Le plein de BD sous les soleils africains

(Ill. Warnauts & Raives)

Labiano, Les quatre coins du monde : livre 1, Éd. Dargaud, 2012
Le 1er épisode des Quatre Coins du monde commence au début du XXe siècle, alors que la vielle Europe sommeille, ne se doutant pas encore qu’elle serait bientôt dévastée par une guerre terrible. Certains militaires français sont envoyés au fin fond du Sahara pour devenir «méharistes». Ces hommes, qui ne connaissent que la verdoyante campagne française, se retrouvent à des milliers de kilomètres de chez eux, à dos de chameau, entourés de Touaregs, à vivre une aventure à nulle autre pareille.
Les Quatre Coins du monde : quand un grand dessinateur se fait auteur accompli pour une BD qui retrouve le souffle des grandes épopées et des plus belles histoires humaines.
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Christian Perrissin, Boro Pavlovic, Les larmes de Kibera (Les Munroe t. 3), Éd. Glénat, 2012

La suite de la grande saga familiale et coloniale sous le soleil brûlant d’Afrique
Après avoir échappé à l’inspecteur Njoya, Sean Munroe poursuit sa cavale, décidé plus que jamais à se faire justice lui-même. Au même moment, sa sœur Karen s’aventure dans le bidonville de Kibera, persuadée que Sean cherchera à s’y réfugier auprès de son vieil ami le père Causcu. Quand Sean apprend que Karen s’est mise en grand danger dans Kibera, il n’a plus d’autre choix que de la retrouver et affronter l’impitoyable justice du bidonville…
Pendant ce temps, Robert ne pense qu’au bourbier dans lequel il se trouve suite au scandale provoqué par son ex-maîtresse Gladys Caldwell. Son mariage est désormais compromis, et sa plantation au bord du gouffre.
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Renaud de Heyn, Soraïa, Éd. Casterman, 2012

Mehdi et Soraïa, frère et sœur, survivent au sein d’une famille très pauvre de la région du Rif, au Maroc. Mais un coup du sort – la destruction par la police des plantations de haschich, unique ressource locale – contraint la famille à vendre Soraïa à des bourgeois de la grande ville de Tetouan. Une destinée qui n’a rien d’enviable : surexploitée, humiliée, battue et en butte à la lubricité de son patron, la jeune fille devient vite l’une de ces esclaves modernes qui pullulent au Proche et au Moyen-Orient. De son côté, révolté par ce qu’il devine du sort de sa sœur, Mehdi, sans autre ressource que sa volonté, part à sa recherche. Succession d’épreuves douloureuses et de funestes rencontres, sa quête le mettra en présence de militants du djihad, violents et sectaires, qui instrumentalisent à leur profit la misère sordide des bidonvilles marocains…
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Margueritte Abouet, Mathieu Sapin, Vacances dangereuses (Akissi t. 3), Éd. Gallimard, 2012

Akissi et son frère Fofana quittent la ville pour s’aérer au grand air dans le village de leurs grands-parents. Au programme, de super vacances, sauf pour Mémé et Pépé. Un retour endiablé, en sept nouvelles histoires…
Vole-mouton : En route ! Akissi agite sans honte sa main par la fenêtre du bus pour dire au revoir – et sans sangloter – à ses parents. Car ce sont les vacances ! Et le voyage qui s’annonce n’est que le début d’un séjour attendu dans le village des grands-parents. Mais le voyage est long et le chauffeur du bus plutôt imprudent. Il y a aussi des moutons pas bien attachés…
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Jean François Charles, Maryse Charles, Christophe Simon, La couleur des dieux (Ella Mahé t. 4), Éd. Glénat, 2012

Retrouvée par les habitants du petit village où la mystérieuse princesse vécu jadis, Ella guidée par le docteur Adjib, découvrira enfin la tombe de Celle qui n’a pas de nom. La jeune femme touche au but. Fin d’un cycle.
Thomas n’est pas l’archéologue qu’il prétend être, mais plutôt un aventurier sans scrupule qui veut s’approprier, à des fins purement mercantiles, le secret de la couleur des Dieux. Ella regrette de s’être lancée dans le désert avec lui, mais il est trop tard ! Victime d’un enlèvement, la jeune femme est finalement recueillie dans le village où Celle qui n’a pas de nom séjourna comme guérisseuse, il y a plusieurs milliers d’années de cela. Impressionné par le regard de la jeune restauratrice, le docteur Adjib, descendant de Fréderic Labadie, la mènera jusqu’à tombeau de la divinité aux yeux vairons et lui contera l’histoire de celle qui, née fille de pharaon, préféra fuir et vivre au milieu de son peuple plutôt que de subir le poids de la tradition pharaonique… quitte à le faire au péril de sa vie.
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3 polars, pour un long ouiquende qui s’annonce pluvieux. 3 bonnes raisons de rester sous la couette et de bien se reposer avant d’aller à la manif du 1er mai…

Pierre D’Ovidio, Le Choix des désordres, Éd. 10/18, 2012
Surprise et mise en difficulté par le départ du général de Gaulle, la IVe République craint l’embrasement de ses colonies. Maurice Clavault, chargé de surveiller l’activité malgache à Paris, est dépêchéà Madagascar pour enquêter sur la disparition d’un éminent colon français. Tandis que d’autres enlèvements surviennent, Clavault découvre les stratégies perfides des tenants de l’ordre colonial…
Pierre D’Ovidio fait revivre la période marquante de l’après-guerre et celle de la décolonisation, restituant avec talent l’atmosphère, la saveur authentique d’une époque si proche et si lointaine.

Alexander Mc Call Smith, Le mariage avait lieu un samedi, Éd. 10/18, 2012
Résoudre des énigmes n’a jamais effrayé Mma Ramotswe, créatrice de l’Agence N°1 des Dames Détectives de Gaborone. Tandis que son assistante Mma Makutsi défend la cause des femmes du Botswana tout en préparant son mariage, Precious, armée de sa détermination coutumière, mène l’enquête sur un étrange carnage de bétail et les apparitions fantomatiques de sa regrettée camionnette !
Un savoureux voyage au cœur de l’Afrique et du mystère, autour du célèbre duo de Dames Détectives.

