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Des polars comme s’il en pleuvait : une bonne grosse averse de lecture palpitante, papillonnante, passionnante, pour la saison des pluies ; à déguster sans modération jusqu’au retour du soleil… (image Eric Warnauts)

PaulinFréderic Paulin, La grande peur du petit blanc, éd. Goater noir, 2013
Rennes, début des années 1970.
Louis Gascogne, ancien militaire, un temps barbouze et nouvellement détective privé tente de se reconstruire une vie loin de l’Algérie.
Achraf Laïfaoui, officier du FLN tombé en disgrâce travaille désormais à l’usine Citroën de Rennes, loin de sa famille, loin de son pays.
Mais le temps et la distance ne semblent pouvoir rien y faire : une décennie après la fin des combats, la mort, elle, continue à frapper aveuglément ces hommes revenus brisés d’une guerre qui n’a pas dit son nom.
Car, par-delà les souvenirs des années de conflit et leurs nouvelles existences au rabais, il semblerait que les ennemis d’hier doivent rendre des comptes à un fantôme…

khadraYasmina Khadra, Qu’attendent les singes, éd. Juillard, 2014

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Une femme, Nora Bilai, est chargée de mener l’enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles. Qu’attendent les singes est un voyage à travers l’Algérie d’aujourd’hui où le Mal et le Bien se sentent à l’étroit dans la diablerie naturelle des hommes.

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otsiemiJanis Otsiemi, Le chasseur de lucioles, éd. Pocket, 2014

Le corps d’un ex-flic retrouvé sur la plage, abattu au canon scié, calibre 22. Un fourgon blindé attaqué en plein Libreville, pour un butin d’une vingtaine de millions de francs CFA. Des prostituées assassinées par un tueur en série bien décidé à débarrasser la ville de toutes ses lucioles.
Au Gabon, comme ailleurs, la nature a horreur du vide, surtout en matière de crime. Meurtres, chantage, corruption… ici, on tire à balles réelles, et puisque l’argent est le nerf de la guerre, les flics peuvent difficilement la gagner sans se salir les mains…

smithRoger Smith, Le sable était brûlant, éd. LGF ‘Livre de poche), 2014

Accusé du meurtre de sa femme et de ses enfants, Robert Dell comprend que c’est à sa vie qu’en veut Inja Mazibuko, le flic et chef zoulou qui l’a arrêté. Désespéré, il s’attend au pire lorsqu’il est kidnappé par son père, ancien mercenaire de la CIA, bien décidé à rendre justice lui-même. Commence alors une traque infernale à travers une Afrique du Sud où la violence côtoie la misère et l’archaïsme tribal.
Dans sa quête de vengeance, Dell croisera le chemin de Sunday, une adolescente prête à tout pour échapper au mariage forcé auquel elle est destinée, et de Disaster Zondi, un ancien flic.

BussiMichel Bussi, Ne lâche pas ma main, éd. Pocket, 2014

Un couple d’amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Pourtant, le rêve tourne court. Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial, devient le coupable idéal. Désemparé, ne sachant comment prouver son innocence, il prend la fuite avec leur fille de six ans. Pour la police, cela sonne comme un aveu : la course-poursuite, au coeur de la nature luxuriante de l’île, est lancée.

mabanckouAlain Mabanckou, Tais-toi et meurs, éd. Pocket, 2014

Pour un roman noir, et sans jeu de mots, c’en est un. Décor : le Paris du milieu des Africains, leurs boîtes, leurs bandes et leurs « hommes d’affaires » sapés en technicolor, avec des pompes évidemment en croco, bleu ciel ou vert (ou rouge). L’histoire : Julien, un cave venu du Congo avec un faux nom, se fait prendre sous l’aile de Pedro, un caïd. Pedro fait un coup foireux à l’issue duquel une femme se jette par la fenêtre. Enquête de police : Julien se fait refiler de force l’identité de Pedro et finit à Fresnes, où il écrit ce récit. Le style : caméra au poing. Plus d’un sociologue des milieux d’immigrés y trouvera matière à réflexion.  À la dernière page, on a l’impression d’éteindre la télé après être passé des toilettes d’un club branché à une cellule de Fresnes en compagnie d’un tordu furieux. Les portraits des filles qui hantent les parages sont gratinés. Mais celui de l’avocat, Me Champollion ( !), n’est pas mal non plus. La moralité : quand t’es le plus faible, tais-toi et meurs.
Couronné par plusieurs prix littéraires, Mabanckou écrit dru. Et certainement vrai. Un petit hic : il renforce à son insu certains préjugés sur l’immigration. Mais c’est certain : il n’écrit pas pour rien.
Gerald Messadié

la traque de la musaraigne [blog]-193x300Florent Couao-Zotti, La traque de la musaraigne, éd. Jigal, 2014

