Récits, fictions, documentaires, témoignent ici de l’horreur dans laquelle un continent surnage. Pas la peine d’en rajouter les textes suffisent amplement. Restent à ne pas se tromper et d’être bien conscient des responsabilités de chacun. (image tirée du film Johnny mad dog lui même adapté du roman d’Emmanuel Dongala : Johnny chien méchant. Découvrir le site de la fondation Johnny mad dog).

Ryszard Kapuscinski, D’une guerre l’autre : Angola, 1975, Éd. Flammarion, 2011
Angola, 1975.
Au lendemain de l’indépendance accordée par le Portugal, le pays s’enfonce dans la guerre civile. Une guerre sale, opiniâtre et cruelle, qui met aux prises plusieurs partis de libération, armés jusqu’aux dents. Chacun est l’ennemi de chacun, personne ne sait qui va mourir, entre les mains de qui, quand et où. Ni pourquoi. Dans cet enfer, inaccessible de l’extérieur, un témoin de l’intérieur raconte : l’écrivain reporter Ryszard Kapuscinski, correspondant de l’agence de presse polonaise, installé d’abord à Luanda, comme un prisonnier dans une ville assiégée, puis naviguant au péril de sa vie entre les différents fronts d’une guérilla sans nom.
Avant la réflexion sur les mécanismes du pouvoir qui nourrira Le Négus et Le Shah, Kapuscinski nous livre ici son récit le plus personnel et le plus attachant, en spectateur effaré de l’agonie d’une ville abandonnée aux chiens errants et d’un conflit absurde. Un conflit de bric et de broc où les soldats sont des enfants mais où l’on meurt pour de vrai.

Junior Nzita, Si ma vie d’enfant soldat pouvait être racontée, Éd.Persée, 2012
“Au moment où le chauffeur démarra, notre camarade était encore au sol, tenant avec ses deux mains la ridelle du véhicule pour monter.
J’ai essayé de l’attraper par les deux mains pour le tirer parmi nous. Les rebelles, nous voyant, ont tiré une roquette qui le toucha au niveau de la hanche et… le fendit en deux. A bord du véhicule, je suis resté avec la partie supérieure de son corps, c’est-à-dire la tête, les mains et le tronc… Lorsque le chauffeur s’est arrêté, nous sommes descendus avec les parties du corps de notre compagnon et les avons emballées dans un sachet que nous avons jeté en pleine brousse.
J’avais à peine 13 ans, c’était vraiment horrible ! J’ai même failli craquer ; toutefois, j’ai fait un effort pour me consoler et implorer le Bon Dieu d’agir tel qu’il l’avait fait avec David devant Goliath…”. Terrible témoignage d’un enfant soldat.

Esther Mujawayo, Souâd Belhaddad, SurVivantes : édition revue et augmentée, Éd. Métis Presses (Imprescriptible), 2011
Génocide : comment cela peut-il arriver ? Et si on en réchappe, comment peut-on y survivre ? A travers le destin d’Esther, Rwandaise, Tutsi, c’est le destin collectif de tout le Rwanda qui nous est dévoilé.
Esther, fille de pasteur, sociologue, mariée, mère de trois filles, échappe à la tuerie avec ses enfants alors que sa famille et celle de son mari - lui compris - sont décimées. Pour ces femmes et ces enfants qui ont survécu comme elle, Esther a repris ses études. Aujourd’hui, elle poursuit inlassablement sa mission de thérapeute spécialisée dans les traumatismes psychiques d’après-génocide. Extraordinairement forte, belle, lumineuse, vivante, Esther raconte son parcours -depuis sa naissance dans un village tutsi jusqu’à sa vie actuelle, en Allemagne.
Si nous serrons les poings d’incompréhension devant les horreurs que l’homme peut imposer à l’homme, jamais Esther ne nous laissera tomber dans le pathos.

Léonard Vincent, Les Erythréens, Éd. Rivages, 2012
C’est une contrée qui borde la mer Rouge.
Au nord le Soudan, au sud l’Éthiopie. À première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l’Érythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d’indépendance, l’homme s’est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son État comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s’enfuir.
Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d’une grande justesse, les Érythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance.

