la pointe de la plume


Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Éd. Vents d’ailleurs, 2010
Déhia, une jeune femme, universitaire, promise à un avenir radieux, se heurte dans sa propre famille à l’extrême violence de l’histoire récente algérienne. Belle femme dans une société où la religion, la corruption, la violence tiennent lieu de boussole, comment vivre, comment tracer sa voie sans se perdre ? Adel, cadre dans une entreprise, s’accroche à ses idéaux, essaie d’échapper aux pressions, petites et grandes, avant de tenter sa chance loin, très loin… Deux mémoires saccagées, une femme et un homme au passé amer qui prennent le chemin de la vie, malgré tout, ensemble. Un deuxième roman, après Le bus et la ville paru en 2008. Un récit d’une grande sensibilité qui raconte l’histoire douloureuse, d’un couple d’Algériens, des êtres qui tentent de mener leur vie envers et contre tout. Portrait de la société algérienne contemporaine, dans sa peine et sa sensibilité lumineuse. Dans une langue tout en finesse, l’auteur brosse des portraits exemplaires et uniques.
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Mamadou Mahmoud N’Dongo, La géométrie des variables, Éd. Gallimard (Continents noirs), 2010
De Paris à Berlin, en passant par New York et Amsterdam, pour son troisième roman, Mamadou Mahmoud N’Dongo nous entraîne dans l’univers des communicants politiques, doux euphémisme pour désigner ceux qu’on nomme aussi les « faiseurs de pluie » ; hommes de l’ombre, dandys cyniques ou désabusés, véritables artisans d’un succès ou d’une défaite politique ; de Mitterrand à Sarkozy, de Reagan à Obama, d’Abdou Diouf au seigneur de guerre libérien Darius Jones, c’est plus de trente ans de l’histoire politique que nous invite à parcourir l’auteur en compagnie de ses personnages Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely.
La géométrie des variables est un roman qui nous mène dans les arcanes du monde politique en nous offrant un éclairage inédit et plein de lucidité sur les liens qu’entretissent les puissants de ce monde avec leurs conseillers. C’est aussi un livre sur l’engagement : artistique, intellectuel, et même amoureux, dans une civilisation où le fait de former un couple métis peut être considéré comme un choix politique…
Le regard que porte le romancier sur le monde contemporain est à la fois précis, dénué de tout artifice, hanté par la quête d’une vérité tronquée, et teinté d’humour.

Karin Albou, La grande fête, Éd. Jacqueline Chambon, 2010
Dans un village de l’Est algérien, des femmes découvrent sur la plage le cadavre d’un nouveau-né. Les soupçons se portent sur une famille. Afin de couper court aux rumeurs, le père mourant souhaite que sa plus jeune fille, Hanifa, se marie. Il doit aussi la protéger de la loi des hommes. Car en Algérie les femmes, considérées comme des mineures à vie, ne peuvent vivre sans la protection d’un tuteur légal, qu’il soit père, frère ou époux. C’est la décennie noire, la guerre civile entre l’armée et les groupes islamistes qui terrorisent la population isolée des villages. C’est aussi l’Aïd el-Kébir, la fête du Mouton, célébrant cet épisode : un père doit amener son enfant au sacrifice sur ordre de Dieu. Hanifa doit se marier au plus vite, car son père ne sait s’il pourra passer son dernier Aïd, sa dernière “grande fête” en famille. Mais voilà, Hanifa est amoureuse…

Fatou Diome, Celles qui attendent, Éd. Flammarion, 2010
Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, Éd. Gallimard (Blanche), 2010
Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d’une dizaine d’années qui fait l’apprentissage de la vie, de l’amitié et de l’amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d’indépendance sous la houlette de « l’Immortel Marien Ngouabi », chef charismatique marxiste. Les épisodes d’une chronique familiale truculente et joyeuse se succèdent, avec ses situations burlesques, ses personnages hauts en couleurs : le père adoptif de Michel, réceptionniste au Victory Palace ; maman Pauline, qui a parfois du mal à éduquer son turbulent fils unique ; l’oncle René, fort en gueule, riche et néanmoins opportunément communiste ; l’ami Lounès, dont la sœur Caroline provoque chez Michel un furieux remue-ménage d’hormones ; bien d’autres encore. Mais voilà que Michel est soupçonné, peut-être à raison, de détenir certains sortilèges…
Au fil d’un récit enjoué, Alain Mabanckou nous offre une sorte de Vie devant soi à l’africaine. Les histoires d’amour tiennent la plus grande place, avec des personnages attachants de jeunes filles et de femmes. La langue que Mabanckou prête à son narrateur est réjouissante, pleine d’images cocasses, et sa fausse naïveté fait merveille.

J-M Coetzee, L’été de la vie, Éd. Seuil, 2010
Après Scènes de la vie d’un jeune garçon et Vers l’âge d’homme, voici le troisième volet de l’entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.
Autobiographie fictive puisque l’auteur confie la tâche d’un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain en gestation dans les années 1970. Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l’aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son coeur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l’universitaire et la maîtresse française s’accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.
Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l’écrivain s’interroge et se cherche. Dans ce récit où se mêlent le comique et le ridicule, la mélancolie et le désespoir, Coetzee se livre avec prudence et dévoile peu à peu un coeur en souffrance sous la cuirasse. Il invite une nouvelle fois le lecteur à une superbe méditation sur la condition humaine.