Quand Stéphane Néguirec, jeune Breton un brin rêveur, poète à ses heures, amoureux du large et des horizons lointains, débarque à Cotonou, au Bénin, il ne sait pas encore que question dépaysement, il va être servi ! Aux paysages enchanteurs qui l’électrisent, s’ajoutent les charmes des filles aux courbes délicieuses et notamment, ceux de la mystérieuse Déborah Palmer qui lui propose très vite un mariage blanc contre une fortune en billets verts.
À l’autre bout de la ville, Jésus Light, un voyou ghanéen, traque sans relâche sa femme, Pamela, partie précipitamment avec le butin de son dernier casse… En temps normal, leurs chemins n’auraient jamais dû se croiser… Mais c’était sans compter sur cette bande de ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d’otages européens…

ebersohnWessel Ebersohn, La tuerie d’octobre, éd. Rivages (rivages/noir), 2014

Un mystérieux assassin supprime les uns après les autres des blancs qui avaient perpétré des années auparavant un massacre contre des militants anti-apartheid. Après plus de 15 ans d’absence, le 4e volume des enquêtes de Yudel Gordon, psychiatre rattaché aux services de l’autorité policière sud-africaine.?Les 3 autres volumes de la série, tous en collection Rivages/Noir, sont : La nuit divisée (1993), Coin perdu pour mourir (1994), Le cercle fermé (1996).

Envie de voyage ? Mieux qu’un guide, emportez un polar …

Qu’ils soient écrits par des auteurs africains ou pas tous ces polars parlent de l’Afrique, des Afriques.
Des centaines de livres à découvrir, classés par pays et par époques (années de parutions des ouvrages).
Il manque sans doutes pas mal de titres, alors n’hésitez pas à donner vos avis et à proposer des compléments.
Bonnes lectures, bons voyages…

L’indépendance de l’Algérie a 50 ans. Petit choix de lectures autour de cet événement.

Kaddour Riad, Putain d’indépendance !Éd. Contre allée, 2012
C’est l’aspiration d’un homme et d’un pays qui veulent enfin devenir eux-mêmes, c’est-à-dire autre. Un homme qui grandit en même temps que son pays, en proie aux mêmes rêves, dans une errance commune. En 1962, le FLN accède au pouvoir et proclame l’indépendance dans une liesse populaire qui ne résistera pas aux lendemains incertains. « Les pays coloniaux conquièrent leur indépendance, là est l’épopée. L’indépendance conquise, ici commence la tragédie. » (Aimé Césaire) Témoignage incisif, Putain d’indépendance ! est le récit implacable d’une révolution confisquée. L’humour avec lequel l’auteur brosse, dans des scènes tragi-comiques, la vie d’un « algérien indépendant », ajoute à la qualité d’une écriture qui se révèle avec ce premier roman.
En savoir + et lire un extrait


Tahar Ouettar, L’As, Éd. Le temps des cerises, 2012
L’As (peut-être le chef-d’œuvre de Tahar Ouettar, qui prend place dans la littérature révolutionnaire aux côtés de La Mère de Gorki ou de Gouverneurs de la rosée de Roumain) raconte la guerre d’Algérie, vue du côté des combattants algériens, et plus précisément à travers le regard de l’As, personnage principal et sorte d’idiot du village. Il raconte la répression et les tortures, mais aussi un épisode jusque-là tabou : la liquidation de maquis communistes par l’aile droite du mouvement nationaliste. L’As a été publié en arabe à Alger en 1974.
Tahar Ouettar est considéré comme l’un des principaux écrivains algériens arabophones, connu et étudié dans tout le monde arabe. Il a participé à la révolution algérienne et a connu, avec Boumediene, la prison pendant la lutte de libération nationale. Celui-ci président, Tahar fut l’un des rares cadres marxistes du FLN. Il a été, ensuite, directeur de la radio nationale. Ses romans et ses nouvelles n’ont cessé d’interroger la société algérienne. Il est mort à Alger durant l’été 2010.


Mouloud Mammeri, L’opium et le bâton, Éd. Points, 2012
« Les ans et les générations, les soleils et les pluies, les guerres et la paix ont modelé ce village qui ne ressemble à nul autre. Ce que des siècles ont fait il suffit ? fffffff (il souffla sur ses doigts) ? du vent d’une nuit pour le détruire, que ce soit la nuit du soleil ou celle de vos esprits. » Tala, niché dans les montagnes, est le village de Bachir et de sa famille. Piégés, déchirés entre le FLN et l’armée française, ses habitants s’interrogent : et si Tala n’était qu’une étoile morte ? Certains comme Tayeb ont vendu leur âme, d’autres comme Bachir et son frère Ali sont partis aider les frères. Entre ces deux extrêmes, une majorité de pleutres, passifs et apeurés… Qui sait si Tala survivra à la nuit des esprits ?

