le bout du pinceau


Merwan Chabane, Fabien Bedouel, Maurin Defrance, Fabien Nury, L’or et le sang, T2 - L’or et le sang, Éd.12 Bis, 2010
Léon Matillo et Calixte de Prampéand rejoignent Tanger à bord de leur voilier, l’Arudj, chargé d’armes. Cette cargaison sera vendue aux combattants rifains qui livrent une guerre d’indépendance aux espagnols colonisateurs. Nos deux aventuriers, trafiquants à la petite semaine, vont se retrouver piégés par un prétendu combattant qui est à la solde de l’occupant.
Une fois emprisonnés ils retrouvent Ahmed, qui doit être fusillé. Léon et Calixte prennent les choses en mains et feront évader leur compagnon. Dès lors ils deviendront des héros de guerre indépendantiste. Mais l’aventure ne fait que commencer…
L’Or et le sang a reçu un accueil très élogieux à la parution du tome 1. Nominé à Angoulême, il consacre Fabien Nury comme l’un des tous meilleurs scénaristes actuels et nous a fait découvrir trois talents en devenir… Merwan Chabane et Fabien Bedouel au dessin et Maurin de France qui est à l’origine de cette fabuleuse histoire.
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Aleksic, Bruno Falba, Antichristus, T2 - Bonaparte, Éd. Soleil Productions (Secrets Du Vatican), 2010
Le voile se lève sur le voyage de Napoléon en Égypte.
1798 ap. J.-C. Bonaparte, l’ennemi de l’Église, veut prendre Alexandrie. Mais pourquoi ? Le chevalier Achard de Bonvouloir le suit contre ses convictions. S’il a pactisé avec l’Antéchrist, c’est pour mieux déjouer ses plans. Sa quête n’est pas sans danger. Ses alliés dévoilent en Égypte leur véritable visage. Les francs-maçons sont ici. La résistance musulmane s’organise. La flotte britannique rode. Que cherchent-t-ils ? L’or des Templiers, le pouvoir ou la mémoire du monde ? C’est ce que le chevalier Achard de Bonvouloir va tenter de découvrir.

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Jean-Christophe Chauzy, Anne Barrois, Bonne arrivée à Cotonou, Éd. Dargaud, 2010
Un personnage, nommé Charles, parisien et féru d’Afrique gagne un voyage/safari au Bénin. Il arrive de plein pied dans un univers qu’il a imaginé, recrée à partir d’images stéréotypées et découvre la réalité de l’Afrique et le fossé entre l’image rêvée et la réalité. Un voyage criblé de pièges et loufoque dans un décor luxuriant et animalier.
Kùabò ! C’est ainsi que l’on est accueilli à Cotonou où la langue fon est bien plus parlée que le français qui, pourtant, a valeur de langue officielle. Kùabò ! Bonne arrivée ! Quels mots réconfortants pour le yovo (l’étranger) qui y arrive pour la première fois, surpris par la moiteur de l’air et un brin angoissé dans l’attente de découvrir, après que son avion s’est posé de nuit, à quoi ressemblent les choses lorsqu’elles sont dans la lumière du jour ! (d’autres infos sur Bodoï)

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Mathieu Sapin, Marguerite Abouet, Akissi, T1 : Attaque de chats, Éd. Gallimard Bd, 2010
Pauvre Akissi ! Les chats du quartier la poursuivent pour lui prendre son poisson, son petit singe Boubou manque de finir à la casserole avec une bonne sauce graine, et elle n’est qu’un misérable margouillat aux yeux de son grand frère Fofana… Mais il en faudrait beaucoup plus pour décourager Akissi. Car cette petite fille-là est survitaminée, une aventurière, une championne du monde de la bêtise, un piment.
«Akissi est très dynamique et le lecteur s’attache très vite à elle. Ses petites aventures, contées sous forme de bandes dessinées, son toutes aussi drôles les unes que les autres». (Lire l’intégralité de l’article sur Livres-à-lire)

