Merwan Chabane, Fabien Bedouel, Maurin Defrance, Fabien Nury, L’or et le sang, T2 - L’or et le sang, Éd.12 Bis, 2010
Léon Matillo et Calixte de Prampéand rejoignent Tanger à bord de leur voilier, l’Arudj, chargé d’armes. Cette cargaison sera vendue aux combattants rifains qui livrent une guerre d’indépendance aux espagnols colonisateurs. Nos deux aventuriers, trafiquants à la petite semaine, vont se retrouver piégés par un prétendu combattant qui est à la solde de l’occupant.
Une fois emprisonnés ils retrouvent Ahmed, qui doit être fusillé. Léon et Calixte prennent les choses en mains et feront évader leur compagnon. Dès lors ils deviendront des héros de guerre indépendantiste. Mais l’aventure ne fait que commencer…
L’Or et le sang a reçu un accueil très élogieux à la parution du tome 1. Nominé à Angoulême, il consacre Fabien Nury comme l’un des tous meilleurs scénaristes actuels et nous a fait découvrir trois talents en devenir… Merwan Chabane et Fabien Bedouel au dessin et Maurin de France qui est à l’origine de cette fabuleuse histoire.
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Aleksic, Bruno Falba, Antichristus, T2 - Bonaparte, Éd. Soleil Productions (Secrets Du Vatican), 2010
Le voile se lève sur le voyage de Napoléon en Égypte.
1798 ap. J.-C. Bonaparte, l’ennemi de l’Église, veut prendre Alexandrie. Mais pourquoi ? Le chevalier Achard de Bonvouloir le suit contre ses convictions. S’il a pactisé avec l’Antéchrist, c’est pour mieux déjouer ses plans. Sa quête n’est pas sans danger. Ses alliés dévoilent en Égypte leur véritable visage. Les francs-maçons sont ici. La résistance musulmane s’organise. La flotte britannique rode. Que cherchent-t-ils ? L’or des Templiers, le pouvoir ou la mémoire du monde ? C’est ce que le chevalier Achard de Bonvouloir va tenter de découvrir.

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Jean-Christophe Chauzy, Anne Barrois, Bonne arrivée à Cotonou, Éd. Dargaud, 2010
Un personnage, nommé Charles, parisien et féru d’Afrique gagne un voyage/safari au Bénin. Il arrive de plein pied dans un univers qu’il a imaginé, recrée à partir d’images stéréotypées et découvre la réalité de l’Afrique et le fossé entre l’image rêvée et la réalité. Un voyage criblé de pièges et loufoque dans un décor luxuriant et animalier.
Kùabò ! C’est ainsi que l’on est accueilli à Cotonou où la langue fon est bien plus parlée que le français qui, pourtant, a valeur de langue officielle. Kùabò ! Bonne arrivée ! Quels mots réconfortants pour le yovo (l’étranger) qui y arrive pour la première fois, surpris par la moiteur de l’air et un brin angoissé dans l’attente de découvrir, après que son avion s’est posé de nuit, à quoi ressemblent les choses lorsqu’elles sont dans la lumière du jour ! (d’autres infos sur Bodoï)

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Mathieu Sapin, Marguerite Abouet, Akissi, T1 : Attaque de chats, Éd. Gallimard Bd, 2010
Pauvre Akissi ! Les chats du quartier la poursuivent pour lui prendre son poisson, son petit singe Boubou manque de finir à la casserole avec une bonne sauce graine, et elle n’est qu’un misérable margouillat aux yeux de son grand frère Fofana… Mais il en faudrait beaucoup plus pour décourager Akissi. Car cette petite fille-là est survitaminée, une aventurière, une championne du monde de la bêtise, un piment.
«Akissi est très dynamique et le lecteur s’attache très vite à elle. Ses petites aventures, contées sous forme de bandes dessinées, son toutes aussi drôles les unes que les autres». (Lire l’intégralité de l’article sur Livres-à-lire)

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Hippolyte, L’Afrique de papa, Éd. Des Bulles Dans L’océan, 2010
«Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar. C’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest.
En haute saison, plus de 20 000 personnes s’y retrouvent le long des plages. Soleil, mer, golf, quad… Saly attire aussi des retraités européens. L’un d’eux est le père ­d’Hippolyte. «Elle est pas belle la vie ?» lui demande-t-il. Le fils ne répond pas : il dessine, photographie et raconte «L’Afrique de papa». L’Afrique de Papa mêle subtilement BD traditionnelle et photographies. La grande force réside dans l’alliance des deux techniques qui se font écho, apportant une vraie force au propos». (Lire l’intégralité de l’article sur Weebulle )

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Fatou Diome, Celles qui attendent, Éd. Flammarion, 2010
Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait.

Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, Éd. Gallimard (Blanche), 2010
Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d’une dizaine d’années qui fait l’apprentissage de la vie, de l’amitié et de l’amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d’indépendance sous la houlette de « l’Immortel Marien Ngouabi », chef charismatique marxiste. Les épisodes d’une chronique familiale truculente et joyeuse se succèdent, avec ses situations burlesques, ses personnages hauts en couleurs : le père adoptif de Michel, réceptionniste au Victory Palace ; maman Pauline, qui a parfois du mal à éduquer son turbulent fils unique ; l’oncle René, fort en gueule, riche et néanmoins opportunément communiste ; l’ami Lounès, dont la sœur Caroline provoque chez Michel un furieux remue-ménage d’hormones ; bien d’autres encore. Mais voilà que Michel est soupçonné, peut-être à raison, de détenir certains sortilèges…
Au fil d’un récit enjoué, Alain Mabanckou nous offre une sorte de Vie devant soi à l’africaine. Les histoires d’amour tiennent la plus grande place, avec des personnages attachants de jeunes filles et de femmes. La langue que Mabanckou prête à son narrateur est réjouissante, pleine d’images cocasses, et sa fausse naïveté fait merveille.