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Mario Urbanet, Mur de Sable, Éd. Le temps des cerises, 2012
Mario Urbanet a été appelé en Algérie et y a fait son service de 1956 à 1958. Quarante ans plus tard ce qui n’avait pas été dit ni écrit remonte à la surface. Ce qu’il nous livre aujourd’hui n’est pas un simple récit de souvenirs. Ici, le témoignage prend la forme d’un grand poème non seulement pour raconter ce qui a été, mais pour essayer de comprendre comment des jeunes « normaux » ont pu être entraînés dans la machinerie de la guerre et sa barbarie. Interrogation d’autant plus actuelle que l’histoire paraît se répéter avec entêtement…

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Barouk Salamé, Une guerre de génies, de héros et de lâches, Éd. Rivages (rivages thriller), 2012
Été 1962 : Serge Sarfaty, alors adolescent, sa grand-mère Rebecca et son cousin Samuel vivent la fin de l’Algérie française, meurtrie à la fois par l’OAS et par le FLN, en dépit des accords d’Evian censés permettre la réconciliation de toutes les populations.
D’un côté, l’OAS n’en finit pas de plastiquer l’infrastructure de la ville ; de l’autre, certains groupes du FLN sont engagés dans une spirale meurtrière : les Pieds-noirs sont enlevés par dizaine chaque jour et on commence à liquider les « collaborateurs » musulmans.Dans ce contexte confus, la famille Sarfaty, juive mais engagée en faveur de l’indépendance, croit n’avoir rien à craindre. Mais la grand-mère de Serge, Rebecca, qui s’était liée au MNA, un mouvement concurrent du FLN, détient sur ce dernier un document compromettant.
Bientôt, le petit Serge est enlevé.Oran, le 5 juillet, fête de l’indépendance. Beaucoup de voyous et d’incontrôlés du FLN, armés, avides de vols ou de violences faciles sont cachés dans la foule en liesse. À la différence d’Alger, aucune mesure n’a été prise pour éviter les débordements, le service d’ordre est réduit. À la suite d’une fusillade, la fête dégénère en massacre. Pendant ce temps, l’ALN (Armée de Libération Nationale), qui n’a pas combattu dans les maquis mais a été armée par les Russes et les Chinois, attend à la frontière marocaine de pouvoir entrer en Algérie


Maurice Attia, Jacques Ferrandez, Alger la noire, Éd. Casterman, 2012
Alger, 1962 : un monde finit de se décomposer, bientôt l’Algérie sera indépendante et l’OAS mène son baroud d’honneur.
Sur la plage de Padovani, à Bâb-el-Oued, deux gamins ont trouvé les corps d’Estelle et de Mouloud : une balle dans le cœur pour elle, une autre dans la nuque pour lui et trois lettres gravées sur son dos… Paco Martinez, inspecteur de police qui refuse envers et contre tous de prendre parti dans cette guerre, va, avec un acharnement dérisoire, s’emparer de cette affaire pour échapper à la guerre civile et fuir le chaos de son univers.
Épaulé, un temps, par Choukroun, son coéquipier et ami, puis par Irène, sa flamboyante maîtresse, Paco, fils d’un anarchiste espagnol assassiné durant la guerre d’Espagne, sera inévitablement rattrapé par son histoire lorsque sa grand-mère, sombrant, à l’image de la ville, dans la démence, lui fera perdre quelques illusions. Menant son roman noir à quatre voix, l’auteur nous entraîne dans l’univers glauque d’une famille de la bourgeoisie algéroise, avec ses secrets, ses perversions et ses conflits de loyauté.
Mais qu’importe alors la mort de deux individus, quand, à Bâb-el-Oued, la folie et le désespoir engendrés par les « événements d’Algérie » forcent des êtres résignés à tout abandonner ou à tout détruire ?

Pas grand chose dans les nouveautés ce mois ci, à part les quelques titres ci-dessous. Pourquoi ne pas en profiter pour visiter la librairie Présence Africaine de Paris : Nouvelle devanture, nouvelle enseigne, locaux refaits à neuf… la librairie a fait peau neuve durant cet été. Au cœur du quartier latin, la librairie est, plus que jamais, le lieu incontournable pour trouver le livre, l’article, l’atmosphère qui vous plonge dans le tourbillon de l’incroyable vitalité qui anime le continent africain et ses différentes diasporas.??