Roger Smith, Mélanges de sangs, Éd. Le Livre de Poche (Thriller), 2012
Jack Burn, sa femme enceinte et leur petit Matt sont agressés un soir par deux membres du gang des Americans. Ex-marine réfugié en Afrique du Sud, Jack les tue… tous les deux. Le vieux veilleur de nuit Benny Mongrel a tout vu. Ancien du gang des 28, il vit dans l’enfer des Flats et, craignant de replonger, il se tait. Jusqu’au jour où le flic Gatsby Barnard l’interroge. La guerre est alors déclarée et tous les coups sont permis, d’autant plus que Barnard est lui-même sous la surveillance de Disaster Zondi, un enquêteur zoulou qui veut sa tête. Ce roman couronné par le Deutschen Krimi Preis sera adapté au cinéma avec Samuel L. Jackson dans le rôle de Disaster Zondi.
Un auteur essentiel qui vient s’imposer au côté de Deon Meyer comme l’autre grand écrivain d’Afrique du Sud. Brigitte Hernandez, Le Point.

L’Afrique expliquée aux enfants des blancs. Belles photos, beaux dessins mais des images souvent un peu trop “propres” pour refléter vraiment la vie de la grande majorité des africains. L’optimisme des conclusions fait rêver, alors…
(Photo Engongue/Cameroun BEB CC-BY-NC-SA)

Bernard Nantet, Au cœur de l’Afrique, Ed.  Milan (Les Encyclopes), 2012
Une plongée au cœur de l’Afrique, mère de l’humanité et continent phare du IIIe millénaire.
Face aux visions d’une Afrique déchirée, voici de nouveaux éclairages. A travers des questions comme la désertification, la déforestation, l’exode rural, la colonisation ou l’explosion démographique, le continent se livre en profondeur. Sa géographie a été une donnée décisive, ses peuples se sont adaptés à une nature difficile. L’Afrique, c’est une histoire remplie d’épisodes épiques d’une richesse insoupçonnée, assombrie parla terrible période de l’esclavage.
C’est aussi une leçon de courage et de solidarité inépuisables.

Stefan Rousseau, Alexandre Messager, L’Afrique racontée aux enfants, Ed. De la Martinières Jeunesses, 2012

Un hymne à l’Afrique à travers 8 grands chapitres : 1 L’Afrique, berceau de l’humanité.
Vestiges préhistoriques qui attestent la présence des premiers hommes et, plus tard, de grandes civilisations. 2 Des richesses naturelles extraordinaires. Le Kilimandjaro, les grands fleuves (Nil, Niger, Congo), les grands parcs naturels (Tanzanie, Kenya…). 3 L’eau, un bien commun. Seule richesse dans le désert, l’eau, bien mal partagé en Afrique, a suscité l’inventivité des hommes qui ont su par exemple utiliser les grands fleuves pour faciliter leur vie quotidienne…
4 Des peuples très divers. Des tribus ancestrales aux peuples les plus surprenants, les Dogons, les Touareg, les Peuls, les Masaï… 5 La vie quotidienne. Pour découvrir la culture orale, les griots et leur rôle dans la société, pour plonger dans les marchés bigarrés et les souks aux mille odeurs… 6 Une histoire tragique. Colonisations européennes et indépendances, le continent africain a traversé le XXe siècle dans la lutte.
7 L’Afrique aujourd’hui. Microcrédit, vente de services, développement du cinéma et de manifestations sociales, l’Afrique bouge ! 8 L’avenir. La question des ressources (uranium, métaux précieux, pétrole) et de leur exploitation dans le respect des droits des peuples.

Gaëlle Beaujean-Baltzer, Arts de l’Afrique : Trésors d’un continent, Ed. Palette (L’art et la manière), 2012
L’Art et la manière est l’une des toutes premières collections de monographies destinée à la jeunesse.

Chaque ouvrage aborde un artiste ou un mouvement artistique de manière claire et ludique, en allant toujours à l’essentiel, et propose aux jeunes lecteurs, dès l’âge de huit ans, une approche sensible et concrète de l’art.
Berceau de l’humanité, l’Afrique a vu naître des civilisations et des artistes dont les œuvres ne cessent de nous étonner. Enveloppées de mystère, comme les masques Kanaga ou l’intrigant chien nsiki nkondé, les œuvres africaines sont aussi une image de la société africaine elle- même.
Ce sont aussi des objets de prestige, tels les pendentifs Ashanti en or ou les dentelles d’ivoire de Sierra Leone, dont le raffinement et la délicatesse ont fasciné nombre d’Occidentaux. Ce livre nous offre un riche panorama de ces créations, depuis les temps les plus anciens jusqu’aux créateurs du XXIe siècle, et permet d’en comprendre les usages et les significations.

Littératures d’Afrique(s) : Petite sélection d’ouvrages jeunesse parus en ce début d’année, avec un focus sur la guerre d’Algérie.

Albums 3-7 ans

Olivier Lebleu, Zarafa, Éd. Nathan (Albums Jeunesse), 2012

Une belle histoire d’amitié à travers le monde
Un belle histoire d’amitié entre un petit garçon et une girafe nommée Zarafa, qui va les entraîner dans un long périple de l’Afrique à la cour du roi de France. Maki fera tout pour veiller sur son amie quoi qu’il en coûte, affrontant même marchands d’esclaves et pirates!

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Yann Walcker, Mathilde Lebeau, Crocky le crocodile a mal aux dents, Éd. Auzou Philippe (Mes P’tits Albums), 2011

Crocky est le rockeur de la jungle. Il aime le rock’n'roll et son blouson en cuir mais il oublie souvent de se brosser les crocs. Une vilaine carrie et un gentil sorcier-dentiste vont lui rafraîchir la mémoire. Très bonne approche pour expliquer l’hygiène dentaire aux petits.

