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rentrée sept. 2010 » opoto

rentrée sept. 2010


Littératures d’Afrique(s) : Petite sélection d’ouvrages jeunesse parus en ce début d’année, avec un focus sur la guerre d’Algérie.

Albums 3-7 ans

Olivier Lebleu, Zarafa, Éd. Nathan (Albums Jeunesse), 2012

Une belle histoire d’amitié à travers le monde
Un belle histoire d’amitié entre un petit garçon et une girafe nommée Zarafa, qui va les entraîner dans un long périple de l’Afrique à la cour du roi de France. Maki fera tout pour veiller sur son amie quoi qu’il en coûte, affrontant même marchands d’esclaves et pirates!

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Yann Walcker, Mathilde Lebeau, Crocky le crocodile a mal aux dents, Éd. Auzou Philippe (Mes P’tits Albums), 2011

Crocky est le rockeur de la jungle. Il aime le rock’n’roll et son blouson en cuir mais il oublie souvent de se brosser les crocs. Une vilaine carrie et un gentil sorcier-dentiste vont lui rafraîchir la mémoire. Très bonne approche pour expliquer l’hygiène dentaire aux petits.

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Françoise Bobe, Le doudou de Siyabou, Éd. Nathan (Mes P’tites Histoires, n° 14), 2012
Siyabou a perdu son doudou. De grosses larmes coulent le long de ses joues. Mais ses copains les animaux sont là pour l’aider…

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Lucie Papineau , Marisol Sarrazin, Zéphyr le zèbre, Éd. Dominique et Compagnie

Zéphyr le zèbre est le papa adoré de Patatras, la drôle de petite panthère, et de Mimosa, la timide mouffette.
Chaque soir, à l’heure du dodo, Zéphyr borde ses fillettes, puis leur raconte une histoire. Une histoire qui commence toujours par : « Quand j’étais petit, je vivais des aventures absolument époustouflantes ! » Les petites sont suspendues à ses lèvres… même si elles se demandent si ces histoires époustouflantes sont véridiques ! Leur papa serait-il un super héros ? De toutes façons, l’important pour elles et pour Gilda, c’est que Zéphyr est un super… papa ! Les albums de la collection Les amis de Gilda la girafe transporteront les enfants dans des voyages fabuleux remplis d’action, de rêves et de fantaisie !

Premières lectures (7-10 ans)

Farre, Merce, La tortue qui voulait traverser le désert, Éd. Oskar, 2012

Il était une fois, une tortue vivant dans la jungle.
Un jour, elle décide de partir traverser le désert. Elle se dirigea donc vers le nord tout en gardant bien ses yeux fermés pour que les grains de sable ne puissent pas la faire pleurer. Mais son périple est parsemé d’embûches…

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Zidrou, Frédéric Rébéna, Le pyjama de Tibi, Éd. Nathan (Premiers Romans), 2012

Tibi vit dans un village en Afrique, avec sa mère et ses frères et soeur.
Ce jour-là, le petit garçon reçoit un cadeau très particulier de son père, qui travaille en France : un pyjama avec un hélicoptère dessiné dessus. Tibi s’endort tout heureux. Mais bientôt, pendant la nuit, un étrange bruit le réveille… Toukoutoukoutoukou…

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Mark Janssen , Pieter Van Oudheusden, Aventure dans le désert, Éd. Chantecler (L’heure d’un livre !), 2012

Cette nuit, Léa va dormir chez sa meilleure amie Zorah.
Les deux fillettes sont ravies ! Elles montent une tente au grenier, se déguisent et jouent aux belles princesses du désert. Le lendemain matin, quelle surprise ! Leurs affaires ont disparu et le sol est recouvert de sable. Où sont-elles ? Et que fait ce chameau près de leur tente ?

Romans 10-12 ans

Evelyne Brisou-Pellen, Philippe Munch, Le royaume d’Osiris : Les messagers du temps Tome 10, Éd. Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 2012

Le Caire, au XIIIe siècle.
Morgana, Windus et Pétrus se retrouvent enfermés dans la Grande pyramide, à la suite d’un éboulement provoqué par le Quatrième. Prisonniers de ce piège mortel, ils sont irrésistiblement attirés vers les profondeurs de la pyramide et le tombeau du pharaon. Lorsque Geb, le dieu de la Terre, se dresse devant eux, les Trois comprennent qu’ils ont basculé dans un autre monde… Morgana est devenue le double de la déesse Isis, Windus est celui d’Osiris.
Mais où est Pétrus et derrière qui se cache le Quatrième ?

Daniel Vaxelaire, En haut, la liberté, Éd. Flammarion jeunesse, 2012

Petit-Jacques vit au Domaine, soumis comme tous les siens aux rudes lois de Sansquartier, le maître.
Comprenant que son frère et sa fiancée vont s’enfuir, il décide de les suivre. Tous trois deviennent des Noirs « marrons », comme on appelle à La Réunion les esclaves fugitifs. Mais, dans la forêt, traqués par les chasseurs, parviendront-ils à survivre et gagner la liberté ? « La mort est à nos trousses, elle nous attend devant, et pourtant je ressens un mélange d’exaltation et de paix : nous voici à nouveau tous les trois, seuls contre le monde entier, mais en chemin, vivants et libres. »

Didier Daeninckx, La prisonnière du djebel, Éd.. Oskar Editions (Histoire et Société), 2012

Un jeune homme trouve par hasard, caché dans sa maison, un paquet contenant un pistolet de guerre, un chargeur et une photo jaunie représentant une jeune femme accroupie, les mains liées derrière le dos, attachée à un arbre et surveillée par un soldat.
L’enquête du jeune homme le mène à son grand-père, qui a fait son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Dans un premier temps, celui-ci, comme frappé d’amnésie, refuse de parler de cette expérience. Mais ensuite il va tout raconter à son petit-fils, et lui apprendre pourquoi il a décidé un jour de refuser d’obéir aux ordres de ses supérieurs…

Romans 12-15 ans

Fellag, Jacques Ferrandez, Le mécano du vendredi, Éd. Points

Zoubida, c’est toute ma vie.
Elle me mène par le bout du nez, je cède à tous ses caprices. Zoubida, c’est ma 4L. Jamais contente, elle tombe en panne n’importe où; heureusement les rues d’Alger sont pleines de pousseurs potentiels. Allez, démarre, Zouzou, j’ai besoin de toi pour la revoir, Elle… Si tu refuses, il me restera mes films. Ceux que je fais dans ma tête puisque je n’ai pas de bobine.