Mansour El Souwaim, Souvenirs d’un enfant des rues, Éd. Phebus, 2012
La guerre civile domine la scène politique soudanaise depuis l’indépendance du pays, opposant musulmans, chrétiens et animistes. Depuis les années 90, les raids d’enfants perpétrés par les différentes factions armées pour nourrir le marché quasi officiel de l’esclavage ont jeté dans les rues de Khartoum des milliers d’enfants de toutes confessions, orphelins et déracinés.
Kasshi, le héros du roman, est né paraplégique. Doté d’une intelligence supérieure et d’une mémoire phénoménale, il s’abreuve au savoir de ses maîtres, apprend le Coran par cœur, et se lance dans l’étude des sciences occultes et autres disciplines ésotériques. Nous le suivons de la petite enfance à l’âge adulte, au fil des rencontres avec les gamins des rues, chefs de gangs, voleurs ou vendeurs à la tire, indigents et infirmes. La nature l’ayant gratifié d’un sexe qui fait se pâmer la gente féminine, il découvre tôt les plaisirs charnels. Ses charlatans de maîtres à penser vont exploiter cette aubaine pour attirer les belles naïves dans des pièges dont elles ne sortiront pas indemnes.
L’auteur réussit à faire d’une vie marquée par le sceau de l’échec, du désespoir et de la violence, un récit quasi légendaire. Ainsi va la vie de Kasshi, tour à tour voyou et prophète, prince et mendiant, libre et captif, maître et victime de sa propre destinée.

Ivan Vladislavic, Folie, Éd. Zoe, 2012

Quelque part dans l’immensité du veld sud-africain, un homme arrive dans un terrain vague et y prend ses quartiers. M. et Mme Malgas, les occupants de la maison voisine, observent avec la plus grande attention cet intrus qui interrompt singulièrement leur routine. Monsieur est quincailler, Madame dépoussière les bibelots, regarde la télévision et attend le retour de son mari. L’inconnu explique à son voisin, de plus en plus fasciné, son plan: la construction très mystérieuse de sa maison, une maison mentale. La voisine, quant à elle, est convaincue de la folie de cet homme qu’elle s’obstine à appeler « l’Autre », et qui lui vole son bon mari. Folie est un huis clos à trois, récit d’une désillusion comique, tissée de clous et de fils, de chimère et de mots.

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Djiby Sy, Roger Lavergne, La véritable histoire de Monsieur Sy, Éd. Sépia, 2012
Monsieur Sy est un travailleur émigré sénégalais qui est arrivé en France dans les années soixante. Son parcours est exemplaire.

Le jeune Djiby Sy qui s’embarque en trichant légèrement sur son âge, se verra confronté au choc des cultures. Il ne sait ni lire ni écrire. Il apprendra d’abord à prendre le bus, à s’habituer à la nourriture française : sa nouvelle vie est si différente de celle de son village. Il exercera de nombreux « petits boulots » à Marseille, Bordeaux, Paris… Mais surtout, il apprendra à lire, à écrire et à prendre sa place dans la société française en citoyen responsable.
Le jeune Sy parle de son déchirement, de la place des femmes, de son mariage, de son engagement syndical et de sa retraite en banlieue parisienne. L’émigré est devenu « Monsieur Sy ». Il est respecté par tous et ses conseils sont écoutés.
Un livre qui déborde d’humanité.

Henri Lopes, Une enfant de Poto-Poto, Éd. Gallimard (Continents Noirs), 2012

«À la une, la photo d’une foule en liesse… En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. À sa gauche, c’est moi, Kimia… C’était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance… Pour Pélagie et moi, il s’agissait plus d’une occasion de réjouissance que d’une date historique.» Suit le récit d’une amitié liant deux jeunes femmes que l’évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé.
Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto?… Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. À contre-courant des clichés, l’auteur, à l’écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues.
De l’Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou.

Denis Labaye, Noirs sur blanc, Éd. dialogues, 2012

Comment Zola Méké, jeune Africain issu d’une famille démunie, est-il devenu chirurgien à Paris ? ?Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse : déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement entre l’attrait d’une vie « moderne » et l’emprise de la culture originelle.?Mais ce roman est aussi une histoire forte d’amitié et d’amour entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent : un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent.
« Noirs en blanc » est une fiction inspirée des témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux. Il évoque la fuite des cerveaux d’Afrique ? un drame pour ce continent… « Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins ! » s’écrie Myezi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.
« C’est un roman formidable et courageux. La première partie, un Cubain aurait pu l’écrire, les deux autres, un Africain aurait aimé les écrire. » Eduardo Manet

Pas d’idées de cadeaux ? Et hop, voici la petite liste des préférés d’Opoto pour l’année 2011 : de bons moments de lecture en perspective. Bon Noël et joyeuse année. (image Warnauts et Raives)