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Françoise Bobe, Le doudou de Siyabou, Éd. Nathan (Mes P’tites Histoires, n° 14), 2012
Siyabou a perdu son doudou. De grosses larmes coulent le long de ses joues. Mais ses copains les animaux sont là pour l’aider…

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Lucie Papineau , Marisol Sarrazin, Zéphyr le zèbre, Éd. Dominique et Compagnie

Zéphyr le zèbre est le papa adoré de Patatras, la drôle de petite panthère, et de Mimosa, la timide mouffette.
Chaque soir, à l’heure du dodo, Zéphyr borde ses fillettes, puis leur raconte une histoire. Une histoire qui commence toujours par : « Quand j’étais petit, je vivais des aventures absolument époustouflantes ! » Les petites sont suspendues à ses lèvres… même si elles se demandent si ces histoires époustouflantes sont véridiques ! Leur papa serait-il un super héros ? De toutes façons, l’important pour elles et pour Gilda, c’est que Zéphyr est un super… papa ! Les albums de la collection Les amis de Gilda la girafe transporteront les enfants dans des voyages fabuleux remplis d’action, de rêves et de fantaisie !

Premières lectures (7-10 ans)

Farre, Merce, La tortue qui voulait traverser le désert, Éd. Oskar, 2012

Il était une fois, une tortue vivant dans la jungle.
Un jour, elle décide de partir traverser le désert. Elle se dirigea donc vers le nord tout en gardant bien ses yeux fermés pour que les grains de sable ne puissent pas la faire pleurer. Mais son périple est parsemé d’embûches…

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Zidrou, Frédéric Rébéna, Le pyjama de Tibi, Éd. Nathan (Premiers Romans), 2012

Tibi vit dans un village en Afrique, avec sa mère et ses frères et soeur.
Ce jour-là, le petit garçon reçoit un cadeau très particulier de son père, qui travaille en France : un pyjama avec un hélicoptère dessiné dessus. Tibi s’endort tout heureux. Mais bientôt, pendant la nuit, un étrange bruit le réveille… Toukoutoukoutoukou…

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Mark Janssen , Pieter Van Oudheusden, Aventure dans le désert, Éd. Chantecler (L’heure d’un livre !), 2012

Cette nuit, Léa va dormir chez sa meilleure amie Zorah.
Les deux fillettes sont ravies ! Elles montent une tente au grenier, se déguisent et jouent aux belles princesses du désert. Le lendemain matin, quelle surprise ! Leurs affaires ont disparu et le sol est recouvert de sable. Où sont-elles ? Et que fait ce chameau près de leur tente ?

Romans 10-12 ans

Evelyne Brisou-Pellen, Philippe Munch, Le royaume d’Osiris : Les messagers du temps Tome 10, Éd. Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 2012

Le Caire, au XIIIe siècle.
Morgana, Windus et Pétrus se retrouvent enfermés dans la Grande pyramide, à la suite d’un éboulement provoqué par le Quatrième. Prisonniers de ce piège mortel, ils sont irrésistiblement attirés vers les profondeurs de la pyramide et le tombeau du pharaon. Lorsque Geb, le dieu de la Terre, se dresse devant eux, les Trois comprennent qu’ils ont basculé dans un autre monde… Morgana est devenue le double de la déesse Isis, Windus est celui d’Osiris.
Mais où est Pétrus et derrière qui se cache le Quatrième ?

Daniel Vaxelaire, En haut, la liberté, Éd. Flammarion jeunesse, 2012

Petit-Jacques vit au Domaine, soumis comme tous les siens aux rudes lois de Sansquartier, le maître.
Comprenant que son frère et sa fiancée vont s’enfuir, il décide de les suivre. Tous trois deviennent des Noirs “marrons”, comme on appelle à La Réunion les esclaves fugitifs. Mais, dans la forêt, traqués par les chasseurs, parviendront-ils à survivre et gagner la liberté ? “La mort est à nos trousses, elle nous attend devant, et pourtant je ressens un mélange d’exaltation et de paix : nous voici à nouveau tous les trois, seuls contre le monde entier, mais en chemin, vivants et libres.”

Didier Daeninckx, La prisonnière du djebel, Éd.. Oskar Editions (Histoire et Société), 2012

Un jeune homme trouve par hasard, caché dans sa maison, un paquet contenant un pistolet de guerre, un chargeur et une photo jaunie représentant une jeune femme accroupie, les mains liées derrière le dos, attachée à un arbre et surveillée par un soldat.
L’enquête du jeune homme le mène à son grand-père, qui a fait son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Dans un premier temps, celui-ci, comme frappé d’amnésie, refuse de parler de cette expérience. Mais ensuite il va tout raconter à son petit-fils, et lui apprendre pourquoi il a décidé un jour de refuser d’obéir aux ordres de ses supérieurs…

Romans 12-15 ans

Fellag, Jacques Ferrandez, Le mécano du vendredi, Éd. Points

Zoubida, c’est toute ma vie.
Elle me mène par le bout du nez, je cède à tous ses caprices. Zoubida, c’est ma 4L. Jamais contente, elle tombe en panne n’importe où; heureusement les rues d’Alger sont pleines de pousseurs potentiels. Allez, démarre, Zouzou, j’ai besoin de toi pour la revoir, Elle… Si tu refuses, il me restera mes films. Ceux que je fais dans ma tête puisque je n’ai pas de bobine.

Jean-Paul Nozière, Un été algérien, Éd. Gallimard jeunesse (Scripto), 2012

L’histoire est racontée par Salim, 15 ans.
Dans une Algérie encore française où la guerre d’indépendance s’éternise, deux amis de quinze ans, Paul et Salim, voient leur amitié s’effriter au fil des événements. Paul, fils de Monsieur Barine, le propriétaire fermier français, supporte de moins en moins la rébellion des Arabes, les attentats, et la menace de devoir peut-être un jour quitter « son » pays. Et lorsque Barine décide que Salim ne retournera plus au lycée à la rentrée pour travailler sur ses terres, ce dernier est accablé par l’injustice d’une telle décision.
De plus en plus conscient de la supériorité toute-puissante des Français et de l’armée française, Salim finit par accepter d’aider le FLN…

Lilian Bathelot, Kabylie Twist, Éd. Gulf Stream (Courants noirs), 2012
France & Algérie, 1960 - 1962.

