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rentrée sept. 2011 » opoto

rentrée sept. 2011


Envie de voyage ? Mieux qu’un guide, emportez un polar …

Qu’ils soient écrits par des auteurs africains ou pas tous ces polars parlent de l’Afrique, des Afriques.
Des centaines de livres à découvrir, classés par pays et par époques (années de parutions des ouvrages).
Il manque sans doutes pas mal de titres, alors n’hésitez pas à donner vos avis et à proposer des compléments.
Bonnes lectures, bons voyages…

Littératures d’Afrique(s) : Petite sélection d’ouvrages jeunesse parus en ce début d’année, avec un focus sur la guerre d’Algérie.

Albums 3-7 ans

Olivier Lebleu, Zarafa, Éd. Nathan (Albums Jeunesse), 2012

Une belle histoire d’amitié à travers le monde
Un belle histoire d’amitié entre un petit garçon et une girafe nommée Zarafa, qui va les entraîner dans un long périple de l’Afrique à la cour du roi de France. Maki fera tout pour veiller sur son amie quoi qu’il en coûte, affrontant même marchands d’esclaves et pirates!

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Yann Walcker, Mathilde Lebeau, Crocky le crocodile a mal aux dents, Éd. Auzou Philippe (Mes P’tits Albums), 2011

Crocky est le rockeur de la jungle. Il aime le rock’n’roll et son blouson en cuir mais il oublie souvent de se brosser les crocs. Une vilaine carrie et un gentil sorcier-dentiste vont lui rafraîchir la mémoire. Très bonne approche pour expliquer l’hygiène dentaire aux petits.

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Françoise Bobe, Le doudou de Siyabou, Éd. Nathan (Mes P’tites Histoires, n° 14), 2012
Siyabou a perdu son doudou. De grosses larmes coulent le long de ses joues. Mais ses copains les animaux sont là pour l’aider…

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Lucie Papineau , Marisol Sarrazin, Zéphyr le zèbre, Éd. Dominique et Compagnie

Zéphyr le zèbre est le papa adoré de Patatras, la drôle de petite panthère, et de Mimosa, la timide mouffette.
Chaque soir, à l’heure du dodo, Zéphyr borde ses fillettes, puis leur raconte une histoire. Une histoire qui commence toujours par : « Quand j’étais petit, je vivais des aventures absolument époustouflantes ! » Les petites sont suspendues à ses lèvres… même si elles se demandent si ces histoires époustouflantes sont véridiques ! Leur papa serait-il un super héros ? De toutes façons, l’important pour elles et pour Gilda, c’est que Zéphyr est un super… papa ! Les albums de la collection Les amis de Gilda la girafe transporteront les enfants dans des voyages fabuleux remplis d’action, de rêves et de fantaisie !

Premières lectures (7-10 ans)

Farre, Merce, La tortue qui voulait traverser le désert, Éd. Oskar, 2012

Il était une fois, une tortue vivant dans la jungle.
Un jour, elle décide de partir traverser le désert. Elle se dirigea donc vers le nord tout en gardant bien ses yeux fermés pour que les grains de sable ne puissent pas la faire pleurer. Mais son périple est parsemé d’embûches…

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Zidrou, Frédéric Rébéna, Le pyjama de Tibi, Éd. Nathan (Premiers Romans), 2012

Tibi vit dans un village en Afrique, avec sa mère et ses frères et soeur.
Ce jour-là, le petit garçon reçoit un cadeau très particulier de son père, qui travaille en France : un pyjama avec un hélicoptère dessiné dessus. Tibi s’endort tout heureux. Mais bientôt, pendant la nuit, un étrange bruit le réveille… Toukoutoukoutoukou…

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Mark Janssen , Pieter Van Oudheusden, Aventure dans le désert, Éd. Chantecler (L’heure d’un livre !), 2012

Cette nuit, Léa va dormir chez sa meilleure amie Zorah.
Les deux fillettes sont ravies ! Elles montent une tente au grenier, se déguisent et jouent aux belles princesses du désert. Le lendemain matin, quelle surprise ! Leurs affaires ont disparu et le sol est recouvert de sable. Où sont-elles ? Et que fait ce chameau près de leur tente ?

