Actualité


Fatou Diome, Celles qui attendent, Éd. Flammarion, 2010
Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, Éd. Gallimard (Blanche), 2010
Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d’une dizaine d’années qui fait l’apprentissage de la vie, de l’amitié et de l’amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d’indépendance sous la houlette de « l’Immortel Marien Ngouabi », chef charismatique marxiste. Les épisodes d’une chronique familiale truculente et joyeuse se succèdent, avec ses situations burlesques, ses personnages hauts en couleurs : le père adoptif de Michel, réceptionniste au Victory Palace ; maman Pauline, qui a parfois du mal à éduquer son turbulent fils unique ; l’oncle René, fort en gueule, riche et néanmoins opportunément communiste ; l’ami Lounès, dont la sœur Caroline provoque chez Michel un furieux remue-ménage d’hormones ; bien d’autres encore. Mais voilà que Michel est soupçonné, peut-être à raison, de détenir certains sortilèges…
Au fil d’un récit enjoué, Alain Mabanckou nous offre une sorte de Vie devant soi à l’africaine. Les histoires d’amour tiennent la plus grande place, avec des personnages attachants de jeunes filles et de femmes. La langue que Mabanckou prête à son narrateur est réjouissante, pleine d’images cocasses, et sa fausse naïveté fait merveille.

J-M Coetzee, L’été de la vie, Éd. Seuil, 2010
Après Scènes de la vie d’un jeune garçon et Vers l’âge d’homme, voici le troisième volet de l’entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.
Autobiographie fictive puisque l’auteur confie la tâche d’un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain en gestation dans les années 1970. Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l’aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son coeur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l’universitaire et la maîtresse française s’accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.
Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l’écrivain s’interroge et se cherche. Dans ce récit où se mêlent le comique et le ridicule, la mélancolie et le désespoir, Coetzee se livre avec prudence et dévoile peu à peu un coeur en souffrance sous la cuirasse. Il invite une nouvelle fois le lecteur à une superbe méditation sur la condition humaine.

Léonora Miano, Tels des astres éteints, Éd. Pocket (Pocket, n° 14050), 2010
Amok, Shrapnel et Amandla sont des immigrés africains. Amandla, elle, vient de la Caraïbe. Tous trois ont vu le jour sur des terres lointaines. Ils n’ont pas la couleur des enfants du Nord. Cette différence est leur héritage commun, mais chacun l’habite à sa manière… Amok refuse que sa couleur conditionne son identité. Shrapnel, au contraire, revendique une filiation globale et aspire à l’unité, de l’Afrique aux Amériques. Quant à Amandla, elle croit trouver les réponses aux tourments du présent dans une ancienne mythologie. Chacune de ces voies peut déboucher sur une impasse. Ces astres éteints devront s’ouvrir et abandonner le ressentiment pour briller à nouveau..

Maria Maylin, Geneviève Laffont , Jean-Pierre Elong-Mbassi, Indépendances africaines : Le cinquantenaire 1960-2010, Éd. Les portes du soleil, 2010
Il y a un demi siècle, l’Afrique  subsaharienne accédait dans sa grande majorité à l’indépendance. L’ouvrage des ‘Indépendances africaines’ se propose de nous faire revivre cet événement historique et la manière dont il fut ressenti par tous ses acteurs. Des proverbes, de très belles photos, un rappel historique de la période coloniale, les portraits des acteurs des luttes pour l’indépendance et la présentation de 14 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali…). Sans oublier les enjeux de demain, les obstacles et les perspectives qui attendent l’Afrique, « terre et continent d’avenir ».
En savoir + avec Du texte au texte

Bernard Droz, La fin des colonies françaises, Éd. Gallimard (Découvertes Gallimard), 2009
Evénement majeur de l’histoire contemporaine, la décolonisation s’est emparée de la France presque par inadvertance.
Celle-ci, en effet, était mal préparée à la perte de son empire, par tradition jacobine et par attachement sentimental. En 1944, la conférence de Brazzaville a sans doute stimulé quelques réformes, mais les velléités d’indépendance ont partout été vigoureusement réprimées. De cette crispation colonialiste découle le traumatisme d’une séparation encadrée par les guerres d’Indochine et d’Algérie, et ponctuée de multiples épreuves de force.
Il faut attendre le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 pour que la France admette enfin le caractère inéluctable de la décolonisation. Bernard Droz décrypte ce long processus, achevé pour l’essentiel en 1962 avec l’indépendance algérienne. Après une longue amnésie, la France a connu, au seuil des années 1980, un retour de mémoire. Aujourd’hui encore, le passé colonial continue d’interpeller la République.