En France métropolitaine et dans ses colonies, les souffrances de la guerre mondiale ont été balayées par l’optimisme que souffle le nouvel essor économique. Le coeur battant des ” trentes glorieuses ” porte toute la nation. Le plein emploi, l’apparition des loisirs et des technologies modernes. Les Français découvrent les joies de l’automobile, du transistor. Leurs maisons se modernisent et ” l’ascenseur social ” fonctionne à plein régime.
Le twist enflamme une jeunesse enivrée des images de la ” nouvelle vague “, d’une liberté nouvelle fraîchement acquise, d’un rêve américain où fureur de vivre se prononce ” À bout de souffle “, où des idoles naissent chaque semaines et traversent les ondes comme des météores, pilotant des décapotables de sport, les pieds nus et cheveux au vent. Saint-Tropez, la place des Lices, Françoise Sagan, Jean-Paul Belmondo, Les Chaussettes noires, Dick Rivers, les juke-boxes, les flippers, les scooters Lambretta, les blousons noirs, les petites robes en vichy, les bas Nylon et les vernis à ongle, les quarante-cinq tours et les scopitones, forment un kaléidoscope où l’insouciance de dispute à la révolte contre la morale des vieilles barbes.
Pourtant, dans cette ambiance de fête exubérante, des dizaines de milliers de jeunes français vont être appelés pour le service militaire et être envoyés en Algérie où les ” événements ” prennent une tournure de plus en plus sanglante.

Maryvette Balcou, William Cally, Joëlle Ecormier, Isabelle Hoarau, Océan Indien, Éd. Reflets d’ailleurs (Archipel), 2012

La Réunion, les Comores, l’île Maurice
Entre témoignage, poésie et fantastique, un premier recueil de nouvelles illustrées sur l’Océan Indien qui mêle des textes aux sensibilités différentes.
Ce titre inaugure une nouvelle collection destinée aux adolescents : « Archipel » présente des espaces géographiques et culturels particuliers à travers des récits contemporains qui leur permettent de s’interroger sur le monde et d’aborder des sujets de préoccupations historiques et sociales.
La particularité de cette collection est aussi de présenter en fin d’ouvrage des documentaires qui permettent d’apporter des informations sur les pays et d’approfondir certains thèmes abordés dans les nouvelles.
En savoir plus sur les éditions Reflets d’ailleurs

Bertrand Solet, En Algérie lointaine, Éd. Nouveau monde jeunesse (Toute une histoire), 2012

En 1830, les troupes françaises envahissent l’Algérie au prétexte d’une insulte faite à l’ambassadeur français.
Quinze ans plus tard, la guerre de conquête se poursuit… Frédéric et sa famille vivent à Paris. Un certain Jean d’Hauricourt se présente à eux comme un homme d’affaires et propose à ces humbles artisans d’investir dans ce pays. Séduits, les Berthier achètent une maison à Alger. Hélas, arrivés sur place, leur rêve d’une vie meilleure se brise : la demeure qu’ils ont achetée n’existe pas et Jean d’Hauricourt se révèle un escroc.
Ruinés, désespérés, les Berthier cherchent à survivre dans ce pays qui n’est pas le leur. Frédéric veut venger l’honneur de sa famille. Un jour, à la terrasse d’un café, il aperçoit Jean d’Hauricourt et décide de le traquer. Une jeune serveuse, Charlotte, lui propose de l’aider. Commence alors pour Fred un périple semé d’embûches : mêlé à des civils, il accompagne une colonne militaire qui quitte Oran et se trouve témoin de combats entre les Français et les hommes d’Abdelkader.
Il se révolte devant les “pratiques” de l’armée française et fuit, tandis que Charlotte l’abandonne.

Yves Pinguilly, Catherine Millet,  L’Afrique de l’ouest en est, Éd. Nathan (Contes et légendes), 2012

Dans ces pays de brousse et de savane, le feu, l’eau, L’air murmurent à l’oreille des hommes les sagesses de leurs ancêtres.
Les mots de ces contes voltigent dans le vent, dansent au son du tam-tam, du balafon ou de la cora, ils complotent avec les génies des champs ou des eaux ; ils parlent la langue secrète des femmes-éléphantes ou des hommes-lions…

L’indépendance de l’Algérie a 50 ans. Petit choix de lectures autour de cet événement.

Kaddour Riad, Putain d’indépendance !Éd. Contre allée, 2012
C’est l’aspiration d’un homme et d’un pays qui veulent enfin devenir eux-mêmes, c’est-à-dire autre. Un homme qui grandit en même temps que son pays, en proie aux mêmes rêves, dans une errance commune. En 1962, le FLN accède au pouvoir et proclame l’indépendance dans une liesse populaire qui ne résistera pas aux lendemains incertains. « Les pays coloniaux conquièrent leur indépendance, là est l’épopée. L’indépendance conquise, ici commence la tragédie. » (Aimé Césaire) Témoignage incisif, Putain d’indépendance ! est le récit implacable d’une révolution confisquée. L’humour avec lequel l’auteur brosse, dans des scènes tragi-comiques, la vie d’un « algérien indépendant », ajoute à la qualité d’une écriture qui se révèle avec ce premier roman.
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Tahar Ouettar, L’As, Éd. Le temps des cerises, 2012
L’As (peut-être le chef-d’œuvre de Tahar Ouettar, qui prend place dans la littérature révolutionnaire aux côtés de La Mère de Gorki ou de Gouverneurs de la rosée de Roumain) raconte la guerre d’Algérie, vue du côté des combattants algériens, et plus précisément à travers le regard de l’As, personnage principal et sorte d’idiot du village. Il raconte la répression et les tortures, mais aussi un épisode jusque-là tabou : la liquidation de maquis communistes par l’aile droite du mouvement nationaliste. L’As a été publié en arabe à Alger en 1974.
Tahar Ouettar est considéré comme l’un des principaux écrivains algériens arabophones, connu et étudié dans tout le monde arabe. Il a participé à la révolution algérienne et a connu, avec Boumediene, la prison pendant la lutte de libération nationale. Celui-ci président, Tahar fut l’un des rares cadres marxistes du FLN. Il a été, ensuite, directeur de la radio nationale. Ses romans et ses nouvelles n’ont cessé d’interroger la société algérienne. Il est mort à Alger durant l’été 2010.