Romans 10-12 ans

Evelyne Brisou-Pellen, Philippe Munch, Le royaume d’Osiris : Les messagers du temps Tome 10, Éd. Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 2012

Le Caire, au XIIIe siècle.
Morgana, Windus et Pétrus se retrouvent enfermés dans la Grande pyramide, à la suite d’un éboulement provoqué par le Quatrième. Prisonniers de ce piège mortel, ils sont irrésistiblement attirés vers les profondeurs de la pyramide et le tombeau du pharaon. Lorsque Geb, le dieu de la Terre, se dresse devant eux, les Trois comprennent qu’ils ont basculé dans un autre monde… Morgana est devenue le double de la déesse Isis, Windus est celui d’Osiris.
Mais où est Pétrus et derrière qui se cache le Quatrième ?

Daniel Vaxelaire, En haut, la liberté, Éd. Flammarion jeunesse, 2012

Petit-Jacques vit au Domaine, soumis comme tous les siens aux rudes lois de Sansquartier, le maître.
Comprenant que son frère et sa fiancée vont s’enfuir, il décide de les suivre. Tous trois deviennent des Noirs « marrons », comme on appelle à La Réunion les esclaves fugitifs. Mais, dans la forêt, traqués par les chasseurs, parviendront-ils à survivre et gagner la liberté ? « La mort est à nos trousses, elle nous attend devant, et pourtant je ressens un mélange d’exaltation et de paix : nous voici à nouveau tous les trois, seuls contre le monde entier, mais en chemin, vivants et libres. »

Didier Daeninckx, La prisonnière du djebel, Éd.. Oskar Editions (Histoire et Société), 2012

Un jeune homme trouve par hasard, caché dans sa maison, un paquet contenant un pistolet de guerre, un chargeur et une photo jaunie représentant une jeune femme accroupie, les mains liées derrière le dos, attachée à un arbre et surveillée par un soldat.
L’enquête du jeune homme le mène à son grand-père, qui a fait son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Dans un premier temps, celui-ci, comme frappé d’amnésie, refuse de parler de cette expérience. Mais ensuite il va tout raconter à son petit-fils, et lui apprendre pourquoi il a décidé un jour de refuser d’obéir aux ordres de ses supérieurs…

Romans 12-15 ans

Fellag, Jacques Ferrandez, Le mécano du vendredi, Éd. Points

Zoubida, c’est toute ma vie.
Elle me mène par le bout du nez, je cède à tous ses caprices. Zoubida, c’est ma 4L. Jamais contente, elle tombe en panne n’importe où; heureusement les rues d’Alger sont pleines de pousseurs potentiels. Allez, démarre, Zouzou, j’ai besoin de toi pour la revoir, Elle… Si tu refuses, il me restera mes films. Ceux que je fais dans ma tête puisque je n’ai pas de bobine.

Jean-Paul Nozière, Un été algérien, Éd. Gallimard jeunesse (Scripto), 2012

L’histoire est racontée par Salim, 15 ans.
Dans une Algérie encore française où la guerre d’indépendance s’éternise, deux amis de quinze ans, Paul et Salim, voient leur amitié s’effriter au fil des événements. Paul, fils de Monsieur Barine, le propriétaire fermier français, supporte de moins en moins la rébellion des Arabes, les attentats, et la menace de devoir peut-être un jour quitter « son » pays. Et lorsque Barine décide que Salim ne retournera plus au lycée à la rentrée pour travailler sur ses terres, ce dernier est accablé par l’injustice d’une telle décision.
De plus en plus conscient de la supériorité toute-puissante des Français et de l’armée française, Salim finit par accepter d’aider le FLN…

Lilian Bathelot, Kabylie Twist, Éd. Gulf Stream (Courants noirs), 2012
France & Algérie, 1960 – 1962.