J-M Coetzee, L’été de la vie, Éd. Seuil, 2010
Après Scènes de la vie d’un jeune garçon et Vers l’âge d’homme, voici le troisième volet de l’entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.
Autobiographie fictive puisque l’auteur confie la tâche d’un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain en gestation dans les années 1970. Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l’aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son coeur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l’universitaire et la maîtresse française s’accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.
Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l’écrivain s’interroge et se cherche. Dans ce récit où se mêlent le comique et le ridicule, la mélancolie et le désespoir, Coetzee se livre avec prudence et dévoile peu à peu un coeur en souffrance sous la cuirasse. Il invite une nouvelle fois le lecteur à une superbe méditation sur la condition humaine.

Léonora Miano, Tels des astres éteints, Éd. Pocket (Pocket, n° 14050), 2010
Amok, Shrapnel et Amandla sont des immigrés africains. Amandla, elle, vient de la Caraïbe. Tous trois ont vu le jour sur des terres lointaines. Ils n’ont pas la couleur des enfants du Nord. Cette différence est leur héritage commun, mais chacun l’habite à sa manière… Amok refuse que sa couleur conditionne son identité. Shrapnel, au contraire, revendique une filiation globale et aspire à l’unité, de l’Afrique aux Amériques. Quant à Amandla, elle croit trouver les réponses aux tourments du présent dans une ancienne mythologie. Chacune de ces voies peut déboucher sur une impasse. Ces astres éteints devront s’ouvrir et abandonner le ressentiment pour briller à nouveau..

Les éditions opoto publient le catalogue 2010 : les titres disponibles et ceux à paraître pour cette année. Pour commencer le voyage, le tout nouveau site des éditions est ici.

Kitoko Djaz de Benoît Kongo vient d’entreprendre son voyage dans les librairies de l’exagone.

Pour découvrir ce roman en camfranglais il suffit de lire de larges extraits dans la bibliothèque numérique ou en cliquant sur ce lien :


Publicité trouvée sur un exemplaire du journal “Le Matin” de 1929. Une occasion pour présenter quelques ouvrages sur la question coloniale.

Marc Ferro, Le livre noir du colonialisme, Éd. Hachette (Pluriel Référence), 2004
Terrorisme, sous-développement, dictatures du tiers- monde, conflits interculturels : telles sont quelques-unes des nombreuses séquelles du colonialisme qui hantent la conscience occidentale et nourrissent le sentiment d’humiliation ou l’esprit de revanche des anciens colonisés. Il fallait faire l’histoire de ce gigantesque trou de mémoire, en commençant par recenser sans complaisance ni auto-flagellation les crimes et les méfaits des colonisations. Le Livre noir du colonialisme envisage tous les aspects du colonialisme, sur tous les continents : l’extermination (Indiens d’Amérique, aborigènes d’Australie) et la conquête, en passant par la traite des Noirs et l’esclavage, les discriminations et injustices et, enfin, les guerres de décolonisation (Vietnam, Indonésie, Algérie). Il se clôt sur les exigences de mémoire et de réparations. Les représentations de l’Autre véhiculées par la colonisation ne sont pas oubliées, ni les rapports de domination du néocolonialisme contemporain. La nombreuse équipe de chercheurs reconnus, rassemblés sous la houlette de l’historien Marc Ferro, nous propose ainsi la synthèse à ce jour la plus complète sur un sujet appelé à prendre une place croissante dans les débats contemporains.

Marc Combier, Safia Belmeno, Bons baisers des colonies, Éd. Alternatives, 2007
La carte postale coloniale fait partie de notre histoire, de notre imaginaire : messagère d’amour ou d’amitié, de simples salutations envoyées par le voyageur, le militaire, le fonctionnaire ou l’explorateur vers la métropole, elle est aussi, par sa très large diffusion, un support idéologique privilégié.
Les femmes y sont photographiées à travers une élaboration codée, une mise en image stéréotypée : voilées ou dévoilées au Maghreb, dénudées et sauvages en Afrique noire, pudiques et policées en Asie. Ordre et imaginaire les recréent ainsi de toutes pièces, les enfermant dans une représentation fantasmatique.
Bons baisers des colonies offre un regard contemporain sur cette iconographie, sans méconnaître les contextes historiques qui en ont fait le produit d’une domination à la fois masculine et coloniale.
Ces femmes, venant des quatre coins de l’Empire, ont en commun une seule constante : elles ne sont pas sujets de leur propre histoire. Pure construction idéologique, la carte postale coloniale élude la femme réelle, sa complexité, en un mot, son altérité.
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Extrait du livre :
Odalisques en intérieur harem
Derrière le voile, le harem : le masque blanc prolonge l’enclos qui maintient les femmes à l’abri du monde. La culture coloniale exprime sa cruciale fascination pour ce lieu imaginé qui focalise tous les fantasmes : dénuder la femme «indigène» serait alors la voie d’accès au harem. La Mauresque est invariablement photographiée dans un intérieur accueillant qui suppose l’effraction d’une intimité - patio, boudoir, corridor, alcôve - espace préfigurant le harem, du moins, un harem de fantasmes, c’est-à-dire «un lieu orgiaque où les hommes réussissent un miracle impossible en Orient : jouir sans entraves de la multitude de femmes qu’ils ont réduites en esclavage».
Dans un décor en trompe l’œil fait de tentures, arcades, colonnades et balustrades, les belles «indi­gènes» sont postées dans une mise en scène souvent théâtralisée à outrance. Les choix artistiques répondent aux goûts de l’époque, ceux d’un début de siècle qui, entre théâtre et cinématographe, cherche à séduire et divertir.
Mais la scène que fixe la carte postale se passe bien en Orient. Tapis, narguileh, gargoulette, aiguière ou théière, tout un arsenal d’accessoires orientaux ou orientalisants vient soutenir une volonté d’exactitude. A l’exemple du chameau sur fond de désert, la femme «indigène» sur fond de couverture bariolée, feint d’évoluer dans son monde, voulu résolument exotique. Le détail sert d’alibi ethnologique, de certificat d’authenticité.
Dans ce décor de toiles peintes et d’accessoires collectionnés, lorsque la «Mauresque» n’est pas seins nus, elle s’abandonne dans une pose lascive. Elle a pour modèle la lointaine odalisque, mot d’origine turque qui signifie esclave. L’odalisque, lien entre volupté et asservissement, est l’archétype de la femme orientale fantasmée. Tout comme son modèle d’hier, le quotidien de la Mauresque n’est qu’attente et langueur. Elle se prélasse, captive et consentante, avec ses comparses, entre bavardages, gorgées de thé et volutes de narguileh. L’oisiveté est hors du temps, hors du monde.
L’odalisque, créature nue et vulnérable, peut se métamorphoser en aimée ou bayadère, ces danseuses d’Egypte et d’Inde. Alors, à la pose alanguie se substitue une activité récréative très prisée dans ses représentations : la danse. Dans un mélange des genres qui emprunte, tout à tour, à l’Orient et à l’Occident, entre danse du ventre et gestuelle de pantomime, la Mauresque esquisse quelques pas pour pallier l’ennui. L’orientalisme pictural donnait à ces femmes des poses à l’antique, l’orientalisme populaire, des poses de music-hall.
La carte postale coloniale fait partie de notre histoire, de notre imaginaire : messagère d’amour ou d’amitié, de simples salutations envoyées par le voyageur, le militaire, le fonctionnaire ou l’explorateur vers la métropole, elle est aussi, par sa très large diffusion, un support idéologique privilégié.
Les femmes y sont photographiées à travers une élaboration codée, une mise en image stéréotypée : voilées ou dévoilées au Maghreb, dénudées et sauvages en Afrique noire, pudiques et policées en Asie. Ordre et imaginaire les recréent ainsi de toutes pièces, les enfermant dans une représentation fantasmatique.
Bons baisers des colonies offre un regard contemporain sur cette iconographie, sans méconnaître les contextes historiques qui en ont fait le produit d’une domination à la fois masculine et coloniale.
Ces femmes, venant des quatre coins de l’Empire, ont en commun une seule constante : elles ne sont pas sujets de leur propre histoire. Pure construction idéologique, la carte postale coloniale élude la femme réelle, sa complexité, en un mot, son altérité.