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Hippolyte, L’Afrique de papa, Éd. Des Bulles Dans L’océan, 2010
«Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar. C’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest.
En haute saison, plus de 20 000 personnes s’y retrouvent le long des plages. Soleil, mer, golf, quad… Saly attire aussi des retraités européens. L’un d’eux est le père ­d’Hippolyte. «Elle est pas belle la vie ?» lui demande-t-il. Le fils ne répond pas : il dessine, photographie et raconte «L’Afrique de papa». L’Afrique de Papa mêle subtilement BD traditionnelle et photographies. La grande force réside dans l’alliance des deux techniques qui se font écho, apportant une vraie force au propos». (Lire l’intégralité de l’article sur Weebulle )

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Christian Straboni, Laurence Maurel, Le chapeau de Rimbaud, Éd. Akileos (Regard Noir Et Blanc), 2010
Juillet 1886, Abyssinie…
Dans le port de Tadjoura, minuscule protectorat français, un homme débarque du boutre d’Aden…
Son nom est Jean-Roch Folelli, ancien ouvrier typographe.
Que cherche-t-il ? Un ailleurs, toujours plus loin, et une caravane pour y aller. Pendant trois mois, Folelli découvre la petite colonie de commerçants et de militaires.
D’entrée, le soupçonneux chef de la garnison de Tadjoura, le Quartier-Maître Le Dantec, l’espionne. Folelli fait la connaissance d’un négociant français, Arthur Rimbaud, coincé depuis sept mois avec son serviteur Djami par les difficultés rencontrées pour lever une caravane. Il doit livrer à Ménélik, le roi guerrier du Choa, 2000 fusils et 60000 cartouches. Enlisé dans d’incessantes démarches et d’interminables négociations pour la constitution de sa caravane, Rimbaud s’ennuie. Pour tromper l’attente, il marche, bricole une lanterne magique, fait de la photographie, ironise sur ses compatriotes et se commande un chapeau de paille d’Italie sur catalogue.
Folelli obtient de Rimbaud de se joindre à sa caravane. La veille du départ de la caravane, Le Dantec découvre que Folelli est un évadé du bagne de Calédonie où il avait été déporté comme communard.
Alors qu’il menace de l’arrêter, Folelli le tue…
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A. Dan, Laurent Galandon, Tahya el Djazaïr, T2 - Du sable plein les yeux, Éd. Bamboo (Grand Angle), 2010
Quand la bande dessinée soulève le dernier tabou de l’histoire de France, la guerre d’Algérie.
Pierre et Paul se sont connus dans la résistance. Ils se retrouvent en Algérie en 1954. Le premier est engagé dans l’armée française. Le second était instituteur à Alger avant de fuir les événements et de se réfugier dans un village des Aurès avec sa compagne musulmane.
Paul ne pourra rester neutre lorsque celle-ci est victime d’un massacre qui semble orchestré par le FLN. Il va rallier Pierre à Alger et découvrir l’insoutenable face cachée de la “pacification” que son âme de résistant ne peut cautionner. Il adhère alors à la cause algérienne.
Un récit poignant à propos d’un sujet oublié dans la tourmente algérienne, les combattants européens ralliés aux indépendantistes.
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Didier Daeninckx, Galadio, Éd. Gallimard, 2010
Allemagne, années trente.
Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. A un détail près : sa peau est noire… Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d’occupation chargées de veiller à l’application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d’un bref amour avec une jeune Allemande. Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu’Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer, dans l’entre-deux-guerres, comme la ” honte noire “, symbole de l’avilissement délibéré du sang aryen par les occupants.
Leur sort ne sera en général guère plus enviable que celui des Juifs. Ulrich, pour sa part, va connaître un destin inattendu et mouvementé, et découvrir une autre facette de son identité : Galadio. Comme toujours, Didier Daeninckx s’appuie sur une documentation très fouillée pour éclairer un aspect méconnu de l’histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible des Allemands métis dans un pays emporté par le délire nazi.
De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu’aux rivages du Sénégal où se déroulent les premiers combats entre pétainistes et gaullistes, Ulrich apprend à connaître les hommes.
Voir un interviou de Didier Daeninckx