Pas grand chose dans les nouveautés ce mois ci, à part les quelques titres ci-dessous. Pourquoi ne pas en profiter pour visiter la librairie Présence Africaine de Paris : Nouvelle devanture, nouvelle enseigne, locaux refaits à neuf… la librairie a fait peau neuve durant cet été. Au cœur du quartier latin, la librairie est, plus que jamais, le lieu incontournable pour trouver le livre, l’article, l’atmosphère qui vous plonge dans le tourbillon de l’incroyable vitalité qui anime le continent africain et ses différentes diasporas.

Mansour El Souwaim, Souvenirs d’un enfant des rues, Éd. Phebus, 2012
La guerre civile domine la scène politique soudanaise depuis l’indépendance du pays, opposant musulmans, chrétiens et animistes. Depuis les années 90, les raids d’enfants perpétrés par les différentes factions armées pour nourrir le marché quasi officiel de l’esclavage ont jeté dans les rues de Khartoum des milliers d’enfants de toutes confessions, orphelins et déracinés.
Kasshi, le héros du roman, est né paraplégique. Doté d’une intelligence supérieure et d’une mémoire phénoménale, il s’abreuve au savoir de ses maîtres, apprend le Coran par cœur, et se lance dans l’étude des sciences occultes et autres disciplines ésotériques. Nous le suivons de la petite enfance à l’âge adulte, au fil des rencontres avec les gamins des rues, chefs de gangs, voleurs ou vendeurs à la tire, indigents et infirmes. La nature l’ayant gratifié d’un sexe qui fait se pâmer la gente féminine, il découvre tôt les plaisirs charnels. Ses charlatans de maîtres à penser vont exploiter cette aubaine pour attirer les belles naïves dans des pièges dont elles ne sortiront pas indemnes.
L’auteur réussit à faire d’une vie marquée par le sceau de l’échec, du désespoir et de la violence, un récit quasi légendaire. Ainsi va la vie de Kasshi, tour à tour voyou et prophète, prince et mendiant, libre et captif, maître et victime de sa propre destinée.

Ivan Vladislavic, Folie, Éd. Zoe, 2012

Quelque part dans l’immensité du veld sud-africain, un homme arrive dans un terrain vague et y prend ses quartiers. M. et Mme Malgas, les occupants de la maison voisine, observent avec la plus grande attention cet intrus qui interrompt singulièrement leur routine. Monsieur est quincailler, Madame dépoussière les bibelots, regarde la télévision et attend le retour de son mari. L’inconnu explique à son voisin, de plus en plus fasciné, son plan: la construction très mystérieuse de sa maison, une maison mentale. La voisine, quant à elle, est convaincue de la folie de cet homme qu’elle s’obstine à appeler “l’Autre”, et qui lui vole son bon mari. Folie est un huis clos à trois, récit d’une désillusion comique, tissée de clous et de fils, de chimère et de mots.

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Djiby Sy, Roger Lavergne, La véritable histoire de Monsieur Sy, Éd. Sépia, 2012
Monsieur Sy est un travailleur émigré sénégalais qui est arrivé en France dans les années soixante. Son parcours est exemplaire.

Le jeune Djiby Sy qui s’embarque en trichant légèrement sur son âge, se verra confronté au choc des cultures. Il ne sait ni lire ni écrire. Il apprendra d’abord à prendre le bus, à s’habituer à la nourriture française : sa nouvelle vie est si différente de celle de son village. Il exercera de nombreux “petits boulots” à Marseille, Bordeaux, Paris… Mais surtout, il apprendra à lire, à écrire et à prendre sa place dans la société française en citoyen responsable.
Le jeune Sy parle de son déchirement, de la place des femmes, de son mariage, de son engagement syndical et de sa retraite en banlieue parisienne. L’émigré est devenu “Monsieur Sy”. Il est respecté par tous et ses conseils sont écoutés.
Un livre qui déborde d’humanité.

Henri Lopes, Une enfant de Poto-Poto, Éd. Gallimard (Continents Noirs), 2012

«À la une, la photo d’une foule en liesse… En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. À sa gauche, c’est moi, Kimia… C’était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance… Pour Pélagie et moi, il s’agissait plus d’une occasion de réjouissance que d’une date historique.» Suit le récit d’une amitié liant deux jeunes femmes que l’évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé.
Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto?… Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. À contre-courant des clichés, l’auteur, à l’écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues.
De l’Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou.