En France métropolitaine et dans ses colonies, les souffrances de la guerre mondiale ont été balayées par l’optimisme que souffle le nouvel essor économique. Le coeur battant des  » trentes glorieuses  » porte toute la nation. Le plein emploi, l’apparition des loisirs et des technologies modernes. Les Français découvrent les joies de l’automobile, du transistor. Leurs maisons se modernisent et  » l’ascenseur social  » fonctionne à plein régime.
Le twist enflamme une jeunesse enivrée des images de la  » nouvelle vague « , d’une liberté nouvelle fraîchement acquise, d’un rêve américain où fureur de vivre se prononce  » À bout de souffle « , où des idoles naissent chaque semaines et traversent les ondes comme des météores, pilotant des décapotables de sport, les pieds nus et cheveux au vent. Saint-Tropez, la place des Lices, Françoise Sagan, Jean-Paul Belmondo, Les Chaussettes noires, Dick Rivers, les juke-boxes, les flippers, les scooters Lambretta, les blousons noirs, les petites robes en vichy, les bas Nylon et les vernis à ongle, les quarante-cinq tours et les scopitones, forment un kaléidoscope où l’insouciance de dispute à la révolte contre la morale des vieilles barbes.
Pourtant, dans cette ambiance de fête exubérante, des dizaines de milliers de jeunes français vont être appelés pour le service militaire et être envoyés en Algérie où les  » événements  » prennent une tournure de plus en plus sanglante.

Maryvette Balcou, William Cally, Joëlle Ecormier, Isabelle Hoarau, Océan Indien, Éd. Reflets d’ailleurs (Archipel), 2012

La Réunion, les Comores, l’île Maurice
Entre témoignage, poésie et fantastique, un premier recueil de nouvelles illustrées sur l’Océan Indien qui mêle des textes aux sensibilités différentes.
Ce titre inaugure une nouvelle collection destinée aux adolescents : « Archipel » présente des espaces géographiques et culturels particuliers à travers des récits contemporains qui leur permettent de s’interroger sur le monde et d’aborder des sujets de préoccupations historiques et sociales.
La particularité de cette collection est aussi de présenter en fin d’ouvrage des documentaires qui permettent d’apporter des informations sur les pays et d’approfondir certains thèmes abordés dans les nouvelles.
En savoir plus sur les éditions Reflets d’ailleurs

Bertrand Solet, En Algérie lointaine, Éd. Nouveau monde jeunesse (Toute une histoire), 2012

En 1830, les troupes françaises envahissent l’Algérie au prétexte d’une insulte faite à l’ambassadeur français.
Quinze ans plus tard, la guerre de conquête se poursuit… Frédéric et sa famille vivent à Paris. Un certain Jean d’Hauricourt se présente à eux comme un homme d’affaires et propose à ces humbles artisans d’investir dans ce pays. Séduits, les Berthier achètent une maison à Alger. Hélas, arrivés sur place, leur rêve d’une vie meilleure se brise : la demeure qu’ils ont achetée n’existe pas et Jean d’Hauricourt se révèle un escroc.
Ruinés, désespérés, les Berthier cherchent à survivre dans ce pays qui n’est pas le leur. Frédéric veut venger l’honneur de sa famille. Un jour, à la terrasse d’un café, il aperçoit Jean d’Hauricourt et décide de le traquer. Une jeune serveuse, Charlotte, lui propose de l’aider. Commence alors pour Fred un périple semé d’embûches : mêlé à des civils, il accompagne une colonne militaire qui quitte Oran et se trouve témoin de combats entre les Français et les hommes d’Abdelkader.
Il se révolte devant les « pratiques » de l’armée française et fuit, tandis que Charlotte l’abandonne.

Yves Pinguilly, Catherine Millet,  L’Afrique de l’ouest en est, Éd. Nathan (Contes et légendes), 2012

Dans ces pays de brousse et de savane, le feu, l’eau, L’air murmurent à l’oreille des hommes les sagesses de leurs ancêtres.
Les mots de ces contes voltigent dans le vent, dansent au son du tam-tam, du balafon ou de la cora, ils complotent avec les génies des champs ou des eaux ; ils parlent la langue secrète des femmes-éléphantes ou des hommes-lions…

Pas grand chose dans les nouveautés ce mois ci, à part les quelques titres ci-dessous. Pourquoi ne pas en profiter pour visiter la librairie Présence Africaine de Paris : Nouvelle devanture, nouvelle enseigne, locaux refaits à neuf… la librairie a fait peau neuve durant cet été. Au cœur du quartier latin, la librairie est, plus que jamais, le lieu incontournable pour trouver le livre, l’article, l’atmosphère qui vous plonge dans le tourbillon de l’incroyable vitalité qui anime le continent africain et ses différentes diasporas.??