Jean-Paul Nozière, Un été algérien, Éd. Gallimard jeunesse (Scripto), 2012

L’histoire est racontée par Salim, 15 ans.
Dans une Algérie encore française où la guerre d’indépendance s’éternise, deux amis de quinze ans, Paul et Salim, voient leur amitié s’effriter au fil des événements. Paul, fils de Monsieur Barine, le propriétaire fermier français, supporte de moins en moins la rébellion des Arabes, les attentats, et la menace de devoir peut-être un jour quitter « son » pays. Et lorsque Barine décide que Salim ne retournera plus au lycée à la rentrée pour travailler sur ses terres, ce dernier est accablé par l’injustice d’une telle décision.
De plus en plus conscient de la supériorité toute-puissante des Français et de l’armée française, Salim finit par accepter d’aider le FLN…

Lilian Bathelot, Kabylie Twist, Éd. Gulf Stream (Courants noirs), 2012
France & Algérie, 1960 – 1962.

En France métropolitaine et dans ses colonies, les souffrances de la guerre mondiale ont été balayées par l’optimisme que souffle le nouvel essor économique. Le coeur battant des  » trentes glorieuses  » porte toute la nation. Le plein emploi, l’apparition des loisirs et des technologies modernes. Les Français découvrent les joies de l’automobile, du transistor. Leurs maisons se modernisent et  » l’ascenseur social  » fonctionne à plein régime.
Le twist enflamme une jeunesse enivrée des images de la  » nouvelle vague « , d’une liberté nouvelle fraîchement acquise, d’un rêve américain où fureur de vivre se prononce  » À bout de souffle « , où des idoles naissent chaque semaines et traversent les ondes comme des météores, pilotant des décapotables de sport, les pieds nus et cheveux au vent. Saint-Tropez, la place des Lices, Françoise Sagan, Jean-Paul Belmondo, Les Chaussettes noires, Dick Rivers, les juke-boxes, les flippers, les scooters Lambretta, les blousons noirs, les petites robes en vichy, les bas Nylon et les vernis à ongle, les quarante-cinq tours et les scopitones, forment un kaléidoscope où l’insouciance de dispute à la révolte contre la morale des vieilles barbes.
Pourtant, dans cette ambiance de fête exubérante, des dizaines de milliers de jeunes français vont être appelés pour le service militaire et être envoyés en Algérie où les  » événements  » prennent une tournure de plus en plus sanglante.

Maryvette Balcou, William Cally, Joëlle Ecormier, Isabelle Hoarau, Océan Indien, Éd. Reflets d’ailleurs (Archipel), 2012

La Réunion, les Comores, l’île Maurice
Entre témoignage, poésie et fantastique, un premier recueil de nouvelles illustrées sur l’Océan Indien qui mêle des textes aux sensibilités différentes.
Ce titre inaugure une nouvelle collection destinée aux adolescents : « Archipel » présente des espaces géographiques et culturels particuliers à travers des récits contemporains qui leur permettent de s’interroger sur le monde et d’aborder des sujets de préoccupations historiques et sociales.
La particularité de cette collection est aussi de présenter en fin d’ouvrage des documentaires qui permettent d’apporter des informations sur les pays et d’approfondir certains thèmes abordés dans les nouvelles.
En savoir plus sur les éditions Reflets d’ailleurs

Bertrand Solet, En Algérie lointaine, Éd. Nouveau monde jeunesse (Toute une histoire), 2012

En 1830, les troupes françaises envahissent l’Algérie au prétexte d’une insulte faite à l’ambassadeur français.
Quinze ans plus tard, la guerre de conquête se poursuit… Frédéric et sa famille vivent à Paris. Un certain Jean d’Hauricourt se présente à eux comme un homme d’affaires et propose à ces humbles artisans d’investir dans ce pays. Séduits, les Berthier achètent une maison à Alger. Hélas, arrivés sur place, leur rêve d’une vie meilleure se brise : la demeure qu’ils ont achetée n’existe pas et Jean d’Hauricourt se révèle un escroc.
Ruinés, désespérés, les Berthier cherchent à survivre dans ce pays qui n’est pas le leur. Frédéric veut venger l’honneur de sa famille. Un jour, à la terrasse d’un café, il aperçoit Jean d’Hauricourt et décide de le traquer. Une jeune serveuse, Charlotte, lui propose de l’aider. Commence alors pour Fred un périple semé d’embûches : mêlé à des civils, il accompagne une colonne militaire qui quitte Oran et se trouve témoin de combats entre les Français et les hommes d’Abdelkader.
Il se révolte devant les « pratiques » de l’armée française et fuit, tandis que Charlotte l’abandonne.

Yves Pinguilly, Catherine Millet,  L’Afrique de l’ouest en est, Éd. Nathan (Contes et légendes), 2012

Dans ces pays de brousse et de savane, le feu, l’eau, L’air murmurent à l’oreille des hommes les sagesses de leurs ancêtres.
Les mots de ces contes voltigent dans le vent, dansent au son du tam-tam, du balafon ou de la cora, ils complotent avec les génies des champs ou des eaux ; ils parlent la langue secrète des femmes-éléphantes ou des hommes-lions…


Une très belle expo pour tout savoir sur la girafe est en ligne sur le site de la bibliothèque Desguine.