Makhily Gassama , Collectif, 50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique ?, Éd. Philippe Rey, 2010
De nombreux pays d’Afrique célèbrent le cinquantième anniversaire de leur indépendance en 2010.
Il s’agit d’un événement: le continent, qui a traversé des siècles de souffrances physiques et morales durant deux Grands Dérangements ” - la traite négrière, puis la colonisation -, est enfin, semble-t-il, dirigé par ses propres enfants. Les auteurs de cet ouvrage souhaitent procéder, un demi-siècle plus tard, à l’analyse du sens de ces indépendances et à une réflexion sur le bilan de l’exercice du pouvoir par les Africains eux-mêmes.
C’est aussi l’occasion de s’interroger sur l’intolérable paradoxe de l’Afrique: continent gorgé de richesses humaines et naturelles, mais continent paupérisé, assisté et fragilisé… Une trentaine d’intellectuels d’Afrique et de la diaspora se prononcent librement, chacun à sa manière et sous l’angle de son choix, sur le bilan de ces cinquante années de liberté réelle ou illusoire, de construction ou de déconstruction - voire parfois de destruction - du continent…
Il est temps, en effet, que les intellectuels, dont les dirigeants politiques ont souvent minimisé ou craint le rôle en les tenant à l’écart, s’engagent dans le débat et contribuent activement à la création d’une opinion publique africaine participative, sans laquelle le vrai développement demeurera hypothéqué. C’est bien ce que tentent les auteurs de ce livre, profondément attachés à l’Afrique et à sa liberté.

Catherine Coquery-Vidrovitch, Henri Moniot, L’Afrique noire de 1800 à nos jours, Éd. PUF (Nouvelle clio), 2005
L’Afrique noire de 1800 à nos jours embrasse dans un même regard un siècle d’histoire précoloniale, la sujétion généralisée du continent et l’âge des indépendances aujourd’hui. D’un bout à l’autre de cette évolution, l’étude est attentive aux dynamismes sociaux et culturels du monde africain, au poids des dépendances, à l’effet du contexte mondial. Elle montre les réalités et les initiatives des sociétés africaines au XIXe siècle, leur ouverture large au commerce, à l’islam et au christianisme. Elle examine ensuite la nature profonde de la situation coloniale. Elle apprécie enfin le second XXe siècle, en faisant jouer la problématique de la dépendance et du sous-développement, en observant l’évolution du monde paysan, l’explosion urbaine et la vie politique.
Feuilleter le livre sur Amazon

Plus de livres sur ce thème avec TV5.org

Pas moins de 3 livres paraissent autour de la légende zoulou. Une bonne façon de se plonger dans l’histoire Sud Africaine aujourd’hui sous les feux de l’actualité sportive. Au sujet de Chaka j’aurai aimé ajouter le zulu de Tchicaya U’Tamsi mais il y a peu d’infos sur le net (le livre est néanmoins disponible : 1 seul exemplaire sur chapitre.com : celle ou celui qui l’achète à le droit d’envoyer une petite critique à opoto !!!)

Thomas Mofolo, Jean-Marie-Gustave Le Clézio (Préfacier), Chaka : Une épopée bantoue, Éd. Gallimard (L’Imaginaire), 2010
Chaka. Une épopée bantoue est le roman le plus connu de l’écrivain de langue souto Thomas Mofolo. Relatant, sur le mode de l’épopée, le destin de Chaka, fondateur de l’Empire zoulou, ce livre rapidement traduit en Occident où il rencontra un succès inattendu, est considéré comme l’un des jalons de la littérature africaine, à la fois allégorie de l’Afrique précoloniale et réflexion pessimiste sur l’ambition et le pouvoir. Un jury initié par Ali Mazrui et présidé par Njabulo Ndebele  a sélectionné Chaka parmi les douze ouvrages les plus importants de la littérature africaine du XXe siècle
En savoir + avec Wikipédia
Thomas Day, Le trône d’ébène, Éd. Gallimard (Folio SF), 2010
«Nous, Zoulous! avons une prophétie. Cette prophétie dit qu’un jour un enfant aux grands pouvoirs naîtra et qu’avec lui s’ouvrira une ère durant laquelle “amazoulou” signifiera terreur et mort pour tous les peuples du pays n’guni et des pays voisins, jusqu’à la mer, au sud, à l’ouest et à l’est, jusqu’aux Montagnes-De-La-Lune, au nord. Nous, Zoulous! avons une prophétie…»
Voici l’histoire de Chaka, roi des Zoulous! Une histoire pleine de magie, de folie et de sang. Celle d’une Afrique où les dieux ont encore tous leurs pouvoirs… une Afrique d’avant l’homme blanc.
Retrouvant la veine épique de La Voie du Sabre, Thomas Day livre avec Le trône d’ébène un grand roman de fantasy historique récompensé par le prix Imaginales 2008.