Léonora Miano, Tels des astres éteints, Éd. Pocket (Pocket, n° 14050), 2010
Amok, Shrapnel et Amandla sont des immigrés africains. Amandla, elle, vient de la Caraïbe. Tous trois ont vu le jour sur des terres lointaines. Ils n’ont pas la couleur des enfants du Nord. Cette différence est leur héritage commun, mais chacun l’habite à sa manière… Amok refuse que sa couleur conditionne son identité. Shrapnel, au contraire, revendique une filiation globale et aspire à l’unité, de l’Afrique aux Amériques. Quant à Amandla, elle croit trouver les réponses aux tourments du présent dans une ancienne mythologie. Chacune de ces voies peut déboucher sur une impasse. Ces astres éteints devront s’ouvrir et abandonner le ressentiment pour briller à nouveau..

Kitoko Djaz de Benoît Kongo vient d’entreprendre son voyage dans les librairies de l’exagone.

Pour découvrir ce roman en camfranglais il suffit de lire de larges extraits dans la bibliothèque numérique ou en cliquant sur ce lien :

Les enfants de Maképé
Sont dans le livre de Lionel Bourg
Sous des toits de tôle
Étouffés par la poussière brûlante
Entassés à plus de 100 par classe
Ils citent Sartre et Boris Vian
Et rêvent du visa pour étudier en France
Sinon ils grossiront les troupeaux entassés sur les pirogues des passeurs
Proies passives de tous les requins

In BEB, Interdit de laver sa mobylette isi, 2007

Fabrizio Gatti, Bilal Sur la route des clandestins,  Éd. Liana Levi, 2008
Un faux nom, un petit tube dans lequel sont roulés quelques dollars, de la colle pour masquer ses empreintes digitales, un gilet de sauvetage, trois boîtes de sardines, une grande bouteille d’eau, cela suffit à Fabrizio Gatti pour se glisser dans la peau d’un immigré clandestin, Bilal. Parti de Dakar pour rejoindre l’Europe, comme le font chaque jour des centaines de migrants, il a traversé le Sahara sur des camions, rencontré des passeurs sans scrupules, des esclavagistes nouveau modèle, des membres d’Al-Qaida et, arrivé au camp de rétention de Lampedusa, il vit le quotidien des demandeurs d’asile. Certains seront renvoyés chez eux, empruntant en sens inverse le chemin à travers le désert. D’autres, les plus chanceux, seront libérés avec une feuille d’expulsion. Feuille qu’ils se hâteront de déchirer en mille morceaux pour tenter leur chance en Italie, en France, en Allemagne…
Fabrizio Gatti, envoyé spécial de l’hebdomadaire L’Espresso, s’est déjà attelé à plusieurs enquêtes de société en «infiltré». Par trois fois, il a été enfermé dans des centres de rétention comme «pseudo-immigré» et ses reportages ont fait le tour du monde. Bilal a été lauréat du prix Terzani 2008.
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Marin Ledun, Le cinquième clandestin, Éd. La Tengo (Mona Cabriole ), 2009
Paris, 100 rue Mouffetard : quand une jeune femme se jette du cinquième étage, un bébé dans les bras, personne n’a rien vu, tous se taisent. Tous, sauf Mona Cabriole. Pourquoi un tel geste de désespoir ? Et que cachent les sous-sols de cet immeuble géré par des marchands de sommeil ? La journaliste de Parisnews devra descendre dans les profondeurs de la ville et se baigner dans les eaux d’un fleuve oublié pour aller ausculter les limites de la soumission. Les hurlements qu’elle y entend sont-ils ceux des battles punk-rock organisés dans les soubassements, ou bien proviennent-ils de voix que l’on voudrait étouffer ?
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Abasse Ndione,  Mbëkë Mi à l’assaut des vagues de l’Atlantique, Éd. Gallimard (continents noirs), 2008
Avant-propos de l’auteur : « Au moment même où une barrière métallique de plus de six mètres de haut était érigée sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila pour stopper les vagues d’immigrés en route vers les pays de l’Union européenne, une pirogue de Hann, village traditionnel de pêcheurs de la banlieue de Dakar, perdue en mer à la suite d’une panne de moteur, à la dérive durant deux semaines, poussée par les vents et les courants marins, accosta à Santa Cruz de Tenerife. [...] Le voyage en pirogue des côtes du Sénégal aux îles Canaries, porte de l’Espagne, était du domaine du possible. »
« Mbëkë mi », c’est « le coup de tête » sur lequel on part, défiant tous les périls ; et c’est devenu, tant elle est folle à accomplir, « la traversée » des milliers de jeunes Africains, le dos à la misère et à la désespérance, fuyant ainsi leur pays en pirogue… Dix jours de navigation et d’errance dans un tronc d’arbre évidé et chargé d’au moins quarante personnes pour un Éden européen rêvé, passant d’abord d’un Purgatoire villageois à l’Enfer océanien… Avec les personnages de cette histoire, le lecteur est emporté par l’espoir, l’immense beauté et cruauté de l’océan, la mort, le viol, la faim, la soif, les hallucinations, il est, lui aussi, le cœur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents, empirogué jusqu’à l’autre rive…
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Aminata Zaaria, La nuit est tombée sur Dakar, Éd. Grasset, 2004
Excisée par son père qui veut la maintenir dans un état de soumission totale, Dior Touré sait qu’elle ne pourra jamais trouver de plaisir dans l’amour. Son rêve, c’est d’avoir un mari blanc et fortuné, un « toubab » qui pourra lui offrir une vie plus agréable que celle qu’elle mène à Lendëm, son village, à soixante-dix kilomètres de Dakar. Paul Grenelle, un vieux français, jette son dévolu sur la belle sénégalaise de dix-sept ans. Il l’incite à venir vivre à Dakar où Dior va partager sa vie ou plutôt son lit. Sans scrupules, le toubab la nourrit d’illusions jusqu’à ce que, malgré ses promesses, il reparte pour la France sans sa jeune maîtresse. Dior Touré ne sortira pas indemne de cette déception. Son histoire est racontée par sa meilleure amie, elle aussi partie du même village pour vivre avec un français plus tout jeune, sur l’île de Gorée.
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Youssouf Amine Elalamy, Les clandestins, Éd. Au diable vauvert, 2001
” C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme. ” Les clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la mort là où ils espéraient la vie, rejetés sur une petite plage du nord du Maroc. Ils ont, comme tant d’autres avant eux, rêvé de départ et tenté de rejoindre l’Europe, ici seulement distante d’une vingtaine de kilomètres. Et ils ont payé de leur vie ce désir d’ailleurs qui les a poussés à s’embarquer sur un esquif bien trop fragile. Retraçant l’histoire des treize noyés en courts chapitres à travers le souvenir qu’ils ont laissé dans leur village, Youssouf Elalamy a su trouver une construction narrative aux résonances de chœur antique méditerranéen, alliée un style à la fois moderne et lyrique, pour évoquer une poignée de destins tragiques, emblématique de toutes les formes d’exils.
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Catherine Zambon, Kaina-Marseille, Éd. Actes Sud Junior (D’une Seule Voix ), 2007
“Tu partiras, Mamata. Tu as la légèreté du rêve. Tu as la parole en toi. Tu partiras, Mamata. Tu feras comme mon autre petit-fils, Moussa. Il est en France. Et quand tu reviendras, car tu reviendras, Mamata,, tu seras une femme libre.” Ainsi a parlé Kaïna, la mère de son père. Mamata vit dans ce secret. Kaïna lui apprend les voyages, elle met en elle l’idée de partir. Elles font en secret tous les rituels de force et de fécondité pour qu’elle ne quitte pas sa terre sans protection. A treize ans, Mamata sera mariée. Son père lui a trouvé un mari. Quand commencent les préparatifs, Kaïna entre en maladie pour retarder le mariage et apprendre les dernières choses à sa petite-fille. Elle lui donne l’argent qu’elle a mis de côté ainsi que sa boîte d’onguent, et l’adolescente prend le car, à l’aube. En ville, Mamata doit se prostituer auprès de Monsieur Diah, l’avocat qui lui fournit de faux papiers. “Je suis en train de découvrir le destin des femmes de mon pays”, se console-t-elle. Elle devient Isabelle Ternier, née à Lyon, et gagne sa majorité : ses papiers lui donnent désormais dix-huit ans et demi. Mamata arrive enceinte à Marseille, portant l’enfant de Diah et farouchement déterminée à le garder. Elle est accueillie, puis violée, par son cousin Moussa, et échappe de peu au réseau de prostitution que ce dernier lui destine. Elle trouve enfin la sécurité auprès de Moha, “un vrai Français avec de vrais papiers” qui aime les hommes et la drogue. Mieux vaut un frère qu’on se choisit qu’un cousin dont on rêve. Un récit aux cruels accents de vérité.