Denis Labaye, Noirs sur blanc, Éd. dialogues, 2012

Comment Zola Méké, jeune Africain issu d’une famille démunie, est-il devenu chirurgien à Paris ? 
Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse : déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement entre l’attrait d’une vie « moderne » et l’emprise de la culture originelle.
Mais ce roman est aussi une histoire forte d’amitié et d’amour entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent : un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent.
“Noirs en blanc” est une fiction inspirée des témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux. Il évoque la fuite des cerveaux d’Afrique ˗ un drame pour ce continent… “Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins !” s’écrie Myezi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.
« C’est un roman formidable et courageux. La première partie, un Cubain aurait pu l’écrire, les deux autres, un Africain aurait aimé les écrire. » Eduardo Manet

L’exploitation du continent africain va de pair avec la découverte par les premiers explorateurs d’immensités alors inconnues par les européens : les ressources sont abondantes et les bras nombreux. La machine à briser les peuples peut se mettre en place au profit le l’honorable société bienpensante : hommes politiques, grands patrons et hiérarchie ecclésiastique. Malgré tout quelques grains de sable tentent de prendre le parti de l’espoir d’une vie meilleure…(image : http://www.afriqueredaction.com)

1900
Mario Vargas Llosa, Le rêve du celte, Éd. Gallimard, 2011
Le thème central de ce roman, conduit au rythme haletant des expéditions et des rencontres du protagoniste, est la dénonciation de la monstrueuse exploitation de l’homme par l’homme dans les forêts du Congo – alors propriété privée du roi Léopold II de Belgique, et dans l’Amazonie péruvienne – chasse gardée des comptoirs britanniques jusqu’au début du XXe siècle.
Personnage controversé, intransigeant, peu commode, auteur d’un célèbre rapport sur l’Afrique qui porte son nom, l’aventurier et révolutionnaire irlandais Roger Casement (1864-1916) découvre au fil de ses voyages l’injustice sociale mais également les méfaits du colonialisme qu’il saura voir aussi dans son propre pays. Au rêve d’un monde sans colonies qui guidera son combat, viendra ainsi s’ajouter, comme son prolongement nécessaire, celui d’une Irlande indépendante. Tous les deux vont marquer la trajectoire de cet homme intègre et passionné dont l’action humanitaire deviendra vite une référence incontournable mais dont l’action politique le conduira à mourir tragiquement dans la disgrâce et l’oubli. Mario Vargas Llosa exhume ici une fascinante figure historique et, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, la replace brillamment dans son époque et dans la trame unique de son destin. Mais en même temps, il nous invite à réfléchir sur des sujets strictement contemporains comme le nationalisme, l’homophobie ou les séquelles du colonialisme européen en Afrique et en Amérique latine.

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1960
Jean Ziegler, L’or du Maniéma, Éd. Points, 2011
Au lendemain de l’assassinat de Lumumba, l’Afrique s’enflamme. Des peuples révoltés ravagent le Congo, menaçant le pouvoir soutenu par les mercenaires blancs et l’empire des seigneurs des mines. Thomas, l’humaniste, qui aime passionnément Isabel, et Santos, le doctrinaire, qui la soupçonne de trahison, luttent avec les mêmes armes, mais dans des buts différents. Personne ne peut arrêter la tragédie.
« Il y a autre chose dans la vie que les mines, l’argent et le pouvoir. »
Jean Ziegler est citoyen de la République et canton de Genève. Il est vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies et auteur de nombreux essais politiques qui l’ont rendu mondialement célèbre.
« Témoin incontournable, Jean Ziegler offre ce livre de tempêtes et d’amour. »
Le Magazine littéraire
Édition revue et augmentée par l’auteur.

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2012
Christophe Boltanski, Patrick Robert, Minerais de sang : les esclaves oubliés du monde moderne, Éd. Grasset, 2012
Qui connaît la cassitérite ? C’est le principal minerai de l’étain, sans lequel nos téléphones portables, nos radios, nos télévisions et autres appareils ménagers ne fonctionneraient pas. Aujourd’hui, avec la demande accrue en matières premières d’économies en surchauffe, comme la Chine grande dévoreuse d’énergie, ces pierres anonymes ont acquis une valeur considérable. Pour la première fois, dans un livre-enquête, une traque presque policière sur plusieurs continents, Christophe Boltanski nous donne à voir, à sentir, à comprendre le prix de sang de ces lourdes roches extraites du sous-sol. Des mines du Nord-Kivu au Congo, où des gamins africains s’enfoncent sous la terre au péril de leur vie - mais que vaut leur vie ? - aux tours de La Défense, où des entreprises mondialisées disent tout ignorer du chemin qu’empruntent les minerais, notre reporter-écrivain a suivi le fil hasardeux, dangereux, qui mène de l’ombre de ces esclaves modernes à la lumière de notre consommation quotidienne.
De la République Démocratique du Congo au London Metal Exchange, des marchands de Goma aux usines de Malaisie, de l’Afrique des guerres oubliées aux poubelles à ciel ouvert du Ghana, d’un bureau à l’Élysée à des rapports alarmants ignorés par la logique financière, c’est un roman-vrai, un polar de sang, d’argent, d’influences obscures, de politique.