Alain Ruscio, La question coloniale dans l’Humanité, Éd. La Dispute (Essais), 2005
Ce n’est pas seulement de l’histoire du socialisme, puis du communisme français, qu’il s’agit ici. C’est de l’histoire de la France, présente un temps sur les cinq continents : c’est de l’histoire du monde, car l’expansion coloniale, les guerres et les solidarités anticolonialistes si elles ont lourdement pesé jusque dans un passé récent, ont aussi donné un visage à ce début de XXIe siècle, entre mondialisation et altermondialisme.
L’Humanité, fondé en avril 1904 par Jean Jaurès, devenu au lendemain du congrès de Tours, en 1920, le porte-parole du courant communiste, a naturellement été intensément confronté tout au long du siècle écoulé à la question coloniale, à l’exploitation et à la violence qui y sont associées.
Le choix d’articles, les notes et commentaires d’Alain Ruscio, spécialiste de l’histoire coloniale française, restituent la continuité d’un engagement collectif anticolonialiste sans équivalent par sa durée et sa détermination ; ils montrent aussi à quel point cet engagement a plus d’une fois été menacé par des tentations d’accommodement, voire de renoncement, ou des bouleversements historiques qui venaient brouiller les repères familiers du combat.
Au fil des pages, on croisera les signatures de dirigeants socialistes et communistes, le grand Jaurès, bien sûr, Léon Blum, l’étonnant Ho Chi Minh, mais aussi Marcel Cachin, Maurice Thorez, André Marty, Paul Vaillant-Couturier, Roland Leroy…, de journalistes de qualité, Gabriel Péri, Pierre Courtade, Madeleine Riffaud, Robert Lambotte, Yves Moreau, Jean-Émile Vidal…, d’intellectuels de renom, militants ou compagnons de route, Anatole France, Octave Mirbeau, Charles-André Julien, Henri Barbusse, Charles Vildrac, Romain Rolland, Paul Éluard, Aragon, Roger Vailland…
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Alain Ruscio, Amours coloniales : Aventures et fantasmes exotiques, de Claire de Duras à Georges Simenon, romans et nouvelles, Éd. Complexe, 1996
« De l’Indochine au Maroc, de Tahiti au Sénégal, la France, naguère, a envoyé ses enfants outre Mer. De leur côté, des originaires des colonies sont venus vivre en métropole. Durant plusieurs générations, « Blancs » et « Indigènes » se sont côtoyés.
Pour le meilleur et pour le pire. Au cours de cette période, des relations amoureuses et sexuelles se sont tissées. Le cas le plus fréquent a été celui des unions d’hommes blancs et de femmes blanches qui ont transgressé les tabous en rencontrant des hommes «  de couleur ».
Quel fut le reflet de ces relations dans la littérature française contemporaine ? Quelles situations ont été imaginées ? Quelles joies ? quels drames ? Quels fantasmes exotiques ou érotiques révèlent-ils ? certains textes ici regroupés portent des signatures célèbres : Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Pierre Loti, isabelle Eberhardt, Georges Simenon… D’autres ont été écrits par des auteurs moins connus aujourd’hui, mais qui eurent autrefois leur heure de gloire : Louis Charles Royer, Pierre Mille, Paul et Victor Margueritte, Paul Vigné d’Octon.
Tous cependant ont pour trait commun la recherche de l’Autre, du Divers, de l’Exotisme ».
« Un livre novateur : Alain Ruscio est parti de l’idée que les textes les plus célèbres ne sont pas les seuls lourds de signification. Il n’ignore ni le roman de gare, ni Maupassant ni Simenon . Sa bibliographie sera désormais incontournable. Bref, il nous donne un vrai livre. » Madeleine Reberioux
Lire le livre en entier

Voir aussi 3 articles sur les colonies et la colonisation :
Le (pas) bon temps des colonies…

Le (pas) bon temps des colonies… (2)
Après les colonies…

Les enfants de Maképé
Sont dans le livre de Lionel Bourg
Sous des toits de tôle
Étouffés par la poussière brûlante
Entassés à plus de 100 par classe
Ils citent Sartre et Boris Vian
Et rêvent du visa pour étudier en France
Sinon ils grossiront les troupeaux entassés sur les pirogues des passeurs
Proies passives de tous les requins