Marie Nimier, La girafe, Éd. Gallimard (Folio), 1989
 » Je n’ai aimé qu’un seul être au monde, et je l’ai tué.
Elle s’appelait Hedwige. Son squelette est exposé au Muséum d’histoire naturelle. Des milliers d’enfants passent devant lui chaque année. J’ignore tout de l’enquête qui suivit sa mort. Il me semble que personne ne se douta de rien. L’analyse des viscères ne révéla aucune trace suspecte, peut-être n’y eut-il simplement pas d’enquête. Trop heureuse de trouver un sujet en parfaite condition physique, la science aura récupéré le corps et étouffé l’affaire… »
Ainsi commence le plus insolite des romans d’amour. Mais qui est Hedwige ?

Voir le site de Marie Nimier

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Anne Louchard, Cou-ci cou-ça: comment les girafes font-elles?, Éd. Minedition, 2010
Les girafes, comme tous les animaux, ont besoin de dormir. Nous sommes tous d’accord là-dessus. Seulement voilà, comment peuvent-elles bien faire avec un cou si long ? Plusieurs solutions sont proposées, toutes aussi loufoques les unes que les autres. Dorment-elles enroulées en boule comme les chats ? Se font-elles tenir la tête par des petits oiseaux pendant qu’elles sommeillent ? Ou encore se calent-elles la tête entre deux branches d’arbre pour la tenir ? Bien d’autres solutions sont évoquées et finalement la solution à cette énigme est des plus logique et poétiques.
Voir la suite sur l’excellent blog Beurk des livres !
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Gabriel Dardaud, Olivier Lebleu, Une girafe pour le roi, Éd. Elytis, 2007
Fouillant dans les archives de la bibliothèque du Caire, Gabriel Dardaud a retrouvé épisode par épisode l’extraordinaire aventure de la première girafe arrivée en France en 1827.
Cadeau du pacha d’Egypte au roi Charles X, la girafe débarqua à Marseille, pour être acheminée – accompagnée par l’éminent naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire et deux cornacs égyptiens – jusqu’à la ménagerie du roi, au Jardin des Plantes.
S’ensuit le récit d’un périple où chacun s’affaire pour le bien-être de l’animal, livre son sentiment sur la nourriture à lui offrir et redouble d’ingéniosité pour être au plus près de l’évènement.
De fait, l’arrivée de l’insolite girafe baptisé Zarafa, entraîna une véritable girafomania dans tout le pays.
Olivier Lebleu, “spécialiste” de cette première girafe française – dont la dépouille repose à La Rochelle – ponctue le fabuleux récit de Gabriel Dardaud d’éléments historiques et revient sur la personnalité de l’auteur.


Jean-Louis Hartenberger, Grandeurs et décadences de la girafe, Éd. Belin
« La girafe est un des premiers, des plus beaux, des plus grands des animaux, et qui sans être nuisible, est en même temps des plus inutiles » clame Buffon dans son Histoire Naturelle.
Jean-Louis Hartenberger montre que l’on ne peut qu’en partie partager le point de vue du grand naturaliste. Il rappelle qu’il n’y a guère qu’un peu plus de 150 ans que le bel animal mit un premier sabot sur le sol de France. S’en suivit une épopée qui, de Marseille à Paris, s’est gravée dans les mémoires. Pourtant si la girafe fut fêtée par le peuple tout au long de son parcours, les scientifiques par la suite ne l’ont guère servie.
Au point que, alors qu’elle est menacée d’extinction, la grande arpenteuse des savanes, qui aime tant jouer à « casse cou », dans d’étonnants combats entre mâles, reste encore bien mal connue. Doté d’une biologie étrange, cet être surdimensionné est venu des contreforts de l’Himalaya peupler l’Afrique voici 5 millions d’années, et, depuis cette époque, côtoie nos ancêtres dans les savanes à acacias: leur histoire est aussi la nôtre.

Feuilleter le livre

Ahmadou Kourouma, Les Soleils des indépendances ; Monnè, outrages et défis ; En attendant le vote des bêtes sauvages ; Allah n’est pas obligé ; Quand on refuse on dit non ; Le Diseur de vérité, Éd. Seuil(Opus), 2010
Du pur bonheur : plus de mille pages de Kourouma en un seul volume bien ficelé ! Indispensable comme compagnon de voyage !!
L’Opus regroupe six titres (cinq romans et une pièce de théâtre) : Les Soleils des Indépendances (1970) : Depuis l’ère des Indépendances, la République de la Côte des Ebènes est en proie à de profonds bouleversements.
Fama, prince déchu de la lignée des Doumbouya, respecte malgré tout la tradition des Anciens. Il organise les processions funéraires et prie Allah pour que sa femme, la belle Salimata, lui donne enfin un enfant… Monnè, outrages et défis (1990) : Le roi Djigui Keita règne sur ses terres lorsqu’il voit arriver les « Nazaréens » de Faidherbe. Il décide de résister, mais petit à petit devient l’infortuné complice des envahisseurs et conduit son peuple vers le « monnè » (l’outrage en malinké) de la colonisation, au terme de ses 120 ans de règne. En attendant le vote des bêtes sauvages (1998) :Dans un pays africain imaginaire, le vénérable président-dictateur Koyaga écoute, durant six veillées, les louanges chantées en son honneur.
Repu de compliments, il ne soupçonne pas l’ambiguïté et les féroces critiques que ces flatteries dissimulent… Allah n’est pas obligé (2000) : Un enfant-soldat du Liberia, Birahima, raconte comment il tue des gens pour gagner sa vie. L’errance, la guerre, les pillages, les massacres, les copains qui tombent sous les balles… Témoin lucide et fataliste, il nous offre l’image terrifiante d’une Afrique qui sacrifie ses enfants. Quand on refuse, on dit non (2004) : Birahima, l’enfant-soldat malicieux et espiègle d’ Allah n’est pas obligé, est pris dans la tourmente d’une nouvelle guerre tribale en Côte-d’Ivoire.
Fasciné par la beauté et l’intelligence de Fanta, la jeune fille d’un iman, il accepte de l’escorter en zone rebelle. Elle lui raconte l’histoire de leur pays… Le Diseur de vérité (1998) : L’unique pièce de théâtre de l’écrivain, qui raconte les travers et les mensonges de l’histoire ; cette pièce lui valut un exil de vingt ans.