Lilyan Kesteloot, Emilie Seron, Chaka Zoulou, fils du ciel, Éd. Casterman (Lecture, Romans Epopée), 2010
Ce livre raconte l’histoire de Chaka, guerrier légendaire et fondateur du grand empire zoulou. Chaka naît à la fin du XVIIIe siècle sur ces terres d’Afrique australe où les premiers Blancs – une poignée de colons hollandais – viennent tout juste de s’installer. Les clans africains, eux, se répartissent le territoire de façon informelle, et parfois belliqueuse. Avec l’aide d’un puissant féticheur qui lui confère des capacités surhumaines, Chaka impose l’union aux clans rivaux.
Ce livre raconte l’histoire de Chaka, guerrier légendaire et fondateur du grand empire zoulou. Chaka naît à la fin du XVIIIe siècle sur ces terres d’Afrique australe où les premiers Blancs – une poignée de colons hollandais – viennent tout juste de s’installer. Les clans africains, eux, se répartissent le territoire de façon informelle, et parfois belliqueuse. Avec l’aide d’un puissant féticheur qui lui confère des capacités surhumaines, Chaka impose l’union aux clans rivaux.

Henry-Francis Fynn, Chaka Zoulou, Éd. Anacharsis, 2004
En ce début de XIXe se joue dans cette pointe septentrionale de l’Afrique une drôle de pièce. Ici, se mélangent les ultimes soubresauts de l’époque moderne, les derniers avatars des guerres Napoléoniennes et les débuts de ce qui occupera les nations européennes pendant plus d’un siècle, la colonisation de l’Afrique. C’est là, au milieu des colons néerlandais, souvent anciens huguenots, qu’on appelle les Boers, des Anglais fraîchement débarqués après l’annexion du Cap par la couronne britannique en 1795 et des comptoirs   … Lire la suite   portugais livrés à eux-mêmes que débarque en 1818, venu d’Angleterre, le jeune Henry Francis Fynn. Il est comme tous ses compagnons de voyage, à la recherche des Pérous, des Eldorados, des espoirs de fortunes qu’ont toujours promis les confins du monde. Mais à la différence de nombre d’entres eux, qui croisent l’autre sans le voir et qui le conçoivent, au mieux comme un moyen, au pire comme un obstacle à la richesse, Fynn s’interroge suffisamment sur les hommes qu’il rencontre, pour que petit à petit un changement de plan s’effectue, le moyen devient l’objet. Cette modification s’opère étrangement. Dès ses premiers contacts avec les tribus côtières, Fynn fait preuve d’une remarquable précision dans ses observations et d’un intérêt pour les modes de vie, la musique, l’organisation sociale. La région qu’il parcoure est agitée par de violents conflits, tous sont associés aux Zoulous et à leurs chef Chaka. Ce nom provoque l’effroi, Fynn le compare à un talisman, une puissance tutélaire, dont la seule évocation lui sauve la vie une fois au moins. Après un voyage de plusieurs mois il finit par le rencontrer. Le faste de la cour, l’organisation de l’armée, tout fascine l’explorateur qui vit deux ans auprès de lui apprenant sa langue, décrivant l’agriculture, les structures politiques. Auprès de ce chef souvent cruel mais grand politique, il voit se constituer peu à peu la grande nation Zoulou qui continuera à se développer après son assassinat jusqu’à menacer très dangereusement l’autre nation en gestation que deviendra la République d’Afrique du Sud. Fynn n’est pas un anticolonialiste et malgré son intérêt pour le peuple Zoulou, il reste un explorateur au service de la couronne qui sait que les informations qu’il rapporte seront utiles à une implantation anglaise qu’il prédit bénéfique, tant la région offre d’avantages. Mais il esperait, peut-être, qu’elle ne se fasse pas autant au détriment des africains. Ce journal publié en 1860 soit vingt-sept ans après que Fynn ait quitté l’Afrique a eu de multiples rééditions. La dernière date de 1957. En voici la première traduction française. À l’heure où un important débat s’est ouvert sur la question des réparations suite aux dommages engendrés par la colonisation en Afrique, il nous semble important de produire des témoignages d’avant les pénétrations européennes qui attestent du degré de civilisation des « nations » africaines tant d’un point de vue des techniques que politique.

Tidiane N’diaye, L’empire de Chaka Zoulou, Éd. L’harmattan (Etudes Africaines), 2001
Comment le puissant empire zoulou s’est-il formé en Afrique du Sud au XIXè siècle ? Comment un homme au charisme exceptionnel, Chaka Zoulou, a favorisé l’émergence d’une grande nation homogène, prospère et respectée ? Mais avant de bâtir, il aura saccagé les anciens piliers d’une configuration ethnosociale complexe. Comment cet homme pétri de contradictions a-t-il pu laisser une telle image de grand révolutionnaire social ? La réalité historique est-elle aussi sordide que la légende qui lui a survécu ?