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Pas d’idées de cadeaux ? Et hop, voici la petite liste des préférés d’Opoto pour l’année 2011 : de bons moments de lecture en perspective. Bon Noël et joyeuse année. (image Warnauts et Raives)

BD
Brüno, Nury, Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle, Éd. Dargaud, 2011
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Attilio Micheluzzi, Bab-el-Mandeb, Éd. Mosquito, 2010
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Polar
Taylor Stevens, Dernière piste, Éd. Presses de la Cité ( Sang d’encre), 2011
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Poésie
Fernando d’Almeida, L’ouvert de l’ultime : tombeau de Gatien Lapointe, Éd. L’écrit des fores, Éd. Henry, 2011
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Romans
Marc Trillard, Les mamiwatas, Éd. Actes sud, 2011
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Léonora Miano, Ces âmes chagrines, Éd. Plon, 2011
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Benoît Kongbo, C’est si triste de ne pouvoir te haïr, Éd. Opoto, 2011
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Sami Tchak, Al Capone le malien, Éd. Mercure de France (bleue), 2011
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Vécu
Lieve Joris, Ma cabine téléphonique africaine, Éd. Actes Sud, 2011
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La grande Dame nous a quitté. Merci. Merci pour tout.

Cesaria Evora, Appelez-moi Cize : Conversations avec Stéphane Boudsocq, Ed. City, 2009
Cesaria Evora, c’est un talent, une sincérité, l’ambassadrice d’un style musical et d’un peuple.
Cesaria, c’est une carrière et une vie que, pour la première fois, la chanteuse raconte. Elle se remémore ses années d’enfance au Cap-Vert dans les quartiers pauvres de la capitale. Sans fard, elle en évoque les moments difficiles, lorsqu’elle est placée chez des religieuses ou sa relation avec l’alcool. Avec la simplicité qui la caractérise, Cesaria raconte dans ces pages sa carrière musicale, ses succès immenses et sa philosophie d’une vie à la fois riche et simple.

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Sandrine Teixido, Cesaria Evora, Ed.Demi-Lune (Voix Du Monde), 2008
Cesaria EVORA est devenue une légende qui a fait connaître au monde entier la morna et la coladeira capverdiennes. Diva à la voix rauque et profonde dont la vie est tout droit sortie d’un roman, elle a souvent été comparée à Billie Holiday. Une enfance pauvre, un goût immodéré pour le cognac et le tabac, une vie passée à chanter dans les bars, une reconnaissance tardive à la cinquantaine et une authenticité intacte : tels sont les attributs d’une chanteuse hors norme aujourd’hui acclamée par le public international. Grâce à elle un engouement s’est créé pour la musique capverdienne riche de nouveaux talents.
L’auteur retrace les différents moments de la vie de «Cize», l’ambiance des bars de Mindelo, l’activité du port, les aléas d’une vie difficile mais aussi le succès et les efforts entrepris pour arriver à une consécration méritée. Elle tente également d’expliquer l’émergence d’un succès si imposant au sein des musiques du monde et brosse un panorama de la musique capverdienne longtemps méconnue du public occidental.
Une série d’ouvrages biographiques dédiés aux plus grandes figures des musiques du monde. La collection Voix du monde se fixe pour ambition d’explorer les parcours et les courants musicaux de ces artistes majeurs, emblématiques de leur pays, à travers des ouvrages de référence, concis et vivants, écrits par des spécialistes passionnés.