Hamid Skif , La Géographie du danger, Éd. Naïve, 2005
” Les patronymes que je m’attribue sont fonction de l’employeur. Je suis turc, arabe, berbère, iranien, kurde, gitan, cubain, bosniaque, albanais, roumain, tchétchène, mexicain, brésilien ou chilien au gré des nécessités. J’habite les lieux de ma métamorphose “… Un sans-papiers vit depuis des mois, la peur au ventre, caché dans une chambre de bonne. Dans la ville, la chasse aux clandestins s’intensifie. Pris dans les rafles, des milliers d’entre eux sont expulsés vers leur pays d’origine. Observant par la lucarne les habitants de l’immeuble d’en face, fantasmant sur leur quotidien, le jeune homme se remémore son passé, fait défiler les figures pittoresques ou sinistres de l’exil — le passeur, le trafiquant de drogue, le délateur, le policier corrompu, le tortionnaire… — et attend jour après jour la venue de Michel Delbin, l’étudiant qui l’héberge et le ravitaille en secret. Plus qu’une méditation sur le partage du monde, ce roman au souffle incantatoire donne au lecteur à ressentir au plus intime de lui-même, la peur et la misère des clandestins.
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Christian Perrissin, Boro Pavlovic, Les Munroe : T. 1, La vallée du Rift, Éd. Glénat, 2010
Longtemps les Blancs du Kenya ont fait la pluie et le beau temps dans la vallée du Rift. Aujourd’hui, leurs jours sont comptés. Robert Munroe, aristocrate à la tête d’une plantation de café, doit faire face à une succession de crises dont la cavale de Sean, son fils cadet, n’est pas la moindre. Hostile depuis toujours à la communauté blanche ultraconservatrice, Sean ose s’amouracher d’une Kikuyu des bidonvilles de Nairobi. Jugé coupable du meurtre de celle-ci, il cherche à se faire justice.
Robert aimerait pouvoir alors compter sur l’aide de son fils aîné et de son unique fille pour faire face à ces problèmes, mais Ted est un bon à rien et Karen ne supporte plus son père…
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Jean-Christophe Rufin, Katiba, Éd. Flammarion, 2010
Une katiba est un camp de combattants islamistes installé dans le Sahara c’est à la fois une cache et un relais, un lieu où l’on prie, où l’on négocie et tue. Repère invisible en avion ou par satellite, c’est là que les pièges se resserrent et que se décident les attaques. Le chef de la zone qui s’étend entre le Mali, l’Algérie et la Mauritanie, Kader Bel Kader, a décidé de court-circuiter les autres bandes de trafiquants qui sévissent, afin d’asseoir son influence auprès des chefs d’al-Qaida. Expédié en Mauritanie par l’agence de renseignements Providence (qui agissait déjà dans l’ombre, avec Le Parfum d’Adam), pour espionner les artisans de ces menaces terroristes, Dim trouve sur sa route une jeune femme, Jasmine. A la fois française et algérienne, connaissant de l’intérieur la diplomatie occidentale et les nouvelles lois de la guerre terroriste, elle marche à la frontière entre deux mondes ennemis, elle fascine et inquiète. Elle incarne à elle seule le proverbe sénégalais qui ouvre le roman et en tisse la trame principale : “Un chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut suivre deux chemins à la fois.” Un grand roman où se croisent et s’affrontent deux civilisations.
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Christian Epanya, Le taxi-brousse de Papa Diop, Éd Syros, 2005
Quand Sène ne va pas à l’école, il aime accompagner son oncle Papa Diop dans son taxi-brousse. Car même si le trajet est toujours le même ? il relie Dakar à Saint-Louis du Sénégal ?, pour Sène c’est chaque fois une aventure différente : un jour, il fait monter dans le taxi toute une équipe de lutteurs qui vient de gagner un tournoi important, un autre c’est une mariée, et un autre encore, une femme qui accouche dans le taxi !
Un album au style, au ton et aux couleurs de l’Afrique. Les moments de vie croqués dans le taxi-brousse permettent d’évoquer le quotidien de la société sénégalaise. Les illustrations de Christian Epanya sont autant de clins-d’œil à la peinture africaine, narration naïve et colorée.