Lieve Joris, L’heure des rebelles, Éd. Actes Sud (Babel Noir), 2009
Kinshasa 2003.
Depuis l’assassinat de son père, Joseph Kabila est à la tête du pays. Au Congo, la guerre civile s’achève et un gouvernement de transition s’installe, qui suppose partage du pouvoir avec les ex-rebelles et réunification officielle de l’armée. Assani, officier supérieur, témoin actif de tous les conflits des années précédentes, s’installe dans la capitale avec ses gardes. Originaire de l’Est, il est de ceux qui furent rebelles, puis fidèles, menacés du fait de leur origine, traqués ou tout-puissants au gré des événements, des données politiques, des intrigues.
S’appuyant sur des situations et des lieux réels, Lieve Joris dresse le portrait de cet énigmatique personnage. Homme du combat comme du renseignement, de la violence comme de l’amitié, bousculé par un destin qui le plonge dans une solitude permanente et inquiète, Assani est à la fois pion, roi et fou sur un échiquier d’étendue internationale. Un pan fondamental de l’histoire du Congo et de l’Afrique est ainsi abordé à échelle humaine.
Voir aussi : Les hauts plareaux

Michel Arseneault, Perdu en Afrique, Éd. Stanké, 2009
Journaliste québécois installé en France, Michel Arseneault a pris le parti de se “perdre” en Afrique, de sortir des sentiers battus, de quitter les capitales.
Dans des pays où règne parfois la paix, souvent la guerre, il rencontre des Africains et quelques étrangers qui lui tiennent la main, au sens propre comme au sens figuré, pour l’aider à trouver son chemin, à comprendre. Il donne la parole à peu de personnages connus. Car il est persuadé que pour comprendre l’Afrique réelle, ses rêves, ses exploits et ses tragédies, il faut surtout être à l’écoute de ses enfants.
L’auteur, qui a visité plus de vingt-cinq pays africains en vingt-cinq ans, livre ici des récits de voyage, des portraits et des reportages. Étoffés de souvenirs personnels, dans une langue aussi précise que sensible, ces textes font voir un continent qui lutte et résiste, parfois s’épuise, dans un long combat: la vie quotidienne. Et l’on comprend de ce combat, au fil des pages, qu’il ressemble étrangement au nôtre.

Jean Rolin, La ligne de front - Un voyage en Afrique australe, Éd. La Table Ronde (La petite Vermillon), 2010
En 1987, Jean Rolin parcourt l’Afrique australe, de Dar es-Salam à Capetown, à travers les pays que réunit, du moins en théorie, leur opposition au régime d’apartheid.
Au fil de ses tribulations, certaines rencontres l’enrichissent : Robert, un révolutionnaire au bout du rouleau, expatrié à Zanzibar ; Ned et Joan, fermiers blancs cloîtrés au Zimbabwe derrière leur enceinte grillagée, ou encore une prostituée indienne ” semi-divine ” de Durban, qu’il rêve d’arracher à son sort. D’autres le mettent en rage, telle cette ” Carabosse envuitonnée ” qui lui gâche le panorama des chutes Victoria.
Et puis il y a les décors, qui le transportent : le vert affolant d’une plantation de thé, le chaos urbain, les chants d’oiseaux dans la nuit africaine…

Lionel Bourg, Max Lyonga Sako, L’échéance du songe, Éd. CCF de Douala, 2005
C’est que Douala n’est plus une ville. N’en fut jamais une sans doute, ou alors d’artifice, tracée au cordeau afin de répondre à l’impératif colonial qu’elle conteste, vie contre mort, verbe contre loi, subvertissant le quadrillage sécuritaire et s’engendrant elle-même pour se désagréger toujours plus loin en de tortueuses banlieues, périphérie frénétique, métastasée jusqu’aux campagnes limitrophes, qui enfle, déborde, déglutit l’espace ou croupit, s’exsude et digère les baraques de tôle qui prolifèrent autour des marchés où tout finit, tout recommence : Bibles, faux médicaments, flacons d’élixirs miraculeux et onguents, baumes, poissons, fruits ou préservatifs, monceaux de bêtes équarries, tabac, cahiers, casseroles, fleurs cueillies le matin, somptueuses.
En résidence au CCF de Douala lors de la coupe d’Afrique des Nations 2004, Lionel Bourg nous offre sa perception du Cameroun. Le livre et accompagné de dessin du plasticien Max Lyonga Sako.
Ce livre n’est pas disponible en France mais on retrouve le texte de Lionel Bourg dans son ouvrage : Comme sont nus les rêves aux éditions Apogée.

Hans-Christoph Buch, Voyage en Afrique extrême, Éd. Grasset, 2001
Deux voix s’expriment en alternance dans ce livre : celle de Hans Christoph Buch qui a effectué plusieurs grands reportages en Afrique, et celle de Richard Kandt, médecin né à Munich que Bismarck envoya en 1897 chercher les sources du Nil.
Hans Christoph Buch met ainsi en regard l’Afrique du passé et celle d’aujourd’hui. Au cours de ses séjours successifs au Liberia, au Rwanda, en Tanzanie et dans l’est du Zaïre, Hans Christoph Buch rencontre la dévastation, la guerre civile et l’horreur des camps cadavres putréfiés, médecins débordés par le flot des blessés, convois humanitaires bloqués par les rebelles. A l’hôtel, il écoute les récits de vies ravagées.
Intercalé entre ces visions d’horreur, le récit de Richard Kandt creuse la perspective du livre. L’Afrique du passé est à la fois proche et différente de l’Afrique contemporaine. Le médecin évoque la beauté des paysages rwandais puis la corruption et la violence, déjà présentes à l’époque. En rapportant les paroles de ceux qu’il rencontre, en les décrivant et en donnant leur nom, Buch semble faire un effort désespéré pour leur rendre leur individualité.
Les images du récit s’imposent à notre imagination avec force. Une vraie puissance se dégage du texte, dans l’horreur comme dans la grâce. La tragédie des génocides est traitée sous un angle profondément humain.