Yves Pinguilly, Un tirailleur en enfer : Verdun 1916, Éd. Nathan Jeunesse (Les romans de la mémoire), 2008
Tierno est un jeune Africain originaire de Mamou en Guinée. Il doit partir pour Dakar afin de poursuivre ses études. À Conakry, il fait la connaissance de Aboubacar, un jeune homme qui, comme lui, doit poursuivre ses études à Dakar. Mais arrivés là-bas, ils sont embarqués de force sur un navire à destination de la France. Nous sommes en 1915 et la Grande Guerre fait rage en Europe. Bon gré mal gré, les deux jeunes Africains acceptent leur sort et sont débarqués, quelques jours plus tard, à Saint-Raphaël, avec plein d’autres Africains de leur âge. Désormais, ils sont des «tirailleurs sénégalais».

Lire un interviou d’Yves Pinguilly

Myron Joel Echenberg, Les Tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française (1857-1960), Éd. Karthala (Hommes et Sociétés), 2009
Ce livre est le fruit d’un travail historique pionnier qui examine l’importance des forces militaires africaines dans la construction de l’empire colonial français et le rôle de celles-ci dans l’évolution des sociétés ouest-africaines.
Admirablement écrit, il résulte d’une recherche minutieuse qui retrace une histoire sociale globale combinant l’usage de méthodologies quantitatives et qualitatives. Il fait une place particulière aux témoignages oraux. Couvrant une grande variété de sociétés africaines, Echenberg explore des thèmes tels que les types de conscription et les modes de refus, le rapport des soldats coloniaux à l’idéologie de l’assimilation.
Il aborde aussi les questions relatives à l’utilisation de l’armée en temps de paix comme force de travail, aux efforts pour créer des corps d’officiers indigènes, au tribut payé par les dizaines de milliers d’Africains tués durant les deux guerres mondiales et à l’essor continu des associations d’anciens combattants qui se sont parfois engagés dans les combats politiques locaux. Reliant la période précoloniale, l’ère coloniale et le temps de l’indépendance, en considérant en particulier les moments de transitions, cet ouvrage fixe une nouvelle norme pour l’analyse historique de l’Afrique : il montre comment l’histoire militaire peut servir à comprendre d’autres aspects majeurs des sociétés africaines coloniales et postcoloniales, leurs stratifications et leurs héritages.
Ses analyses rigoureuses en font une étude incontournable pour les historiens de l’Afrique et de la France qui souhaitent mieux comprendre les interactions de deux peuples en contexte de domination.
En savoir + avec Persee.fr