Contes d’Afrique, Éd. Rue Des Enfants, 2010
Aux côtés d’un oiseleur, d’un singe un peu moqueur ou bien d’un homme étrangement touffu, les enfants sont amenés à découvrir les plus beaux contes du continent africain. Ils se laisseront alors embarquer sur les ailes d’une grande aigrette et peut-être parviendront-ils à retrouver un étrange anneau magique… Chaque récit est un voyage peuplé d’êtres et d’histoires aussi mystérieux que fascinants.
Les couleurs chaudes et éclatantes des illustrations les feront pénétrer en plein cœur des fabuleux paysages de l’Afrique.

Marc Cantin, Moi, Félix, 10 ans, sans-papiers, Éd. Milan (Milan Poche Junior, n° 21), 2007
Ils sont quatre, à se cacher à bord d’un cargo parti d’Abidjan, en route pour Brest. La mère, Moussa le frère aîné, Bayamé la petite sœur et puis Félix, 10 ans. Ils fuient la misère des champs de cacao pour une vie meilleure, une vie rêvée en France. D’abord clandestins chez l’oncle Massoudé, en attendant du travail, et une régularisation. Mais les choses tournent mal, la police intervient. Seul Félix échappe miraculeusement à l’expulsion. Mais il est seul.

Ahmadou Kourouma, Les soleils des indépendances, Éd. Seuil (Points), 2006
Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l’indépendance et du parti unique ? L’ancien et le nouveau s’affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire, tandis que passe l’histoire, avec son cortège de joies et de souffrances.
Au-delà de la fable politique, Ahmadou Kourouma restitue comme nul autre toute la profondeur de la vie africaine, mêlant le quotidien et le mythe dans une langue réinventée au plus près de la condition humaine. Dès sa parution en 1970, ce livre s’est imposé comme un des grands classiques de la littérature africaine.
En savoir + avec Africulture

Ousmane Sembène, Les bouts de bois de dieu, Éd. Pocket (n° 871), 2002
Ce roman, qui se déroule du Sénégal au Soudan (le Mali d’aujourd’hui), s’inspire de faits réels: la grève des cheminots du “Dakar-Niger”, ces ouvriers noirs qui, entre eux, s’appellent les “Bouts de bois de Dieu”. Ils veulent conserver les traditions, les lois du clan, les coutumes, mais le progrès - implacable - les pousse. Au long de la ligne de chemin de fer, d’innombrables personnages se croisent et se rejoignent : les Africains qui, tant que dure la grève, ont peur, peur du long silence des machines, et, surpris par ce mouvement, les Européens qui s’appliquent à conserver le prestige de la vieille Afrique. Mais au coeur de ces voix discordantes, de ces âmes déchirées, s’élève un amour de l’homme d’autant plus bouleversant qu’il est lucide. Respecter l’homme n’est pas chose aisée…
En savoir + avec Encres noires

Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence, Éd. Le serpent à plumes, 2003
Nos yeux boivent l’éclat du soleil, et, vaincus, s’étonnent de pleurer, Maschallah ! oua bismillah !….
Un récit de l’aventure sanglante de la négraille - honte aux hommes de rien ! - tiendrait aisément dans la moitié de ce siècle ; mais la véritable histoire des Nègres commence beaucoup, beaucoup plus tôt, avec les Saïfs, en l’an 1202 de notre ère, dans l’empire africain de Nakem, au sud du Fezzan, bien après les conquêtes d’Okba ben Nafi et Fitri. Censuré en France depuis plus de trente ans, étudié dans le monde entier, briseur de tabous, Le Devoir de violence est une œuvre puissante et unique, un roman-culte du continent africain.
Vaste saga historique, il retrace, depuis le XIIIe siècle, la geste des Saïfs, conquérants et maîtres du mythique empire Nakem. Fabuleux prosateur de tous les excès et de tous les crimes, Yambo Ouologuem dit les complexités de l’Histoire de l’Afrique où l’esclavage et la colonisation sont même antérieurs à l’arrivée des Européens qui ne firent peut-être que reprendre à leur compte et en l’amplifiant dramatiquement un système fou qui existait déjà.
Le Devoir de violence a reçu le Prix Renaudot en 1968. ” C’est un brûlot, magnifiquement écrit, une attaque directe et féroce de l’impérialisme et du colonialisme. ” Valérie Thorin, Jeune Afrique
En savoir + avec Le Monde Diplomatique