Voici que se profile à l’horizon la coupe du monde de foot au pays des Bafana Bafana. Pour opoto c’est une bonne occasion de marier football et livre. Ce qui, a priori, n’est pas évident si en plus on veut parler de l’Afrique !

Enfants de la balle : nouvelles d’Afrique, nouvelles de foot, Éd. Lattès, 2010
À l’occasion de la première Coupe du monde organisée en terre africaine, onze auteurs se sont prêtés au jeu et nous offrent chacun une nouvelle où le ballon rond tient une place particulière. Les onze écrivains réunis dans ce recueil sont d’Afrique et du monde entier. Ils viennent d’Algérie, du Maroc, de Djibouti, du Congo, du Soudan, du Togo, du Nigeria, de l’île Maurice et d’Afrique du Sud. Qu’ils vivent à Lomé ou à Los Angeles, à Paris, à Barcelone, à Berlin ou à Lagos, tous nourrissent pour le football une passion sinon un intérêt évident. Certains auteurs ont été de véritables joueurs, d’autres des amateurs du dimanche, experts scripturaires en matière foot-ballistique. Réunis et présentés par l’écrivain Abdourahman A. Waberi, ces nouvelles sont autant de visages du continent africain : des enfants des rues qui jouent au foot dans la poussière aux joueurs professionnels qui rêvent des grands clubs européens, en passant par les supporters survoltés. Il est recommandé d’user et d’abuser de ces petits délices littéraires avant, pendant et bien sûr longtemps après la Coupe du monde 2010 !

Jean-François Pérès, Dico fou du foot africain, Éd.Rocher (Documents), 2010

A l’occasion de la Coupe du monde de football, l’auteur propose une plongée dans les racines du football africain, accompagnée d’anecdotes. Avec tous les surnoms des équipes africaines, leurs palmarès complet à la Coupe du monde depuis 1930, le palmarès de la CAN et de la Ligue africaine des champions.

Maryse Ewanje-Epée, Négriers du foot, Éd. Rocher (Documents), 2010

En revenant sur l’histoire d’Edel Apoula, gardien de but arménien d’origine camerounaise, l’auteure dénonce la traite des jeunes footballeurs africains dont un seul sur mille fait carrière dans le football. Elle suit le parcours de ces jeunes exilés d’Afrique, continent où le football déchaîne les passions et représente un ticket pour l’ascenseur social.

Philippe Zickgraf. Pierre René-Worms, 2010, l’année du football africain : De la CAN à la première coupe du monde en Afrique, Éd. Edicef, 2010
Tous les deux ans, la CAN est le grand laboratoire du football africain. Autour des stars consacrées, Eto’o, Drogba, Hassan ou Essien, de nombreux talents individuels y émergent comme cette année, en Angola, les Ayew, A. Song, Bougherra, Inkoom ou Ziani. Egypte, Ghana, Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire ou Algérie s’y affirment toujours un peu plus sur la scène internationale. Le niveau s’élève sensiblement, l’optimisme est de rigueur. Le professionnalisme gagne du terrain. Le travail des académies ou écoles de football, toujours plus nombreuses, commence à payer. Et les initiatives ne manquent pas en Afrique pour former les champions de demain. Fins connaisseurs du football africain, Philippe Zickgraf et Pierre René-Worms nous font vivre la CAN angolaise de l’intérieur. Immense champion, Joseph-Antoine Bell les accompagne pour nous dresser les forces africaines en présence avant le Mondial : les futures stars, les six équipes qualifiées passées au crible, leurs filières de formation… Les joueurs africains crèvent l’écran dans les prestigieux championnats européens. Pourtant, leurs sélections nationales peinent à confirmer : seulement deux quarts de finale en Coupe du Monde, quelques victoires face aux grosses écuries européennes ou sud-américaines viennent parfois illuminer le jeu. Un palmarès naissant pour ce football jeune et en mal de structures pour choyer ses talents. Aussi, la présence de l’Afrique en Coupe du Monde est récente, liée aux Indépendances.  En 2010, au pays de Nelson Mandela, le football africain s’affichera au grand jour, toujours plus conquérant. Avec le secret espoir de voir, enfin, un pays d’Afrique s’imposer dans la plus belle des compétitions.