BD
Brüno, Nury, Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle, Éd. Dargaud, 2011
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Attilio Micheluzzi, Bab-el-Mandeb, Éd. Mosquito, 2010
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Polar
Taylor Stevens, Dernière piste, Éd. Presses de la Cité ( Sang d’encre), 2011
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Poésie
Fernando d’Almeida, L’ouvert de l’ultime : tombeau de Gatien Lapointe, Éd. L’écrit des fores, Éd. Henry, 2011
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Romans
Marc Trillard, Les mamiwatas, Éd. Actes sud, 2011
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Léonora Miano, Ces âmes chagrines, Éd. Plon, 2011
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Benoît Kongbo, C’est si triste de ne pouvoir te haïr, Éd. Opoto, 2011
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Sami Tchak, Al Capone le malien, Éd. Mercure de France (bleue), 2011
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Vécu
Lieve Joris, Ma cabine téléphonique africaine, Éd. Actes Sud, 2011
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La grande Dame nous a quitté. Merci. Merci pour tout.

Cesaria Evora, Appelez-moi Cize : Conversations avec Stéphane Boudsocq, Ed. City, 2009
Cesaria Evora, c’est un talent, une sincérité, l’ambassadrice d’un style musical et d’un peuple.
Cesaria, c’est une carrière et une vie que, pour la première fois, la chanteuse raconte. Elle se remémore ses années d’enfance au Cap-Vert dans les quartiers pauvres de la capitale. Sans fard, elle en évoque les moments difficiles, lorsqu’elle est placée chez des religieuses ou sa relation avec l’alcool. Avec la simplicité qui la caractérise, Cesaria raconte dans ces pages sa carrière musicale, ses succès immenses et sa philosophie d’une vie à la fois riche et simple.

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Sandrine Teixido, Cesaria Evora, Ed.Demi-Lune (Voix Du Monde), 2008
Cesaria EVORA est devenue une légende qui a fait connaître au monde entier la morna et la coladeira capverdiennes. Diva à la voix rauque et profonde dont la vie est tout droit sortie d’un roman, elle a souvent été comparée à Billie Holiday. Une enfance pauvre, un goût immodéré pour le cognac et le tabac, une vie passée à chanter dans les bars, une reconnaissance tardive à la cinquantaine et une authenticité intacte : tels sont les attributs d’une chanteuse hors norme aujourd’hui acclamée par le public international. Grâce à elle un engouement s’est créé pour la musique capverdienne riche de nouveaux talents.
L’auteur retrace les différents moments de la vie de «Cize», l’ambiance des bars de Mindelo, l’activité du port, les aléas d’une vie difficile mais aussi le succès et les efforts entrepris pour arriver à une consécration méritée. Elle tente également d’expliquer l’émergence d’un succès si imposant au sein des musiques du monde et brosse un panorama de la musique capverdienne longtemps méconnue du public occidental.
Une série d’ouvrages biographiques dédiés aux plus grandes figures des musiques du monde. La collection Voix du monde se fixe pour ambition d’explorer les parcours et les courants musicaux de ces artistes majeurs, emblématiques de leur pays, à travers des ouvrages de référence, concis et vivants, écrits par des spécialistes passionnés.

Véronique Mortaigne, Pierre René-Worms, Cesaria Evora et le Cap-Vert, Ed. Tournon (Tournon Rfi), 2008
Ni Cap, ni Vert, l’archipel du Cap-Vert est un ensemble de dix îles qui possèdent chacune leur caractère. Cesaria Evora a joué un rôle fondamental dans la découverte de ce pays sahélien, venteux, envoûtant, aride petit pays à l’histoire incongrue. La « morna » qu’elle chante en fait l’incarnation de ce destin atlantique qui commença un jour de l’an 1456, quand les caravelles d’Henri le Navigateur abordèrent ces terres inconnues. Africain, portugais, anglais, juif, cubain, brésilien, le Cap-Vert est tout cela, mais il est essentiellement créole et résistant. Cesaria Evora ne dévoile rien, mais traduit tout avec intelligence. En suivant ses pas, et celui de la « morna », voici une découverte heureuse, paysagère et musicale d’un archipel hors du commun. Auteurs : Véronique Mortaigne est critique musicale au Monde et spécialiste de la World Music. Elle a vécu de nombreuses années au Brésil. Parmi ses ouvrages publiés, « Musiques du Maghreb » (Le Chêne, 2002), « Portugal : fado, chant de l’âme » (Le Chêne, 1998) et « Cesaria Evora, la voix du Cap-Vert » (Actes Sud, 1997). Pierre René-Worms est connu à travers le monde pour ses portraits de Bob Marley, Youssou N’Dour, Etienne Daho. Il est l’un des grands photographes de la sono mondiale. Ses images composent plusieurs ouvrages chez Tournon.