Mouloud Mammeri, L’opium et le bâton, Éd. Points, 2012
« Les ans et les générations, les soleils et les pluies, les guerres et la paix ont modelé ce village qui ne ressemble à nul autre. Ce que des siècles ont fait il suffit ? fffffff (il souffla sur ses doigts) ? du vent d’une nuit pour le détruire, que ce soit la nuit du soleil ou celle de vos esprits. » Tala, niché dans les montagnes, est le village de Bachir et de sa famille. Piégés, déchirés entre le FLN et l’armée française, ses habitants s’interrogent : et si Tala n’était qu’une étoile morte ? Certains comme Tayeb ont vendu leur âme, d’autres comme Bachir et son frère Ali sont partis aider les frères. Entre ces deux extrêmes, une majorité de pleutres, passifs et apeurés… Qui sait si Tala survivra à la nuit des esprits ?

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Mario Urbanet, Mur de Sable, Éd. Le temps des cerises, 2012
Mario Urbanet a été appelé en Algérie et y a fait son service de 1956 à 1958. Quarante ans plus tard ce qui n’avait pas été dit ni écrit remonte à la surface. Ce qu’il nous livre aujourd’hui n’est pas un simple récit de souvenirs. Ici, le témoignage prend la forme d’un grand poème non seulement pour raconter ce qui a été, mais pour essayer de comprendre comment des jeunes “normaux” ont pu être entraînés dans la machinerie de la guerre et sa barbarie. Interrogation d’autant plus actuelle que l’histoire paraît se répéter avec entêtement…

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Barouk Salamé, Une guerre de génies, de héros et de lâches, Éd. Rivages (rivages thriller), 2012
Été 1962 : Serge Sarfaty, alors adolescent, sa grand-mère Rebecca et son cousin Samuel vivent la fin de l’Algérie française, meurtrie à la fois par l’OAS et par le FLN, en dépit des accords d’Evian censés permettre la réconciliation de toutes les populations.
D’un côté, l’OAS n’en finit pas de plastiquer l’infrastructure de la ville ; de l’autre, certains groupes du FLN sont engagés dans une spirale meurtrière : les Pieds-noirs sont enlevés par dizaine chaque jour et on commence à liquider les “collaborateurs” musulmans.Dans ce contexte confus, la famille Sarfaty, juive mais engagée en faveur de l’indépendance, croit n’avoir rien à craindre. Mais la grand-mère de Serge, Rebecca, qui s’était liée au MNA, un mouvement concurrent du FLN, détient sur ce dernier un document compromettant.
Bientôt, le petit Serge est enlevé.Oran, le 5 juillet, fête de l’indépendance. Beaucoup de voyous et d’incontrôlés du FLN, armés, avides de vols ou de violences faciles sont cachés dans la foule en liesse. À la différence d’Alger, aucune mesure n’a été prise pour éviter les débordements, le service d’ordre est réduit. À la suite d’une fusillade, la fête dégénère en massacre. Pendant ce temps, l’ALN (Armée de Libération Nationale), qui n’a pas combattu dans les maquis mais a été armée par les Russes et les Chinois, attend à la frontière marocaine de pouvoir entrer en Algérie


Maurice Attia, Jacques Ferrandez, Alger la noire, Éd. Casterman, 2012
Alger, 1962 : un monde finit de se décomposer, bientôt l’Algérie sera indépendante et l’OAS mène son baroud d’honneur.
Sur la plage de Padovani, à Bâb-el-Oued, deux gamins ont trouvé les corps d’Estelle et de Mouloud : une balle dans le cœur pour elle, une autre dans la nuque pour lui et trois lettres gravées sur son dos… Paco Martinez, inspecteur de police qui refuse envers et contre tous de prendre parti dans cette guerre, va, avec un acharnement dérisoire, s’emparer de cette affaire pour échapper à la guerre civile et fuir le chaos de son univers.
Épaulé, un temps, par Choukroun, son coéquipier et ami, puis par Irène, sa flamboyante maîtresse, Paco, fils d’un anarchiste espagnol assassiné durant la guerre d’Espagne, sera inévitablement rattrapé par son histoire lorsque sa grand-mère, sombrant, à l’image de la ville, dans la démence, lui fera perdre quelques illusions. Menant son roman noir à quatre voix, l’auteur nous entraîne dans l’univers glauque d’une famille de la bourgeoisie algéroise, avec ses secrets, ses perversions et ses conflits de loyauté.
Mais qu’importe alors la mort de deux individus, quand, à Bâb-el-Oued, la folie et le désespoir engendrés par les “événements d’Algérie” forcent des êtres résignés à tout abandonner ou à tout détruire ?

(Librairie à Bamako - vue sur http://www.culture-developpement.asso.fr)

Edem Awumey, Rose déluge, Éd. Seuil, 2012
Venu du golfe de Guinée et transitant par le Canada, le jeune Sambo transporte dans une boîte les “restes” de sa tante Rose (en fait, ses cheveux et ses ongles) que la défunte lui a demandé d’ensevelir à la Nouvelle-Orléans, terre de ses ancêtres.
Rose était une vieille femme un peu givrée qui vivait à Lomé dans ses hallucinations et attendait en vain l’arrivée d’un bateau mythique, le Butterfly. Le roman commence à un arrêt d’autobus de la banlieue d’Ottawa, lorsque Sambo est abordé par Louise, une jeune Acadienne intriguée par sa précieuse boîte dont il hésite à révéler le contenu. En récits alternés, les deux jeunes gens se révéleront l’un à l’autre, aimantés par la similitude de leurs malheurs.
Louise se rend à New York où elle veut entamer une carrière de danseuse. Elle est issue d’un viol : c’est cela qu’elle désire danser et mimer sur les trottoirs de Broadway. A la fin, après une longue scène d’amour d’une grande beauté, dans laquelle les caresses échangées font surgir les fantômes de chacun, Louise décide d’accompagner Sambo jusqu’au terme de son voyage, à la Nouvelle-Orléans.
Edem Awumey est parvenu à un équilibre difficile entre la précision naturaliste et le fil métaphorique. Très touchants, Sambo et Louise sont deux êtres qui vivent dans le sentiment d’un tribut à payer pour redonner un sens au chaos du monde. Livre inspiré, lancinant, habité par un souffle puissant.

<Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil, Éd. Gallimard (continents noirs), 2012
Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien.
Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota ” ethnique ” limite à 10 % le nombre des élèves tutsi. Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un ” vieux Blanc “, peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé.
Avec passion, il peint à fresques les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines de Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour la jeune vie de l’héroïne, et pour bien d’autres filles Prélude exemplaire au génocide rwandais, le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, fonctionne comme un microcosme existentiel fascinant de vérité, décrit d’une écriture directe et sans faille.
Scholastique Mukasonga, rescapée du massacre des Tutsi, nous donne ici son premier roman, où des jeunes filles à mains nues tentent d’échapper à l’Histoire monstrueuse qui a décimé sa propre famille.

<Doryn Foualem, Imani, La vie de mon village, Éd. Terriciae (Terre du monde), 2012
Ayant connu les échecs, les réussites, le besoin, la suffisance quelquefois les espoirs, les désillusions, les maladies et même les décès, nous avons appris à recevoir des coups, mais aussi à en donner. Connaissant bien la vie à ce jour sous tous ces angles, j’accepte désormais que les choses viennent et s’en aillent : mon cœur est devenu aussi ouvert et réceptif que le monde… Propos innocents, mais pas moins mesurés d’une adolescente née dans un village avec lequel elle avait toujours entretenu des rapports conflictuels. Trop souvent, Imani n’a pas eu le choix. Elle raconte dans des lettres à un jeune réalisateur vivant en ville ce qu’ils ont vécu en tant qu’adolescents et souvent aussi en tant qu’aînés. Livrés à la pauvreté et à la promiscuité de leurs rues, il fallait se soumettre au dogmatisme des traditions tout en enviant la modernité que se rependait ailleurs : il fallait s’adapter au besoin perpétuel tout en sachant que de l’autre côté de leurs frontières, les autres connaissaient le bien-être, il fallait laisser les maladies sévir, parce que les traitements traînaient à arriver…

Cette journée internationale de la femme est l’occasion de faire un petit tour d’horizon d’auteures de polar d’Afrique.

Malla Nunn, Le sang et la poussière, Éd. Des deux terres, 2012

Une enquête de l’inspecteur Cooper
Durban, Afrique du Sud, 1953. Alors que l’inspecteur Emmanuel Cooper gagne sa vie en surveillant les docks de manière clandestine, le meurtre brutal d’un jeune garçon le force à sortir de l’ombre. Lorsque deux assassinats semblables font de lui le suspect numéro un, il est obligé de se cacher de la police et de mener officieusement sa propre enquête. Il plonge alors dans le milieu de la pègre de Durban –un univers trouble, où se côtoient gangsters, prostituées et maquereaux– pour comprendre le véritable enjeu politique de l’affaire. Sous la pression des nouvelles lois ségrégationnistes, il doit coûte que coûte trouver le meurtrier avant que la police ne l’inculpe, et rendre enfin justice au garçon couché dans le sang et la poussière.
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Patricia Kim, Ta haine, ma peur, Éd. L’Harmattan (Thriller), 2011

Tard le soir, dans les rues de Paris, une jeune femme traquée : elle tente d’échapper à des agresseurs d’un genre particulier. Pourquoi est-elle poursuivie? Elle ne le sait pas. Ce dont elle était sûre : tout a commencé le jour où elle reçut le premier émail anonyme… Un thriller qui prend comme toile de fond un racisme ordinaire, aboutissant ici à un fait divers glaçant…

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Taylor Stevens, Dernière piste, Éd. Presses de la Cité ( Sang d’encre), 2011
Emily Burbank, jeune Américaine idéaliste partie explorer l’Afrique, n’a pas donné signe de vie depuis quatre ans.
Une seule personne peut la retrouver : Vanessa Munroe. Cette spécialiste du renseignement sillonne le globe afin de récolter des informations pour ses clients, principalement des entreprises prêtes à payer le prix de son expertise. Intuitive et capable de s’adapter à toutes les situations, elle n’en demeure pas moins une femme meurtrie. Elevée en Afrique par des parents missionnaires, Munroe a fugué lorsqu’elle était adolescente pour suivre une bande de trafiquants d’armes.
Mais un drame l’a forcée à fuir, et à ne jamais regarder en arrière. Lorsque Richard Burbank, un riche entrepreneur texan, lui demande de retrouver sa fille adoptive disparue en Afrique, Munroe voit là l’occasion d’affronter enfin les vieux démons qu’elle a laissés en quittant ce continent. Avec ce roman âpre et rythmé, porté par un personnage étonnant, Taylor Stevens fait une entrée fracassante dans l’univers du thriller.

Christine Adamo, Requiem pour un poisson, Éd. Gallimard (Folio Policier), 2006
1938.
Un chalutier peine an large de l’Afrique du Sud. Ce qui semble être un gros requin se débat dans ses filets avec une rage inconcevable et déjà la malédiction frappe. Le mousse, sur une secousse plus forte, bascule dans les mailles et se noie, broyé par le poids des thons de cent cinquante kilos. Une peur ancestrale bouleverse l’équipage. Le poisson découvert sous le cadavre du jeune homme a des écailles préhistoriques, une mâchoire énorme et des nageoires comme des pattes.
C’est un cœlacanthe. Une espèce que l’on croyait disparue et qui a survécu, depuis la nuit des temps, à toutes les évolutions. Il serait le chaînon manquant entre le monde des abysses et les premières formes de vie terrestre. L’ancêtre même de l’homme ? Le secret des origines ? Quatre-vingts années plus tard, aux Comores, Londres ou Paris, accidents et disparitions perdurent. Une jeune femme, pour élucider la mort de son père scientifique, va tenter à son tour de percer cet invraisemblable mystère.
A quel prix ?

Laurence Gavron, Boy Dakar, Éd. Le Masque (Masque Grd Format), 2008
Mayekoor, un Boy Dakar typique, tombe sous la coupe du marabout mouride Serigne Mustapha Koddu et se convertit à l’Islam. Sa sœur et sa petite amie, inquiètes de le savoir sous l’influence d’un gourou veulent à tout prix le faire revenir à la raison. Désespérées, elles finissent par demander de l’aide à Pa’ Djéli, le meilleur féticheur de la ville. L’homme est retrouvé mort quelques jours plus tard, des épines de porc-épic plantées dans le cœur. Jules, le brigadier chargé de l’enquête, nous entraîne alors dans le Dakar des trafics et des gargotes où se retrouvent petits truands et musiciens capverdiens. Bientôt plongé dans une intrigue où se mêlent politique, religion et croyances diverses, Jules part à la recherche de Ken Bugul, une jeune mendiante muette à la beauté stupéfiante.