Voir d’autres livres sur le foot et l’Afrique

Kitoko Djaz de Benoît Kongbo va bientôt sortir.
Voici la genèse de sa naissance par courriels interposés…

Opoto
J’ai relu avec plaisir ton article en camfranglais s’accouplant au sango. Je le trouve vraiment très bon. As-tu continué sur ta lancée ?
J’aimerai bien publier pour un prochain livre l’histoire de  Kitoko mais lorsque je pète les plombs je deviens Troukou Traka !
Benoît Kongbo
suis en ce moment au Kamer.
travaille toujours sur ton livre
kitoko djaz il s’intitulera. (3 mars 2009)
Opoto
Alors, en panne d’inspiration ?
Les lecteurs attendent avec impatience Kitoko djaz (26 avril 2010)
Benoît Kongbo
à propos de Kitoko Djaz, c’est le volcan qui va tout gater, tu peux compter sur moi.(5 mai 2009)
Benoît Kongbo
Le travail sur Kitoko Djaz avance… Il me reste en gros deux ou trois chapitres…
Kitoko est un voyage dans ce que j’appelle la domestication de la francophonie. Un véritable travail sur le français des Afriques francophones et ses particularités lexicales. Kitoko n’a rien à voir avec Allah n’est pas obligé, non plus avec Verre cassé… C’est un roman, à mon avis, écrit avec les accents de l’émotion nègre, les sautes d’humeur… c’est le va-et-vient constant entre l’équilibre du sobre et le déséquilibre du soûlard… Difficile de garder le rythme, bref ! (7 juillet 2009)
Benoît Kongbo
Salu Opoto,
Vu k’il è possible que je perde mè clé usb à tou momen,
je t’envoie lè 8 premié chapitres de Kitoko et la version sur laquelle je travaille en ce momen. ti pé déjà lire lè 8 chapitres pour me donné tè z’impression.
on se maîtrise (kom y dize là-ba o Kamer)
Ben (6 août 2009)
Opoto
…deux types debout : un petit blanc rondouillard style colon avec casque et habits blancs comme les colons du début du XX siècle. A coté de lui un grand noir bien musclé, en habits modernes, au sourire malicieux. Il pose son bras sur l’épaule du petit blanc.
Le blanc à l’air tout penaud alors que le black à l’air bien à l’aise. C’est un contre pied à l’imagerie coloniale où le blanc écrasait toujours le noir.
Le livre est un petit roman écrit en camfranglais, plein d’humour et de dérision.
Titre : Kitoko Djaz (c’est le nom du héros).
Qu’en penses-tu ? (13 août 2009)
Piazo
J’étais full occupé en classe cette semaine.
j’ai quand même pu faire quelque chose (31 août 2009)
Benoît Kongbo
voilà comme promis je t’envoie l’intégralité de Kitoko Djaz. (12 septembre 2009)
Piazo
je pensais plus à désaturer les tons de l’images, pour qu’on retrouve plus un coté émotifs
je vous présente cela ce week end et on verra ce que ca donne !
je vous envois de quoi ce week end !(20 janvier 2010)
Piazo
J’ai essayé de garder un look plus artistique que moderne
ça m’a pris plus de temps que prévu, mais je suis fier du résultat.
Cette image (la 1ière de couverture) est en 11×17cm (2 février 2010)
Benoît Kongbo
je trouve très superbe la couv de Kitoko Djaz.
je m’y attendais même pas, je te dis. (3 fevrier 2010)
Benoît Kongbo
(si tu vois bien, vers la fin de Kitoko j’ai écrit des lignes qui retracent déjà mon parcours. ça à la limite tu peux en mettre un extrait à la quatrième de couverture). (26 avril 2010)
Opoto
Si tu penses à d’autres mots tu peux en rajouter quelques uns ; mais pas trop : le lecteur peut aussi faire un effort d’imagination !
Kitoko sortira donc en mai…(26 avril 2010)

En savoir + : découvrir le papier de Benoît Kongbo qui a tout déclanché !

Niq Mhlongo, After tears, Éd. Yago, 2010
Novembre 1999. Un mois avant l’An  2000. Un nouveau millénaire s’annonce pour une nouvelle Afrique du Sud. Mais tout n’est pas rose malgré la fin de l’apartheid. Après quatre années d’études, Bafana vient de rater ses examens d’avocat. Il revient à Soweto, le cœur lourd. Incapable de décevoir les siens, qui placent tous leurs espoirs en lui, il est entraîné dans l’engrenage du mensonge. Jusqu’où ira celui que tout le township surnomme désormais ‘Avo’ ? Doit-il avouer son échec et décevoir les attentes ou préserver les apparences en continuant à mentir ?
Niq Mlhongo brosse le portrait haut en couleur d’une société en plein bouleversement, campe une galerie de personnages truculents, joyeux, violents et exaspérés, et jette une lumière tragi-comique sur les difficultés de la vie dans le township.
En savoir +

Albert Russo, Et il y eut David-Kanza, un exil africain, Éd. Ginkgo, 2010
De Rhodes et de la Rhodésie, au Congo belge. Roman à trois voix, « Exils africains » évoque de manière saisissante l’univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes.
Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations.
Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d’aujourd’hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l’Indépendance.
Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil.
Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l’enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera.
Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l’Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l’exil.
Lire les 50 premières pages