Mia Couto, Le fil des missangas, Éd. Chandeigne (Série Lusitane), 2010
De vibrants portraits de femmes aux prises avec leurs désirs, leurs amours déçues et leurs blessures assassines, des êtres qui réinventent le réel, des enfants qui revisitent leurs rêves : telles sont les perles de verre (missangas) qui composent cette œuvre où Mia Couto invente un univers singulier et un langage unique, africain et universel.
Mêlant harmonieusement registres littéraires et populaires, jeux de mots et mots-valises, ces nouvelles lapidaires tantôt cruelles, tantôt drolatiques, incarnent ici l’art du conte porté à sa perfection. Mia Couto, né en 1955 au Mozambique, s’affirme de livre en livre comme le plus inventif et le plus fascinant des écrivains de langue portugaise.

Euphrase Kezilahabi, Nagona suivi de Mzingile, Éd. Confluences (Traversées de l’Afrique), 2010
Nagona (nom de la femme-antilope, 1990) et Mzingile (Le Labyrinthe, 1991) sont deux récits initiatiques, construits sur le même modèle que Kaïdara, célèbre récit d’Amadou Hampaté Ba.
Le premier raconte une sorte de chasse spirituelle d’une mystérieuse femme-antilope nommée Nagona. Cette quête est la traversée hallucinée d’un monde déréglé, en proie à une tourmente apocalyptique, traversé de traumatismes politiques, religieux et sociaux. L’effondrement du monde est à l’horizon de ce premier volet du diptyque. Le protagoniste du second récit entreprend un voyage pour délivrer un message au Dieu-créateur, un vieillard désabusé qui ne veut plus rien entendre, et revient dans son village après le  » grand effondrement « , dans un territoire totalement dévasté, où la vie semble vouloir reprendre, peut-être sur de nouvelles bases.
Ces deux romans sont le meilleur exemple du croisement des genres par lequel Euphrase Kezilahabi accueille toutes les réalités : à la fois romans populaires, inspirés de la mythologie des îles Ukerewe, sur le lac Victoria, contes philosophiques, contes merveilleux pour enfants et nouvelles fantastiques. Plus que jamais, dans ces derniers textes, Kezilahabi s’interroge sur le statut de la société humaine, sur sa place dans l’ordre ou le désordre du monde.

Elizabeth Tchoungui, Bamako climax, Éd. Plon, 2010
Elliott Marie-Rose est Antillais, Elio Della Valle, juif italien.
Tous deux sont amoureux de Céleste, la reporter afropéenne mondaine, aventureuse et fantasque. Mais, paralysés par leur problème d’identité, ils échouent à l’aimer vraiment : Rio, son mari, ne peut s’empêcher de la tromper ; Elliott, son amant, n’arrive pas à dépasser le cap du marivaudage.
Un jour, alors que de violents attentats terroristes frappent les intérêts occidentaux des franges du Sahara au golfe de Guinée, Céleste disparaît en Afrique…
Aurait-elle fui ses désillusions amoureuses pour se lancer dans une dangereuse aventure au cœur du continent originel ?

Voir (presque) tous les livres de la rentrée littéraire

Janis Otsiemi, La bouche qui mange ne parle pas, Éd. Jigal, 2010
Solo vient de purger trois ans de taule pour une bagarre qui a mal tourné. À sa sortie, son cousin Tito, un vrai dur, lui propose une affaire… Il lui suffit de voler une voiture, de l’accompagner sur un coup et de manger sa langue. Une sacrée bonne aubaine pour ambiancer toute la nuit et régler ses dettes… Mais Solo se retrouve au cœur d’une embrouille qui pue salement la mort. Au Gabon, on murmure que certains politiciens n’hésitent pas à recourir aux meurtres rituels pour se maintenir au pouvoir… Écœuré, effrayé, traqué, Solo prend ses distances et se planque, mais à Libreville les flics ont mangé des guêpes et ont fermement l’intention de lui faire passer le goût du manioc…
Après La vie est un sale boulot, Prix du Roman Gabonais 2010, Janis Otsiemi récidive pour notre plus grand plaisir avec La bouche qui mange ne parle pas. Digne représentant du polar de la brousse — tendance social et urbain —, Janis Otsiemi dresse ici un portrait sans complaisance de tous les laissés pour compte, du peuple des oubliés, pour qui seules la débrouille et l’arnaque sont en mesure de remplir la gamelle ! À Libreville, la galère n’a de frontière que la misère, alors que le pouvoir et la corruption permettent à certains de surfer sur le dos des autres… et surtout des plus pauvres ! Alors bien sûr, c’est un polar, mais c’est aussi et surtout un formidable regard sur une société tiraillée entre son passé, ses traditions et l’appel pressant d’un avenir à inventer et construire ! Et puis il y a les mots de Janis Otsiemi, sa langue, brute et imagée, ses expressions, drôles et savoureuses, son style, direct et coloré, et là… c’est un vrai bonheur !
En savoir + avec Actu-du-noir

