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Nora Aceval, La science des femmes et de l’amour, Ed. Al Manar (Contes et nouvelles du Maghreb), 2009
La « Science des femmes et de l’amour » dont il s’agit ici trouve son origine dans les contes que les femmes du Maghreb aiment à raconter entre elles. Elle est, pour l’essentiel, puisée à la source des contes populaires d’Algérie, et plus précisément dans le corpus particulier des contes réservés aux adultes. Y sont mis en scène des maris ivres de jalousie et immanquablement trompés, des amantes amoureuses, des épouses naïves… le tout, orchestré par une gent féminine rouée comme il se doit ! Le beau prince de ces contes, sorte de Shahrazade au masculin, est lancé dans une série d’aventures et de découvertes étonnantes. Il parcourt de lointaines contrées, livré aux facéties de l’amour et du hasard. Chacune de ses rencontres est une promesse, mais aucune ne lui livre l’absolu du « secret des alcôves »…
Emporté par un tourbillon d’histoires aux senteurs orientales, le prince finira-t-il par découvrir la science des femmes ? Laquelle de ces belles lui fournira la clé du savoir ultime qui lui permettra d’accéder au royaume de ses ancêtres ?

Malek Chebel, Le Kama-sutra arabe : Deux mille ans de littérature érotique en Orient, Ed. Pauvert, 2006
Le Kama-sutra arabe est le fruit d’une longue tradition portant sur le désir, l’érotisme et la sexualité. Ce livre de sagesse millénaire, de méditation et de détente est un merveilleux voyage dans la culture arabo-persane. Conçu comme un manuel de savoir-vivre amoureux et d’éducation sexuelle, il regroupe une variété d’oeuvres littéraires et de poèmes portant sur le bien-jouir et la copulation. En célébrant les fastes de la chair, Malek Chebel, nous dévoile un monde fascinant dans lequel s’entrecroisent des amants célèbres déchirés par de passions contrariées, des couples comblés de volupté, ainsi que diverses spécialités érotiques encore tenues au secret. Il nous révèle surtout les mystères du harem et du hammam, les règles du massage, les douze inflexions de la beauté parfaite chez la femme et le secret des aphrodisiaques orientaux (la formule O). Certains textes étant traduits ici pour la première fois, le Kama-sutra arabe, qui tient autant de L’ art d’ aimer d’Ovide ou de De l’amour de Stendhal que du Kama-sutra indien, est d’abord un hymne à l’amour sous toutes ses formes, exploré, sans complexe ni tabou. Les Houris aux yeux de biches nous feront longtemps rêver…
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Salwa Al Neimi, La preuve par le miel, Ed. Robert Laffont, 2008 (sortie en poche chez Pocket en janvier 2010)
Une intellectuelle syrienne se passionne en secret, du moins le croit-elle, pour l’étude des traités érotiques arabes anciens.
Jusqu’au jour où elle est très officiellement invitée à participer à un colloque sur le sujet. C’est l’occasion pour elle d’évoquer sa vie passée, sa liberté, ses plaisirs et ses désirs, en une rêverie superbe où s’entremêlent les souvenirs nostalgiques d’un amant mystérieux et les citations des chefs-d’œuvre de la littérature érotique arabe. C’est aussi l’occasion pour elle de s’amuser, au fil des histoires qu’elle a recueillies et glissées dans son récit à la manière des Mille et Une Nuits, de la place qu’accordent au sexe les sociétés arabes actuelles.
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Breyten Breytenbach, Outre-voix = Voice Over, Éd. Actes Sud, 2009

Le verset qui abrite sous son aile un seul poète
a déjà perdu tout rythme

Il y a un peu plus d’un an que le poète palestinien Mahmoud Darwich est décédé. Dans cette conversation nomade avec Mahmoud Darwich, Breyten Breytenbach poursuit sa conversation interrompue avec son ami. Elle prend désormais la forme de ce long poème.

