Daniel Casanave aime la littérature, et il faut bien admettre qu’il a plutôt un goût sûr. Kafka, Apollinaire, Jarry, le choix des oeuvres qu’il a adaptées dénote un amour certain de la poésie. Il ne sera pas question ici d’une autre adaptation d’oeuvre littéraire en bande dessinée, entreprise risquée qui me laisse toujours un peu dubitative. Il est vrai que l’apparition d’images sur des mots que l’on a lus et relus est le plus souvent décevante. La force de suggestion de la littérature ne se situe pas au même endroit que celle de la bande dessinée. Mais Daniel Casanave ne fait pas que des adaptations, et son dernier opus qu’il signe avec Bernard Jagodzinski, Verlaine, une saison en enfer, vient compléter notre série de biographies qui n’en sont pas.
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Daniel Casanave et Bernard Jagodzinski,Verlaine, une saison en enfer, Éd. Les Rêveurs, 2008.
François Villon est le poète le plus célèbre du Moyen Age, autant par son œuvre que par sa vie dissolue. Né dans une famille pauvre, il est très tôt recueilli par un chanoine aisé, Guillaume de Villon, qu’il appelle son « plus que père ». Grâce à celui-ci, François de Montcorbier, dit Villon, peut commencer des études de théologie après sa maîtrise. Il les abandonne, sans doute à la suite des querelles entre le roi et l’Université et des troubles estudiantins qui agitent à ce moment-là la Sorbonne. Comme d’autres étudiants prolétaires en rupture de ban, il rejoint le milieu criminel de Paris. En 1455, condamné pour avoir blessé à mort un prêtre, il est contraint de fuir Paris et doit faire appel au soutien de son protecteur le chanoine. La Ballade des contre-vérités et Le Lais, parodies et contre-maximes, sont composés à l’usage des jeunes criminels cultivés qu’il fréquente . Il semble être l’auteur, pendant cette période, de plusieurs cambriolages. En 1457, il reçoit l’amnistie de Charles d’Orléans et participe à des joutes poétiques organisées à sa cour. A nouveau emprisonné, il est bien décidé à abandonner son orgueil de truand, mais ses espoirs de réinsertion sont déçus et le rendent amer. Le Testament, sans doute commencé en novembre-décembre 1461, contient en quelque sorte l’essence de sa vie : il se repent de ses fautes, rappelant avec émotion et ironie son passé tourmenté, puis évoque un legs imaginaire et ses dernières volontés. C’est probablement après le Testament, au cours de l’année 1462, qu’il compose onze Ballades composées dans l’argot des truands, comme pour s’identifier définitivement à leur monde. A nouveau emprisonné et condamné à mort, Villon, dans l’attente de sa pendaison, compose la célèbre Ballade des Pendus pour exorciser son angoisse. Ayant fait appel, il échappe finalement à la pendaison en janvier 1463, mais est condamné au bannissement. Il n’a probablement pas survécu longtemps à son départ forcé de Paris en plein hiver. Après une certaine notoriété jusqu’en 1533, année de la réédition critique de son œuvre par Clément Marot, Villon connaîtra trois siècles d’oubli. Il faut attendre 1832 pour qu’une nouvelle édition suscite l’engouement des Romantiques envers celui qu’ils considèrent comme le premier « poète maudit ».
Édité dans cette belle collection à couverture noire, ce titre se trouve encore facilement chez les spécialistes de livres épuisés ( amazon par exemple)
Théophraste, Marau, François Villon : une vie dissolue, Éd. Glénat (Le Marquis), 1987
L’univers de Baudelaire n’est pas particulièrement graphique. Évocatrice de sensations et d’ambiances, sa poésie laisse place à toutes les interprétations picturales. Les auteurs de ce tome se sont donc régalés, et ce régal est réciproque.
Ainsi certaines adaptations sont-elles à mille lieues du texte et des images évoquées à la première lecture, mais cela ne fait qu’enrichir par une superposition de créativité. L’homme et la mer par exemple raconte un drame indépendant du texte en lui même, et les illustrations de La Cloche fêlée, de Les aveugles ou de l’Horloge ont permis aux auteurs de laisser leur talent s’exprimer sans que le texte ne constitue un carcan.
Et du talent il y en a à chaque coin de page : ce volume est excellent. Accompagné de commentaires sur les vers du poète, il ravira les amateurs de littératures comme ceux qui n’y ont pas encore eu accès.
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Collectif, Charles Baudelaire : les poèmes en BD, Éd. Petit à petit, 2006
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