Et pour le plaisir…

Retenus parmi quatre-vingt-douze romans concourant à la 10e édition du Prix des cinq continents de la Francophonie qui récompense tous les ans un roman d’expression française, dix ouvrages finalistes ont été sélectionnés par les représentants des quatre comités de lecture : l’Association Entrez Lire de Belgique, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain francophone et le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec.

Le jury, présidé par Lyonel Trouillot (Haïti),a désigné les lauréats parmi les dix finalistes au mois de septembre : Jocelyne Saucier (Canada Québec) pour son roman Il pleuvait des oiseaux (éd. XYZ). Une mention spéciale a été attribuée à Patrice Nganang (Cameroun) pour son roman Mont-Plaisant

Les dix romans finalistes (et des liens pour les découvrir) à la 10e édition du Prix des cinq continents de la Francophonie étaient :

- Photo de groupe d’Emmanuel DONGALA aux éditions Actes Sud (Congo)
- Les villes assassines d’Alfred ALEXANDRE aux éditions Écriture (France-Martinique)
- Maudit soit Dostoïevski d’Atiq RAHIMI aux éditions P.O.L. (Afghanistan)
- Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne SAUCIER aux éditions XYZ (Canada-Québec)
- Celles qui attendent de Fatou DIOME aux éditions Flammarion (Sénégal)
- Mont plaisant de Patrice NGANANG aux éditions Philippe Rey (Cameroun)
- Corps mêlés de Marvin VICTOR aux éditions Gallimard (Haïti)
- La petite et le vieux de Marie-René LAVOIE aux éditions XYZ (Canada-Québec)
- La dernière ronde d’Ilf-Eddine BENCHEIKH aux éditions Elyzad (France-Algérie)
- L’extrême de Sandrine WILLEMS aux éditions les Impressions nouvelles (Belgique)


Deuxième série de la rentrée littéraire : les livres au format poche. Une bonne occasion de (re)découvrir des titres publiés l’année passée. (Lecture à Angongué. Photo Anne Cillon Perri)

Didier Daeninckx, Galadio, Éd. Gallimard ( Folio), 2011
Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. À un détail près : sa peau est noire…
Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d’occupation chargées de veiller à l’application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d’un bref amour avec une jeune Allemande.
Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu’Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer, dans l’entre-deux-guerres, comme la « honte noire », symbole de l’avilissement délibéré du sang aryen par les occupants. Leur sort ne sera en général guère plus enviable que celui des Juifs.
Ulrich, pour sa part, va connaître un destin inattendu et mouvementé, et découvrir une autre facette de son identité : Galadio.
Comme toujours, Didier Daeninckx s’appuie sur une documentation très fouillée pour éclairer un aspect méconnu de l’histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible des Allemands métis dans un pays emporté par le délire nazi. De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu’aux rivages du Sénégal où se déroulent les premiers combats entre pétainistes et gaullistes, Ulrich apprend à connaître les hommes.

Jean-Christophe Rufin, Katiba, Éd. Gallimard ( Folio), 2011
Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L’attaque est signée « al-Qaida au Maghreb islamique », dont tout laisse à penser que les partisans veulent aller beaucoup plus loin et rêvent de frapper la France au cœur. L’événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements du monde entier. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay apparemment sans histoire, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d’une opération d’envergure inédite. Quels liens cette Française à l’élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman ? C’est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement. Complice, victime ou agent double, Jasmine incarne le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous.

Francis Zamponi, Le boucher de Guelma, Éd. Gallimard ( Folio policiers), 2011
Arrêté lors d’une escale en Algérie, Maurice Fabre est inculpé de génocide et crimes contre l’humanité. Ancien sous-préfet de Guelma, petite ville de l’Est algérien, il est accusé d’avoir ordonné et perpétré les tristement célèbres « massacres de Guelma » en 1945 : lors des célébrations du 8 mai, des émeutes nationalistes éclatèrent et furent réprimées dans le sang, faisant de nombreuses victimes parmi les Européens comme parmi la population musulmane.
Plus de soixante ans après ces événements, Maurice Fabre accepte de répondre à la justice algérienne et se replonge dans les heures sombres de la France coloniale. Bien embarrassé par cette arrestation au moment où les relations entre les deux pays semblent s’apaiser, le gouvernement français tente de le faire passer pour un vieillard gâteux. Mais Fabre a prévu de dévoiler toute la vérité…

Mohammed Aïssaoui, L’affaire de l’esclave Furcy, Éd. Gallimard (Folio), 2011
«Le 16 mars 2005, les archives concernant « L’affaire de l’esclave Furcy » étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidories – illustrait une période cruciale de l’Histoire.
Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy, un esclave âgé de trente et un ans, qui, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décida de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.
Après de multiples rebondissements, ce procès, qui a duré vingt-sept ans, a trouvé son dénouement le samedi 23 décembre 1843, à Paris.
Malgré un dossier volumineux, et des années de procédures, on ne sait presque rien de Furcy, il n’a laissé aucune trace, ou si peu. J’ai éprouvé le désir – le désir fort, impérieux – de le retrouver et de le comprendre. De l’imaginer aussi.»