Margie Orford, Roses de Sang, Éd. Payot (Payot/Suspense), 2009
La profileuse sud-africaine Clare Hart enquête en Namibie : dans une petite ville aux portes du désert, une succession de crimes étranges terrifie la communauté des mendiants.
A Walvix Bay, trois enfants des rues ont été assassinés. Pour la population, c’est le destin ordinaire de trop nombreux orphelins du sida. Les autorités locales, elles, sont promptes à soupçonner la tribu nomade des Topnaars. Et pour cause : elles ont entrepris de récupérer leurs terres. Mais Tamar Damases, la jeune inspectrice chargée de l’affaire, croit déchiffrer la signature d’un tueur en série. Elle décide de solliciter l’aide de Clare. Bientôt un autre garçon disparaît…
Dans cette région marquée au fer rouge par l’ancien colon sud-africain, la vérité se trouve-t-elle au cœur du désert, là où sont enfouis les secrets les plus terribles, les plus toxiques ?
Margie Orford, journaliste et photographe, a grandi en Namibie et en Afrique du Sud. Elle vit ajuourd’hui à Cape Town.
Le site de Margie Orford (en anglais)

Aïda-Mady Diallo, Kouty, mémoire de sang, Éd. Gallimard (série noire), 2002
Gao, Mali, 6 mars 1984.
Le village est attaqué par une bande de pillards touaregs. La famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes : le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu… Kouty, mémoire de sang est le récit de la longue vengeance de cette fillette.
C’est aussi une partie de l’histoire de l’Afrique qui vit longtemps le peuple noir capturé et vendu comme esclave par les seigneurs du désert. C’est surtout le premier roman noir écrit par une jeune femme africaine.

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Bonne nouvelle : avec le printemps qui pointe (enfin) son nez arrive le temps du polar : Après (l’excellent) A la trace de Déon Meyer, nous voilà avec trois polars bien alléchants. Bonnes lectures…

Janis Otsiemi, Le chasseur de lucioles, Éd. Jigal, 2012
À Libreville, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel de la périphérie. Les agents de la PJ — de fidèles abonnés des bordels de la capitale — pensent tout d’abord à un crime de rôdeur… Quand une seconde fille est retrouvée égorgée dans un autre hôtel du quartier, les policiers sont encore loin d’imaginer qu’ils ont affaire à un client bien décidé à nettoyer la ville de toutes ses lucioles… Celui qui te veut du mal la nuit a commencé à t’en vouloir le jour. C’est dans ce climat de psychose générale que les gendarmes de la DGR enquêtent de leur côté sur le braquage d’un fourgon de la Société Gabonaise de Sécurité dont le butin de plusieurs millions de francs CFA attise bien des appétits…
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Malla Nunn, Le sang et la poussière, Éd. Des deux terres, 2012

Une enquête de l’inspecteur Cooper
Durban, Afrique du Sud, 1953. Alors que l’inspecteur Emmanuel Cooper gagne sa vie en surveillant les docks de manière clandestine, le meurtre brutal d’un jeune garçon le force à sortir de l’ombre. Lorsque deux assassinats semblables font de lui le suspect numéro un, il est obligé de se cacher de la police et de mener officieusement sa propre enquête. Il plonge alors dans le milieu de la pègre de Durban –un univers trouble, où se côtoient gangsters, prostituées et maquereaux– pour comprendre le véritable enjeu politique de l’affaire. Sous la pression des nouvelles lois ségrégationnistes, il doit coûte que coûte trouver le meurtrier avant que la police ne l’inculpe, et rendre enfin justice au garçon couché dans le sang et la poussière.
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Aurélien Molas, Les fantômes du Delta, Éd. Albin Michel (Thtiller), 2012

Nigéria, 2004-2010 : un pays dévasté par les compagnies pétrolières, la corruption des élites et la violence de la guérilla. Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, médecins de MSF, tentent de lutter contre la malnutrition et d’aider les réfugiés. Mais ils se retrouvent pris dans la tourmente d’intérêts géopolitiques et de guerres intestines qui les dépassent. L’enjeu : une petite fille dont l’ADN peut changer le monde. Chacun veut mettre la main sur cette fillette-talisman. Comment la protéger et comment ne pas sombrer avec elle dans le chaos de ce pays sanglant ? Un thriller original dont les thèmes rejoignent ceux de nombreux essais politiques et économiques actuels, notamment quand Molas évoque la Françafrique, la corruption des élites africaines, les catastrophes écologiques déclenchées par des multinationales sans scrupule… Aurélien Molas, 26 ans, est né à Tarbes. Scénariste, il a notamment travaillé avec André Téchiné. Il est l’auteur d’un premier roman remarqué par la critique et les libraires : La onzième plaie.

Léo Lapointe, L’africaine du Havre, Éd. Ravet-Anceau (polars en nord, n° 93), 2011

Au dernier étage d’une belle maison du Havre, on découvre le cadavre d’une vieille dame. Malade, elle vivait recluse en compagnie de sa gouvernante, une Africaine sans-papiers. Le comportement de son fils, un homme d’affaires prêt à tout pour empocher l’héritage, attire l’attention de la police qui le soupçonne d’avoir accéléré le décès de sa mère. Malgré de fortes présomptions, rien ne prouve qu’il soit coupable. Un policier et une journaliste décident de mener une enquête à charge afin de dénoncer ses activités. Parmi les zones d’ombre auxquels ils sont confrontés : le rôle de l’Africaine, victime ou complice ? Murée dans son silence, elle détient la clé de l’énigme.
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Loïc Malnati, Olivier Marro, Congo-Océan, Éd. Glénat (Hors collection), 2012
Brazzaville, en 1934.
Lisa est la fille unique de Charles Tréchault, puissant négociant colonial. Elle est enceinte et promise à Walter, fils de Cecil Robbes, propriétaire de mines de diamants. Lisa a d’autres rêves que la vie de riche héritière : elle est horrifiée par la cruauté des chasseurs qui désunissent sans pitié les couples de calaos, oiseaux connus pour leur fidélité en amour. Et c’est avec une cruauté bien pire que Walter traite les employés indigènes qui s’épuisent sur le chantier du train, le Congo-Océan… Lisa croise un jour le chemin de Paul, chez qui tout n’est que douceur. Tous deux tombent immédiatement et irrémédiablement amoureux. Mais Charles Tréchault et Cecil Robbes n’ont pas l’habitude de voir leurs plans contrariés…
Dans ce très beau roman graphique, Loïc Malnati nous emmène en Afrique à une époque révolue, pour nous conter une histoire romantique, exotique et universelle.
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Christian Clot,  Esteban Mathieu, Guillaume Dorison,  Julien Telo, Mary Kingsley : La montagne des dieux, Éd. Glénat, (Explora), 2012