Extrait :
au moment de mourir, Mahmoud
ton aorte se débat
comme éclate un serpent pourpre
car les versets n’arrivent plus
à filer la parfaite métaphore
de ton cœur jaillit tel un poème
le sang ultime
dans cet hôpital étranger
du pays barbare,
ton cœur enfin
devenu oiseau sans ailes

Lire un autre (beau) texte de Breyten Breytenbach  : Un os à ronger (La République des Lettres)

Henry T. Aubin, Jérusalem délivrée : l’alliance entre Hébreux et Africains en 701 avant notre ère, Éd. Être et Connaître, 2009
L’histoire proche-orientale, qu’elle soit spirituelle ou profane, n’a pas fini de nous livrer tous ses secrets. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est son imbrication extraordinaire avec l’histoire de l’Afrique, berceau de l’humanité.
Dans la Bible hébraïque, la figure de Pharaon est empreinte de rejet. Cependant, avec les Pharaons koushites, l’Egypte ancienne retrouve unité, stabilité et puissance.
Journaliste et historien, Henry T. Aubin, à travers ce livre, nous fait revivre un pan complètement méconnu, voire occulté de l’histoire universelle.
Ce livre, c’est l’histoire héroïque de la civilisation koushite, plus précisément celle de la XXV dynastie. Mieux, l’histoire d’une exceptionnelle solidarité entre le royaume de Koush et le royaume de Juda, entre Africanité et Judaïsme.
L’auteur a raison d’écrire que cette histoire est un « chef-d’oeuvre peu connu de la littérature antique ».
En –701, l’armée assyrienne, redoutée pour son professionnalisme, se trouve aux portes de Jérusalem. Ezéchias se rend au Temple de Salomon, implore l’Eternel de délivrer Jérusalem de l’Assyrie. Mais en même temps, il prend soin de solliciter l’aide militaire de l’Egypte koushite. Car la chute de Jérusalem signerait la fin du judaïsme. TAHARKA, prince koushite et stratège militaire hors pair, vole au secours de Juda, met en déroute les Assyriens. Jérusalem est délivrée, elle fait la fête, et la société hébraïque peut continuer à s’épanouir.
Il ne fait aucun doute que les lecteurs francophones, à la suite des lecteurs anglophones qui l’ont déjà consacré comme un classique, le consacreront à leur tour lumière pour notre temps.

En feuilletant les nouveautés  se suis tombé sur Et si Dieu n’aimait pas les Noirs ? J’avoue que l’idée m’a fait sourire. Le problème étant fondamental pour l’avenir de l’Afrique, de dieu et de ses serviles serviteurs je me suis ensuite mis à penser qu’Opoto ne pouvait rater un tel évènement. Sous-titré « Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican », cet ouvrage, écrit par Serge Bilé en collaboration avec le journaliste italo-camerounais Audifac Ignace, « regroupe des témoignages de prêtres, d’évêques et de cardinaux africains, en poste à Rome,mais aussi de religieuses africaines envoyées par les congrégations de leur pays dans les couvents italiens, explique le Franco-Ivoirien. Tous racontent, pour la première fois, avec beaucoup de douleur, les discriminations dont ils sont victimes, au Saint-Siège même, de la part de leurs confrères et consœurs européens. »
En janvier 1944, alors que les armées alliées font route pour libérer Rome, occupée par les nazis, le pape Pie XII exige, curieusement, qu’aucun soldat noir, africain, antillais, ou américain, ne soit déployé aux portes du Vatican.
En août 1988, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, l’évêque zaïrois Emery Kabongo, est sauvagement agressé, officiellement par des inconnus, à Castel Gandolfo, la résidence d’été du souverain pontife, pourtant si bien gardée.
Aujourd’hui, les prêtres africains, en poste ou de passage au Saint-Siège, se disent discriminés. Plusieurs ont même été bannis, pour avoir prolongé leur séjour italien, au-delà de la limite autorisée. Ils sont désormais mendiants et sans papiers.
Quant aux religieuses africaines, que les congrégations romaines font venir, pour pallier la crise des vocations, elles constituent une main-d’œuvre corvéable à merci. Désemparées, beaucoup d’entre elles échouent dans la prostitution !
Serge Bilé,  Audifac Ignace, Et si Dieu n’aimait pas les Noirs ?, Éd. Pascal Galodé, 2009
Un tel non évènement valant bien que l’on en parle voici en bonus la vidéo de promo du bouquin !

Et si Dieu n’aimait pas les noirs - Problèmes de discrimination chez les religieuses - Jubii TV
Reportage sur les problèmes de discrimination chez les religieuses, problèmes sexuels chez les religieux, problèmes de prostitution chez les religieuses