Loustal , Paringaux, Kid Congo, Éd. Casterman, 1998
La France gère ses colonies africaines sans se soucier beaucoup de ses habitants noirs. Joseph travaille pour des “petits blancs” dans la région de Dakar. Il n’a pas le choix. Il est aussi l’amant de la propriétaire, Rose, et pour ça aussi, il n’a pas eu le choix. Quand l’homme blanc les surprend, Rose le tue et s’embarque pour la France accompagnée de son sculptural amant. Elle espère reprendre son ancien métier dans le bordel de Madame Marthe. Mais elle a vieilli et la maquerelle préfère embaucher le Noir comme étalon. Jusqu’au jour où Monsieur Henri, client du boxon, décide d’initier Joseph à la boxe. Tout en continuant son travail au bordel, il livre quelques combats qu’il remporte aisément sous le nom de Kid Congo. Tout serait parfait si le soleil de son pays ne manquait pas au jeune homme et si la lente déchéance de Rose ne lui brisait le cœur. Mais la guerre arrive qui balaye tout sur son passage. Engagé dans les tirailleurs sénégalais, Joseph sera amputé d’un pied et, bien plus, amputé de sa dignité.
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Aurélien Ducoudray, Eddy Vaccaro, Championzé, Éd. Futuropolis? 2010 
Qui connaît Battling Siki? Premier Français champion du monde de boxe, sénégalais, son nom a été effacé des encyclopédies sportives. Les années du début du XXè siècle sont placées sous le signe des colonies, et le racisme ordinaire s¹accorde mal avec la négritude du championŠ Plus qu¹une destinée hors du commun, Aurélien Ducoudray, dont c¹est le premier scénario, et Eddy Vaccaro brossent avec brio le tableau d¹une époque. Amadou M¹Barick Fall, surnommé Siki, jeune gamin de huit ans, né à Saint-Louis du Sénégal en 1897, vit de peu, de rien. Jusqu¹au jour où une riche danseuse hollandaise, de passage dans le pays, décide d¹en faire son boy sur scène et l¹embarque avec elle pour la France. Elle le rebaptise Louis Siki Fall. Quand elle repart à Rotterdam, quelques mois plus tard, il reste seul à Marseille, car il n¹a pas de papiers d¹identité. À la rue, plusieurs années durant, le jeune garçon enchaîne les petits boulots. Il survit. Repéré par un entraîneur de boxe, lors d¹une vulgaire bagarre avec un client du restaurant dans lequel il est plongeur, il devient Battling Siki. Concourant dans la catégorie « poids coq », il enchaîne les combats dans le Sud de la France. Sa carrière s¹interrompt, le temps de la Première Guerre mondiale où, sur un malentendu (Š), il est engagé volontaire, comme artilleur sénégalais bien sûr. Décoré de la Croix de guerre et de celle du Mérite pour ses nombreux et héroïques faits d¹arme, il reprend les combats, bat le champion des Pays-Bas, celui de Belgique et s¹installe à Paris, en 1922, en compagnie de sa jeune épouse hollandaise. Le 24 septembre, il devient champion du monde en battant le Français Georges Carpentier.
Mais un Noir champion du monde de boxe n¹est pas pour plaire, « le noble art n¹est pas une cage à nègres ». Accusé de tricherie afin de lui reprendre son titre, l¹affaire se retrouve devant l¹Assemblée Nationale. Mais rien ne peut annihiler le racisme ordinaire de cette France et du monde occidental colonialistes. Aux Etats-Unis, on ne lui permettra jamais d¹affronter leur champion BlancŠ Ce racisme, dont il est l¹objet depuis toujours, aura finalement sa peau : alcoolisme, déchéance, on retrouvera son corps, criblé de cinq balles, sur le pavé new-yorkaisŠ On est en 1925.
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Benoît Kongbo, Ali Boum Ye : le combat du siècle, Éd. Oskar, 2008
Un roman africain plein d’espoir qui montre comment la boxe aide un jeune africain à s’émanciper.
Ce roman est sélectionné dans le cadre d’un concours de l’Alliance Française de Bangui.
Ali Boum Yé est le titre de la chanson écrite à l’occasion du combat de Mohamed Ali.
Nago est un jeune africain de 14 ans. Orphelin, il a été élevé par sa grand-mère Tabitha. Il vit à Walingba, un des plus grands quartiers de Bangui et ne va pas à l’école car sa grand-mère n’a pas les moyens de le scolariser. À force de traîner toute la journée, Nago est devenu une sorte de caïd. Il se rend souvent au Méga Jet Li, le cinéma de la ville où son cousin Ouagra travaille. Un jour, Grondement dans la jungle, le film sur le combat de Mohamed Ali contre George Foreman en 1974, est projeté. C’est alors une véritable révélation pour Nago qui ne s’était jamais posé de questions sur son avenir. Il deviendra boxeur, comme Mohamed Ali…
Le nouveau roman de Benoït Kongbo va sortir le mois prochain aux éditions opoto : Kitoko Djaz : une aventure en camfranglais matinée de sango avec una superbe couverture de Piazo.