Aurélien Lanine, Arno Janin, Le cercle de la faim, Éd. Carnets De L’info, 2010
La malnutrition : le grand fléau. 146 millions d’enfants de moins de cinq ans en sont victimes.
5 millions en décèdent chaque année. Peut-on lutter contre elle ? Ou est-ce un combat perdu d’avance ?
Ce sont ces questions que s’apprête à affronter l’infirmière Megan Clifford en quittant le confort et la sécurité de Chicago. Envoyée au cœur de l’Afrique pour une mission humanitaire, la jeune femme va rencontrer un monde effrayant où misère et souffrance sont le quotidien de milliers d’individus. Éprouvant sa volonté et ses compétences, Megan découvrira que même dans les situations les plus terribles des solutions existent.
Mais sur ces terres reculées et sauvages chaque lueur d’espoir a un prix.
La jeune infirmière sera-t-elle prête à le payer de sa vie ?
Au camp de réfugiés de Damasak, Franck Martel mène une lutte de tous les instants contre la maladie, la corruption et la haine de la population locale. Lorsqu’une épidémie de fièvre jaune s’abat sur la région déjà dévastée par la guerre civile et la faim, l’ancien médecin militaire se trouve face à un choix : fuir et abandonner ses patients à une mort certaine ? Ou rester pour les soigner au risque de périr avec eux ?
A Paris, Marc Bassari, coordinateur des équipes sur le terrain, est quand à lui engagé dans une bataille financière et politique. Chargé de trouver des fonds et de sensibiliser le grand public au problème de la malnutrition, il se heurte à la bureaucratie et aux promesses sans lendemains. Mais d’inquiétantes rumeurs vont bientôt chambouler l’ordre de ses préoccupations.
Est-il vrai que des factions rebelles ont pris en otage les membres d’une mission ? Est-il vrai qu’ils menacent de tous les exécuter sans délai ?
Trois destins pris dans la tourmente. Trois existences confrontées à l’abjection d’une réalité trop souvent oubliée. Trois individus luttant pour leur survie sur les routes au sud du Sahel ; là où les cadavres d’enfants font office de bornes kilométriques.

Léonora Miano, Blues pour Élise, Éd. Plon, 2010
Qu’est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Élise ? C’est l’amour ! Celui qu’on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d’une peine de cœur. Celui qu’on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu’on n’attendait pas, comme Shale, follement éprise d’un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage.
À travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Élise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib’, recourt au speed dating pour rompre la solitude.
Roman de société, Blues pour Élise parle avant tout d’amour. Celui de soi, celui de l’autre.
En savoir +

En savoir beaucoup +

Gil Courtemanche, Un lézard au Congo, Éd. Denoël, 2010
L’Afrique est entrée dans la vie de Claude alors qu’il menait au Québec une vie ordinaire.
Depuis elle ne l’a plus lâché. Juriste à la Cour pénale internationale de La Haye, il instruit le procès de Thomas Kabanga, un criminel de guerre congolais. Un vice de procédure suffit à ruiner ses espoirs : Kabanga est relâché et rentre dans son pays. À Bunia, petite ville minière du sud du Congo, en pleine zone de rébellion, Claude continue de recueillir des preuves contre Kabanga et finit par s’ériger en protecteur des enfants-soldats qui furent ses victimes.
Mais une fois qu’il aura rencontré ces êtres de chair et de sang, bourreaux ou enfants-soldats, que restera-t-il de ses idéaux ?
Lire un extrait

Michiel Heyns, Jours d’enfance, Éd. Philippe Rey, 2010
Décembre 1968, Simon et ses copains du collège anglophone de Bloemfontein,  » métropole  » de l’Etat libre d’Orange en Afrique du Sud, s’apprêtent à flanquer une dérouillée au tennis aux péquenots d’un collège des environs.
Éducation anglaise contre enseignement afrikaner. Les visiteurs débarquent et, parmi eux, Fanie van den Bergh, un garçon qui a partagé l’enfance de Simon dans un patelin champion de l’apartheid, village de petits et moyens Blancs afrikaners, servi par ses Bantous parqués dans le township. La confrontation sportive ravive des souvenirs oubliés et met en évidence, au passage, les conflits de race et de classe.
Heyns choisit d’explorer le fossé entre Anglais et Afrikaners, fossé dont Simon – fils d’un magistrat anglais  » libéral  » et d’une Afrikaner – est le reflet. Fanie, lui, est issu d’une des familles pauvres de la paroisse, celles dont s’occupent les dames de l’ouvroir sous la houlette du pasteur Claassen. Car le pasteur préside à tout dans ce petit bourg : sa femme transmet sa parole, les autres s’exécutent.
Et les déviants, il y en a évidemment quelques-uns, sont impitoyablement chassés – Steve et sa moto, Trevor et sa chemise rose… Pour ces enfants, il y a surtout l’école, où ils apprennent la vie, à défaut d’autre chose : la bêtise tellement humaine, les amitiés compliquées, les expériences sexuelles, mais aussi l’hypocrisie morale et le conservatisme raciste du monde des adultes…
Lire un extrait

Carlo Lucareli, La huitième vibration, Éd. Métailié, 2010
A la fois roman policier, d’aventures et roman d’amour, voici un grand roman tout court.
Dès la première page, nous entrons dans l’atmosphère d’une Afrique faite de chaleur, d’humidité, de sueur, d’insectes, d’odeurs, de bruits mettant en jeu les sens du lecteur. Nous ressentons le malaise du climat, le malaise des regards de la population dont on ignore les pensées. Nous entendons les sons d’une terre inconnue, nous sommes dans un roman où chaque personnage est le personnage principal parce qu’il raconte son histoire au lecteur.
Janvier 1896. Un corps expéditionnaire débarque dans la colonie italienne d’Erythrée. Il est composé de recrues de toute la péninsule, avec leurs histoires, leurs accents, leurs espoirs et leurs mille dialectes : l’anarchiste décidé à porter la sédition, le rêveur d’Afrique, le major drogué et psychotique, le héros pressé d’affronter le désert, les caporaux cyniques, un berger des Abruzzes au parler si obscur que personne ne le comprend et le brigadier des carabiniers qui s’est engagé pour débusquer un assassin d’enfants.
Sur place, ils vont trouver une population indigène aux langues et aux coutumes bariolées, des colons entre abrutissement alcoolisé et idéologie du progrès, une Africaine mi-sorcière mi-putain, et une Italienne à la beauté délicate et non moins malfaisante. Tandis qu’une petite fille danse interminablement dans la poussière, toutes les trames, les amours pures ou perverses, les projets grandioses et les appétits grossiers convergent vers la terrible bataille d’Adoua, la première grande défaite d’une armée blanche devant des troupes africaines.
Lire un extrait