Mongo Beti, Remember Ruben, Éd.Le serpent à plume, 2001
Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu’il arriva à Ekoumdoum. Et la peine qu’il eut à se faire adopter par le village témoigna que l’époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation. Raflé par les Blancs avec des milliers d’autres, il découvre Fort-Nègre, l’immense ville coloniale, et son pendant noir, Kola-Kola, fabuleux bidonville où il participera à la lutte contre l’occupant blanc. Dans ce roman majeur de la littérature africaine, Mongo Beti, romancier féroce, conte avec ferveur les bouleversements de l’Afrique à la veille des Indépendances.
En savoir + avec Bernard Magnier

Henri Lopes, Le pleurer-rire, Éd. Présence Africaine, 2003
Le Pleurer-Rire est dominé par tonton Hannibal-Ideloy Bwakamabé Na Sakkadé.
Ancien baroudeur devenu Président de la République à la faveur d’un coup d’Etat, il exerce un pouvoir illimité. A travers ce roman, c’est le problème du pouvoir et du contre-pouvoir qui est posé dans toute son ampleur. La violence verbale qui perce au détour de chaque page n’a d’égal que le tragique des situations et des événements qui y sont décrits. Œuvre forte et dense, complexe et lucide, Le Pleurer-Rire fonde son originalité sur sa structure polyphonique, son rythme varié et sa charge d’ironie et d’humour qui justifie son titre.
Mêlant grâce et trivialité, fiction et réalité, citations et parodie, il tente de renouveler l’écriture romanesque qui devient, ici, le lieu où diverses formes de langage s’engendrent les unes les autres, se répondent, s’entrecroisent, s’éclairent, ou se heurtent et finalement s’enchaînent dans un mouvement continu.
En savoir + avec Afrology

Benoît Kongbo, Kitoko Djaz, Éd. opoto, 2010
Des aventures rocambolesques dans un Cameroun actuel, au plus près des habitants et forcement hors des sentiers touristiques. Kitoko Djaz déboule dans les cercles littéraires et se pique de parler (et d’écrire) le camfranglais (une pincée d’anglais mélangée au français et à des zestes de langues locales) matiné de sango (faut pas renier ses origines tout de même). Cela donne un cocktail enivrant de mots et d’expressions à déguqster sans modération. Mais attention quand la colère monte Kitoko devient Troukou Traka et là…
Ça commence ainsi : «Je t’ai promis pote du Camer d’accoupler le sango francisé et le camfranglais tu es tombé dans un gros rire. Une main sur le ventre et l’index pointé vers mon œil mâle comme si tu voulais me le crever tu as crié tu as dit : «Look-moi le Centro-ci Ma’ Clai’ ! Il no pas parler Cam il veut déjà l’écrire. Je me demande que comment il va s’y prendre dans ce roman qui prétend raconter le mboa (Cameroun).» Et la façon que tu as lap (rit) hein ! C’est la honte même qui a refusé carrément de me tuer. Oui tu as rigoléééé que ta nga Marie Claire a tell : «Sango francisé ô c’est quel nom d’animal même ! Toi le Centro-là tu te prenais pour un Wate (blanc) de l’Afrique centrale toujours en train de faire le nyanga avec le français. Le temps que tu te tuais à watiser comme un gosse de Sarkozy moi je cuisine ma francophonie avec les ndjindja et les ndjassan de mon peuple. Et c’est maintenant tu veux innover dans ce roman un français style sango ta langue maternelle. Ekiééé ! Laisse-nous lap un peu».
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Caryl Ferey, Zulu, Éd. Gallimard (Folio policier), 2010
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du soleil, Éd. Gallimard (Folio), 2010
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

Patrick Besson, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Éd. Points (Points Grand Roman), 2010
A bord de l’avion Paris- Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale.
Passionné d’espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l’auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu’il ne sera pas près doublier.
Patrick Besson propose un tableau fascinant de l’Afrique subsalharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d’amour et de colère. Mais le fleuve tuera l’homme blanc se présente comme l’œuvre la plus accomplie d’un auteur qui, depuis son premier livre parmi en 1971, quand il avait dix-sept ans, n’a cessé d’étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

Zoé Wicomb, Des vies sans couleur, Éd. 10/18 (Domaine Étranger, n° 4354), 2010
Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n’est qu’apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu’à fait resurgir en elle la photographie d’une femme en première page du journal. Une chose est sûre : Marion est liée à elle d’une manière ou d’une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s’associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l’aidera à replonger, non sans douleur, au cœur des sentiers sinueux de son passé… Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces « ni noirs, ni blancs » durant l’apartheid et dont la puissance romanesque a été saluée par Toni Morrison et J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature.

Abasse Ndione, Ramata, Éd. Gallimard (La noire), 2000
” Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite.
Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête.
Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait. ” Belle, Ramata l’est sans conteste ni rivale. D’où vient alors qu’elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D’où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ? Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité.
C’est aussi le portrait magnifique d’une femme et de la douleur qui la ronge. C’est surtout la confirmation de l’étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

John le Carré, La constance du jardinier, Éd. Seuil, 2001
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya.
Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain dune organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres, puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques. Et tandis que s’éveille la conscience de Justin, tandis qu’il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu’à achever la mission qu’elle s’était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Deon Meyer, Les soldats de l’aube, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2002
Zet van Heerden que ses parents ont prénommé Zatopek en hommage à un célèbre athlète tchèque, n’est pas au mieux de sa forme. À l’image de son pays où les conséquences de l’apartheid se font toujours cruellement sentir et où la commission “Vérité et Réconciliation” a de quoi faire pour rétablir un semblant d’harmonie dans une population déchirée par les luttes raciales. L’enquête que mène Zet, ex-policier reconverti en détective, sur un homme torturé et abattu d’une balle de M16, va révéler l’implication des services secrets sud-africains aux côtés des Américains dans la guerre d’Angola, au cours des années 1970, et provoquer une bataille rangée entre mafia, police et forces spéciales. Quand la culpabilité est l’affaire, non d’un individu, mais de tout un pays, le roman policier y prend une dimension nouvelle et passionnante.