Hisham Matar, Au pays des hommes, Éd. Points, 2011
Est-ce bien Baba, caché derrière des lunettes noires, qu’il a aperçu ? Suleiman est troublé : son père, que l’on dit en voyage d’affaire, a traversé la place en l’ignorant. En cet été 1979 à Tripoli, les événements lui échappent : un proche de son ami Karim est emmené violemment par des inconnus. Et que veulent ces hommes qui fouillent sa maison ? Pourquoi sa mère brûle-t-elle tous leurs livres ?
Né à New York de parents libyens, Hisham Matar a passé une partie de son enfance à Tripoli et au Caire. Au pays des hommes est son premier roman. Il a figuré dans la dernière sélection du Booker Prize.
« Un puissant roman politique et une tendre évocation des conflits humains ? l’identité, le pardon, l’amour. »
The Observer

J. M. Coetzee, L’Eté de la vie, Éd.. Points, 2011
Le célèbre écrivain J. M. Coetzee est mort. En recueillant le témoignage de ses proches, un universitaire établit sa biographie posthume. Amant indésirable, enseignant sans charisme, homme distant et peu sociable : le portrait n’est guère flatteur. En imaginant ce qu’on dirait de lui une fois disparu, John Coetzee dévoile son mal-être et une formidable méditation sur la condition humaine.
Né en 1940, J. M. Coetzee a reçu le prix Nobel de littérature en 2003. Il a écrit deux autres récits autobiographiques : Vers l’âge d’homme et Scènes de la vie d’un jeune garçon, disponibles en Points.
« Un autoportrait virtuose, qui entremêle le vrai et le faux, l’autobiographie et le roman. Magistral. »
Télérama

Abdellah Taïa, Le Jour du Roi, Éd. Points, 2011
À la vie, à la mort. Khalid et Omar, deux enfants de Salé, sont les deux moitiés d’un même fruit. Pourtant, tout les oppose. Khalid le riche, Omar le pauvre. Lorsqu’on a l’âge de courir dans les dunes jusqu’à en perdre la tête, l’argent et les différences sociales n’existent pas. Cette fragile insouciance ne résistera pas à la visite du roi Hassan II.
Abdellah Taïa est né à Salé (Maroc) en 1973. Il vit à Paris où il prépare un doctorat en lettres. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment L’Armée du salut et Une mélancolie arabe, disponibles en Points.
« Le lyrisme dépouillé d’Abdellah Taïa épouse parfaitement le tragique de la situation. »
Le Nouvel Observateur

Anouar Benmalek, Le Rapt, Éd. Livre de poche, 2011
Confronté aux violences qui secouent l’Algérie, Aziz se veut détaché et caustique, seule façon pour lui de se protéger. Mais, lorsque sa fille de quatorze ans est enlevée, il comprend que l’ironie ne lui sera d’aucun secours. Le ravisseur contacte la famille et menace sa victime du pire si la police est prévenue. De toute façon, qui aurait envie de s’en remettre aux autorités algériennes ? Aziz peut-il alors compter sur Mathieu, le beau-père de sa femme, un Français dont le passé pendant la guerre d’Algérie est plutôt trouble ?
Le souffle de la colère gonfle les pages de ce dernier roman. De la première à la cinq centième page, […] il enveloppe le lecteur, le bringuebale à travers différents temps et espaces pour le laisser groggy, l’estomac encore noué, un goût d’amertume au fond de la gorge. Et pourtant… on serait presque tenté d’en redemander. Jean-Pierre Han, L’Humanité.

Candi Miller, Le sel et le miel, Éd. J’ai lu, 2011
1958.
Alors que l’apartheid règne en Afrique du Sud, la jeune Koba, onze ans, membre d’une tribu nomade du Kalahari, assiste au meurtre de ses parents par deux chasseurs blancs. Recueillie par Marta et Deon, un couple d’Afrikaners, Koba s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie, tout en ayant conscience qu’elle est source de conflit entre les époux, dont les opinions divergent sur l’éducation à lui donner. Mannie, leur fils, éprouve d’abord un sentiment de culpabilité à l’égard de Koba, qui n’empêche pourtant pas une amitié de naître entre eux, jetant un pont fragile par-delà les différences raciales.
Mais la réalité les rattrapera lorsque cette amitié – qui s’est au début forgée grâce au troc :  » Je te donne du sel ; tu me donnes du miel  » – se transformera en amour… Pour rédiger ce roman, comparé outre-Manche à ceux de Karen Blixen et de Nadine Gordimer, Candi Miller a passé de longues semaines dans le désert du Kalahari, à la rencontre de ses habitants, afin de s’imprégner de leur culture. Un texte dont l’écriture sensible et poétique fait ressentir le charme envoûtant de l’Afrique.

