’erreurs dans la traduction française c’est heureusement un roman porté par la conviction de son auteur, qui livre ici un monument traversé de personages soumis à l’emprise de la griffe du chien : la guerre, la peur et la mort.
Pour une fois les étatuniens ne sauvent pas le monde, ça change des polars et autres thrillers où le héros est forcement un agent de (au choix) la CIA, NSA, DEA …
« Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Un roman effrayant et triste, une vision grandiose de l’Enfer et de toutes les folies qui le bordent. » (James Ellroy)
Don Winslow, La griffe du chien, Éd. Seuil (points), 2008

Le “Grand Prix de poésie Léopold Sédar Senghor” de la Maison africaine de la poésie internationale (MAPI) a été décerné au poète camerounais Fernando d’Almeida.
Le prix lui a été remis samedi par l’Académicien Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar, lors de la cérémonie de clôture de la manifestation.
Poète mais aussi, universitaire, journaliste et critique littéraire, Fernando d’Almeida a publié de nombreux recueils de poésie. Depuis Au seuil de l’exil édité aux éditions J.P. Oswald en 1976 jusqu’à Parages du langage aux éditions des forges cette année, il a aussi participé à des ouvrages collectifs comme Boulevard de la liberté, éditions du CCF de Douala en 2005, Interdit de laver sa mobylette isi (livre objet) au éditions Opoto en 2007 ou encore D’aujourd’hui : 15 poètes camerounais aux éditions du CCF de Douala et aux éditions les cahiers de l’estuaire. Les cahiers de l’estuaire, sa maison d’édition où il publie une partie de son œuvre mais aussi d’autre poètes comme Edimomènè Bonanyaka et Germaine Ewodo Ayéné. Fernando d’Almeida est aussi l’auteur d’ouvrages sur la poésie des autres : poètes camerounais mais aussi québécois dont il enseigne les œuvres à l’Université de Douala.
Depuis 38 ans, j’écris et voici que c’est à Dakar, au pays de Senghor, ce pays si cher à l’Afrique et si respecté pour son rayonnement littéraire et intellectuel, que ma carrière vient d’être consacrée par ce Grand Prix de Poésie qui porte le nom d’un homme admiré et aimé, a déclaré Fernando d’Almeida lors de la remise du prix.
Fernando doit tutoyer les dieux de la poésie en ce moment : le prix Senghor c’est avant tout l’humble fierté du travail d’une vie consacrée à la poésie et à ses plaisirs. Senghor qui lui écrivait : “Incontestablement, vous avez cette vertu des poètes qui est d’être en puissance d’imagination et, plus précisément, de créer des images symboliques neuves. J’ai constaté, également, cette maîtrise parfaite de la langue française qui vous permet de jouer avec les mots.”

Lire Fernando d’Almeida dans la bibliothèque numérique : D’aujourd’hui : 15 poètes camerounais, Interdit de laver sa mobylette isi, Dans l’ailleurs de l’ailleurs : Tombeau d’Aimé Césaire, De la poérotique
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Fernando d’Almeida
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Cultures Sud dans son numéro 171 de novembre 2008 propose un dossier sur Tchicaya U Tam’si :
« Disparu prématurément en 1988 à l’âge de cinquante-sept ans, l’écrivain congolais Tchicaya U Tam’si nous a laissé une œuvre à la fois poétique, dramaturgique et romanesque d’une singulière modernité. Produite chronologiquement entre les écrits des “pères fondateurs ” (Senghor, Césaire, Damas) et ceux de son “fils” littéraire et compatriote Sony Labou Tansi, cette oeuvre placée sous le signe du refus et de la révolte, en rupture notamment avec la négritude senghorienne, semble être bel et bien passée à côté de la critique, en témoigne notamment la pénurie d’ouvrages d’analyse sur l’auteur.
Vingt ans après sa mort, Cultures Sud revisite et réaffirme la “modernité voyoue” du poète.
Par-delà les incontournables aspects historiques, pour mieux comprendre aujourd’hui la timidité voire la frilosité des relations culturelles entre le Maghreb et l’Afrique noire, on peut s’interroger sur des problématiques communes, qu’il s’agisse de littératures d’engagement et pleines d’espoir, ou bien de figures éclairées comme le poète soudanais Mohamed Faytouri ou la pensée avant-gardiste du Martiniquais Frantz Fanon, précurseurs du panafricanisme incarné par Lumumba.
Avec la complicité d’universitaires, spécialistes, écrivains, famille et amis, ce numéro invite à méditer sur la création et les combats politiques de Tchicaya U Tam’si, ainsi que sur sa postérité littéraire, sans oublier cette personnalité hors du commun qui faisait de lui à la fois un être écorché mais généreux, bricoleur le jour et écrivain la nuit.
Entre analyse littéraire et événements vécus, cette livraison réhabilite l’œuvre de celui que ses proches appellent toujours “Gérald”. Puisse cette initiative susciter l’envie des éditeurs qui découvriraient le Congo intérieur, historique et mythique tel que raconté au travers de sa tétralogie romanesque malheureusement aujourd’hui épuisée : Les Cancrelats, Les Méduses, Les Phalènes et Ces fruits si doux de l’arbre à pain, parus successivement dans les années 1980. »
Tchicaya passion
, Éd. Cultures France (Cultures Sud N° 171), 2008

Découvrir le sommaire de ce numéro de Cultures Sud
En savoir plus sur Tchicaya U Tam’si
Petite précision : les lives de Tchicaya U Tam’si sont annoncés épuisés par Cultures Sud alors que l’on peut en trouver des exemplaires (en occasion) sur Chapitre.com ou Amazon.

A Douala (Cameroun), du 3 au 6 décembre, Le Festival International de poésie 3V pour sa deuxième édition réunit sur la même scène poètes et plasticiens.
Convoqué et organisé par l’association LivreOuverT et le centre d’art contemporain ArtBakery, le festival de Poésie 3V (voir-verber-vivre), a pour ambition de créer un espace mutuel d’expression créatrice pour la poésie, la peinture et la musique, de favoriser les échanges entre poètes et artistes et d’aider à la vulgarisation de la poésie et de l’art créés localement, à l’échelle nationale et internationale.
Cette année encore, le choix est de rencontrer le public là où il se trouve :
« établissement scolaire, marché, village, orphelinat, et un bar où nous viendrons nous asseoir comme tous les clients, où nous boirons comme tous les clients mais en créant et en réfléchissant, en étant là, tout simplement.»
Participation libre et gratuite
Mercredi, jeudi, vendredi : 12 heures
Samedi : cérémonie de clôture 16 heures

Lire Bookinons le journal du festival