A l’occasion de la sortie de deux albums chez Casterman voici un petit voyage dans le temps au Congo. Chez le même éditeur pour le même pays on trouve aussi une aventure de Tintin mais on en a déjà (beaucoup) trop parlé…

Éric Warnauts, Guy Raives, Liberty, Éd. Casterman (Univers d’auteurs), 2010
Kinshasa, 1974. La jeune Tshilanda, fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international de la capitale zaïroise, vient d’avoir seize ans. La petite fille s’est métamorphosée en une séduisante jeune femme qui attire tous les regards masculins. L’un de ces hommes, le très magnétique manager du groupe de James Brown, alors de passage au Zaïre, ne va faire qu’une bouchée de la naïve Tshilanda. La jeune fille est enceinte…Il faut la faire quitter le Zaïre, éviter le scandale. Deux hommes, attachés l’un et l’autre à Tshilanda, vont l’aider dans cette entreprise : Edouard, un diplomate français de Kinshasa, et Mike, un musicien noir américain de Harlem, ancien G.I. du Vietnam devenu le batteur de James Brown. Grâce à l’alliance improbable de ces deux personnages, Tshilanda obtient une green card lui permettant de partir pour les États-Unis, où elle accouche d’une petite fille. Elle l’appelle Liberty…
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Éric Warnauts, Guy Raives, Fleurs d’ébène, Éd. Casterman (Univers d’auteurs), 2007
Le Congo Belge, à la veille de l’indépendance. Dans un contexte de tensions et d’agitations politiques et sociales, Jean, fonctionnaire de police, l’esprit encore chahuté par le départ soudain de son épouse et de ses deux filles, s’efforce de faire la lumière sur le décès suspect d’un Noir – “un nègre”, comme on le dit couramment dans la petite communauté des colons blancs….
En savoir +: Fleurs d’ébène
Frédéric Bihel, Jean-François Charles, Maryse Charles, Africa Dreams T. 1: L’ombre du roi, Éd. Casterman (Univers d’auteurs), 2010
Fin du 19e siècle, Congo, province du Kivu.Un jeune séminariste, Paul Delisle, rejoint l’une des missions des « pères blancs », dans la région des Grands Lacs, pour y participer à l’effort d’évangélisation des populations. Mais son arrivée a un autre motif, plus secret : tenter de retrouver son père Augustin, un ancien chirurgien devenu planteur, colon prospère mais farouche misanthrope, volontairement reclus dans un isolement presque total. Paul rejoint bientôt l’immense domaine d’Augustin Delisle. Son arrivée coïncide avec un drame : le planteur est gravement blessé, une flèche plantée dans le dos.
Voir les premières planches :

Le festival d’Angoulême va bientôt ouvrir ses portes. Premier constat : pas d’auteur africain dans la sélection.  Deuxième constat : 2 albums de cette sélection parlent d’Afrique. Troisième constat : si l’on veut découvrir de la BD d’Afriques une belle manifestation à lieu pour les chanceux de la région parisienne : les 4, 5 et 6 février prochains au Musée du Quai Branly à Paris. Pour ceux qui ne pourront s’y rendre : un maximum de liens pour se donner une idée de cette belle idée.

Les deux albums de la sélection d’Angoulême :

Judith Vanistendael, La Jeune fille et le nègre t. 2, Éd. Actes sud (l’An 2), 2009
L’histoire d’amour qui lie Sophie, une jeune Belge, étudiante en économie, et Abou, un demandeur d’asile togolais, nous est contée à travers les yeux d’un père et d’une mère. Derrière la chronique familiale, Judith Vanistendael évoque le quotidien des sans-papiers en Europe.

Charles Masson, Droit du sol, Éd. Casterman (écritures), 2009
Chaque année, des milliers de clandestins venus des Comores s’efforcent de s’installer à Mayotte, île française de l’océan Indien, à la recherche d’une vie meilleure. Mais le voyage est dangereux ; certains font naufrage et meurent… Le témoignage coup de poing d’un dessinateur indigné, qui dénonce crûment l’indifférence coupable de l’État français. (Voir des extraits)