Ben Okri, Contes de la liberté, Éd. Christian Bourgois (Titre n° 121), 2010
Combinant ses talents de poète et de romancier, Ben Okri a créé une forme nouvelle et fascinante, qu’il appelle le stocku, à mi-chemin entre la nouvelle et le haïku. Selon ses propres mots, « son origine est mystérieuse, son but est la révélation, sa forme compacte, son sujet infini. Sa nature est l’énigme. »
Ben Okri développe cet univers poétique dans une novella, construite sur le mode d’une fable mythologique, suivie de treize contes brefs, autant d’énigmes inventives qui marquent durablement notre psyché. Toutes ces histoires illustrent la richesse d’une liberté que l’on se doit de chercher au-delà de nos perceptions quotidiennes et proposent un mode différent d’appréhension du monde, dur et extrême, qui nous entoure.
Ben Okri est né au Nigéria en 1959. Par son père, il découvre la littérature, la philosophie grecque et chinoise. Il fait ses études supérieures à l’Université d’Essex puis travaille au service étranger de la BBC et dirige la section Poésie du West Africa Magazine pendant sept ans. Son premier roman, Flowers and shadows, paraît en 1980. Il acquiert très vite une renommée internationale : en 1991, le Booker prize lui est remis pour La route de la faim. Suivent le prix des écrivains du Commonwealth pour l’Afrique, le prix Aga Khan pour la fiction et un Crystal Award du forum mondial économique. Membre de la Royal Society of Literature, Ben Okri est par ailleurs vice-président de la branche anglaise de l’association internationale PEN.

Pierre Ryckmans, Barabara, Éd. Luc Pire, 2010

En swahili, barabara signifie  » la route  » mais aussi :
 » droit, exact, parfait « .
C’est la route construite par l’homme blanc, qui passe à travers tout, en opposition au sentier, vivant, qui suit un parcours, serpente et s’adapte au terrain. Au-delà, Barabara, c’est l’image du projet du colonial ;  » Je, ce n’est pas moi, écrit l’auteur. Tout colonial a eu son Barabara. Route, pont, poste nouveau, troupeau… Mon Barabara n’est que le symbole de tout ça « . Pierre Ryclanans a participé à la Première Guerre mondiale contre les armées allemandes d’Afrique, au Cameroun, au Burundi et au Tanganyika, avant d’être agent territorial puis résident en Urundi (aujourd’hui, Burundi) jusqu’en 1928.
Les nouvelles de ce livre partent de cette expérience exceptionnelle. Elles ont principalement été écrites entre 1930 et 1935 et publiées en 1947. L’auteur, qui fut par la suite Gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi de 1934 à 1946, livre par ces textes un éclairage d’époque étonnant sur la manière dont un Européen respectueux de la culture des Africains les perçoit et les côtoie.

Collectif, Congo 50, Éd. Africalia-Roularta, 2010
L’album de bande dessinée Congo 50, réalisé par huit dessinateurs appartenant à l’association BD Kin Label de Kinshasa, raconte en 48 planches couleurs, la vie des jumeaux Dipanda et Lipanda baptisés à Kinshasa le 30 juin 1960, le jour même de l’indépendance du Congo. Leurs existences forment le fil rouge d’un scénario qui traverse les 50 ans d’indépendance congolaise, offrant au lecteur l’occasion de découvrir certains personnages politiques, ainsi que les événements sociaux et culturels qui secoueront cet immense pays auquel la Belgique ne saurait rester indifférente.
L’indépendance du Congo, un sujet dont on a pas mal parlé ces derniers temps. En observant la couverture de cet album collectif, tout en jetant un regard sur l’histoire, me vint un mot : Tolérance ! On l’oublie bien souvent dans ce 21ème siècle en proie, malheureusement encore, au racisme et à la xénophobie. Il est primordial, aujourd’hui encore, de lutter pacifiquement pour vivre ensemble, pour transcender nos différences philosophiques et culturelles. Je suis particulièrement fier, en tant qu’amoureux de BD, de voir ainsi ce support culturel contribuer à ce combat.
L’histoire nous a présenté des hommes et des femmes de tous horizons, dont les convictions fraternelles sont venues ébranlées les théories de suprématies de ces personnes qui, longtemps, ce sont pronostiqués supérieurs à une autre « race » ! En cette année 2010, le collectif « BD Kin Label », tout en retraçant l’histoire de l’indépendance congolaise, nous rappel le véritable sens du mot tolérance. Il me vient une phrase de Ayn Rand « Nous sommes tous frères sous la peau, et j’aimerais écorcher l’humanité pour le prouver » ! Entre la Belgique et le Congo, demeure une histoire commune, mais au-delà, c’est l’histoire de l’humanité qui requiert de méditer sur cette phrase, empreinte d’une grande sagesse.
C’est donc avec privilège et grâce à Alain Brezault, qui signe la préface de l’album, que celui-ci se retrouve présenté sur ce site. J’espère qu’il y en aura d’autres, puisque cet espace est totalement libre à qui souhaite apporter sa pierre à l’édifice. (sources : DB cool.be -une visite s’impose !!!)
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Franz Zumstein, Le faucon du désert, T2 : Hal far, Éd. Delcourt G. Productions (Histoire & Histoires), 2010
Lors de la dernière guerre mondiale, Ali vole avec succès sous les couleurs de l’Afrika Korps mais son rêve de devenir un as de l’aviation est très vite entaché par l’horreur de la guerre.
Un reporter meurt dans ses bras et lui demande une faveur : transmettre une lettre à sa fiancée à Munich. Pensant ainsi remonter la piste de sa mère, Ali s’envole aussitôt pour l’Allemagne, manquant de peu Aïcha venue lui annoncer qu’elle est enceinte de lui…
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Jérôme Jouvray, Stéphane Presle, La Pès Rekin, T1 : La Pès Rekin, Éd. Futuropolis, 2010