In BEB, Interdit de laver sa mobylette isi, 2007

Fabrizio Gatti, Bilal Sur la route des clandestins,  Éd. Liana Levi, 2008
Un faux nom, un petit tube dans lequel sont roulés quelques dollars, de la colle pour masquer ses empreintes digitales, un gilet de sauvetage, trois boîtes de sardines, une grande bouteille d’eau, cela suffit à Fabrizio Gatti pour se glisser dans la peau d’un immigré clandestin, Bilal. Parti de Dakar pour rejoindre l’Europe, comme le font chaque jour des centaines de migrants, il a traversé le Sahara sur des camions, rencontré des passeurs sans scrupules, des esclavagistes nouveau modèle, des membres d’Al-Qaida et, arrivé au camp de rétention de Lampedusa, il vit le quotidien des demandeurs d’asile. Certains seront renvoyés chez eux, empruntant en sens inverse le chemin à travers le désert. D’autres, les plus chanceux, seront libérés avec une feuille d’expulsion. Feuille qu’ils se hâteront de déchirer en mille morceaux pour tenter leur chance en Italie, en France, en Allemagne…
Fabrizio Gatti, envoyé spécial de l’hebdomadaire L’Espresso, s’est déjà attelé à plusieurs enquêtes de société en «infiltré». Par trois fois, il a été enfermé dans des centres de rétention comme «pseudo-immigré» et ses reportages ont fait le tour du monde. Bilal a été lauréat du prix Terzani 2008.
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Marin Ledun, Le cinquième clandestin, Éd. La Tengo (Mona Cabriole ), 2009
Paris, 100 rue Mouffetard : quand une jeune femme se jette du cinquième étage, un bébé dans les bras, personne n’a rien vu, tous se taisent. Tous, sauf Mona Cabriole. Pourquoi un tel geste de désespoir ? Et que cachent les sous-sols de cet immeuble géré par des marchands de sommeil ? La journaliste de Parisnews devra descendre dans les profondeurs de la ville et se baigner dans les eaux d’un fleuve oublié pour aller ausculter les limites de la soumission. Les hurlements qu’elle y entend sont-ils ceux des battles punk-rock organisés dans les soubassements, ou bien proviennent-ils de voix que l’on voudrait étouffer ?
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Abasse Ndione,  Mbëkë Mi à l’assaut des vagues de l’Atlantique, Éd. Gallimard (continents noirs), 2008
Avant-propos de l’auteur : « Au moment même où une barrière métallique de plus de six mètres de haut était érigée sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila pour stopper les vagues d’immigrés en route vers les pays de l’Union européenne, une pirogue de Hann, village traditionnel de pêcheurs de la banlieue de Dakar, perdue en mer à la suite d’une panne de moteur, à la dérive durant deux semaines, poussée par les vents et les courants marins, accosta à Santa Cruz de Tenerife. [...] Le voyage en pirogue des côtes du Sénégal aux îles Canaries, porte de l’Espagne, était du domaine du possible. »
« Mbëkë mi », c’est « le coup de tête » sur lequel on part, défiant tous les périls ; et c’est devenu, tant elle est folle à accomplir, « la traversée » des milliers de jeunes Africains, le dos à la misère et à la désespérance, fuyant ainsi leur pays en pirogue… Dix jours de navigation et d’errance dans un tronc d’arbre évidé et chargé d’au moins quarante personnes pour un Éden européen rêvé, passant d’abord d’un Purgatoire villageois à l’Enfer océanien… Avec les personnages de cette histoire, le lecteur est emporté par l’espoir, l’immense beauté et cruauté de l’océan, la mort, le viol, la faim, la soif, les hallucinations, il est, lui aussi, le cœur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents, empirogué jusqu’à l’autre rive…
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Aminata Zaaria, La nuit est tombée sur Dakar, Éd. Grasset, 2004
Excisée par son père qui veut la maintenir dans un état de soumission totale, Dior Touré sait qu’elle ne pourra jamais trouver de plaisir dans l’amour. Son rêve, c’est d’avoir un mari blanc et fortuné, un « toubab » qui pourra lui offrir une vie plus agréable que celle qu’elle mène à Lendëm, son village, à soixante-dix kilomètres de Dakar. Paul Grenelle, un vieux français, jette son dévolu sur la belle sénégalaise de dix-sept ans. Il l’incite à venir vivre à Dakar où Dior va partager sa vie ou plutôt son lit. Sans scrupules, le toubab la nourrit d’illusions jusqu’à ce que, malgré ses promesses, il reparte pour la France sans sa jeune maîtresse. Dior Touré ne sortira pas indemne de cette déception. Son histoire est racontée par sa meilleure amie, elle aussi partie du même village pour vivre avec un français plus tout jeune, sur l’île de Gorée.
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Youssouf Amine Elalamy, Les clandestins, Éd. Au diable vauvert, 2001
” C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme. ” Les clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la mort là où ils espéraient la vie, rejetés sur une petite plage du nord du Maroc. Ils ont, comme tant d’autres avant eux, rêvé de départ et tenté de rejoindre l’Europe, ici seulement distante d’une vingtaine de kilomètres. Et ils ont payé de leur vie ce désir d’ailleurs qui les a poussés à s’embarquer sur un esquif bien trop fragile. Retraçant l’histoire des treize noyés en courts chapitres à travers le souvenir qu’ils ont laissé dans leur village, Youssouf Elalamy a su trouver une construction narrative aux résonances de chœur antique méditerranéen, alliée un style à la fois moderne et lyrique, pour évoquer une poignée de destins tragiques, emblématique de toutes les formes d’exils.
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Catherine Zambon, Kaina-Marseille, Éd. Actes Sud Junior (D’une Seule Voix ), 2007
“Tu partiras, Mamata. Tu as la légèreté du rêve. Tu as la parole en toi. Tu partiras, Mamata. Tu feras comme mon autre petit-fils, Moussa. Il est en France. Et quand tu reviendras, car tu reviendras, Mamata,, tu seras une femme libre.” Ainsi a parlé Kaïna, la mère de son père. Mamata vit dans ce secret. Kaïna lui apprend les voyages, elle met en elle l’idée de partir. Elles font en secret tous les rituels de force et de fécondité pour qu’elle ne quitte pas sa terre sans protection. A treize ans, Mamata sera mariée. Son père lui a trouvé un mari. Quand commencent les préparatifs, Kaïna entre en maladie pour retarder le mariage et apprendre les dernières choses à sa petite-fille. Elle lui donne l’argent qu’elle a mis de côté ainsi que sa boîte d’onguent, et l’adolescente prend le car, à l’aube. En ville, Mamata doit se prostituer auprès de Monsieur Diah, l’avocat qui lui fournit de faux papiers. “Je suis en train de découvrir le destin des femmes de mon pays”, se console-t-elle. Elle devient Isabelle Ternier, née à Lyon, et gagne sa majorité : ses papiers lui donnent désormais dix-huit ans et demi. Mamata arrive enceinte à Marseille, portant l’enfant de Diah et farouchement déterminée à le garder. Elle est accueillie, puis violée, par son cousin Moussa, et échappe de peu au réseau de prostitution que ce dernier lui destine. Elle trouve enfin la sécurité auprès de Moha, “un vrai Français avec de vrais papiers” qui aime les hommes et la drogue. Mieux vaut un frère qu’on se choisit qu’un cousin dont on rêve. Un récit aux cruels accents de vérité.