Véronique Mortaigne, Pierre René-Worms, Cesaria Evora et le Cap-Vert, Ed. Tournon (Tournon Rfi), 2008
Ni Cap, ni Vert, l’archipel du Cap-Vert est un ensemble de dix îles qui possèdent chacune leur caractère. Cesaria Evora a joué un rôle fondamental dans la découverte de ce pays sahélien, venteux, envoûtant, aride petit pays à l’histoire incongrue. La « morna » qu’elle chante en fait l’incarnation de ce destin atlantique qui commença un jour de l’an 1456, quand les caravelles d’Henri le Navigateur abordèrent ces terres inconnues. Africain, portugais, anglais, juif, cubain, brésilien, le Cap-Vert est tout cela, mais il est essentiellement créole et résistant. Cesaria Evora ne dévoile rien, mais traduit tout avec intelligence. En suivant ses pas, et celui de la « morna », voici une découverte heureuse, paysagère et musicale d’un archipel hors du commun. Auteurs : Véronique Mortaigne est critique musicale au Monde et spécialiste de la World Music. Elle a vécu de nombreuses années au Brésil. Parmi ses ouvrages publiés, « Musiques du Maghreb » (Le Chêne, 2002), « Portugal : fado, chant de l’âme » (Le Chêne, 1998) et « Cesaria Evora, la voix du Cap-Vert » (Actes Sud, 1997). Pierre René-Worms est connu à travers le monde pour ses portraits de Bob Marley, Youssou N’Dour, Etienne Daho. Il est l’un des grands photographes de la sono mondiale. Ses images composent plusieurs ouvrages chez Tournon.

Et pour le plaisir…

Retenus parmi quatre-vingt-douze romans concourant à la 10e édition du Prix des cinq continents de la Francophonie qui récompense tous les ans un roman d’expression française, dix ouvrages finalistes ont été sélectionnés par les représentants des quatre comités de lecture : l’Association Entrez Lire de Belgique, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain francophone et le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec.

Le jury, présidé par Lyonel Trouillot (Haïti),a désigné les lauréats parmi les dix finalistes au mois de septembre : Jocelyne Saucier (Canada Québec) pour son roman Il pleuvait des oiseaux (éd. XYZ). Une mention spéciale a été attribuée à Patrice Nganang (Cameroun) pour son roman Mont-Plaisant

Les dix romans finalistes (et des liens pour les découvrir) à la 10e édition du Prix des cinq continents de la Francophonie étaient :

- Photo de groupe d’Emmanuel DONGALA aux éditions Actes Sud (Congo)
- Les villes assassines d’Alfred ALEXANDRE aux éditions Écriture (France-Martinique)
- Maudit soit Dostoïevski d’Atiq RAHIMI aux éditions P.O.L. (Afghanistan)
- Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne SAUCIER aux éditions XYZ (Canada-Québec)
- Celles qui attendent de Fatou DIOME aux éditions Flammarion (Sénégal)
- Mont plaisant de Patrice NGANANG aux éditions Philippe Rey (Cameroun)
- Corps mêlés de Marvin VICTOR aux éditions Gallimard (Haïti)
- La petite et le vieux de Marie-René LAVOIE aux éditions XYZ (Canada-Québec)
- La dernière ronde d’Ilf-Eddine BENCHEIKH aux éditions Elyzad (France-Algérie)
- L’extrême de Sandrine WILLEMS aux éditions les Impressions nouvelles (Belgique)

Tiens, cela fait un petit moment que l’on ne voyait plus d’ouvrages d’”espionnage” parlant de l’Afrique. On se souvient des OSS 117, Le Saint et autres héros bien en place dans la vision coloniale de leur auteur (et leur lectorat). La donne a un peu changé puisque, même si les crétineries continuent à être publier, de belles histoires bien écrites sont aussi publiées. (photo, Bonabéri, BEB)

Le pire :
Chris Ryan, Poussières d’Afrique, Éd. Nimrod, 2011
Envoyés en Afrique australe pour y former les troupes gouvernementales du Kamanga, un pays pauvre ravagé par la guerre civile dont les mines de diamant et de minerai attisent toutes les convoitises, le SAS Geordie Sharp et ses hommes ignorent que cette mission pourrait se révéler la plus dangereuse de leur carrière.
Pris au piège entre une armée déliquescente et des forces rebelles ivres de pouvoir et de violence, affaiblis par des pertes successives, les hommes du SAS vont devoir reprendre l’initiative et braver toutes les règles de sécurité pour échapper à l’anéantissement et préserver la stabilité de la région. Désormais, pour ces hommes, l’instinct de survie le dispute à la soif de vengeance. Et l’Afrique dans tout cela ? Une toile de fond. On peut déplacer l’action dans d’autres contrées : irak, Afghanistan, Colombie, Birmanie…avec toujours les mêmes imbécilités, le racisme larvé et la justification de l’”honneur” des pays riches…à fuir !