Phil est un homme d’âge mûr, malade, alcoolique, violent, désespéré, que sa femme a quitté. Il capture des chiens errants afin de s’en servir d’appâts vivants pour la pêche aux requins. Une pêche illégale et misérable : le requin ne servant que de décoration aux plats servis aux touristes…
Nelson vit dans un bidonville. C’est un jeune adolescent turbulent, n’allant plus trop à l’école, multipliant larcins et autres méfaits. Son père, qui « se crève le cul à travailler dans les champs de canne, alors que plus personne ne veut faire ce métier, pour que lui et sa petite s¦ur puissent avoir à manger, de quoi s’habiller et aller à l’école », le corrige régulièrement à coups de ceinturon. Jusqu’au jour où Nelson se rebelle… Et il fugue, non sans avoir auparavant piquer les maigres économies familiales. Une chienne et ses trois chiots deviennent ses compagnons de vie.
Quand Phil s’empare de ses chiens, Nelson fait tout son possible pour les récupérer. Avec on ne sait pas vraiment quelle idée derrière la tête, le pêcheur sanguinaire séquestre le gamin. Nelson va grandement commencer à regretter d’avoir quitté sa famille…

Arnaud Floc’h, La Compagnie des cochons, Éd. Delcourt (Mirages ), 2009

Bamako, gigantesque fourmilière qui court des bas-fonds de Maniambougou aux quartiers chics de Faladiè, n’a aucun secret pour Sidibé. Photographe réputé et détenteur sur pellicule des indiscrétions des Africains et Européens fortunés de la ville, il engrange dans son atelier de fortune ces secrets d’alcôve et les souvenirs parfois sulfureux d’une capitale où la misère côtoie l’aisance et l’opulence…
Je ne l’avais pas vu à sa sortie, l’année passée ! Cela vaut vraiment le coup !!!
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Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points, 2010
A bord de l’avion Paris-Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière, reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale. Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près d’oublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique sub-saharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère, Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre paru en 1974, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

Léonora Miano, Tels des astres éteints, Éd. Pocket (Pocket, n° 14050), 2010
Amok, Shrapnel et Amandla sont des immigrés africains. Amandla, elle, vient de la Caraïbe. Tous trois ont vu le jour sur des terres lointaines. Ils n’ont pas la couleur des enfants du Nord. Cette différence est leur héritage commun, mais chacun l’habite à sa manière… Amok refuse que sa couleur conditionne son identité. Shrapnel, au contraire, revendique une filiation globale et aspire à l’unité, de l’Afrique aux Amériques. Quant à Amandla, elle croit trouver les réponses aux tourments du présent dans une ancienne mythologie. Chacune de ces voies peut déboucher sur une impasse. Ces astres éteints devront s’ouvrir et abandonner le ressentiment pour briller à nouveau…

Fatou Diome, Inassouvies nos vies, Éd. J’ai lu, 2010
Betty passe son temps à observer l’immeuble d’en face. Son attention se focalise sur une vieille dame ; à son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d’affection pour elle. Lorsque Félicité est envoyée contre son gré dans une maison de retraite, Betty remue ciel et terre pour la retrouver. Une véritable amitié va les lier. Une nouvelle va plonger Félicité dans le mutisme. Impuissante, Betty prend du recul et part quelques jours. A son retour, Félicité n’est plus. Betty sombre dans la mélancolie. Une rencontre la sort du spleen : l’ami, qu’elle va aimer comme on aime un homme qu’on ne touchera jamais, car le voir suffit. Mais la vie fait ses trous de dentelle ; au vide de trop, c’est le déclic : Betty largue les amarres, disparaît, on ne sait où. Chez elle, seule la musique, la kora, répond aux questions : inassouvie, la vie, puisqu’il y a toujours un vide à combler.

Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Éd. Vents d’ailleurs, 2010
Déhia, une jeune femme, universitaire, promise à un avenir radieux, se heurte dans sa propre famille à l’extrême violence de l’histoire récente algérienne. Belle femme dans une société où la religion, la corruption, la violence tiennent lieu de boussole, comment vivre, comment tracer sa voie sans se perdre ? Adel, cadre dans une entreprise, s’accroche à ses idéaux, essaie d’échapper aux pressions, petites et grandes, avant de tenter sa chance loin, très loin… Deux mémoires saccagées, une femme et un homme au passé amer qui prennent le chemin de la vie, malgré tout, ensemble. Un deuxième roman, après Le bus et la ville paru en 2008. Un récit d’une grande sensibilité qui raconte l’histoire douloureuse, d’un couple d’Algériens, des êtres qui tentent de mener leur vie envers et contre tout. Portrait de la société algérienne contemporaine, dans sa peine et sa sensibilité lumineuse. Dans une langue tout en finesse, l’auteur brosse des portraits exemplaires et uniques.
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Mamadou Mahmoud N’Dongo, La géométrie des variables, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
De Paris à Berlin, en passant par New York et Amsterdam, pour son troisième roman, Mamadou Mahmoud N’Dongo nous entraîne dans l’univers des communicants politiques, doux euphémisme pour désigner ceux qu’on nomme aussi les « faiseurs de pluie » ; hommes de l’ombre, dandys cyniques ou désabusés, véritables artisans d’un succès ou d’une défaite politique ; de Mitterrand à Sarkozy, de Reagan à Obama, d’Abdou Diouf au seigneur de guerre libérien Darius Jones, c’est plus de trente ans de l’histoire politique que nous invite à parcourir l’auteur en compagnie de ses personnages Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely.
La géométrie des variables est un roman qui nous mène dans les arcanes du monde politique en nous offrant un éclairage inédit et plein de lucidité sur les liens qu’entretissent les puissants de ce monde avec leurs conseillers. C’est aussi un livre sur l’engagement : artistique, intellectuel, et même amoureux, dans une civilisation où le fait de former un couple métis peut être considéré comme un choix politique…
Le regard que porte le romancier sur le monde contemporain est à la fois précis, dénué de tout artifice, hanté par la quête d’une vérité tronquée, et teinté d’humour.