Hamid Skif , La Géographie du danger, Éd. Naïve, 2005
” Les patronymes que je m’attribue sont fonction de l’employeur. Je suis turc, arabe, berbère, iranien, kurde, gitan, cubain, bosniaque, albanais, roumain, tchétchène, mexicain, brésilien ou chilien au gré des nécessités. J’habite les lieux de ma métamorphose “… Un sans-papiers vit depuis des mois, la peur au ventre, caché dans une chambre de bonne. Dans la ville, la chasse aux clandestins s’intensifie. Pris dans les rafles, des milliers d’entre eux sont expulsés vers leur pays d’origine. Observant par la lucarne les habitants de l’immeuble d’en face, fantasmant sur leur quotidien, le jeune homme se remémore son passé, fait défiler les figures pittoresques ou sinistres de l’exil — le passeur, le trafiquant de drogue, le délateur, le policier corrompu, le tortionnaire… — et attend jour après jour la venue de Michel Delbin, l’étudiant qui l’héberge et le ravitaille en secret. Plus qu’une méditation sur le partage du monde, ce roman au souffle incantatoire donne au lecteur à ressentir au plus intime de lui-même, la peur et la misère des clandestins.
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L’Afrique vu de la France du XIX siècle : de drôles de découvertes… à lire en intégralité sur votre ordi préféré. Bonne lecture !

Honoré de Balzac, Une passion dans le désert
Étrange expérience que celle de ce jeune soldat perdu dans le désert égyptien. Le Provençal, qui participe à la campagne de Bonaparte, est fait prisonnier par les Maugrabins mais parvient à s’échapper. Réfugié dans l’immensité, il rencontre une bien curieuse panthère. Celle-ci, loin de se montrer agressive, réclame en effet caresses et jeux. L’homme l’apprivoise peu à peu et finit par ne plus s’en méfier. Mais on ne transforme pas une panthère, aussi douce soit-elle, en animal de compagnie : un coup de dents malencontreux, et l’aventure s’achève, « comme finissent toutes les grandes passions, par un malentendu ». Il ne pouvait en être autrement dans l’immensité déroutante d’un univers aussi fascinant qu’exaltant, où les hommes font l’expérience d’une autre vie.

Jules Verne, L’étonnante Aventure de la mission Barsac
Ce roman a été terminé et remanié par Michel Verne, après la mort de son père Jules Verne.
Un projet de loi ayant été déposé par le député Barsac, tendant à créer cinq sièges de députés dans la Sénégambie, la Haute-Guinée et la partie du Soudan français située à l’ouest du Niger, et à accorder l’électorat, voire l’éligibilité, aux gens de couleur, sans distinction de race, cette proposition obtient un franc de succès. Le Ministère est invité à constituer une mission qui parcourra cette région comprise dans la boucle du Niger et qui rédigera un rapport au vu duquel la Chambre statuera ultérieurement. La mission Barsac ayant commencé son périple se heurte au cours de ses investigations à un nombre croissant de difficultés. Ils finissent par être kidnappés et transportés au moyen de machines, mi-hélicoptère, mi-avions dans une ville, Blackland, inconnue du reste du monde et située en plein désert…

Édouard Deduraux, Maurice Dibos, Voyage et aventures d’un aérostat à travers Madagascar insurgée
Édouard Deburaux (1864-1904) a signé Léo Dex de nombreux ouvrages écrits en collaboration avec Maurice Dibos (1855-1931) et consacrés aux voyages en ballon. Ce roman prend prétexte de troubles à Madagascar pour une traversée aérienne de la Grande Île. Les faits, imaginaires, ne sont pas précisément datés. Mais on peut les situer, par recoupement, vers 1893 ou 1894. Il s’agit d’un grand roman d’aventures, dans l’esprit où Jules Verne a pu écrire Cinq semaines en ballon. Madagascar n’est ici qu’un décor. Décrit cependant avec précision grâce à la présence, parmi les aéronautes, d’un explorateur qui a beaucoup voyagé dans l’île.