Et encore pire :
Gérard de Villers, Guerre tribales en Afrique, Éd. Gérard de Villiers, 2005
Depuis un demi-siècle, l’Afrique est secouée de conflits interminables et féroces, la plupart du temps créés ou attisés de l’extérieur. Là aussi, les deux principaux protagonistes de la Guerre Froide, États-Unis et Union Soviétique, s’en sont à donnés à cœur joie. Ces conflits ont souvent perduré, car, en sus des motifs idéologiques, ils se sont cristallisés en véritables guerres tribales. Ethnie contre ethnie. Ou alors, en lutte contre le colonisateur, comme en Rhodésie, devenue le Zimbabwe. Dans ce pays, Robert Mugabé, mis en selle par l’Union Soviétique, continue, quinze ans après l’effondrement de celle-ci, sa lutte raciale. En Angola, Jonas Sawimbi, à la tête de l’UNITA, soutenue par l’Occident, a finalement perdu, après une guerre tribale de vingt-cinq ans. En Éthiopie, la junte de Mengistu, appuyée par l’URSS a mené le pays à la misère, au chaos et à la sécession. Le Zaïre, a vu l’affrontement de dirigeants pro-communistes comme Lumumba opposés à un Mobutu appuyé par les États-Unis et ses alliés. Résultat : trente ans de chaos qui dure toujours. Même la Haute-Volta, devenue Burkina Faso, a été prise dans la tourmente. Un des épisode de ce livre raconte la prise de pouvoir du colonel Sankara, marxiste, qui sera assassiné quelques années plus tard par son ami, Blaise Compaoré, un peu moins à gauche. Ce SAS thématique soulève un peu le voile sur ces innombrables conflits qui empêchent le continent noir de décoller.
En résumé : 1282 pages de haine de violence et de bêtise.

Le meilleur :
Wilbur Smith, Attaque en haute mer, Éd. Presse de la cité, 2011
Hazel Bannock est à la tête d’un empire pétrolier. Alors que son yacht se trouve dans l’océan Indien, il est détourné par des pirates somaliens qui massacrent une partie de l’équipage. Hazel n’était pas à bord, contrairement à sa fille de dix-neuf ans, Cayla, qui est prise en otage. Une rançon faramineuse est demandée en échange de sa libération. Pour appuyer leur propos, les ravisseurs font parvenir à Hazel des vidéos montrant les tortures que subit Cayla au quotidien.
Désespérée, Hazel comprend qu’elle ne pourra pas compter sur la diplomatie pour sauver sa fille. Elle décide de faire appel à Hector Cross, ancien membre des forces spéciales britanniques. Ensemble, ils vont mettre au point une opération commando pour libérer Cayla, dont la vie ne tient plus qu’à un fil…
Avec ce thriller au suspense implacable, inscrit dans un contexte géopolitique très actuel, le maître du roman d’aventures n’a pas fini de nous surprendre. Une lecture pour les amateurs d’adrénaline.

Le plus meilleur

John Le Carré, La constance du jardinier, Éd. Points, 2001
Tessa Quayle, avocate anglaise, est sauvagement assassinée dans le nord du Kenya. Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain d’une ONG, a disparu de la scène du crime.
Justin, l’époux de Tessa, diplomate à Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile, une quête qui l’entraîne à Londres puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique. Au long de son périple, il se heurtera à la violence et aux sombres machinations des multinationales pharmaceutiques, mais sa plus grande révélation sera la découverte de cette épouse qu’il n’a guère eu le temps d’aimer.
La Constance du jardinier mêle l’histoire bouleversante d’un homme, grandi par la tragédie et l’impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation, par l’un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

Farida Tahi, Merde in France, Éd. L’ Or des fous, 2011

Au rez-de-chaussée de l’immeuble évidé, au milieu d’un terrain vague de l’Est parisien, Moktar s’accroche à son bistrot ; les bulldozers des promoteurs attendent qu’il cède aux pressions. Mais lui, il l’aime son bistrot, il aime ses laissés-pour-compte qui viennent ici se réchauffer le cœur.
Zine, Miguel et Ba, trois jeunes Français issus de l’immigration, rencontrent dans leur quartier Jean-Pierre Morin, éducateur anarchiste. Leur entente fraternelle va les embarquer dans la lutte, du droit au logement au braquage désorganisé.
Les quatre jeunes gens créent un comité de soutien à leur pote Moktar et au maintien des habitants du quartier. Le bistrot devient le QG de la lutte.
Extrême gauche contre extrême droite, squatters éperdus, militants purs mais durs, jeunesse égarée, partis politiques inconsistants, tout le monde prend une claque.
Renouant avec le roman noir, Farida Tahi retrace, avec un humour au couteau, une histoire, celle de ceux qui n’ont rien, d’existences en marge, de combattants privés du minimum.
Dans les filets de l’infâme, la fraîcheur, l’humour, la poésie se fraient un chemin dans une atmosphère fébrile.
Dans ce premier roman, elle nous surprend par une langue de béton et d’amitié.

