Le problème avec les (gros) moteurs de recherche c’est le bruit ! il faut souvent chercher dans des centaines de pages avant de trouver les bonnes informations. Avec le moteur “littérature d’Afriques” d’Opoto  il y a les infos sans les pub ou autres propositions commerciales. Alors un sujet, un auteur, un livres d’Afriques ? Il suffit d’écrire se requête pour que les (bonnes) idées apparaissent. Surprenant, non ?
En cliquant sur le titre “moteur de recherche littérature d’Afriques” ont peut aussi copier un lien et l’installer facilement sur son blog, son site…
Le moteur est installé sur la colonne de droite, juste au dessous des routes d’Opoto.

Et naissent odes
Et débordent sentences
Sacramentaires
A l’entrejambe
De la rue publique

Après Ratures, publié le mois dernier, Édouard Kingué nous offre son nouveau recueil : Dictames de la rue publique.

Lire Dictames de la rue publique
Le plein d’info
sur  Édouard Kingué
Le blog poésie d’ Édouard Kingué

Dans l’actualité le Kivu se fait encore remarquer : assassinats, viols, pillages et autres combats entres militaires/miliciens/mercenaires. Les enfants soldats sont aux premières loges mais ce n’est pas nouveau ! Pour aider à comprendre la situation il n’est pas inutile de plonger dans l’histoire de Salva le traducteur dont John le Carré nous raconte l’histoire dans Le chant de la mission qui vient de sortir en édition de poche.
Bruno Salvador, alias Salvo, est le fils d’un missionnaire irlandais et d’une villageoise congolaise.
Devenu un éminent interprète, il est envoyé en mission sur une île perdue où une conférence secrète doit décider de l’avenir du Kivu, et donc du Gongo. Témoin involontaire des cyniques machinations organisées pour piller l’Afrique, il s’engage dans une lutte dangereuse et effrénée pour sauver le Congo. Particulièrement bien documenté, ce qui ne gâche rien, John Le Carré prouve encore une fois qu’il est un écrivain majeur et un témoin pertinent des ravages causés par la cupidité de quelques uns.
John le Carré, Le chant de la mission, Éd. du Seuil (Points), 2008

John le Carré avant précedemant présenté un autre visage de l’Afrique dans La constance du jardinier : Tessa Quayle, jeune avocate anglaise, a été sauvagement assassinée dans le nord du Kenya.
Son compagnon et amant supposé, médecin africain d’une organisation humanitaire, a disparu. Justin, l’époux de Tessa, diplomate de carrière et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile. Sa quête l’entraîne à Londres puis à travers l’Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu’au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux même du crime.
Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d’étranges alliances politiques.
John le Carré, La constance du jardinier, Éd. du Seuil (Points), 2002

Le dernier ouvrage de John le Carré : Un homme très recherché

L’actualité du Kivu : Le Kivu, paradis des groupes armés par Jean Chatain de l’Humanité.

Le prix Renaudot vient d’être attribué à Tierno Monénembo pour son roman Le roi de Kahel. Malgré que ce soit (encore) un livre de l’écurie gallligraseuil qui reçoit un prix, c’est un choix pertinent qui récompense un auteur  originaire de Guinée. C’est aussi après Mabanckou (Renaudot en 2006), ou Léonora Miano (Goncourt des lycéens en 2006) une preuve supplémentaire qui montre que les (bons) livres écrits en français ne sont pas seulement le fait d’écrivains français.
Cette année fait d’ailleurs part belle aux écrivains qui écrivent en français puisque le prix Goncourt est attribué à l’auteur afghan Atiq Rahim.

Le roi Kahel.
Au vu début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta-Djalon et d’y faire passer une ligne de chemin de fer.
On a presque tout oublié de lui aujourd’hui: il fut pourtant un précurseur de la colonisation de l’Afrique de l’ouest et ses aventures faisaient le régal des gazettes de l’époque. Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l’almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu’était le pays peul, qui lui donne le plateau de Kahel et l’autorise à battre monnaie à son effigie.
De ce personnage haut en couleur, Tierno Monénembo nous offre une foisonnante biographie romancée. L’épopée solitaire d’un homme, Olivier de Sanderval, qui voulut se tailler un royaume au nez et à la barbe de l’administration française… et des Anglais.

Bio et biblio de Tierno Monénembo

A découvrir aussi son superbe et terrible roman sur le génocide au Rwanda

Lire un interviou de Tierno Monénembo à propos de Le roi Kahel

La cour d’appel d’Orléans en a décidé ainsi : l’album Porto Farneze, de Pierre Veys et Rodolfo Torti édité chez Robert Laffont, n’est pas une parodie mais une copie illicite de Corto Maltese. Les 20 000 exemplaires de ce qui était à la base un « hommage à Hugo Pratt » selon ses auteurs doivent donc être détruits.
Ce sont les éditions Casterman, titulaires des droits des aventures du marin, qui avaient déposé plainte, trouvant que cet album sous-titré L’homme de Hong-Kong et racontant l’épopée de Korto Maltose, un marin poursuivant des aventures à Macao et à travers la Chine, avec pour compagnon un certain Kraspoutine, à la recherche d’un trésor et tombant amoureux d’une femme nommée Pondéral, ressemblait trop à l’original.  (Les éditions Casterman sont coutumière du fait. Dernièrement un site proposant à chacun de parodier les couvertures des Claudine à du fermer).
La justice a en effet considéré que ces similitudes avec la vie du héros original étaient préjudiciables à l’éditeur, signalant entre autres que « l’ambiguïté de la couverture ne [peut] que conduire à une confusion dans l’esprit du public » et que « certains dessins sont tellement approchants des dessins originaux que seul un spécialiste averti peut en déceler les différences ». Face à cette décision, Robert Laffont a décidé de plaider l’exception de parodie devant le tribunal de Paris. (vu sur neuvieme-art)
A juste raison car des parodies (ou des hommages) de Pratt existent déjà et Casterman n’a jamais levé le petit doigt pour les interdire. Par exemple le numéro d’octobre 1995 du magasine de BD A suivre publie un spécial Hugo Pratt, avec des parodies (ou des hommages) de Comes, Prado, Tardi, Boucq…Seulement un petit détail : en 1995, A suivre appartient à … Casterman.
Loin de penser à l’intégrité du héros de Pratt, Casterman pense surtout à protéger la rente que constitue les aventures du maltais. Il suffit de voir comment les albums originaux de Pratt sont massacrés par les nouveaux tirages, découpages, colorisations (sans compter les produits dérivés) avec comme seul but inavoué : remplir les poches des propriétaires de la maison d’édition. Belle mentalité !

Pour le plaisir quelques couvertures des Claudine parodiées que l’on peux encore trouver sur le net.

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