Karin Albou, La grande fête, Éd. Jacqueline Chambon, 2010
Dans un village de l’Est algérien, des femmes découvrent sur la plage le cadavre d’un nouveau-né. Les soupçons se portent sur une famille. Afin de couper court aux rumeurs, le père mourant souhaite que sa plus jeune fille, Hanifa, se marie. Il doit aussi la protéger de la loi des hommes. Car en Algérie les femmes, considérées comme des mineures à vie, ne peuvent vivre sans la protection d’un tuteur légal, qu’il soit père, frère ou époux. C’est la décennie noire, la guerre civile entre l’armée et les groupes islamistes qui terrorisent la population isolée des villages. C’est aussi l’Aïd el-Kébir, la fête du Mouton, célébrant cet épisode : un père doit amener son enfant au sacrifice sur ordre de Dieu. Hanifa doit se marier au plus vite, car son père ne sait s’il pourra passer son dernier Aïd, sa dernière « grande fête » en famille. Mais voilà, Hanifa est amoureuse…

Merwan Chabane, Fabien Bedouel, Maurin Defrance, Fabien Nury, L’or et le sang, T2 – L’or et le sang, Éd.12 Bis, 2010
Léon Matillo et Calixte de Prampéand rejoignent Tanger à bord de leur voilier, l’Arudj, chargé d’armes. Cette cargaison sera vendue aux combattants rifains qui livrent une guerre d’indépendance aux espagnols colonisateurs. Nos deux aventuriers, trafiquants à la petite semaine, vont se retrouver piégés par un prétendu combattant qui est à la solde de l’occupant.
Une fois emprisonnés ils retrouvent Ahmed, qui doit être fusillé. Léon et Calixte prennent les choses en mains et feront évader leur compagnon. Dès lors ils deviendront des héros de guerre indépendantiste. Mais l’aventure ne fait que commencer…
L’Or et le sang a reçu un accueil très élogieux à la parution du tome 1. Nominé à Angoulême, il consacre Fabien Nury comme l’un des tous meilleurs scénaristes actuels et nous a fait découvrir trois talents en devenir… Merwan Chabane et Fabien Bedouel au dessin et Maurin de France qui est à l’origine de cette fabuleuse histoire.
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Aleksic, Bruno Falba, Antichristus, T2 – Bonaparte, Éd. Soleil Productions (Secrets Du Vatican), 2010
Le voile se lève sur le voyage de Napoléon en Égypte.
1798 ap. J.-C. Bonaparte, l’ennemi de l’Église, veut prendre Alexandrie. Mais pourquoi ? Le chevalier Achard de Bonvouloir le suit contre ses convictions. S’il a pactisé avec l’Antéchrist, c’est pour mieux déjouer ses plans. Sa quête n’est pas sans danger. Ses alliés dévoilent en Égypte leur véritable visage. Les francs-maçons sont ici. La résistance musulmane s’organise. La flotte britannique rode. Que cherchent-t-ils ? L’or des Templiers, le pouvoir ou la mémoire du monde ? C’est ce que le chevalier Achard de Bonvouloir va tenter de découvrir.

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Jean-Christophe Chauzy, Anne Barrois, Bonne arrivée à Cotonou, Éd. Dargaud, 2010
Un personnage, nommé Charles, parisien et féru d’Afrique gagne un voyage/safari au Bénin. Il arrive de plein pied dans un univers qu’il a imaginé, recrée à partir d’images stéréotypées et découvre la réalité de l’Afrique et le fossé entre l’image rêvée et la réalité. Un voyage criblé de pièges et loufoque dans un décor luxuriant et animalier.
Kùabò ! C’est ainsi que l’on est accueilli à Cotonou où la langue fon est bien plus parlée que le français qui, pourtant, a valeur de langue officielle. Kùabò ! Bonne arrivée ! Quels mots réconfortants pour le yovo (l’étranger) qui y arrive pour la première fois, surpris par la moiteur de l’air et un brin angoissé dans l’attente de découvrir, après que son avion s’est posé de nuit, à quoi ressemblent les choses lorsqu’elles sont dans la lumière du jour ! (d’autres infos sur Bodoï)

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Mathieu Sapin, Marguerite Abouet, Akissi, T1 : Attaque de chats, Éd. Gallimard Bd, 2010
Pauvre Akissi ! Les chats du quartier la poursuivent pour lui prendre son poisson, son petit singe Boubou manque de finir à la casserole avec une bonne sauce graine, et elle n’est qu’un misérable margouillat aux yeux de son grand frère Fofana… Mais il en faudrait beaucoup plus pour décourager Akissi. Car cette petite fille-là est survitaminée, une aventurière, une championne du monde de la bêtise, un piment.
«Akissi est très dynamique et le lecteur s’attache très vite à elle. Ses petites aventures, contées sous forme de bandes dessinées, son toutes aussi drôles les unes que les autres». (Lire l’intégralité de l’article sur Livres-à-lire)

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Hippolyte, L’Afrique de papa, Éd. Des Bulles Dans L’océan, 2010
«Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar. C’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest.
En haute saison, plus de 20 000 personnes s’y retrouvent le long des plages. Soleil, mer, golf, quad… Saly attire aussi des retraités européens. L’un d’eux est le père ­d’Hippolyte. «Elle est pas belle la vie ?» lui demande-t-il. Le fils ne répond pas : il dessine, photographie et raconte «L’Afrique de papa». L’Afrique de Papa mêle subtilement BD traditionnelle et photographies. La grande force réside dans l’alliance des deux techniques qui se font écho, apportant une vraie force au propos». (Lire l’intégralité de l’article sur Weebulle )

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