Lire un extrait

Emna BelHaj Yahia, Le jeu des rubans, Éd. Elyzad, 2011

Regards d’une romancière tunisienne sur ces femmes qui tout autour d’elle se voilent
Frida, chercheur, la cinquantaine, divorcée, compose sa vie entre son fils Tofayl, son compagnon Zaydûn et sa mère, si belle mais qui n’a plus sa tête. Frida non plus n’y voit pas très clair en ce moment. Elle ne comprend pas pourquoi elle croise de plus en plus de femmes voilées, elle dont la mère a justement enlevé le voile il y a des décennies. Pourquoi ces femmes habillent-elles ainsi leurs corps ? Comment s’habituer à ces nouvelles robes qui leur arrivent à la cheville, à ces métrages sur leurs cheveux ? Que veulent-elles dire par là ? Puis il y a la jeune étudiante que rencontre son fils, qui elle aussi porte un foulard sur la tête, son fils à qui elle avait pourtant montré la voie de la « modernité ». Frida est mal à l’aise mais cherche des réponses.
Dans le concert des voix qui traversent ce roman, on découvre des points de vue contradictoires, des vérités divergentes d’un personnage à l’autre. Le tout à l’intérieur d’une Tunisie qui, en se reconstruisant, se donne aujourd’hui à lire autrement.

Mohamed Choukri, Mohamed Leftah, Abdellah Taïa, Karim Boukhari, Fadwa Islah, Abdelaziz Errachidi, Zineb El Rhazoui, Nouvelles du Maroc, Éd. Magellan Et Cie (Miniatures), 2011

À l’extrême ouest du Maghreb, tête de pont vers les Amériques, point de passage vers l’Europe par le détroit de Gibraltar, le Maroc un carrefour d’influences unique au monde où se mélangent modernité et traditions.
Son ancrage dans la civilisation arabo-musulmane est total et les splendeurs de son patrimoine sont restées intactes. Mais, ni plus ni moins que dans d’autres pays de la rive sud de la Méditerranée, le « Printemps arabe », qui débuta avec le geste désespéré d’un jeune Tunisien, résonne ici aussi dans toutes les têtes. Si ces révolutions ont un visage, c’est celui de la jeunesse. Et avec le surgissement de cette brûlante soif de liberté, la liberté de penser et d’écrire s’est également manifestée, comme en attestent les textes pour certains très étonnants de ce recueil. Ils sont l’expression incontestable d’un moment historique, revendiqué par de jeunes écrivains, hommes et femmes, qui s’expriment haut et fort, parfois avec des mots crus, sur le sexe, la drogue, la religion, la violence politique, la situation des femmes : tout ce qui pouvait être tabou jusqu’ici.
Ce recueil s’inscrit plus que jamais dans l’actualité et démontre que la littérature peut dire autrement le monde qui change.

Alla El Aswani, Chroniques de la révolution Égyptienne, Éd. Actes Sud, 2011

Les cinquante chroniques réunies dans ce livre sont des instantanés de la réalité, elles s’emparent d’une anecdote ou d’un fait divers, développent une argumentation et finissent toujours par conclure : “La démocratie est la solution”.
Elles constituent un document exceptionnel sur l’état de l’Egypte d’avant la révolution, et sur les tensions, contradictions et difficultés qui subsistent aujourd’hui encore, plusieurs mois après les événements. Rigoureux dans ses analyses, pédagogue dans ses prises de position et opiniâtre dans son combat pour une vraie démocratie à construire, le plus célèbre des écrivains égyptiens contemporains fustige tour à tour un régime corrompu, le délitement de la justice, l’indigence des structures hospitalières, la torture et les exactions de la sécurité d’État, les manœuvres visant à une transmission héréditaire du pouvoir, l’inégalité des droits octroyés aux femmes, la haine des différences religieuses, les fausses interprétations de l’islam et, en ce moment même, la persistante présence des hommes de l’ancien régime dans bien des rouages de l’État.
Comme le rappelle dans sa préface Gilles Gauthier, son traducteur, si les grands romans d’Alaa El Aswany amenaient à comprendre la nécessité d’une révolution pour l’Égypte, ces chroniques montrent toute l’étendue des risques qu’il a pris et continue de prendre, désignant entre dictature et dérives doctrinales une voie juste et exigeante, à laquelle il se consacre avec une inébranlable détermination.