Rachid Boudjedra, Les figuiers de Barbarie, Éd. Grasset, 2010

Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. A dix mille mètres d’altitude et en moins de soixante minutes, c’est leur destin, et celui de tout un pays à travers le leur, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par de vagues liens de parenté, par l’expérience commune et traumatisante de la guerre d’Algérie, mais aussi par le souvenir d’un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n’ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur pays. C’est toute l’histoire de l’Algérie, depuis la conquête française jusqu’à l’indépendance et ses ratages - de l’enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture coloniale, des luttes fratricides et du terrorisme des années 1990 -, qui défile dans Les figuiers de Barbarie, emblèmes d’une Algérie sereine dont les deux protagonistes ne cessent de rêver. Avec ce texte habité de bruit et de fureur, élégiaque et épique, politique et intimiste, Rachid Boudjedra nous donne son grand roman sur l’Algérie.
Lire un extrait

Boubacar Boris Diop, Le cavalier est son ombre, Éd. P. Rey, 2010
Dans une petite ville, un voyageur solitaire attend une embarcation : quelque part au-delà du fleuve, Khadidja, celle qu’il a aimée autrefois, lutte sans doute contre la mort. Pendant trois journées d’attente, l’homme chemine dans sa propre mémoire : sa rencontre avec la jeune femme dans cette lointaine ville européenne, leur vie commune en Afrique, la déchéance et les humiliations. Où trouver, dans les décombres du passé, « quelque chose qui ressemble à un commencement » ? Peut-être dans cet étrange emploi accepté par Khadidja, à bout de misère : s’asseoir chaque jour devant une porte ouverte sur l’obscur, et parler à un être invisible, imaginer sans relâche de nouvelles fables et l’identité de leur destinataire, jusqu’à sombrer dans la folie et disparaître. Le Cavalier et son ombre est tissé des récits de Khadidja et du narrateur, tantôt réalistes tantôt oniriques, toujours porteurs du malheur d’un continent étranglé par tant de désastres. Pourtant, la quête du salut demeure, symbolisée par cet enfant mythique revenant de conte en conte et qui « n’a eu le temps ni de vivre ni de mourir ». Roman lyrique et grave, Le Cavalier et son ombre dit superbement la déchirure de l’écrivain africain, qui ne sait si ses textes s’adressent à l’abîme ou à des êtres de chair et de sang.
En savoir +

En Afrique francophone, les colonies c’est fini depuis 50 ans. Pour certains elles ont laissé la place aux indépendances. Pour d’autres c’est plutôt la mise en place de la françafrique.

Stephen Smith, Voyage en postcolonie, Ed. Grasset, 2010
Ancien journaliste à Libération, puis au Monde, actuellement enseignant à l’université de Duke, aux États-Unis, et auteur en 2003 du très controversé Négrologie, Stephen Smith publie Voyage en postcolonie. Cinquante ans après les indépendances, que reste-t-il de la France en Afrique subsaharienne ? Plus précisément, qu’ont fait les Africains, depuis qu’ils sont libres de choisir, de ce que l’ancien colonisateur leur a apporté, du Code Napoléon à la baguette en passant par la langue française ? Comment se situent-ils par rapport à la Françafrique, la queue de comète affairiste  de ‘l’ Etat franco-africain’ bâti en 1960 sur les restes de l’Empire ? Fort de l’idée que les ‘postcolonies’ au sud du Sahara ont pris leur destin en main, et qu’elles sont désormais un Nouveau Monde pour la France en raison de l’héritage colonial en partage, Stephen Smith va à la rencontre d’Africains, de la Côte d’Ivoire à la Guinée, au Sénégal et au Mali, puis du Cameroun au Gabon en passant par le Congo, pour ‘voir, comprendre, se faire surprendre’.

Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun - Autopsie d’une décolonisation, Ed. La Découverte (La Découverte/Poche), 2010
Mongo Beti, écrivain camerounais, est connu pour ses romans, notamment ceux des années 1950, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.
Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l’éditeur poursuivi, et l’auteur l’objet de multiples pressions et menaces. Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d’une actualité brûlante à l’heure de l’intervention française au Zaïre.
Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d’Afrique occidentale française et d’Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n’en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France. Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la ” Françafrique “. Une préface inédite d’Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l’histoire mouvementée de ses différentes éditions.