Alexander Mc Call Smith, Les enquêtes de Mma Ramotswe : Les larmes de la girafe, Éd. 10/18 (Grands Detectives, numéro 3574), 2003
Depuis qu’elle a ouvert la première agence de détectives au féminin du Botswana, la trés pulpeuse Mma Ramotswe a trouvé le bonheur…
D’autant qu’entre deux enquêtes à mener, elle doit penser à son prochain mariage avec le plus courtois et le plus généreux des hommes,Mr.J.L.B Matekoni. Se méfiera-t-elle assez de la bonne acariâtre ? Regretterra-t-elle la promotion de Mma Makutsi au poste d’assistante-détective? Se remettra -t-elle de ses soudaines responsabilités de mère de famille ? En tout cas, elle réussira à rendre le sourire à une mère qui l’avait perdu depuis dix ans…

Henning Mankell, La lionne blanche, Éd. Seuil (Seuil Policiers), 2004
Avril 1992. En Scanie, Louise Åkerblom, se retrouve sur un chemin qu’elle n’aurait jamais dû emprunter : un homme l’abat froidement d’une balle en plein front. Peu auparavant, en Afrique du Sud, le tueur professionnel Victor Mabasha, se voit confier une mission inespérée. Ses commanditaires sont des Blancs, comme d’habitude. Mais cette fois, des Afrikaners haut placés, opérant au cœur des services secrets sud-africains.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise est retrouvé au fond d’un puits, à Skurup, aux environs d’Ystad, par Wallander et son équipe qui enquêtaient déjà sur sa disparition. Mais le passé de la victime est désespérément sans histoire. Pas le moindre indice.
Quelques jours plus tard, une maison explose à Skurup. Des débris de radio sophistiquée, de revolver et le doigt sectionné d’un homme noir sont retrouvés dans les décombres.
Le point de départ ici pour Henning Mankell est pourtant une tentative d’assassinat contre Mandela, peu après sa libération, par des Afrikaners extrémistes. Chargé d’enquêter sur la disparition d’une mère de famille exécutée par un ex-agent du KGB, lequel entraînait en Suède le tueur noir à la solde des fascistes blancs, Wallander est habilement introduit par son créateur dans le climat politique confus de l’Afrique du Sud.

Pepetela, Jaime Bunda, agent secret, Éd. Buchet-Chastel, 2005
Jaime Bunda, dit Popotin à cause de son impressionnant derrière, a été casé par son cousin au Bunker, siège des services secrets angolais. Depuis plus d’un an, ledit derrière vissé à une chaise, il s’ennuie… jusqu’au jour où son chef lui confie une mission - retrouver l’assassin d’une gamine de quatorze ans, tuée après avoir été prise en stop par un inconnu roulant dans une luxueuse voiture noire. Tandis que ses méthodes pour le moins loufoques sèment la consternation au Bunker, Jaime Popotin se retrouve sur la piste du mystérieux T, également appelé le ” pagre fumé ” - un gros poisson, donc, de mèche avec un certain Saïd Bencherif, escroc libanais entré clandestinement dans le pays… Quand Pepetela, l’auteur phare de la littérature angolaise, s’attaque au roman policier, c’est toute la société qui est radiographiée avec une verve, une truculence et une autodérision réjouissantes.

Pierre Cherruau, Claude Leblanc, Ballon noir, Éd. L’ecailler (Speciales, n° 21), 2006
Un jeune et brillant joueur de football africain doit être transféré d’un club européen à un club japonais. Mais il disparaît pendant le voyage…
Menée parallèlement au Japon par un flic à la retraite ami du directeur de club de Niigata et en Afrique par une détective privée sénégalaise qui va filer du mauvais coton dans les dangereuses provinces du Nigeria, l’enquête sur la disparition de Emeka Uche le donne pour mort. Mais c’est sans compter sur les talents de trompe-la-mort de la belle Mme Diop et sans l’intelligence et les déductions du détective Kishimoto.
Dans un monde du foot qui n’est guère épargné par les affaires (dopage, corruption, magouilles diverses) et alors que va s’ouvrir la grand’messe de la Coupe du Monde, ce roman arrive à point nommé pour donner au lecteur un angle de vue à la fois réaliste et romanesque concernant les vérités du football-business.

Amid Lartane, L’envol du faucon vert, Éd. A.m. Metailie (Metailie Noir), 2007
Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne. Il n’a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des “décideurs de l’ombre” qui contrôlent le pouvoir à Alger Dès lors, une machine implacable se met en branle.
Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu’on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou hon­nêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
Un roman noir librement inspiré d’une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l’un des plus grands scandales financiers de l’Algérie d’au­jourd’hui.
Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d’un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s’invente…