Le poète du Wouri revient avec un hommage à ses amis québécois.

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Fernando d’Almeida, L’ouvert de l’ultime : tombeau de Gatien Lapointe , Éd.. L’écrit des fores, Éd. Heury, 2011

Tu es ce poète d’altitude buvant
À la goulée chantant à pleine poitrine
La terre qui t’enterre
Dans la nuit de l’aurore
Sous la neige éloquente d’un pays
Trouvant cohérence
Dans la grande soif d’eaux vives

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3 polars particulièrement toniques : Suspense et adrénaline au menu !

Laurent Guillaume, Doux comme la mort, Éd. Manufacture de livre, 2011
Il dégaina le pistolet et engagea une balle dans la chambre.
Dans le silence lourd qui s’était abattu sur Gao, la culasse fit un petit bruit funèbre, de ceux qui annoncent l’orage. Désormais il n’y avait plus que la cible et lui. Dans une prison malienne, le Messager, ancien commando de marine devenu mercenaire, purge sa peine comme une rédemption. Et lorsqu’on vient le sortir de sa retraite pour une ultime mission, il se lance à corps perdu dans un périple sanglant.
Sur sa route, une femme flic amoureuse, un Djihadiste salafiste, un galeriste parisien passionné, un acteur de films X reconverti dans le proxénétisme, un policier de l’anti-terrorisme, un ancien ministre de la Défense, un biker à machette… Trahir son Messager est dangereux, car il ne délivre qu’un seul message : la mort.

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Taylor Stevens, Dernière piste, Éd. Presses de la Cité ( Sang d’encre), 2011
Emily Burbank, jeune Américaine idéaliste partie explorer l’Afrique, n’a pas donné signe de vie depuis quatre ans.
Une seule personne peut la retrouver : Vanessa Munroe. Cette spécialiste du renseignement sillonne le globe afin de récolter des informations pour ses clients, principalement des entreprises prêtes à payer le prix de son expertise. Intuitive et capable de s’adapter à toutes les situations, elle n’en demeure pas moins une femme meurtrie. Elevée en Afrique par des parents missionnaires, Munroe a fugué lorsqu’elle était adolescente pour suivre une bande de trafiquants d’armes.
Mais un drame l’a forcée à fuir, et à ne jamais regarder en arrière. Lorsque Richard Burbank, un riche entrepreneur texan, lui demande de retrouver sa fille adoptive disparue en Afrique, Munroe voit là l’occasion d’affronter enfin les vieux démons qu’elle a laissés en quittant ce continent. Avec ce roman âpre et rythmé, porté par un personnage étonnant, Taylor Stevens fait une entrée fracassante dans l’univers du thriller.

Del Pappas, L’année de tous les Tanger, Éd. Après la lune (Les aventures de Constantin), 2011
Constantin tourne en rond.
Sa femme Anaïs est morte, il n’a plus le goût de vivre. Pour “faire le deuil”, quoi de mieux qu’un voyage ? Ça tombe bien, il est invité à Tanger. “Tanger-la-trahison”, ville de tous les dangers. Entre la médina et son souk aux parfums d’épices, le port et ses trafics louches, ses enfants perdus qui cherchent à survivre, les sicaires du roi Hassan II en embuscade, son séjour ne sera pas de tout repos…
Avec toujours, en toile de fond obsédante, la mer Méditerranée, prompte à engloutir, sous un soleil trompeur, les frêles humains qui s’y risquent pour échapper à leur misérable destin… Mi-polar, mi-roman d’aventure, la saga de Constantin le Grec a démarré en 1998 avec Le baiser du congre. Au travers des tribulations d’un baroudeur au grand cœur qui lui ressemble comme un frère, Del Pappas raconte un demi-siècle de l’histoire de Marseille avec une sincérité gourmande qui explique le succès de cette série, désormais publiée chez Après la Lune.

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