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Christian Perrissin, Boro Pavlovic, Les Munroe : T. 1, La vallée du Rift, Éd. Glénat, 2010
Longtemps les Blancs du Kenya ont fait la pluie et le beau temps dans la vallée du Rift. Aujourd’hui, leurs jours sont comptés. Robert Munroe, aristocrate à la tête d’une plantation de café, doit faire face à une succession de crises dont la cavale de Sean, son fils cadet, n’est pas la moindre. Hostile depuis toujours à la communauté blanche ultraconservatrice, Sean ose s’amouracher d’une Kikuyu des bidonvilles de Nairobi. Jugé coupable du meurtre de celle-ci, il cherche à se faire justice.
Robert aimerait pouvoir alors compter sur l’aide de son fils aîné et de son unique fille pour faire face à ces problèmes, mais Ted est un bon à rien et Karen ne supporte plus son père…
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Jean-Christophe Rufin, Katiba, Éd. Flammarion, 2010
Une katiba est un camp de combattants islamistes installé dans le Sahara c’est à la fois une cache et un relais, un lieu où l’on prie, où l’on négocie et tue. Repère invisible en avion ou par satellite, c’est là que les pièges se resserrent et que se décident les attaques. Le chef de la zone qui s’étend entre le Mali, l’Algérie et la Mauritanie, Kader Bel Kader, a décidé de court-circuiter les autres bandes de trafiquants qui sévissent, afin d’asseoir son influence auprès des chefs d’al-Qaida. Expédié en Mauritanie par l’agence de renseignements Providence (qui agissait déjà dans l’ombre, avec Le Parfum d’Adam), pour espionner les artisans de ces menaces terroristes, Dim trouve sur sa route une jeune femme, Jasmine. A la fois française et algérienne, connaissant de l’intérieur la diplomatie occidentale et les nouvelles lois de la guerre terroriste, elle marche à la frontière entre deux mondes ennemis, elle fascine et inquiète. Elle incarne à elle seule le proverbe sénégalais qui ouvre le roman et en tisse la trame principale : “Un chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut suivre deux chemins à la fois.” Un grand roman où se croisent et s’affrontent deux civilisations.
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Christian Epanya, Le taxi-brousse de Papa Diop, Éd Syros, 2005
Quand Sène ne va pas à l’école, il aime accompagner son oncle Papa Diop dans son taxi-brousse. Car même si le trajet est toujours le même ? il relie Dakar à Saint-Louis du Sénégal ?, pour Sène c’est chaque fois une aventure différente : un jour, il fait monter dans le taxi toute une équipe de lutteurs qui vient de gagner un tournoi important, un autre c’est une mariée, et un autre encore, une femme qui accouche dans le taxi !
Un album au style, au ton et aux couleurs de l’Afrique. Les moments de vie croqués dans le taxi-brousse permettent d’évoquer le quotidien de la société sénégalaise. Les illustrations de Christian Epanya sont autant de clins-d’œil à la peinture africaine, narration naïve et colorée.

Contes d’Afrique, Éd. Rue Des Enfants, 2010
Aux côtés d’un oiseleur, d’un singe un peu moqueur ou bien d’un homme étrangement touffu, les enfants sont amenés à découvrir les plus beaux contes du continent africain. Ils se laisseront alors embarquer sur les ailes d’une grande aigrette et peut-être parviendront-ils à retrouver un étrange anneau magique… Chaque récit est un voyage peuplé d’êtres et d’histoires aussi mystérieux que fascinants.
Les couleurs chaudes et éclatantes des illustrations les feront pénétrer en plein cœur des fabuleux paysages de l’Afrique.

Marc Cantin, Moi, Félix, 10 ans, sans-papiers, Éd. Milan (Milan Poche Junior, n° 21), 2007
Ils sont quatre, à se cacher à bord d’un cargo parti d’Abidjan, en route pour Brest. La mère, Moussa le frère aîné, Bayamé la petite sœur et puis Félix, 10 ans. Ils fuient la misère des champs de cacao pour une vie meilleure, une vie rêvée en France. D’abord clandestins chez l’oncle Massoudé, en attendant du travail, et une régularisation. Mais les choses tournent mal, la police intervient. Seul Félix échappe miraculeusement à l’expulsion. Mais il est seul.

Christian Straboni, Laurence Maurel, Le chapeau de Rimbaud, Éd. Akileos (Regard Noir Et Blanc), 2010
Juillet 1886, Abyssinie…
Dans le port de Tadjoura, minuscule protectorat français, un homme débarque du boutre d’Aden…
Son nom est Jean-Roch Folelli, ancien ouvrier typographe.
Que cherche-t-il ? Un ailleurs, toujours plus loin, et une caravane pour y aller. Pendant trois mois, Folelli découvre la petite colonie de commerçants et de militaires.
D’entrée, le soupçonneux chef de la garnison de Tadjoura, le Quartier-Maître Le Dantec, l’espionne. Folelli fait la connaissance d’un négociant français, Arthur Rimbaud, coincé depuis sept mois avec son serviteur Djami par les difficultés rencontrées pour lever une caravane. Il doit livrer à Ménélik, le roi guerrier du Choa, 2000 fusils et 60000 cartouches. Enlisé dans d’incessantes démarches et d’interminables négociations pour la constitution de sa caravane, Rimbaud s’ennuie. Pour tromper l’attente, il marche, bricole une lanterne magique, fait de la photographie, ironise sur ses compatriotes et se commande un chapeau de paille d’Italie sur catalogue.
Folelli obtient de Rimbaud de se joindre à sa caravane. La veille du départ de la caravane, Le Dantec découvre que Folelli est un évadé du bagne de Calédonie où il avait été déporté comme communard.
Alors qu’il menace de l’arrêter, Folelli le tue…
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A. Dan, Laurent Galandon, Tahya el Djazaïr, T2 - Du sable plein les yeux, Éd. Bamboo (Grand Angle), 2010
Quand la bande dessinée soulève le dernier tabou de l’histoire de France, la guerre d’Algérie.
Pierre et Paul se sont connus dans la résistance. Ils se retrouvent en Algérie en 1954. Le premier est engagé dans l’armée française. Le second était instituteur à Alger avant de fuir les événements et de se réfugier dans un village des Aurès avec sa compagne musulmane.
Paul ne pourra rester neutre lorsque celle-ci est victime d’un massacre qui semble orchestré par le FLN. Il va rallier Pierre à Alger et découvrir l’insoutenable face cachée de la “pacification” que son âme de résistant ne peut cautionner. Il adhère alors à la cause algérienne.
Un récit poignant à propos d’un sujet oublié dans la tourmente algérienne, les combattants européens ralliés aux indépendantistes.
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Voir d’autres BD d’Afriques

Deuxième volet d’ ouvrages jeunesse édités en Afrique. La liste est loin d’être exhaustive. Une source importante est La joie par les livres et son site Takamtikou plus particulièrement centré sur l’Afrique, les Caraïbes et l’Océan Indien. Pour approfondir le sujet les liens sont à votre disposition à la fin de ce papier.