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Christian Roux, Kadogos, Éd. Rivages (Rivages Noir, numéro 749), 2009
« Kadogos », c’est comme cela qu’on appelle les enfants-soldats au Congo. De loin, ça fait peur; mais quand ils débarquent dans le coin de Rambouillet, armés et décidés à se venger, cela fait carrément tout drôle. Rajoutez qu’ils s’appellent Cobra le Dur, Giap, La Mort dans les Yeux ou Zig la Folle, on commence à se douter que le pire n’est pas loin! Mais ce ne sont pas les seuls personnages étonnants du dernier roman de Christian Roux. Marnie, par exemple, elle a été éduquée par son père pour devenir la meilleure tueuse à gages du monde. Maintenant qu’elle a rompu avec lui, elle se contente de pratiquer des euthanasies quasiment incontestables… Et un jour, en plus, elle rencontre l’amour!
Eustache, lui, est flic; on le connaît car, à la fin de Placards (précédent roman de Christian Roux, qui ressort bientôt en Folio policier), c’est lui qui a délivré puis recueilli Tony, un gamin martyrisé devenu autiste. Et c’est pas simple à gérer quand on mène l’enquête sur des meurtres particulièrement abjects.
On commence à voir se dessiner l’univers de Christian Roux, où les médecins de cliniques très privées ou certains flics de services très spéciaux sont tout sauf très clairs.
Tous ces personnages vont converger dans une de ces histoires d’amour, de mœurs et de mort qui permettent à Christian Roux de décrire le monde qui l’entoure, qui nous entoure. Avec son interrogation permanente sur la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent. (Présentation de Stéphane Bernard de la librairie La Réserve)

Florent Couao-Zotti, Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire, Éd. Le serpent à plumes (serpent noir), 2010
Il y a d’abord une miss, belle et longiligne, qu’on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, tout aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d’affaires libanais d’échanger de l’argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d’ange.
Par-dessus le marché, deux flics de la Brigade des Stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s’engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect : Smaïn, l’homme d’affaires.
Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu’elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ». Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon : si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire !

Lieve Joris, L’heure des rebelles, Éd. Actes Sud (Babel Noir), 2009
Kinshasa 2003.
Depuis l’assassinat de son père, Joseph Kabila est à la tête du pays. Au Congo, la guerre civile s’achève et un gouvernement de transition s’installe, qui suppose partage du pouvoir avec les ex-rebelles et réunification officielle de l’armée. Assani, officier supérieur, témoin actif de tous les conflits des années précédentes, s’installe dans la capitale avec ses gardes. Originaire de l’Est, il est de ceux qui furent rebelles, puis fidèles, menacés du fait de leur origine, traqués ou tout-puissants au gré des événements, des données politiques, des intrigues.
S’appuyant sur des situations et des lieux réels, Lieve Joris dresse le portrait de cet énigmatique personnage. Homme du combat comme du renseignement, de la violence comme de l’amitié, bousculé par un destin qui le plonge dans une solitude permanente et inquiète, Assani est à la fois pion, roi et fou sur un échiquier d’étendue internationale. Un pan fondamental de l’histoire du Congo et de l’Afrique est ainsi abordé à échelle humaine.
Voir aussi : Les hauts plareaux

Michel Arseneault, Perdu en Afrique, Éd. Stanké, 2009
Journaliste québécois installé en France, Michel Arseneault a pris le parti de se “perdre” en Afrique, de sortir des sentiers battus, de quitter les capitales.
Dans des pays où règne parfois la paix, souvent la guerre, il rencontre des Africains et quelques étrangers qui lui tiennent la main, au sens propre comme au sens figuré, pour l’aider à trouver son chemin, à comprendre. Il donne la parole à peu de personnages connus. Car il est persuadé que pour comprendre l’Afrique réelle, ses rêves, ses exploits et ses tragédies, il faut surtout être à l’écoute de ses enfants.
L’auteur, qui a visité plus de vingt-cinq pays africains en vingt-cinq ans, livre ici des récits de voyage, des portraits et des reportages. Étoffés de souvenirs personnels, dans une langue aussi précise que sensible, ces textes font voir un continent qui lutte et résiste, parfois s’épuise, dans un long combat: la vie quotidienne. Et l’on comprend de ce combat, au fil des pages, qu’il ressemble étrangement au nôtre.

Jean Rolin, La ligne de front - Un voyage en Afrique australe, Éd. La Table Ronde (La petite Vermillon), 2010
En 1987, Jean Rolin parcourt l’Afrique australe, de Dar es-Salam à Capetown, à travers les pays que réunit, du moins en théorie, leur opposition au régime d’apartheid.
Au fil de ses tribulations, certaines rencontres l’enrichissent : Robert, un révolutionnaire au bout du rouleau, expatrié à Zanzibar ; Ned et Joan, fermiers blancs cloîtrés au Zimbabwe derrière leur enceinte grillagée, ou encore une prostituée indienne ” semi-divine ” de Durban, qu’il rêve d’arracher à son sort. D’autres le mettent en rage, telle cette ” Carabosse envuitonnée ” qui lui gâche le panorama des chutes Victoria.
Et puis il y a les décors, qui le transportent : le vert affolant d’une plantation de thé, le chaos urbain, les chants d’oiseaux dans la nuit africaine…

Lionel Bourg, Max Lyonga Sako, L’échéance du songe, Éd. CCF de Douala, 2005
C’est que Douala n’est plus une ville. N’en fut jamais une sans doute, ou alors d’artifice, tracée au cordeau afin de répondre à l’impératif colonial qu’elle conteste, vie contre mort, verbe contre loi, subvertissant le quadrillage sécuritaire et s’engendrant elle-même pour se désagréger toujours plus loin en de tortueuses banlieues, périphérie frénétique, métastasée jusqu’aux campagnes limitrophes, qui enfle, déborde, déglutit l’espace ou croupit, s’exsude et digère les baraques de tôle qui prolifèrent autour des marchés où tout finit, tout recommence : Bibles, faux médicaments, flacons d’élixirs miraculeux et onguents, baumes, poissons, fruits ou préservatifs, monceaux de bêtes équarries, tabac, cahiers, casseroles, fleurs cueillies le matin, somptueuses.
En résidence au CCF de Douala lors de la coupe d’Afrique des Nations 2004, Lionel Bourg nous offre sa perception du Cameroun. Le livre et accompagné de dessin du plasticien Max Lyonga Sako.
Ce livre n’est pas disponible en France mais on retrouve le texte de Lionel Bourg dans son ouvrage : Comme sont nus les rêves aux éditions Apogée.