Grégory Jarry , Otto T., Petite histoire des colonies françaises Tome 3 : La décolonisation, Ed.  FLBLB, 2009
En 2006, alors qu’un ministre suggérait d’enseigner les «aspects positifs de la colonisation», Grégory Jarry et Otto T. constatent à quel point ceux-ci sont méconnus. Ils entament alors la série Petite histoire des colonies françaises, afin de rafraîchir les mémoires et rendre intelligibles les enjeux de la colonisation, d’une façon pédagogique et documentée autant que distrayante.
Après deux tomes coloniaux (L’Amérique française puis L’Empire) et une parenthèse uchronique (La Conquête de mars), Grégory Jarry et Otto T. devancent les commémorations des indépendances en 2010 et apportent leur pierre dans la mare de l’identité nationale avec ce troisième tome consacré à la décolonisation, et plus particulièrement aux guerres d’Indochine et d’Algérie.
“Mes chers amis, vous l’attendiez depuis longtemps, j’ai enfin le plaisir de vous annoncer la parution du troisième volume de la Petite histoire des colonies françaises. Ensemble et durant plus d’une heure et demie, nous allons voir par quelles convulsions de l’histoire La France, qui possédait un Empire Colonial de 12 millions de km² en 1914, est redevenu un pays tout à fait normal au début des années 60. Ce phénomène par lequel un peuple décide de se séparer d’êtres humains dont il a conquis les terres et le cœur depuis des dizaines d’années, les historiens auraient pu l’appeler « Drame d’amour ». Finalement, ils ont opté pour «Décolonisation». (…)
En quelque sorte, la Décolonisation fut la privatisation de la Colonisation.”
Le Général de Gaulle
En savoir + et voir des extraits

Moussa Konaté, L’Afrique Noire est-elle maudite ?, Éd Fayard, 2010
« Pourquoi, riche comme elle est de cultures, de dynamismes, d’inépuisables créativités, de matières premières et d’espace, l’Afrique tarde-t-elle tant à entrer dans le développement ? « Pourquoi tant de corruption et de mauvais dirigeants, pilleurs des ressources nationales ? « Pourquoi tant de guerres locales, tant de maladies, tant d’analphabétisme, tant d’injustices envers les femmes ? « Pourquoi ce retard de l’Afrique ? « Malédiction, ou refus viscéral de notre modernité ? « Pour répondre à ces questions qui nous hantent, il fallait un esprit de large envergure, de grand savoir, d’honnêteté incontestable et surtout de courage. « Tel est Moussa Konaté, un écrivain majeur de notre temps. » Erik Orsenna. Éditeur au Mali et codirecteur du festival Étonnants Voyageurs de Bamako, Moussa Konaté s’est donné pour méthode de regarder sa société droit dans les yeux, sans complaisance ni sévérité inutile. Il est par ailleurs le père du commissaire Habib, dont il a notamment publié deux enquêtes chez Fayard Noir, L’Empreinte du renard (2006) et La Malédiction du Lamantin (2009).
En savoir +

André Guichaoua, Rwanda, de la guerre au génocide, Éd. La Découverte (Cahiers libres), 2010
Malgré la profusion d’ouvrages consacrés au génocide des Rwandais tutsis en 1994, de très nombreuses inconnues subsistent sur les antécédents et le déroulement de cette guerre et de son épilogue tragique. André Guichaoua, l’un des meilleurs spécialistes de la région ,qui était présent au Rwanda lors de la reprise de la guerre en avril 1994, livre dans cet ouvrage les résultats de ses quinze années d’enquête. S’appuyant sur la somme d’informations et de documents, souvent inédits, qui ont étayé les dépositions de l’auteur en tant qu’expert témoin devant divers tribunaux (dont le TPIR), ce livre fournit une contribution essentielle à l’histoire du conflit et du génocide rwandais.
En savoir + et lire des extraits

Sonia Rolley, Retour au Tchad, Éd. Solin, 2010
A l’heure où l’Internet met en cause la spécificité du métier de journaliste, voilà un livre à la fois passionnant et roboratif. Sonia Rolley, 29 ans, a “tenu” dix-huit mois à N’Djamena (Tchad) comme correspondante de presse entre 2006 et 2008. Son journal de bord ne tient pas seulement du témoignage éclairé sur l’irrationalité de la politique française dans ce pays “ami”. Pour la France, qui n’y dispose d’aucun intérêt économique, le Tchad tient surtout du bac à sable pour militaires, sous le couvert d’un héritage historique et d’une lutte contre l’expansion islamiste.
Lire un extrait sur le blog de Makaila

Le poète Fernando d’Almeida a écrit Didascalies d’un séisme dans l’urgence : le tremblement de terre du 12 janvier a détruit la majorité des bibliothèques du pays.
En posant ses vers sur la feuille il souhaite contribuer au renouveau des équipements de lecture publique en Haïti. Avec les éditions opoto il a choisi de verser ses droits d’auteur à Bibliothèques Sans Frontières afin d’aider à la reconstruction des bibliothèques. Dans la même idées les éditions opoto s’engage à verser la totalité du bénéfice réalisé par les ventes du livre à l’association.

Vous pouvez contribuer à cette action solidaire en achetant le livre dans votre librairie (les éditions opoto sont distribuées par Calibre : chaque libraire peut donc le commander) ou en adressant un chèque de 15 € aux éditions opoto (port compris) : éditions opoto, 17 impasse du Dr Delteil, 17310 St Pierre d’Oléron, France.

Découvrir un large extrait de Didascalies d’un séisme

Next Page »