À la rencontre de la bande dessinée africaine

Trois jours pour mieux connaître la bande dessinée africaine. Ce sera les 4, 5 et 6 février prochains au Musée du Quai Branly à Paris, avec une journée d’études, la projection d’un documentaire et la rencontre avec des auteurs.
Il y a pile 50 ans était édité le premier album de bandes dessinées publié sur le continent africain : Le Curé de Pyssaro par la Togolaise Pyabélo Chaold. Mais où en est aujourd’hui le neuvième art là-bas ? C’est à cette question que tenteront de répondre ces trois journées d’études, animées par Christophe Cassiau-Haurie, conservateur des bibliothèques et spécialiste de la BD d’Afrique, de l’Océan indien et des Caraïbes.
La première journée est consacrée à une intervention de ce dernier sur la question de la constitution d’un fonds de bandes dessinées africaines en France. Le lendemain, le vendredi 4 février, se penchera sur la réalité et aux perspectives de la BD africaine, avec comme intervenants : Robert Wazi (éditeur), Alix Fuilu (auteur-éditeur), Serge Diantantu (auteur-éditeur), Jean-Louis Couturier (rédacteur en chef de Planète Jeunes et Planète Enfants), Alain Brezault (journaliste, écrivain, scénariste), Lassane Zohoré (auteur), Antoine Tshitungu Kongolo (commissaire de l’exposition Congo Strips à Bruxelles en 2009), Viviana Quiñones (Centre national de la littérature pour la jeunesse), Adjim Danngar (auteur), et Catherine Ferreyrolle (responsable de la bibliothèque de la Cité de la BD d’Angoulême).
Le samedi sera plus grand public, avec la présentation de revues et d’albums africains et la projection du documentaire Résistant du 9e art (en présence de la réalisatrice Nicoletta Fagiolo et l’artiste camerounais Issa Nyaphaga). Enfin, le dessinateur Pat Masioni (Rwanda 94) sera présent pour une démonstration.

Musée du Quai Branly – Salon de lecture Jacques Kerchache.
206 et 218 rue de l’Université ou 27 et 37 quai Branly – Paris VIIe
Renseignements : 01 56 61 70 00 et www.quaibranly.fr

Quoi de plus agréable que de commencer l’année avec un nouvel album d’Éric Warnauts et Guy Raives. L’album sera dans les librairie le 27 janvier 2010, j’y reviendrai… Mais avant tout les vœux des deux compères.

Voici les étapes de la création de la couverture et une petite présentation.

Éric Warnauts, Guy Raives, Liberty, Éd. Casterman (Univers d’auteurs), 2010
Kinshasa, 1974. La jeune Tshilanda, fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international de la capitale zaïroise, vient d’avoir seize ans. La petite fille s’est métamorphosée en une séduisante jeune femme qui attire tous les regards masculins. L’un de ces hommes, le très magnétique manager du groupe de James Brown, alors de passage au Zaïre, ne va faire qu’une bouchée de la naïve Tshilanda. La jeune fille est enceinte…
Il faut la faire quitter le Zaïre, éviter le scandale. Deux hommes, attachés l’un et l’autre à Tshilanda, vont l’aider dans cette entreprise : Édouard, un diplomate français de Kinshasa, et Mike, un musicien noir américain de Harlem, ancien G.I. du Vietnam devenu le batteur de James Brown. Grâce à l’alliance improbable de ces deux personnages, Tshilanda obtient une green card lui permettant de partir pour les États-Unis, où elle accouche d’une petite fille. Elle l’appelle Liberty…

En savoir + sur le blog ébauches

Les albums d’auteurs africains sont encore trop rarement en vente dans les librairies françaises. Pourtant la création va bon train sous le soleil.Vous pouvez découvrir l’univers de ces trois bédéistes en cliquant sur la bannière de leur blog. Bonne et réjouissante lecture !

Dessinateur de presse au journal satirique “le Miroir” et au journal “Rafigui” au Tchad et aussi auteur de BD. Je dessine depuis tout petit, miniscule j’allais dire. Entendez par là… Qu’est ce que je dis?… Lisez par là que je suis autodidacte…
Adjim Danngar a une longue expérience de caricaturiste dans un pays où la liberté de la presse reste encore un vœu pieux.
Lire l’interviou réalisé par Christophe Cassiau-Haurie sur Africultures.

Né au Gabon, Pahé fait des études d’Art et de Publicité à Paris, avant de se consacrer au dessin de presse dans son pays natal. Passionné de Bd, Pahé participe à de nombreuses manifestations portées sur le 9ème Art à travers le monde. Il est notamment l’auteur de La vie de Pahé et de Dipoula, édités aux éditions Paquet.