Hans-Christoph Buch, Voyage en Afrique extrême, Éd. Grasset, 2001
Deux voix s’expriment en alternance dans ce livre : celle de Hans Christoph Buch qui a effectué plusieurs grands reportages en Afrique, et celle de Richard Kandt, médecin né à Munich que Bismarck envoya en 1897 chercher les sources du Nil.
Hans Christoph Buch met ainsi en regard l’Afrique du passé et celle d’aujourd’hui. Au cours de ses séjours successifs au Liberia, au Rwanda, en Tanzanie et dans l’est du Zaïre, Hans Christoph Buch rencontre la dévastation, la guerre civile et l’horreur des camps cadavres putréfiés, médecins débordés par le flot des blessés, convois humanitaires bloqués par les rebelles. A l’hôtel, il écoute les récits de vies ravagées.
Intercalé entre ces visions d’horreur, le récit de Richard Kandt creuse la perspective du livre. L’Afrique du passé est à la fois proche et différente de l’Afrique contemporaine. Le médecin évoque la beauté des paysages rwandais puis la corruption et la violence, déjà présentes à l’époque. En rapportant les paroles de ceux qu’il rencontre, en les décrivant et en donnant leur nom, Buch semble faire un effort désespéré pour leur rendre leur individualité.
Les images du récit s’imposent à notre imagination avec force. Une vraie puissance se dégage du texte, dans l’horreur comme dans la grâce. La tragédie des génocides est traitée sous un angle profondément humain.

Roger Frison-Roche, Reportages africains, (1946-1960), Éd. Arthaud, 2010
1946. Roger Frison-Roche est à Tanger en qualité de journaliste. Pendant quinze ans, ses pas de reporter le mèneront à travers toute l’Afrique du Nord, de Tadjemout, petit village fortifié aux confins de l’immensité saharienne, à l’oasis d’Agadem au Niger ou à Bizerte en Tunisie. Les reportages qu’il rédige durant cette période, principalement pour l’Echo d’Alger constituent l’essence de cet ouvrage inédit.
Loin de s’en tenir à un prosaïque exposé de ses voyages, Frison fait de chacun d’eux une croisade littéraire au service de son appétit d’aventure. Course effrénée à l’or noir en Algérie, récit épique consacré à la mystérieuse princesse Tidjania… Reportages africains dresse un panorama de l’Afrique du Nord qui constitue à la fois un témoignage journalistique unique et un appel au rêve. Ces articles, dont certains ont inspiré les plus grands romans de l’écrivain, comme La Piste oubliée et Djebel Amour, provoquent l’irrésistible envie de bivouaquer sous la lune…

Félix Dubois, Tombouctou la mystérieuse, Éd. Grandvaux, 2010
Tombouctou a longtemps fait rêver l’imaginaire occidental : “la ville aux pavés d’or danse dans le rêve européen “.
Ville du savoir et des richesses, d’encre et de terre, Tombouctou - au Mali - est avant tout la ville de la connaissance, du voyage par excellence. Le but, le point ultime du Sahara, le plus grand désert du monde, dont nul ne revient intact. Le mérite de Félix Dubois est d’avoir retranscrit le chemin vers ce but, dans un texte magistral puisé aux sources de la brousse, de la chaleur et de l’espace. Son style accompli de grand-reporter de la fin du XIXe siècle, fourmillant d’anecdotes vécues, son texte fouillé et documenté lui ont valu alors d’être couronné par l’Académie française.
Ce livre publié en 1897, enfin réédité sous une couverture originale, est un véritable monument de la littérature saharienne.

Albert Londres, Terre d’ébène, Éd. Arléa (Arléa-Poche), 2008
1928, André Gide vient de publier Voyage au Congo et Retour du Tchad, ouvrages dans lesquels il a dénoncé avec vigueur les horreurs et les crimes du régime colonial de la France.
Albert Londres s’embarque pour un périple de quatre mois en Afrique, destination Sénégal, Niger, Haute-Volta (aujourd’hui Burkina-Faso), Côte d’Ivoire… Révolté à son tour par ce qu’il découvre, le grand reporter trouvera la violence et les accents qui conviennent pour en parler. Son livre, Terre d’ébène, suscitera de furieuses polémiques et incitera le gouvernement général de l’AOF à organiser un ” voyage de presse ” afin d’apaiser l’émotion produite par le reportage de Londres.
La presse coloniale, de son côté, se déchaînera, mais la violence ordurière de ses attaques renforcera le succès du livre.

André Gide, Voyage au Congo suivi de Le retour au Tchad : carnets de route, Éd. Gallimard (Folio), 1995
Récit d’un séjour en Afrique équatoriale française (Gabon, Oubangui-Chari (Centrafrique), Tchad et Cameroun)où l’émerveillement devant la nature sauvage se conjugue à l’indignation face au sort des colonisés.
«Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.» Voyage au Congo marque une date dans l’histoire de l’anticolonialisme. De son long périple, André Gide rapporta un réquisitoire contre les exactions systématiques des compagnies de caoutchouc, prêtes à organiser des massacres pour garantir leurs bénéfices. Son témoignage a d’autant plus de force qu’il n’idéalise nullement les Africains et qu’il rend hommage aux administrateurs dévoués et compétents qui croisent son chemin - parmi lesquels un Guyanais promis à un avenir glorieux, Félix Eboué.
Un des premiers réquisitoires contre le colonialisme, bref, mais efficace et réaliste.

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