Opoto va prendre un peut de temps cet été pour repenser le site et revenir en pleine forme et de bonne humeur en septembre. D’ici là, deux pistes pour passer l’été en bonne compagnie : un polar fantastique (ou un fantastique policier, au choix) qui nous arrive d’Afrique du Sud puis, pour la fin des congés, le nouveau roman (depuis le temps que l’on attendait !) de l’ami Marc. Bonnes lectures.

Marc Trillard, Les Mamiwatas, Éd. Actes Sud, 2011
Alors qu’un climat d’insurrection s’étend sur le Cameroun, le directeur de l’Alliance française de Buea, cloîtré chez lui, face à la mer et ses créatures délétères (les mamiwatas), boit la coupe de deux ans de désenchantements : sa scabreuse addiction de quinquagénaire aux charmes d’une trop jolie menteuse locale ; l’illusion d’échapper au passif des amours/haines coloniales ; et l’agonie (programmée en haut lieu) de l’Alliance française qu’il dirige – fruit pourrissant de siècles de présence française en Afrique.

Marc Trillard signe un grand roman d’amour politique d’une honnêteté et d’une liberté intellectuelles rares.

Lauren Beukes,  Zoo City, Éd. Éclipse (Fantastique), 2011
Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues. Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre. Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés… dont la sienne. Prix Arthur C. Clarke 2011.

François Nkémé, Patrice Nganang, Gertrude Obinong, Peter W. Vakunta, Dipita Kwa, Edouard Elvis Bvouma, Nouvelles du Cameroun, Éd. Magellan et Cie, Ifrikyia, Courrier international, 2011
Par ses paysages, par son histoire, par sa culture, on dit du Cameroun qu’il est une « Afrique en miniature » ou une « Petite Afrique ». Il est vrai que les composantes principales de ce pays d’Afrique centrale sont celles de toute l’Afrique. Ce nouveau recueil de la collection « Miniatures » se devait de refléter cette diversité. Ainsi, deux nouvelles sont traduites de l’anglais, celles de Dipita Kwa et Peter W. Vakunta, tandis que les quatre autres sont écrites en français, celles de Patrice Nganang, François Nkémé, Gertrude Obinong et Elvis Edouard Bvouma. On aura avec eux quelques aperçus du « camfranglais », mélange de français, d’anglais, de locutions dialectales camerounaises et de pidgin, savoureux argot que la jeunesse urbaine a créé et qui varie selon les villes.
Nation littéraire, le Cameroun l’est à l’évidence. Une jeune génération, au contact des littératures européennes et américaines, s’inscrit désormais dans la littérature mondiale avec vigueur. Les six nouvelles de ce volume en témoignent. Pétri de traditions et ouvert culturellement sur le monde, le Cameroun possède parmi les écrivains les plus prometteurs du continent.

Rabâa Abdelkéfi, Ali Bécheur, Hélé Béji, Tahar Bekri, Emna Belhaj Yahia, Sophie Bessis, Azza Filali, Aymen Hacen, Hubert Haddad, Abdelaziz Kacem, Mounira Khemir, Nacer Khemir, Ida Kummer, Amel Moussa, Amina Saïd , Jean-Pierre Santini, Guy Sitbon, Walid Soliman, Lucette Valensi, Enfances tunisiennes, Éd. Elyzad (passages), 2010
Vingt auteurs de langue française et de langue arabe livrent un épisode, un fragment, une atmosphère d’enfance. Des années 40 aux années 90, ils nous convient à un voyage dans le temps… Tunisie plurielle où se côtoyaient des communautés en même temps différentes et semblables. Tunisie coloniale dans laquelle les autochtones découvraient une langue et des mondes étrangers, et tentaient d’étonnantes synthèses entre l’univers familial et celui de l’école. Tunisie des garçons et des filles, de la capitale et des villes de province. Tunisie plus jeune d’après l’indépendance, porteuse d’expériences nouvelles. ?Écrire, pour retrouver le paysage de l’enfance. Ce sont toutes ces histoires qui font le portrait d’un pays, de ses cultures, de ses révolutions.
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Maryvette Balcou, Jeter l’ancre, Éd. Epsilon, 2010
Les trois nouvelles de ce recueil progressent sur des lignes soigneusement tracées qui offrent des voyages entre terre et mer, entre naufrages et émergences, entre contraintes et libertés. Un air de vie sauvage et authentique, parsemé d’images odorantes et d’humanité. Un recueil au mini-format très original et fort pratique pour la lecture en plein-air !
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