Jeune dessinateur camerounais Bibi Benzo prépare son prochain album : la sensationnelle histoire urbaine du jeune Koloko dans un gang de braqueurs qui sème la terreur à Douala défiant le commandant Diallo et son opération corbeau.

Collectif d’auteurs, En chemin elle rencontre…, Éd. des ronds dans l’O, 2009
Si pour Aragon “la femme est l’avenir de l’homme” un tas de salopards nous rappellent chaque minute que le chemin est encore long !
Une femme meurt tous les 2 jours et demi sous les coups de son conjoint, environ 70 000 adolescentes de dix à dix-huit ans sont menacées d’être mariées de force, entre 55 000 et 65 000 fillettes ou femmes sont mutilées ou menacées de l’être. Chaque année dans le monde, 5 000 femmes sont tuées au nom de l’honneur, des centaines de milliers de femmes sont victimes de la traite en vue de la prostitution… Pour que les femmes osent parler, pour briser le silence, pour une prise de conscience et de responsabilité, les artistes, femmes et hommes, se mobilisent pour la défense du droit humain. L’ouvrage bénéficie du soutien d’Amnesty International.
Parution en septembre 2009

Les artistes du collectif : Adeline Blondieau, Isabelle Bauthian, Philippe Caza, Daphné Collignon, Eric Corbeyran, Carine De Brab, Lucien De Gieter, Didjé, Renaud Dillies, Christian Durieux, René Follet, André Geerts, Fred Jannin, Kness, Kris, Kroll, Denis Lapière, Emmanuel Lepage, Magda, Malik, Charles Masson, Alain Maury, Marie Moinard, Rebecca Morse, Nicoby, Jeanne Puchol, Guy Raives, Sergio Salma, Aude Samama, Séraphine, Bernard Swysen, Turk, Damien Vanders, Philippe Xavier

La contribution de Charles Masson et Guy Raives :

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Almo, Zamzam le tiers-mondiste : les Mbènguétaires,  Éd.Lazhari Labter, Alger, 2009
Almo n’est pas tout à fait un inconnu pour les lecteurs d’Opoto. Il a déjà envoyé un petit courrier et dans la version précédente du blog j’avais consacré un long article à son travail. Pour résumer, les aventures de Zamzam sont parues dans le numéro spécial de l’été 2006 que le magazine Spirou avait consacré à la BD camerounaise (grâce à l’ami Éric Warnauts. Ensuite Almo a continué à publier les aventures de son héros dans le magazine qu’il avait lancé :  Fluide thermal. Mais c’est la première fois que Zamzam parait en album. Belle initiative des éditions Lazhari Labter.
Le recueil Les Mbènguétaires (traduire les européens), est une première puisque jamais un éditeur algérien n’avait publié un recueil de BD africain en Algérie. Cette première vaut le détour d’autant qu’elle dénote de ce renouveau voulu et espéré par quelques aficionados dont fait partie Lazhari Labter.
Les Mbenguétaires est une incursion dans la société camerounaise. Les histoires drôles et les portraits des personnages permettent une véritable découverte du Cameroun.
Zamzam est un jeune enfant qui aime le football et le pain fourré au chocolat. Enfant curieux, benjamin d’une fratrie de trois enfants, il vit les aventures d’un enfant de son âge et observe les adultes qui l’entourent.
Lorsque Almo colle un ami albinos à Zamzam, l’allusion et la dénonciation de certaines croyances archaïques et dangereuses en Afrique est sans ambages.
L’auteur a rajouté un glossaire en fin d’album. Des définitions des mots issus du camfranglais et des mots inconnus aux non camerounais. Le dessin sobre et précis renseigne sur la maitrise technique de Almo. L’album est à découvrir assurément.
Almo avait précédemment publié un (volumineux album) qui rassemblait des centaines de dessins humoristiques effectués pour la presse : Du crayon plein la gomme.

Voir le blog d’Almo

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