lun 29 oct 2012
François Hollande a déclaré que « la République reconnaît avec lucidité » la répression « sanglante » de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Des « Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression », a déclaré le président français. »La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes », a-t-il ajouté, à l’occasion du 51ème anniversaire de ces évènements. Il était temps !
Mehdi Lallaoui, Une nuit d’octobre, éd. Alternatives, 2001
» Je me souviens d’un mauvais rêve où je voyais des hommes voler dans les airs. Nous étions en train de traverser le pont de Neuilly. Plus tard, au même endroit, les images de ce cauchemar me sont revenues. Les hommes que je voyais voler avaient le visage déformé par la peur. Ils ne volaient pas, ils tombaient tout habillés dans la Seine. Mon père a attendu que je devienne un homme pour me parler de cette histoire. Il ne voulait pas me voir supporter les mauvaises choses de la vie… L’humiliation. Lui, en a réchappé et moi, quand je pense à ça, les larmes me viennent. Par une sorte de filiation, je me sens pareil à un survivant, un rescapé de cette nuit-là. » En février 1999, l’ancien préfet de police de la Seine poursuit en diffamation un écrivain. Ce dernier l’accuse d’avoir couvert des assassinats lors de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. Durant le procès, un petit groupe d’amis très hétéroclites mais unis dans la recherche de la vérité va se mettre en quête de témoins et de preuves afin d’établir définitivement la réalité des faits. Réalité que nie toujours l’ancien préfet. Ce procès sera l’occasion de croiser des personnages d’âges et de destins différents mais liés par cette tragique nuit d’octobre.
Leïla Sebbar, La Seine était rouge, éd. Actes Sud (Babel), 2009
Paris, 17 octobre 1961. La fin de la guerre d’Algérie est proche. En réponse au couvre-feu imposé aux Algériens par Maurice Papon, alors préfet de police, le FLN organise à Paris une manifestation pacifique. La police charge : violences, arrestations massives, matraquages, meurtres, Algériens jetés dans la Seine. Nanterre, 1996. Amel a seize ans. Elle entend parfois sa mère et sa grand-mère discuter de choses graves dans une langue, l’arabe, qu’elle comprend mal. Quand elle pose des questions, les femmes se dérobent. Avec Omer, journaliste algérien réfugié, et grâce au film documentaire de Louis, fils d’une Française ayant adopté la cause algérienne, elle cherche à comprendre. Roman polyphonique dense, essentiel, poignant, La Seine était rouge lève le voile de l’oubli sur l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de la France contemporaine.
Didier Daeninckx, Mako, Octobre noir, éd. AD Libris, 2011
Paris 1961. Vincent est un jeune chanteur dans un groupe de rock, Les Gold Star, côté scène. Dans le privé Vincent s’appelle Mohand, il est Algérien dans la France des « Événements d’Algérie ». Le soir du 17 octobre, son groupe participe à un tremplin rock donnant accès au gagnant à la scène réputée de l’Olympia. Mohand, partagé entre son envie de participer au concert et sa volonté de soutenir son peuple en manifestant à l’appel du FLN, il rejoint finalement son groupe au Golf Drouot.
En sortant du concert il découvre un Paris en guerre. De retour chez lui, il apprend que sa sœur Khelloudja a disparu. Commence alors une quête qui révèlera la violence de la répression de la manifestation. Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN une manifestation pacifique est organisée pour protester contre le couvre-feu discriminatoire instauré par le Préfet de police Maurice Papon. Les forces de l’ordre dispersent très violemment cette manifestation: Selon les historiens, on compte aux alentours de 100 à 200 morts et disparus et 2300 blessés.
Ahmed Kalouaz, Les fantômes d’octobre, éd. Oskar, 2011
Ce roman nous plonge dans les événements du 17 octobre 1961. Lors d’une manifestation non-violente organisée à l’appel de la Fédération de France du FLN pour protester contre un couvre-feu discriminatoire et réclamer l’indépendance de l’Algérie, des dizaines de centaines d’Algériens ont été assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs sous l’autorité du préfet de Police de l’époque, Maurice Papon.
Au travers de l’histoire d’une famille algérienne, nous découvrons la vérité sur cette terrible journée…
Didier Daeninckx, Meutres pour mémoire, éd. Gallimard (folio policier), 1998
Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s’oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d’histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l’ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s’était fait truffer de plomb, à Toulouse.
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Pour en savoir + :
Jean-Luc Einaudi, La bataille de Paris : 17 octobre 1961, éd. Seuil (Points), 2001
Le mardi 17 octobre 1961, à l’appel du FLN, les Algériens de la région parisienne tentent de manifester contre le couvre-feu décrété douze jours plus tôt par le préfet de police, Maurice Papon. La répression sera atroce : plusieurs dizaines de morts cette nuit-là et les jours suivants… Le communiqué officiel de la préfecture de police ne fera état que de deux morts. Ce livre raconte l’histoire de ce massacre perpétré en plein de cœur de Paris. Un massacre oublié pendant des décennies, refoulé par la conscience collective, étouffé par le gouvernement… Le dossier complet de l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la Ve République.





