Mansour El Souwaim, Souvenirs d’un enfant des rues, Éd. Phebus, 2012
La guerre civile domine la scène politique soudanaise depuis l’indépendance du pays, opposant musulmans, chrétiens et animistes. Depuis les années 90, les raids d’enfants perpétrés par les différentes factions armées pour nourrir le marché quasi officiel de l’esclavage ont jeté dans les rues de Khartoum des milliers d’enfants de toutes confessions, orphelins et déracinés.
Kasshi, le héros du roman, est né paraplégique. Doté d’une intelligence supérieure et d’une mémoire phénoménale, il s’abreuve au savoir de ses maîtres, apprend le Coran par cœur, et se lance dans l’étude des sciences occultes et autres disciplines ésotériques. Nous le suivons de la petite enfance à l’âge adulte, au fil des rencontres avec les gamins des rues, chefs de gangs, voleurs ou vendeurs à la tire, indigents et infirmes. La nature l’ayant gratifié d’un sexe qui fait se pâmer la gente féminine, il découvre tôt les plaisirs charnels. Ses charlatans de maîtres à penser vont exploiter cette aubaine pour attirer les belles naïves dans des pièges dont elles ne sortiront pas indemnes.
L’auteur réussit à faire d’une vie marquée par le sceau de l’échec, du désespoir et de la violence, un récit quasi légendaire. Ainsi va la vie de Kasshi, tour à tour voyou et prophète, prince et mendiant, libre et captif, maître et victime de sa propre destinée.

Ivan Vladislavic, Folie, Éd. Zoe, 2012

Quelque part dans l’immensité du veld sud-africain, un homme arrive dans un terrain vague et y prend ses quartiers. M. et Mme Malgas, les occupants de la maison voisine, observent avec la plus grande attention cet intrus qui interrompt singulièrement leur routine. Monsieur est quincailler, Madame dépoussière les bibelots, regarde la télévision et attend le retour de son mari. L’inconnu explique à son voisin, de plus en plus fasciné, son plan: la construction très mystérieuse de sa maison, une maison mentale. La voisine, quant à elle, est convaincue de la folie de cet homme qu’elle s’obstine à appeler « l’Autre », et qui lui vole son bon mari. Folie est un huis clos à trois, récit d’une désillusion comique, tissée de clous et de fils, de chimère et de mots.

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Djiby Sy, Roger Lavergne, La véritable histoire de Monsieur Sy, Éd. Sépia, 2012
Monsieur Sy est un travailleur émigré sénégalais qui est arrivé en France dans les années soixante. Son parcours est exemplaire.

Le jeune Djiby Sy qui s’embarque en trichant légèrement sur son âge, se verra confronté au choc des cultures. Il ne sait ni lire ni écrire. Il apprendra d’abord à prendre le bus, à s’habituer à la nourriture française : sa nouvelle vie est si différente de celle de son village. Il exercera de nombreux « petits boulots » à Marseille, Bordeaux, Paris… Mais surtout, il apprendra à lire, à écrire et à prendre sa place dans la société française en citoyen responsable.
Le jeune Sy parle de son déchirement, de la place des femmes, de son mariage, de son engagement syndical et de sa retraite en banlieue parisienne. L’émigré est devenu « Monsieur Sy ». Il est respecté par tous et ses conseils sont écoutés.
Un livre qui déborde d’humanité.

Henri Lopes, Une enfant de Poto-Poto, Éd. Gallimard (Continents Noirs), 2012

«À la une, la photo d’une foule en liesse… En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. À sa gauche, c’est moi, Kimia… C’était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance… Pour Pélagie et moi, il s’agissait plus d’une occasion de réjouissance que d’une date historique.» Suit le récit d’une amitié liant deux jeunes femmes que l’évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé.
Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto?… Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. À contre-courant des clichés, l’auteur, à l’écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues.
De l’Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou.