Lorsqu’elle débarque en Angola au milieu de l’année 1893, Mary Kingsley n’a connu que trois choses : son quartier de Londres qu’elle n’a jamais quitté, sa mère malade dont elle s’est occupée et les écrits de voyages africains d’un père toujours absent. Pourtant, à la mort de ses deux parents, elle embarque aussitôt pour une Afrique où sauvagerie, violence et horreur se côtoient selon les récits des explorateurs. Une Afrique dont elle ne connaît rien, mais qui lui a volé son père !
Elle est venue pour mourir. Ce qu’elle va vivre lui en coupe l’envie ! Dans la forêt tropicale, sur des fleuves ou des montagnes, elle apprendra les rudiments de la survie en milieu hostile, rencontrera des tribus « cannibales et sauvages » pourtant si riches, et ira plus loin que nul n’a encore été.
Au travers du regard d’une femme qui deviendra l’avocate infatigable du mode de vie africain, ce voyage, parfois au cœur de l’enfer, est un hymne aux échanges culturels et à la tolérance.
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Marazano, Frusin, L’expédition : Le roi de Nubie, Éd. Dargaud, 2012

Avec L’Expédition, dont Le Lion de Nubie est le 1er tome, Marazano et Frusin nous entraînent en Égypte, peu après la conquête romaine, pour une grande série d’aventures classique…
Le 1er volet de L’Expédition commence en Égypte avec la découverte par une centurie romaine d’une embarcation à la dérive. À son bord se trouve le cadavre d’un homme noir portant sur lui des documents dans une langue inconnue et de riches bijoux, autant d’éléments suggérant l’existence d’une civilisation riche et puissante. Une civilisation inconnue de Rome. Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à sa recherche. Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.
Ce 1er tome de l’Expédition inscrit la série dans la pure tradition de la bande dessinée d’aventures : un album balayé par le souffle de l’Histoire, traversé par des personnages héroïques au milieu de décors grandioses.
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Eric Borg, Alex Talamba, Sidi Bouzid Kids, Éd. Casterman (KSTR), 2012

« Tout le monde parle de toi, et pas qu’à Sidi Bouzid, dans toute la Tunisie ! Tu as libéré les cœurs, et la parole. Les jeunes se bougent enfin. C’est magnifique… » Ainsi Foued parle-t-il à son ami Mohamed, dont il ne reste qu’une silhouette agonisante, méconnaissable et silencieuse sur un lit d’hôpital, enveloppée de bandelettes, quelques jours après qu’il se soit immolé par le feu un jour de décembre 2010. Mohamed mourra peu après, mais son geste terrible, en effet, a enfin libéré les forces intérieures du peuple tunisien, étouffé depuis si longtemps. L’insurrection commence et la peur, pour la première fois, va changer de camp…
Sur le mode de la chronique, au plus près de la réalité humaine de la rue, Sidi Bouzid Kids tient tout en sobriété et en retenue le journal de la révolte tunisienne, déclenchée il y a quelques mois à peine par le désespoir d’un petit marchand de primeurs, au fin fond d’une ville de province où il ne se passait jamais rien. Un témoignage coup de poing sur les premiers pas du printemps arabe.
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Maurice Attia, Jacques Ferrandez, Alger la noire, Éd. Casterman (univers d’auteurs), 2012

Alger, fin janvier 1962. Sur l’une des plages de la ville, on retrouve les cadavres nus de deux jeunes gens enlacés. Elle est européenne, lui arabe. Il est émasculé et son dos arbore, gravées au couteau, les trois lettres « OAS ». Exécution presque ordinaire au titre du nettoyage ethnique, comme on pourrait le penser en ces temps plus que troublés ? Ou bien l’assassinat de Mouloud et d’Estelle cache-t-il autre chose ? S’échappant de la terne routine de son commissariat de Bab El Oued, l’inspecteur Paco Martinez mène l’enquête flanqué de l’irascible Choukroun, le vieux flic juif qui lui sert de mentor. Rythmées par les plasticages et les règlements de compte, qui ne cessent d’empoisonner un peu plus une atmosphère déjà irrespirable, leurs investigations les conduiront dans les coulisses et les arrières cours bien peu reluisantes de la grande ville, entre passions politiques, affairisme, banditisme, mœurs dissolues et violence omniprésente. Oui, décidément, Alger la blanche pourrait tout aussi bien s’appeler Alger la noire…
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Frédéric Bihel, Jean-François Charles, Maryse Charles, Africa Dreams : Dix volontaires sont arrivés enchaînés, Éd. Casterman, (Univers d’auteurs), 2012

1897. Dans le port d’Anvers, on charge et on décharge les vapeurs qui « font le Congo ». Cargaisons d’ivoire et de caoutchouc d’un côté, d’armes et de chaines de l’autre… Car en dépit du nom officiel de cette lointaine possession africaine – E.I.C., pour État Indépendant du Congo –, c’est bien le Roi Léopold qui en est l’unique propriétaire légal. Et sa consigne est claire : rentabiliser au mieux et au plus vite cette immense colonie, quitte à y faire régner l’arbitraire le plus absolu. Loin des regards, un quasi esclavage est imposé aux populations locales, comme l’a constaté depuis sa récente arrivée au Kivu le jeune missionnaire Paul Delisle. En dépit des discours « civilisateurs », éducation et évangélisation ne sont décidément pas les priorités du tyran de Bruxelles…
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