Gongo

Serge Diantantu, La Petite Djily et Mère Mamou , Éd.Diantantu Editions, 2008
Djili n’aime pas rentrer à la maison après l’école, pas plus qu’elle n’aime les vacances… Nous apprenons pourquoi : la nouvelle femme de son père la maltraite. Cette BD met en scène une situation malheureusement fréquente, d’une manière ni appuyée ni démonstrative, par le biais d’une vraie histoire conséquente et bien ficelée, avec des dialogues et des dessins très vivants, ancrés dans la réalité de Kinshasa (comme le dit l’argumentaire de vente, l’ouvrage  « illustre si fidèlement l’Afrique qu’elle en exhale même son parfum »). Cette BD a été remarquée par l’ONU et paraîtra prochainement en allemand et en anglais. Belle production : grand format, couverture cartonnée, papier glacé. Venu du cinéma à la BD parce qu’il coûte trop cher de réaliser des films, Serge Diantantu publie lui-même certains de ses ouvrages. Il est l’auteur, entre autres, de deux BD sur Simon Kimbangu.
Savoir +

Ile de la réunion

Robi, Maïté Chaveron, Elle a de qui tenir !, Éd. Océan Éditions, (Océan jeunesse), 2009
Qui n’a pas cherché, dans les traits de son enfant, un peu de soi ou de sa famille ? C’est à ce travers des adultes que l’album répond, en laissant petit à petit, au fil des pages, une place pour l’enfant et sa personnalité propre…
Sur un tel sujet, le texte pourrait aisément verser dans le mièvre : or, ce n’est pas le cas. Avec un joli rythme, une vraie présence en adéquation avec les illustrations, on découvre un album sincère et authentique ; une poésie sur les dettes familiales, qu’elles soient physiques ou psychologiques. En outre, l’alternance entre les peintures (réservées principalement aux portraits de la famille) et les croquis au crayon rose (représentant l’enfant en train de grandir) est un excellent choix graphique : il renforce la cohérence d’un texte fondé sur la comparaison des personnes et permet, au passage, une célébration du métissage.
Savoir +

Guniée

Ahmed Tidjani Cissé, Naby Yoro : Le géant de Matakan, Éd. Ganndal, 2006
Ce recueil publié à Conakry en 2006 est toujours disponible sur place et à Paris, heureusement, car il est très intéressant. Ce sont de riches récits de la Guinée maritime pour la plupart, des histoires vraies, de la vie quotidienne et du passé, entremêlées de légende. Le récit qui donne le titre au recueil se situe sur l’île de Matakan au large de Conakry. Il raconte l’histoire du géant qui vécut sur cette île et sauva les habitants de la famine ; son tombeau reçoit encore des hommages chaque premier jeudi du mois lunaire… « La vengeance du Wagadou-Bida » rapporte l’histoire de ce serpent mythique dont un jeune éphèbe coupa la tête pour sauver sa fiancée du sacrifice rituel. Cela entraîna la fin du royaume ; les survivants partirent au XIe siècle s’installer dans l’actuelle Guinée. Cinq récits et trois contes complètent le volume.
Savoir+

Bénin

Constantin Adadja, Les Trois singes : je reviendrai, Éd. Star (Prémices), 2009
Comme de nombreux enfants béninois, Gildas a été envoyé au Nigeria pour payer une dette familiale. Réduit à l’esclavage, il s’est enfui en se cachant dans un camion de gravier où il est mort étouffé. Le scénario mêle habilement récit de l’annonce de son décès aux membres de sa famille avec des flash-back sur les raisons mêmes de cette tragédie. L’alternance de points de vue permet la remontée de souvenirs différents et brosse en creux un portrait de Gildas. C’est une bande dessinée poignante, sans lourdeur en dépit d’une volonté de faire passer un message, et bien portée par le style graphique attentif aux expressions des personnages.
Savoir +

Sénégal

Sous la dir. de Nafissatou Dia Diouf, T. T. Fons, Les Petits chercheurs, Éd. Tamalys, 2008
Des scientifiques du Sénégal proposent aux enfants vingt-deux expériences, sur les plantes, la lumière, l’électricité, la mécanique, l’eau… Pour chacune, une double page : quelques phrases pour susciter l’intérêt, indications illustrées sur le matériel nécessaire (facile à trouver !) et la manière de faire, puis des explications pour aider à comprendre ce qui s’est passé ; le tout complété d’un peu de vocabulaire et d’une vignette humoristique. La table des matières indique le niveau de difficulté des expériences. Limpide, très bien conçu, ce petit ouvrage est une excellente initiation à la science par une démarche active.
En savoir + sur Nafissatou Dia Diouf

Hélène Ngone Diop, Mame Daour Wade, Moustapha Ndiaye, Des djinns de toutes les couleurs = Jinne yu mel nune, Éd. BLD, 2008
Paru en 1997 dans une édition qui regroupait trois histoires, cette nouvelle présentation du conte, seul, dans un album carré plus petit, permet de mieux en goûter la saveur. La cohabitation entre les djinns et les hommes n’est pas facile, surtout à l’heure de la sieste quand les petits êtres invisibles ne cessent leur vacarme… Un texte très court, en français et en wolof ; d’amusantes illustrations très colorées de Moustapha Ndiaye dans son style si reconnaissable que l’on a plaisir à retrouver.
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Lamine Diemé, Bébé Amine, Éd.BLD (Tété), 2008
Quand Bébé Amine se réveille seul dans un grand lit, c’est d’abord la perplexité qui se lit dans ses yeux, bientôt relayée par l’inquiétude, pour finir par une très grosse colère. Heureusement, Maman n’est pas loin. Dans ce petit album carré, broché, aux illustrations très expressives, le récit est mené essentiellement par l’image qui joue habilement sur les cadrages. C’est le deuxième album dans la collection « Tété » de Lamine Diémé, jeune illustrateur dakarois, également auteur de courts métrages d’animation et de bandes dessinées.
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Centrafrique