Denis Labaye, Noirs sur blanc, Éd. dialogues, 2012

Comment Zola Méké, jeune Africain issu d’une famille démunie, est-il devenu chirurgien à Paris ? ?Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse : déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement entre l’attrait d’une vie « moderne » et l’emprise de la culture originelle.?Mais ce roman est aussi une histoire forte d’amitié et d’amour entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent : un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent.
« Noirs en blanc » est une fiction inspirée des témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux. Il évoque la fuite des cerveaux d’Afrique ? un drame pour ce continent… « Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins ! » s’écrie Myezi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.
« C’est un roman formidable et courageux. La première partie, un Cubain aurait pu l’écrire, les deux autres, un Africain aurait aimé les écrire. » Eduardo Manet

Belle rentrée littéraire 2011 avec en prime deux romans des ami(e)s Marc et Léonora. Les lectures de cette fin de semaine auront un air du Kamer. (où cette mamiwata peinte sur un rocher d’une plage de Kribi semble guetter le voyageur intrépide… photo BEB)

Marc Trillard, Les mamiwatas, Éd. Actes sud, 2011
Alors qu’un climat d’insurrection s’étend sur le Cameroun, le directeur de l’Alliance française de Buea, cloîtré chez lui, face à la mer et ses créatures délétères (les mamiwatas), boit la coupe de deux ans de désenchantements : sa scabreuse addiction de quinquagénaire aux charmes d’une trop jolie menteuse locale ; l’illusion d’échapper au passif des amours/haines coloniales ; et l’agonie (programmée en haut lieu) de l’Alliance française qu’il dirige – fruit pourrissant de siècles de présence française en Afrique. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

Lire ou écouter un extrait

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Léonora Miano, Ces âmes chagrines, Éd. Plon, 2011
Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancoeur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui.
Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même…(le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

José Eduardo Agualusa, Barroco tropical, Éd. Métaillé, 2011
Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime. ?Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction. ?Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance. (le temps de faire un p’tit tour chez mon libraire préféré et on en reparle bientôt).

Mia Couto, L’accordeur de silences, Éd. Métaillé, 2011
« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.?Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement “l’Autre-Côté”. »?Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.?Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Nadifa Mohamed, Black Mamba Boy, Éd. Phébus, 2011
Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe.

Yasmina Khadra, L’équation africaine, Éd. Julliard, 2011
Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu’au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l’aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d’affaires versé dans l’humanitaire, lui propose de l’emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d’une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l’angoisse de sa captivité. Une détention à l’issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c’est le début d’une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c’est aussi pour Kurt le début d’une grande histoire d’amour.
En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions – tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d’un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s’ouvrir à la réalité d’un monde jusqu’alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d’un continent livré aux pires calamités.
Lire ou écouter un extrait

Khadi Hane, Des fourmis dans la bouche, Éd. Denoël, 2011
Gratteurs d’écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d’un camion, hommes à tout faire d’un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l’hydroquinone censés procurer aux nègres l’éclat d’une peau blanche, la leur ne faisant plus l’affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout…
Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis.
Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu’aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l’injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus.
Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d’une femme africaine en France.

Fouad Laroui, La vieille dame du riad, Éd. Juillard, 2011
Comment partager son espace avec quelqu’un qui vous est totalement étranger ? Telle est la question !
À travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle.
Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s’installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu’ils viennent d’acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l’agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu’elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d’un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n’est prête à l’accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?… mais pour faire quoi ?… La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n’ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l’accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l’intimité de ce couple plein de bonnes intentions.
Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s’interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.
Écouter un extrait

Boualem Sansal, Rue Darwin, Éd. Gallimard (blanche), 2011
« Je l’ai entendu comme un appel de l’au-delà : « Va, retourne à la rue Darwin. »
J’en ai eu la chair de poule.
Jamais, au grand jamais, je n’avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s’était déroulée mon enfance. »
Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.
Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s’est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui.
Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend… Rue Darwin est le récit d’une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l’Algérie peine à sortir.

Noël Nétonon Ndjekery, Mosso, Éd. Infolio, 2011
Dans un Tchad miné par l’impunité, Dendo, une veuve refuse la diya, compensation qu’on veut lui verser pour la mort de son mari. Par contre, elle veut savoir pourquoi et par qui celui-ci a été tué. Pour mener cette quête onéreuse, elle va devoir se prostituer et s’adonner à la contrebande avec l’Europe. Cependant, elle finira, elle-même, en pleine Helvétie, par être ravalée au rang de vile marchandise dans un négoce qu’elle croyait définitivement remisé dans les livres d’histoire : le trafic d’êtres humains.