Didier Kassaï, Vincent Carrière, L’Odyssée de Mongou, Éd. Les Rapides, 2008
Les adaptations en BD de grandes œuvres africaines, permettant de les faire connaître à de plus nombreux lecteurs, ne courent pas les rues… Cette BD est l’adaptation d’un roman classique de la littérature centrafricaine (disponible aux Éditions Sépia), écrit par Pierre Sammy-Mackfoy, écrivain et pédagogue, qui a dirigé à Bangui le journal pour enfants Balao. Le bédéiste centrafricain Didier Kassaï, plusieurs fois primé, a mis en images documentées, agréables et bien lisibles, la vie extraordinaire de Mongou. Ce chef bandia voit les Européens, hommes d’armes et d’Église, arriver pour la première fois dans son village et en changer le destin, puis aide au recrutement des Tirailleurs et découvre la France…  Une histoire collective et personnelle simplement « montrée », sans que des jugements de valeur interviennent.

Ile Maurice

Gabrielle Wiehe, Sirandann :Petites devinettes = Small Guessing Games, Éd. Vizavi, 2009
Ce livre de devinettes trilingue (créole, français, anglais) est un hommage rendu à la culture de l’océan Indien et au célèbre jeu des sirandanes partagé par toutes les générations. Natacha Appanah, dans la préface de l’album, donne des sirandanes une belle définition, subtile et complexe : « les sirandanes ne sont pas que des devinettes. Cette joute orale en langue créole faite d’énigmes est un « ouvre-l’œil » sur ce qui nous entoure. C’est une manière de dire le monde, de lui enlever son masque de tous les jours, et de le surprendre ». Un exemple de ces joutes poétiques ? Qui est la demoiselle qui nous suit partout et que l’on ne peut jamais embrasser ? L’ombre, bien sûr… Gabrielle Wiehe met tout son talent à servir la poésie de ces sirandanes en proposant des collages, à partir de papiers très divers, qu’elle recouvre à l’acrylique, au pastel, ou encore, au fusain. On sent une véritable profondeur de l’image, nimbée de mystère, qui vient soutenir un texte aux multiples entrées de sens…
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Madagascar

Jeanne Ralimahenintsoa, Dominique Chelot, Ridha Andriatomanga, Paul Razafindraibe, ABDlire, Éd. jeunes malgaches, 2007
Abécédaire bilingue français/malgache pour les enfants en classe de maternelle qui découvrent les rapports entre les lettres et les images. Chaque page est présentée sans commentaire pour laisser les enfants libres dans l’interprétation des images. La photographie a été utilisée pour les illustrations.
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Cyprienne TOAZARA, Soza le pêcheur, Éd. jeunes malgaches, 2007
La pirogue de Soza n’ a pas su franchir la barrière de corail et le pêcheur de langouste fait naufrage. Pourtant, il reviendra chez lui, pour le bonheur et la paix de tous. C’est le retour du justicier en terre du Sud.
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Mali

Modibo Keita, Svetlana Amegankpoe, L’épopée de Soundjata, Éd. Donniya, 2005
Inspirée de la tradition orale malinké, l’histoire de Soundjata Keita, courageux fondateur de l’empire du Mali, est magnifiquement représentée par les illustrations de Svetlana Amegankpoe.
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Aïda Mady Diallo, Ibrahima Aya, Ali Zoromé, Awa et Adama à Wadakédji, Éd. Tombouctou (Awa et Adama), 2009
Saluons la création d’une nouvelle maison d’édition malienne, dirigée par Aïda Diallo et Ibrahima Aya, auteurs engagés en faveur de la lecture des jeunes. Voici le premier titre de leur collection de bandes dessinées documentaires qui prévoit la découverte de diverses régions du Mali, tenant compte des souhaits de leurs habitants, à travers les voyages des jumeaux Awa et Adama. Il s’agit ici de Wadakédji. Chaque étape de ce voyage des enfants est l’occasion d’une découverte des particularités de la région et aussi l’occasion d’aborder des thèmes plus généraux comme l’importance d’inscrire ses enfants à l’état civil ou de voter, la culture du karité…

Guinée Bissao

Teresa Montenegro, Kriol Ten, Ku Si Mon Editora, 2007
Livre écrit en portuguais et non traduit, mais cela ne devrait pas poser de problème aux francophones : “O vivo sabor do crioulo guineense falado através de termos, expressões, provérbios, com traduções em português. Fugindo à ordem alfabética, a apresentação é feita em vinte e um campos semânticos entre os quais o mundo, os animais, o corpo, o intelecto, os sentimentos, o carácter, a vontade, o parentesco, as viagens”.
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Coédition

Béatrice Lalinon Gbado, Mamadou Wolid Niang, Ousseynou Sakho, Abdoulaye Seck, Ibrahima Dia, Chérif Diop, Maman, éditions Ruisseaux d’Afrique (Bénin), Mokand’Art (Congo Brazzaville), BLD (Sénégal), Éburnie (Côte d’Ivoire) et Sankofa & Gurli (Burkina Faso), 2006
Une magnifique coédition panafricaine en jeunesse : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Congo Brazzaville. Ce texte poétique, écrit par Béatrice Lalinon Gbado, est un véritable hommage à la femme, un long poème magnifiquement illustré par plusieurs artistes sénégalais travaillant la technique du « sous-verre ».

Pour être (beaucoup) plus complet il faut évidement faire un grand tour sur le site takamtikou et notamment sur la Bibliographie de l’Afrique - mars 2010 et la Bibliographie de l’océan Indien - mars 2010
Il y a aussi d’autres ouvrages sur le site de l’alliance internationale des éditeurs indépendants où l’on trouve une bibliographie que j’avais déjà présentée sur opoto et qui est plus que jamais
d’actualité.

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